Ce que tu dis là est ambigu : je ne pense pas qu'on puisse juger ses talents vocaux à partir du succès de ses singles dans les charts. Son absence de hit tient aussi à sa courte période d'enregistrement chez Immediate (67-68) avant qu'Oldham ne fasse tout foirer. Des dieux vocaux absolus (Farlowe, également soutenu par Jagger) ont payé les pots cassés de la même façon sur ce label. N'oublions pas que bon nombre des artistes ou groupes appréciés par les mods ont eu un succès limité.
Elle était dépendante des compos qu'on lui proposait, et lorsqu'elle a eu "Angel of the Morning" entre les mains, elle a mené cette chanson plus haut dans les charts que Billie Davis, autre délicieuse petite fée 60's. Cela tend à démontrer qu'avec du bon matériel, elle aurait pu aller très loin.
Pour être plus précis sur sa carrière, c'est tout de même sa voix qui lui permet d'intégrer les Ikettes en stempbre 1964, qui la mène jusqu'en Angleterre et qui la fait repérer par Jagger et signer chez Oldham. Etait-elle une grande chanteuse ? Je me rappelle d'un article d'Eudeline qui affirmait que des Tina Turner, on en trouvait dans tous les nighclubs des Etats-Unis à une époque... Pourquoi pas, après tout. Et je crois que P. P. Arnold n'est effectivement ni Dione Warwick, ni Dusty Springfield en termes d'interprétation. Mais elle tient largement son rang à l'étage juste au-dessous.
Je crois que certaines critiques que je peux lire depuis hier se fondent sur un malentendu. P.P. Arnold fut une étoile filante du Swinging London, à la fois douée et charmante, dont la voix avait un timbre particulier et dont les enregistrements sur Immédiate symbolisent bien l'esprit d'une époque éphémère : celle de la soul/pop baroque aux arrangements opulents à laquelle les Beatles, les Bee Gees, les Kinks ou The Move se sont aussi essayés (avant que le hard et le psyché ne fassent le ménage, lorsque les montagnes d'amplis ont remplacé les clavecins). Mais personne n'a jamais affirmé que cette chanteuse était le plus grand génie méconnu de son temps
