zuma a écrit:Ce matin j'y vais de mon couplet "c'était mieux avant", privilège des ronchons, vieux cons et personnes d'un certain âge dont malheureusement je commence à faire partie à mon corps défendant. Qu'est-ce que je disais... Ah oui, la Fête des Lumières de Lyon !
En 1982, débarquant de ma Provence natale, j'arrivai à Lyon à une époque où la Fête des Lumières était encore un événement traditionnel, populaire, spontané et merveilleux. Une seule nuit dans l'année, le 8 décembre, toutes les fenêtre ou presque scintillaient d'une rangée de lumignons. Pas un touriste. Un enchantement.
Et puis je ne sais pas ce qui s'est passé, maintenant c'est un barnum technico-commercial épouvantable, une cohue pour voir des façades ou des monuments maquillés comme des putes, et le pire de tout, quasiment plus un lumignon aux fenêtre.
Monde de merde !
Entièrement d'accord!
Il y a bien longtemps que je n'y mets plus les pieds!
Quand j'étais enfant (jadis, il y a bien longtemps), c'était autre chose...
A la nuit tombée, on faisait plusieurs vagues qui partaient de la place Bellecour en direction du Vieux Lyon et on chahutait gentiment les riverains!
On profitait d'un spectacle plus 'bon enfant' avec simplement quelques jeux de lumière et les scintillements des lumignons dans la nuit...
C'est devenu une vaste mascarade où l'important est de faire le plus de pognon possible, d'où faire 'durer la plaisir' en étalant sur plusieurs jours!!!
Et dire que la Fête des Lumières, à l'origine, s'appuie sur la fête religieuse dite 'fête du 8 décembre', 'fête de l'immaculée conception', 'Illuminations' ou encore 'fête de la Vierge Marie'.
La ville de Lyon vénère la Vierge Marie depuis le Moyen Âge et s'est mise sous sa protection en 1643, année où le sud de la France était touché par la peste: les échevins de Lyon, le prévôt des marchands et les notables firent alors vœu de rendre hommage chaque année à la Vierge si l'épidémie de peste cessait.
Comme l'épidémie cessa, le peuple tint sa promesse et rendit hommage à la Vierge, chaque année.
Depuis cette date, un cortège solennel municipal se rend depuis la cathédrale Saint-Jean au sanctuaire de la Vierge sur la colline de Fourvière (à la chapelle Saint-Thomas de Lyon puis la basilique Notre-Dame de Fourvière après sa construction) chaque 8 Septembre (et non le 8 Décembre), jour de consécration de la ville à la Vierge, le jour de la fête de sa Nativité, pour lui offrir cierges et écus d'or: il s'agit du Vœu des Échevins.
Le 8 Décembre fut choisi, en 1852, pour inaugurer la statue de la Sainte-Vierge posée sur le clocher de l'ancienne chapelle de Fourvière, inauguration qui aurait dû avoir lieu le 8 Septembre précédant, mais qui fut reportée pour des raisons météorologiques. La pluie intervient une nouvelle fois; cependant, les Lyonnais, ayant attendu trois mois, ne voulurent pas annuler la fête et allumèrent les lumignons qu'ils avaient préparés.
On est bien loin de tout ça de nos jours!...