BIENVENUE BEN-J !
Ne nous moquons pas, la langue française a de ces subtilités ...
A l’attention des poètes non disparus
Un quidam prétendait à Georges Courteline lui donner de leçons de littérature en déclarant péremptoirement que la rime était « la rencontre de trois lettres semblables en queue de deux mots différents ».
- Parfaitement, répondit Courteline. Oyez plutôt :
Monsieur Georges Courtel
ineA l’âme républica
ine.
- J’ai dit trois lettres, croyant dire quatre. C’est ma langue qui a fourché !
- A la bonne heure ! Voilà qui change tout... et je le prouve :
J’ai débuté dans R
uche (pièce de théâtre ?)
Vous étiez même assez mo
uche.
- Voyez, quand cela ne veut pas ! Tout à l’heure croyant dire quatre je disais trois et, à présent, croyant dire cinq, je dis quatre...
- Evidemment : témoin le distique que voici :
Mêlés au bruit des orche
stresTintent les cristaux de lu
stres.
- C’est tout à fait exceptionnel que cinq lettres ne forment pas rime. L’exception est impossible avec six lettres.
- C’est vrai ainsi qu’il appert de ces deux vers improvisés :
L’humidité des i
sthmesNe vaut rien pour les a
sthmes.
- Esprit contrariant. Des rimes de sept lettres me rendront raison.
- Et je le démontre sur l’heure :
Les poules du
couventOnt des oeufs qu’elles
couvent.
- Eh bien ! il faut en finir. Voulez-vous parier mille francs que des rimes composées de huit lettres pareilles constituent ce qui se fait de mieux dans le genre.
- Je parie que non : je gagne et je le prouve :
Les intérêts publics
résidentDans les pouvoirs du p
résident.
Donnez-moi mes mille balles !
- Vous m’agacez ! Vous n’aurez pas un radis.
Courteline aurait pu continuer longtemps sa démonstration. C’est Alphonse Allais qui nous en donne la preuve :
Les gens de la m
aison Dubois, à Bône, scientDans la bonne s
aison du bois à bon escient.
Allais ajoutait : C’est vraiment triste pour deux vers, d’avoir les vingt-deux dernières lettres pareilles et de ne pas arriver à rimer.