Cela arrive quelquefois qu'un groupe parvienne à sortir d'affilée 3 albums qui, pour diverses raisons (style, line up, inspiration etc.), s'inscrivent dans une continuité artistique et forment, volontairement ou non, ce qu'on peut appeler une trilogie.
Prenons par exemple King Crimson, pas moins de deux trilogies à son actif, aux dires des spécialistes : la trilogie "métallique" et la trilogie "industrielle".
La première est constituée de "Larks tongue in aspic", "Starless and bible black", et "Red".
Incontestablement, la continuité stylistique est frappante. Le line up, bien que différent sur ces trois albums, n'impacte pas les compos qui s'articulent autour des même références, sonorités et principes de composition, notamment l'improvisation.
C'est sensiblement la même chose concernant la trilogie industrielle (que je connais moins, n'appréciant que peu cet aspect du groupe). Constituée par "Discipline", "Beat" et "Three of a perfect pair" on retrouve ici les caractéristiques d'une oeuvre en plusieurs parties donnant un ensemble des plus cohérents.
Il est à noter que cet aspect structuré et homogène des albums de King Crimson est une nouveauté pour ce groupe qui avait habitué ses fans à des ruptures stylistiques particulièrement difficiles. Les quatre premiers albums formant en effet un drôle de capharnaüm passant du rock symphonique au free jazz.
Un autre groupe me vient à l'esprit immédiatement après King Crimson, Santana.
Eux(lui ?) aussi, aiment les trilogies. Rien que les années 70 en contiennent deux : la trilogie "latino" et la trilogie "mystique".
Latino avec les trois premiers albums : "Santana", "Abraxas" et "Santana 3". Basés sur la prédominance du rythme, des percussions, du dialogue orgue / guitare, et d'une inspiration presqu' exclusivement caribéenne et sud américaine la continuité est évidente. Santana crée avec ces trois albums un style original et populaire dont il essaiera vainement de se démarquer pour finalement y revenir d'une manière néanmoins un peu moins caricaturale. Mais ceci est une autre histoire.
Avant ce retour au sources du guitariste chicano, il y a donc eu sa trilogie mystique.
Initié, au contact d'autres musiciens déjà convertis, tels que John McLaughlin, à la philosophie hindouiste, notre homme va puiser en orient une inspiration nouvelle, enrichie des apports du jazz coltranien et davisien, et mixer le tout avec ce qui avait jusque là a fait son succès. Le mélange nous offre trois albums du plus grand intérêt, marqués chacun d'une touche individuelle qui les différencie, sans pour autant les isoler, au sein d'une belle et très cohérente unité. "Caravansérail", "Welcome" et "Borboletta" peuvent en effet s’enchaîner sans qu'on y trouve de rupture voire de réelles surprises.
Il y a bien d'autres artistes qui nous ont fait ce coup de la "trilogie", peut être en connaissez vous ?
















.jpg)
