par Dark Pink » 12 Aoû 2014, 23:00
1) David Gilmour, parce qu'il sort toujours la bonne note au bon moment. On peut retenir ses solos et les chanter. Je crois que je les connais tous par cœur (à la voix, pas à la guitare, bien entendu). Et sa rythmique est aussi efficace et élégante que ses solos. C'est bluesy et planant, on le reconnait quasi immédiatement grâce à son son. Le morceau est toujours servi par le solo qui l'épanouit.
2) Wilko Johnson. Je l'ai vu pas loin d'une dizaine de fois sur scène, jamais avec le même ampli. Il sonne TOUJOURS PAREIL. Avec toujours la même Telecaster, il joue sans médiator en balançant sa main entière sur les cordes, c'est le seul à jouer comme ça. Il fait la rythmique et le solo en même temps, on peut parfois avoir l'impression d'entendre 2 guitares jouer simultanément. Son jeu est tout entier au service de ses morceaux simples et efficaces.
3) Joe Strummer. Que de la rythmique, jamais de solo. Mais quelle rythmique ! Caryl Férey a intitulé un de ses bouquins "La jambe gauche de Joe Strummer", c'est celle qui martelait le rythme à la même vitesse que sa main droite. Sur scène, c'est fascinant, d'autant plus qu'il ne faisait que très rarement des aller-retour sur les cordes, pratiquement que des allers. Il en résultait le martèlement implacable qu'on connait. Tout ça sur une telecaster de Base.
4) Richie Blackmore. C'est l'inventeur de riffs qui semblent avoir été écrits par des guitares elles-mêmes. Comme s'il avait été capable de trouver ce que ses Strats voulaient jouer. Et tous ses solos hargneux et mélodiques dans lesquels il glisse des ritournelles presque enfantines. Il joue en changeant de micro plusieurs fois au milieu d'un solo, quittant son pickguard dans un geste de détente de la main comme pour laisser à sa gratte le temps de digérer ce qu'il vient de lui faire faire.
J'aurais aimé rajouter Pete Towshend. Les bons gratteux rythmiques me fascinent tout autant que les solistes. Lui, il maltraite ses instruments et elles le lui rendent bien: il se blesse souvent les mains et se pète les ongles. Il craint parfois de jouer. Ses rythmiques sont complexes et confinent parfois au "solo de rythmique" avec des aller-retours extrêmement rapides où il intercale de courts arpèges ou des promenades sur les 6 cordes qui sont quasiment toutes jouées à chaque mouvement, pas de power-chords, on entend les graves et les aigus. De toutes façons, les moulinets aériens s'accommodent mal de visées chirurgicales sur 3 cordes. Même quand il compose une intro au synthé, ses morceaux sont remplis de guitares agressives et agressées au point de finir de temps en temps en morceaux.