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Voici la belle pochette du disque moshi,en carton dur ouvrable.
Un disque qui rapelle le futur, "reise nach indien" de Embryo
L interieur offre en detail le recit du voyage.
je vous poste un petit extrait ,
et un autre ,plus tard
En 1969, Barney Wilen s’embarque avec quelques amis et compères dans une expédition qui fera date. Il s’agit d’un voyage ethno-musicologique en Afrique, d’une recherche éperdue de sons, de couleurs, de racines, de formes, de modes (de vie), d’une échappée vers l’inconnu. Couper les ponts, quitter l’Europe, quitter le jazz, conquérir l’ailleurs, se fondre dans un autre espace-temps… On imagine l’irruption de ce désir dans le climat plombé de l’après-68. Trois ans plus tard vient Moshi, disque disparu puis ressuscité aujourd’hui par Saravah, la compagnie même qui l’avait édité à l’époque. Ce double album mythique en forme de carnet de notes et d’esquisses s’offre à nous comme le rendu mi-abstrait, mi-concret de la traversée du continent noir. C’est un voyage intérieur, une sorte de trip où les sons, les couleurs, les parfums se répondent.
Musicalement, Moshi est en avance. Loin de tout pittoresque, il anticipe tous les mouvements de la world-music qui émergeront dans les années 80. Ce n’est pas un disque de fusion. Pourtant, le jazz s’y entend comme immergé dans un univers musical forcément autre. On dirait une série d’images sonores qui s’enchaînent sans discontinuer avec des dérives et des durées tout à fait imprévisibles. C’est une bande-son dans laquelle on entend mille et un récits, mille et un bruits, mille et une nuits. C’est une jungle touffue, un entrelacs d’instruments très acoustiques et très électriques, un tissage de musiques, de chansons, de ritournelles, de cris, de voix… Comme La Girafe… de Jacques Thollot, Moshi est un authentique ovni, un disque de transe sans équivalent dans le paysage français. Par moments, on pense au Miles Davis électrique de cette époque, en particulier à celui d’On the corner, le plus africain de tous ses disques. Ou encore à Zappa et à ses longues suites électriques, celles de Hot rats, par exemple. Passent en contrebande des airs de l’Art Ensemble Of Chicago ou de Sun Râ…
Ce disque a l’inestimable avantage de redonner à Barney Wilen sa vraie place, celle d’un authentique aventurier qui s’est frotté à d’autres pays que le bop, qui ne s’est jamais contenté de gérer un patrimoine dont il fut pourtant l’évident dépositaire français. Ce disque a l’art de dérouter. Il embarque son auditeur chez les Touaregs ou dans le Haut-Niger et tout d’un coup le propulse dans un paysage mental hypnotique,
fait lever des ivresses inconnues, capte des devenirs étranges. Un peu à la manière de L’Afrique fantôme de Michel Leiris, Moshi réinvente le continent noir. Barney Wilen ne s’est pas limité à un montage approximatif d’impressions de voyage, il a consigné son journal intime pour nous le donner à lire, à entendre, à respirer dans une forme décantée. A partir de fragments de réel, Moshi propose finalement une musique rêvée, complètement imaginaire, parfaitement chimérique, totalement onirique. Une utopie…
Barney Wilen, Moshi (Saravah/Média 7)Le musicien de jazz français Barney Wilen est mort d’une crise cardiaque à l’âge de 59 ans. Bref retour sur une œuvre marquée par l’image. “Plus il devenait célèbre - et il le devint autant qu’un jazzman(source les inrock)