
Stone The Crows a été un groupe de Rock formé à Glasgow en Écosse fin 1969 par la chanteuse Maggie Bell et le guitariste Les Harvey, jeune frère d'Alex Harvey...
'Stone the Crows!", s'écria le manager légendaire Peter Grant, lorsqu'il entendit rugir pour la première fois ce jeune groupe Ecossais en action. Bien que c'était l'expression Cockney favorite du Londonien, il n'était pas homme à être facilement impressionné.
Après tout, il était le manager de Led Zeppelin, le groupe le plus fructueux de Heavy Rock de l'histoire.
Pourtant, il y avait quelque chose de truculent et d'attrayant avec ces Crows qui excita son enthousiasme et son soutien.

Les fans de Rock furent aussi fascinés par ce groupe mettant en vedette le style vocal passionnée et dynamique de Maggie Bell.
Leur Rock bluesy était imprégné de cette puissance extra et cette saveur authentique qui jaillit de leurs racines Ecossaises.

Chaque nouveau groupe s'attend à conquérir le monde, et Stone the Crows ne fit pas exception à cette règle.
Mais Maggie Bell et Leslie Harvey avaient tous deux longtemps travaillé et dur avant que leur dernière entreprise ne prenne finalement forme, avant 1969. Ils méritèrent finalement amplement leur succès.
Adolescents, Maggie et Leslie avaient travaillé ensemble dans un groupe local.
Maggie (née Margaret Bell à Glasgow, le 12 Janvier 1945) venait d'une famille de musiciens qui avaient soutenu ses ambitions et Les Harvey (né Leslie Harvey, le 13 septembre 1944 à Gorbals, Glasgow et mort le 2 mai 1972 à Swansea) était le frère cadet du chanteur Alex Harvey qui dirigeait the Sensational Alex Harvey Band (SAHB).
Maggie était âgée de seulement 17 ans quand elle a commencé à chanter professionnellement au Locarno Ballroom de la ville. Elle se trouva bientôt à gagner œ70 par semaine en chantant des Pop Hits. C'était une bien meilleure vie que de gagner un salaire de misère comme étalagiste. "C'était beaucoup d'argent!" se souvient Maggie.

"Je chantais avec un big band de 15 musiciens sur un plateau tournant, et comme la scène tournait autour pour le deuxième set, il y avait un groupe de Rock qui jouait.
Je n'ai pas vraiment creuser pour chanter toutes les chansons de Shirley Bassey et Dionne Warwick, donc après un an et demi, je suis parti et j'ai rejoint le groupe de rock!".

En 1967, Maggie fait équipe avec le groupe d'un duo de cuivres, Bill et Bobby Patrick, pour une tournée des bases aériennes Américaines en Allemagne.
"Le travail était dur et nous avons joué cinq heures par nuit, sept soirs par semaine. Mais ce fut une expérience formidable et cela m'a aidé à recentrer ma musique et apprendre mon métier. Je suis resté là pendant deux ans".
Le guitariste dans le groupe n'était autre que son vieux pote Leslie Harvey.
"Nous nous étions rencontrés avant même que je ne chante à Locarno. Il avait un groupe appelé the Kenning Park Ramblers".
C'était l'époque où son frère aîné Alex faisait la Star Club de Hambourg et Maggie avait été présentée à Les par son grand frère Alex.
"Leslie était juste un jeune comme moi et nous avions l'habitude d'aller à tous ces obscures concerts lointains à travers l'Ecosse".

"Quoi qu'il en soit, nous sommes tous allés en Allemagne et avons assez gagné pour nous acheter une bande magnétique Revox!" L'assassinat de Martin Luther King en Amérique a conduit à une situation tendue sur toutes les bases Américaines et les étrangers se sont retrouvés 'hors limites'.
Les musiciens sont retournés en Ecosse et le décor était planté pour la formation d'un nouveau groupe qui est finalement devenu Stone the Crows".

En 1968, Maggie et Leslie forment Power qui est devenu rapidement une attraction régulière au Burns Howff bar à Glasgow.
"Nous avons entendu parler d'un couple de gars qui étaient vraiment de bons musiciens. John McGinnis était le claviériste et Jimmy Dewar (né James Dewer, 12 octobre 1942, à Glasgow, Strathclyde, en Écosse) était bassiste et chanteur. Il est ensuite allé à travailler avec Robin Trower quand il a quitté Stone the Crows".
Leslie et Maggie sont partis pour se joindre à une session du samedi après-midi à la Howff Burns, avec John et Jimmy.
Cela se passa si bien qu'ils décidèrent de former un groupe ensemble.
Power fut un succès immédiat et cette organisation dura un certain temps car Maggie, Leslie, John et Jimmy gagnèrent une forte popularité locale.
Puis Leslie a été invité à tourner en Amérique avec une autre formation Ecossaise appelé Cartoone, lorsque leur guitariste les avait abandonné à la dernière minute. Leslie a été introduit par le manager Mark London et il a passé deux mois en tournée aux États Unis. Pendant son voyage, il a jammé avec the Allman Brothers Band et son point de vue musical a été entièrement modifié. Maggie se souvient: "Il est revenu une personne totalement différente, aux cheveux longs et les petites lunettes de John Lennon et une veste en daim frangé Il avait une nouvelle stratocaster aussi!".

Leslie réunit ses vieux amis et leur dit qu'ils devraient arrêter de jouer des 'reprises' à Burns Howff et commencer à écrire leurs propres chansons.
"C'est alors que nous avons tous commencé à écrire de la musique. Nous avons changé tout de notre look à notre politique".
Et Mark London a ensuite annoncé qu'il voulait amener Peter Grant pour les entendre.

"Led Zeppelin commençait à peine à arriver. Peter est venu dans une grande limousine avec son partenaire Richard Cole. Peter a aimé ce qu'il a entendu, mais j'ai découvert plus tard qu'ils ne savaient pas vraiment si je pouvais chanter. Le groupe avait été si fort qu'ils ne pouvaient pas m'entendre au concert. Lorsque je ai ouvert ma bouche dans le studio ce soir-là, ils sont tous venus et ils ont dit 'voix Fabuleuse!'".
À la fin de 1969 Peter et Mark London signent Power et ils deviennent leurs managers. Dans le même temps le groupe change son nom en Stone the Crows et engage le batteur Colin Allen (ancien membre de Zoot Money's Big Roll Band et John Mayall Bluesbreakers).
"Peter a choisi notre nouveau nom. Quand il a dit:."Cor blimey, Stone the Crows" Nous avons pensé - quel nom! Mais ça colle et les gens s'en souviennent".

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Leur premier album, "Stone the Crows", a été produit par Mark London et publié en 1970.
Jimmy Dewar a partagé quelques vocaux avec Maggie et il a co-écrit le matériel.
"Nous avons enregistré l'album dans les studios Advision, à Londres, avec Jimmy Dewar et John McGinnis.
Jimmy était un grand chanteur et il sonnait un peu comme David Clayton Thomas de Blood, Sweat & Tears.
Nous avons partagé les vocaux sur cet album et nous avons fait un grande équipe".
Tout d'abord, il y a un magnifique Blues langoureux, le titre d'ouverture, "The Touch Of Your Loving Hand", un de leurs premiers morceaux collectifs qui justifie à lui seul l'achat du disque.
Selon Maggie: "C'était un morceau très mélodique et il aurait pu être fait par un big band.
C'est une chanson qui pourrait encore être jouée aujourd'hui et qui ne semblerait pas hors de propos.
Il a été fait dans le style de Ray Charles ou Roberta Flack. Il y a un grand solo de guitare dessus par Leslie".
"Raining In Your Heart" était composé par Jimmy Dewar et il était tout à fait un chose up-tempo avec beaucoup de pauses et de cymbales".
La plupart du matériel de l'album faisait partie intégrante de leur répertoire scénique incluant "Blind Man", un Blues acoustique, où seule la guitare de Les et la voix rugissante de Maggie officient.
Selon Maggie : "Blind Man" est une chanson traditionnelle que Josh White utilisa pour se produire.
C'est un vrai morceau de Blues. Une des raisons pour lesquelles je suis entré dans la musique noire était à l'écoute de Josh White".
Maggie ré-enregistrera cette chanson en Novembre 1996 lors des sessions de 'History Of The British Blues' un album produit par Pete Brown.
Jack Bruce, Peter Green, Mick Taylor et Big Jim Sullivan jouent tous sur cet album conçu comme un hommage à l'harmoniciste de Blues Cyril Davies.
On trouve aussi une autre reprise Rythm'N'Blues en intro qui finit en Blues intense, "Fool On The Hill" des Beatles et Maggie explique:
"J'ai toujours voulu la faire parce qu'elle possède un grand texte.
Nous ne l'avons pas vraiment fait comme les Beatles, mais je me souviens que Petula Clark a dit que c'était la version la plus belle qu'elle n'avait jamais entendu!".
La longue pièce de 17 minutes, "I Saw America", véritable pachtwork musical (ballades, blues, psychélisme, etc...) est une épopée massive qui couvrait la face 2 de l'album vinyle original.
Elle est née du premier voyage du groupe en Amérique et elle a été conçue comme un hommage à ce grand pays.
Mais certains fabricants de disques US pensaient que c'était une idée plutôt étrange.
D'après Maggie:. "C'est en quatre parties et ça commence avec les différents États que nous avons visités, du Deep South à la Californie.
Musicalement, nous avons essayé de décrire comment nous nous sentions par rapport aux différents endroits.
C'est comme un voyage musical! Les autres membres du groupe avaient été aux États avant, mais c'était mon premier voyage.
C'était une étrange situation cependant, parce que les gens des maisons de disque américaines ont dit:. mais pourquoi voulez-vous écrire une chanson sur l'Amérique?" Ils semblaient penser que seuls les Américains devraient écrire sur leur pays!"
Les ventes d'albums ne furent pas immenses, mais comme le dit Maggie: "C'était très bien et cela nous a permis de faire quelques autres albums".

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En live, Stone The Crows était un groupe incendiaire dont Maggie et Les étaient les véritables stars.
Mais, d'une certaine manière, une fois qu'ils étaient en studio d'enregistrement, la magie semblait n'opérer que plus sporadiquement.
Cela ne veut pas dire que "Ode To John Law", paru en 1970, n'est pas un bon album:
"Sad Marie", "Friend" et "Love 74" sont autant de chansons qui mettent en évidence les excellentes compétences d'Harvey à la guitare, tandis que "Things Are Getting Better" et "Danger Zone" (une reprise de Curtis Mayfield) permettent à la voix rauque de Maggie qui rappelle parfois celle de Janis Joplin de briller, même si en conséquence, il est bien dommage que cela étouffe quelque peu les talents vocaux considérables du bassiste Jim Dewar.
Le morceau d'ouvertur, "Sad Mary", est une chanson dédiée à la reine Mary Stuart, parsemée d’étranges gémissements de guitare: les méditations intenses de Mary, reine d'Ecosse attendant et étant accompagnée à sa décapitation; forte image musicale du moment où la lame de la hache tombe.
"Friend", avec un prélude nébuleux, un rythme chaloupé, et une guitare voluptueuse est un merveilleux chant Soul obsédant implorant 'ouvres ton corps et laisses un ami entrer'...
"Love", dont les langueurs délicates compensent un riff un peu trop frimeur et des gimmicks un peu simplistes est un autre chant implorant "donnes-moi ton amour, je veux ton amour, donnes-moi ton amour ...", dans ce monde de faux idéaux, on peut toujours compter sur l'amour...
L'un des meilleurs moments du disque se trouve être le néo folk rock "Mad Dogs And Englishmen", percutant, dansant et jouissif,qui étale toute la classe du groupe. Il éclaire d'une certaine façon les bons moments que le groupe avait eu en tournée en accompagnement d'un chanteur pianiste au chapeau haut de forme, Leon Russel. et son groupe.
"Things Are Getting Better", hymne lent pour 'ceux qui sont morts pour la liberté ... nous aident à combattre pour la liberté chaque jour.
LE titre 'progressif', "Ode To John Law", démontrant à quel point ce groupe savait être expert et inventif, est remarquable par son début méandreux, judicieusement dissonant, son riff pulsatile et intrigant et son final paranormal; il présente un échange verbal avec un policier anti-émeute '...écoutez s'il vous plaît cher John, allez-y doucement avec ce bâton, car si vous continuez à frapper, je vais tomber et alors vous aurez un coup de pied...'.
"Danger Zone", Soul Blues signé Curtis Mayfield, est tout à fait remarquable dans cet album bourré de gemmes. C'est un ensemble de méditations sur l'état du monde moderne: '...Il te suffit de lire ton journal et tu verras ce qui m'a exactement tracassé...'.
L'ambiance musicale de la plupart de l'album est empreint d'une grande tristesse et une sensation vraiment étrange:
elle semble faire face à la cruauté de la vie avec des arrangements musicaux assez sombres fortement influencés par les percussions et le chant des Indiens d'Amérique, des solos de guitare psychédéliques gorgés de Soul et un orgue quasi omniprésent. Comme toujours, Maggie Bell ne fait qu'un avec le reste du groupe.

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Après ce deuxième effort, John McGinnis et Jimmy Dewar, dépités par le peu de répercussions financières quittent le groupe et ils sont remplacés par Steve Thompson à la basse (ancien compagnon de Colin Allen sur "Blues from Laurel Canyon" de John Mayall) et Ronnie Leahy, ancien membre de White Trash, aux claviers, Dewar rejoignant alors Robin Trower
Le disque suivant du groupe, "Teenage Licks", paru en 1971, s'est avéré être leur plus grand succès et dès lors, Stone the Crows jouera dans tous les grands festivals de Rock.
Ce troisième album studio n'a jamais été aussi proche de vraiment cartonner car avec les quelques changements de personnel, on ne trouve pas de déficits musicaux engagés, "Big Jim Salter", "I May Be Right, I May Be Wrong" et leur version de "Don't Think Twice" de Dylan étant des succès en puissance.
Les figures de proue du groupe, Maggie Bell et Les Harvey, n'ont jamais sonné comme cela auparavant, car ils ont travaillé dans une veine plus purement Rock, abandonnant l'aspect bluesy de leur son (A part, bien sûr, "Aileen Mochree", une courte chanson agréable chantée en Gaélique).
Bien sûr, ce n'est pas un son à une dimension; les claviers entrainent "Seven Lakes" en plein pseudo-classique assez pompeux, presque de rigueur pour la période.
Mais c'était lorsqu'ils rockaient que les musiciens de Stone the Crows étaient à leur meilleur, et avec cet album, ils semblaient vraiment prêts à passer un cap.
La pochette de "Teenage Licks" est vraiment spéciale, quelque peu morbide, avec une sorte de triste Golgotha.
Dans l’ensemble, le son est plus Rock, tout à fait conforme aux canons du Heavy Rock qui règnait alors en maître.
Le morceau d'ouverture, "Big Jim Salter" est un véritable Rock avec une belle interaction entre l'orgue et la guitare, et l’attaque à la guitare proclame ouvertement une certaine allégeance au Heavy Rock.
La section rythmique Allen / Thompson assure parfaitement le tempo, Maggie embrase l’atmosphère de façon exaltée et Ronnie Leahy nous pond des passages enflammés, superbes et déjantés au début d’une émoustillante phase...
Le rythme se ralentit ensuite pour une jolie ballade mélancolique et délicate, "Faces", avec accompagnement presque subtile du piano et de l'orgue, pour une guitare acoustique.
"Mr Wizard, au prélude mystérieux tissé de notes d’orgue filées, longues et cristallines est un titre entortilleur et lubrique aiguillonné de cuivres qui commence lentement, de façon hypnotique et avec des rythmes de basse étouffés à partir desquels se développe ensuite une excursion dans certains royaumes quelque peu funky.
Les vocaux en plein essor sont alors désespérés et impressionnants avant d'être remplacé par un solo de guitare envoûtant.
Puis un orgue psychédélique entre en jeu pour compléter parfaitement le tout.
C'est alors qu'un contraste saisissant fait suite: "Do not Think Twice, it’s all right" de Bob Dylan est presque une chanson câline où la voix de Maggie Bell impressionne dans ces parties calmes, plus encore que dans les morceaux rapides.
Ce morceau métamorphosé en ballade Soul, est cent fois plus attractif: la batterie y est sobre, pondérée, comme le sont les autres instruments, comme l’est aussi la voix de Maggie, pourtant déchirante et déchirée.
Plus simples, plus Rock, plus Boogie-Woogie, quelques morceaux comme "Keep On Rollin'" et "I may be right, I may be wrong" sont des Rocks un peu plus durs encore et ils permettent à l'album de rebondir.
Ils témoignent amplement du pédigree du groupe: piano bastringue, guitare sulfateuse, rythmique acharnée, passion gutturale s’y exaltant en une ferveur cardinale et sacrée, délicieusement agrémentée d’un passage, jazzy pour l’un, romantique pour l’autre.
"Ailen Mochree" est un court traditionnel Ecossais, juste un petit intermède chanté a cappella par Maggie.
Entièrement due à McGinnis, "One Five Eight" est finalement une chanson très psychédélique.
La Basse ronronnante et obsédante, la guitare distordue et son riff lourd, et la voix de Maggie emmènent encore plus loin ce long morceau de six minutes où Les Harvey joue le meilleur de ses solos de l'album.
Mais cette chanson est suivie immédiatement par "I May Be Right I May Be Wrong", avec un beau diaporama musical et quelques changements de tempo, qui aurait pu avoir un certain potentiel pour être sorti en single, mais peut-être un peu long avec ses cinq minutes de durée.
L'album se termine avec "Seven Lakes", une autre ballade, mais celle-ci n'atteint pas le niveau des deux autres: "Seven Lakes" est enchanteresse, mais très différente du reste de l'album.
Elle se distingue tout d’abord par sa douceur quasi sacerdotale, puis par ses merveilleuses sinuosités, de nouveau 'progressives'.
Avec son intro au piano, la voix sans apprêt de Maggie, qui se mêle à ses accords nostalgiques et ses quelques arpèges de guitare sèche, on aurait presque l’impression qu’il s’agit d’un improbable bonus.
Tout change, cependant, quand les mots s’enfuient dans un écho, que les accords s’effilochent et que la basse intervient, ronde et centrifuge.
Alors s’élève un gazouillis de voix guillerettes doublé par le piano... la guitare tresse quelques notes piquantes et claires, des chœurs surgissent, se haussent, se dilatent, portés par la batterie, puis s’évanouissent, laissant les instruments s’entrelacer, rejoints par un pipeau vagabond, distrait, qui, lui aussi, s’efface, noyé dans une brume de voix indistinctes et chahuteuses.
En conclusion, "Teenage Licks" n'est certainement pas un album exceptionnel et il n'a pas réellement la classe de "Ode To John Law," mais c'est un excellent disque avec une grande chanteuse et un jeune guitariste surdoué qui n'avait alors que 26 ans et qui serait certainement devenu très grand.
Ce sera d'ailleurs leur meilleure vente...
Maggie Bell a remporté, par la suite, le prix de la meilleure chanteuse dans le sondage annuel des lecteurs du Melody Maker et avec elle, le style sincèrement torride qu'elle avait fut salué par de nombreux critiques comme le successeur naturel de Janis Joplin.

Les choses se présentaient sous les meilleurs auspices et, juste au moment où la célébrité internationale semblait enfin leur faire signe, en date du 3 Mai 1972, les musiciens répètaient au Top Rank Ballroom, à Swansea, quand Lesley Harvey s’inquièta de perturbations électriques: "Bear with us, there is something wrong with the equipment", dit-il ("Faites gaffe, il y a un truc qui cloche avec le matos").
Puis, alors qu’il touchait en même temps sa guitare et un microphone 'live', il reçut une violente secousse et mourut, électrocuté, sur le coup.
Le groupe fut dévasté et il n'a d'ailleurs jamais vraiment récupéré du coup; mais à cet instant-là, ils décidèrent de continuer et, malgré ce drame, Maggie, Colin, Ronnie et Steve s’efforcèrent d’honorer leurs engagements.
Peter Green (ancien membre des Bluesbreakers de John Mayall et fondateur du premier Fleetwood Mac) vient les épauler et il envisage même sérieusement de se joindre à eux. Il passe quelque temps à répéter avec eux pour un grand festival de Rock. Mais, deux jours avant le spectacle, il téléphone pour dire qu'il ne pouvait pas le faire.
Puis Steve Howe (ancien membre de Tomorrow et guitariste de Yes) prend la relève... pour un temps seulement.
Enfin, c’est un autre jeune guitariste Ecossais, l'excellent Jimmy McCulloch (ancien membre de Thunderclap Newman), un vieux pote à Maggie, qui endosse le rôle difficile de suppléant.
Jimmy intervient pour aider à finaliser le quatrième album "Ontinuous Performance" sorti en 1972.
Il fait de son mieux, mais le cœur n'y est plus.

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Une grande partie de l'album "Ontinuous Performance" (et non, il n'y a pas de C comme certains ont pu le croire à l'origine) était déjà dans la boîte lorsque Les Harvey fut tragiquement électrocuté le 3 mai 1972.
Jimmy McCullough a donc prit sa place, mais vraiment, dans un tel groupe, personne ne pouvait réellement le remplacer; il suffit d'écouter le travail de guitare de Harvey sur l'instrumental "King Tut" pour voir à quel niveau il en était arrivé, et comment son style de jeu si particulier faisait partie intégrante du son du groupe.
Leslie, dont le nom figure à “l’affiche” avec celui de McCulloch, joue sur tous les titres excepté le dernier, "Sunset cow-boy", qui lui rend hommage: "...If it’s time for you to go your way, There’s nothing I can do or say, But I see you again another day..." ("...Il est temps pour toi de suivre ton chemin, Il n’est rien que je puisse faire ou dire, Mais, un jour, je te reverrai...").
Pas tout à fait aussi bon que son prédécesseur, "Teenage Licks", cet opus, en majorité composé par Leahy (seul ou avec Harvey ou Allen) fut donc commencé avec Les Harvey et fini avec le jeune prodige Jimmy McCullough qui s'engouffra dans la brèche ouverte pour un seul album.
Avec le morceau d'ouverture, "On the highway" , écrit par le tandem Harvey-Leahy, le jeu de Harvey est tout haché, frémissant, en parfaite symbiose culbutant et funky, manifestement inspiré par Ike and Tina Turner.
Tandis que "One More Chance" (signé Leahy) offre à Maggie une nouvelle occasion de montrer ses talents vocaux Soul.
Mais il y a aussi un retour à leurs racines bluesy avec l'acoustique "Penicillin Blues", une reprise de Sonny Terry et Brownie McGee (ou peut-être Leroy Carr?) qui démontre, tout comme "Blind Man" sur leur premier disque, leur attachement au Blues; c'est une chanson que Leslie doit sans doute à son frère, qui l’enregistra en 1964 dans un style assez club, mais avec déjà la gouaille qui deviendra sa marque de fabrique, braillant notamment, avec insolence: "...Baby won’t you let me be your doctor, Baby, baby put your legs up against the wall..."; ce que traduit Maggie par "...I want you to be my doctor, Gonna throw my legs up against the wall...". Plutôt chaud, n’est-ce pas?... Le début est minimaliste, avec une basse, une slide guitar, et Maggie, puis la batterie intervient, ainsi que le piano ... et ça enfle, ça palpite, ça transpire!...
"King Tut" (une c omposition Harvey-Leahy), a son titre inspiré par une exposition de “Toutânkhamon” au British Museum et c'est un instrumental lugubre, scandé, répétitif où Leslie égrène des notes concises, lointaines et dolentes.
Ironie du sort, en dehors de la tragédie, un bref moment de succès est arrivé quand "Good Time Girl" (composition collective), sorti en single (avec "On the highway" en face B), a atteint le numéro 12 dans les U.K. singles charts. Juteux, savoureusement New Orleans, salutairement roboratif, c'est le titre le plus catchy, le plus mémorable.
Cependant, le Blues souffle de nouveau pendant les neuf minutes de "Niagra" (signé Leahy), un morceau qui, cela s'entend, n'avait certainement pas pu être terminé avant la sortie de l'album. "Niagara" est “noir” et propulsif; du moins au début, et par intermittences, car, divisé en trois parties, il est mouvant et fluctuant; pas de synthé, mais des rafales d’orgue Hammond, des trombes de guitares, de saines bourrasques de piano.
Il aurait été impossible pour eux de lâcher Harvey sans une chanson, et celle-ci arrive à la fin du disque, la ballade "Sunset Cowboy" (Allen-Leahy), qui est touchante et sincère.
"Sunset Cowboy" qui résume l'ambiance élégiaque est une jolie ballade qui rend hommage à l’homme et au compagnon. Conduite par le piano, puis discrètement escortée par les autres instruments, elle finit par prendre beaucoup d’emphase en se rehaussant de chœurs et d’un pieux solo de guitare.
A noter que le single rockant "Good Time Girl" et le jazzy "Niagara" démontrent, si nécessaire, la parfaite polyvalence du groupe.
Après ce disque le groupe découragé se sépare finalement en Juin 1973.
Maggie Bell enregistre deux albums début des années 1970 , "Queen Of The Night", sorti en 1973

et "Suicide Sal", paru en 1975. deux albums solo produits par Jerry Wexler bien reçus à la fois par la critique et le public,

avant de rejoindre Rod Stewart pour "Every Picture Tells a Story".

Jimmy McCullough a continué à jouer avec Paul McCartney's Wings pendant que Colin Allen, leur batteur, rejoignait les Hollandais de Focus.
Maggie Bell vit maintenant à Rotterdam, aux Pays-Bas, et elle chante et enregistre toujours.
En 1995, elle a fait une tournée en Ecosse avec le viel Alex Harvey Band.
Elle a également fait une tournée avec Chris Farlowe pendant trois ans. "...J'ai été bien occupé. Je ne pourrais jamais abandonner ce business!..." a-t'elle dit.
"...Stone The Crows étaient un grand groupe et nous avons eu quelques moments merveilleux sur la route. Nous avons tourné avec Roxy Music, David Bowie et Marc Bolan, et aux States, nous joué aux côtés de Frank Zappa, Edgar Winter et the MC5...
"...Stone the Crows avait pas vraiment écrit quelque chose avant que nous ayons fait notre premier album, donc je pense que notre musique était très bonne pour l'époque.
Quand vous considérez que cela a été fait il y a 25 ans, ça ne semble pas trop mauvais!..."
Il ne semblait pas y avoir de décisions quant à l'éventuelle parution d'albums live pendant plus d'un quart de siècle quand, coup sur coup, sont sortis trois CDs dès le début de l'année 1998:

Le premier, "BBC Radio 1 Live In Concert", est composé de douze titres et il a été au Paris Theatre, à Londres, le 4 Novembre 1971 et le 12 Octobre 1972 car il ne faut pas oublier que les archives de la BBC regorgent d'enregistrements qui ne demandent qu'à être dépoussiérés et c'est ce qu'a fait le label Strange Fruit / Pinnacle Entertainment pour la plus plus grande joie des vieux fans!

Les neuf morceaux de l'album "The BBC Sessions Volume 1 1969-1970" parus sur le label Strange Fruit représentent Stone the Crows faisant ce qu'ils savent faire le mieux, c'est-à-dire jouer en live (bien que dans un studio de radio).
Les Harvey était un guitariste monstrueux qui avait bien écouté Jimi Hendrix et il avait pris son sens du feeling et du temps à creuser dans le Blues et le Rock, plutôt que d'essayer simplement de singer sa méthode.
La version de 13minutes de "The Ballad of Hollis Brown" de Bob Dylan est un excellent témoignage de cela.
Il y a aussi une séance de travail fantastique dans le "Freedom Road" de Bell.
James Dewar est, quand à lui, représenté par deux de ses morceaux originaux, "Friend" et "Raining in Your Heart".
Ce premier volume est absolument indispensable.
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Le "BBC Session Volume 2" provient de la même époque que le "BBC Radio 1 Live In Concert", mais il manque la spécification du lieu d'enregistrement.
Il y a des doublons avec le nom des chansons, mais sous différents plans.
Ainsi, "On The Highway" apparait une fois avec Les Harvey et une autre fois avec McCulloch à la guitare.
Les chansons sont des standards du répertoire de Stone the Crows.
Le "Penicillin Blues" de Sonny Terry et Brownie McGhee se trouve sur les deux CD tout comme "Keep On Rollin'".
La voix de Maggie Bell est des plus professionnelles comme toujours et les deux guitares de Harvey et McCulloch sont très bonnes.
La qualité du son est très bonne, même si cela semble une ou deux fois un peu limite, certainement du à l'humidité lors de la conservation des bandes magnétiques.


Voici un enregistrement live qui montre les qualités particulières de ce groupe Britannique devenu légendaire. Le spectacle a été enregistré quelques semaines avant la mort de Harvey, sur scène à Swansea le 3 Mars, 1972.
C'est une grande performance de Stone the Crows à son apogée avec le chant lascif de Maggie Bell et un grand travail de guitare de Les Harvey. Sans aucun doute Maggie est l'une des meilleures chanteuses de Rock au monde et Leslie était l'un des plus grands guitaristes de son époque.
Malheureusement, sa mort fut le début de la fin pour le groupe.
L'abum "Live in Montreux 1972" comprend seulement cinq morceaux, mais ce sont des morceaux épiques.
Les versions incendiaires de "Friends", "Penicillin Blues" (le seul morceau dupliqué sur l'album précèdent), "Love 74", "Danger Zone" et quelques 20 minutes du "Hollis Brown" de Bob Dylan. sont jouées par les Crows classiques, c'est-à-dire Maggie bell, Colin Allen, Ronnie Leahy, Steve Thompson, et Leslie Harvey.
Le morceau d'ouverture, "Friends" rocke vraiment tout particulièrement et le grand travail interactifs hammond / guitare sur "Love 74" est de loin supérieur à la version studio, mais le vrai tour de force de ce disque est "Hollis brown" qui montre quel groupe dynamique ils étaient en live et quelle grande chanteuse est Maggie Bell.
La qualité sonore est superbe, capturant la vraie sensation de l'une des expériences live les plus solides et fiables de Grande-Bretagne; en effet, aux côtés de l'album des John Peel sessions du groupe, "Live in Montreux 1972" peut se classer tout en haut aux côtés des plus grands albums des Crows.

"Live Crows 1972-73", paru en 2008, est un Set CD / DVD live comprenant deux concerts:
-Le premier (le CD) enregistré à Montreux en 1972 avec le guitariste Leslie Harvey paru en 2002 ("Live In Montreux 1972").
-Le second (DVD) vient de 1973 (avec Jimmy McCulloch) et il a été enregistré pour un "In Concert, Beat Workshop", un concert pour la télévision Allemande avec les chansons "Going Down", "Sunset Cowboy"et "Good Time Girl".
Les extras sur ce DVD comprennent des entrevues avec Maggie Bell et Colin Allen, et une histoire du groupe.

"The Radio Sessions 1969-1972", édité en 2009, est la dernière parution de cette série d'albums live.
Cette compilation montre un groupe épanoui, avec des matériels issus de toutes les étapes de sa carrière sous les différentes formations de Stone the Crows.
Les notes de la pochette de Colin Allen sont assez mal écrites et aérographe (le batteur expliquant, par exemple, que:
"...Les raisons pour lesquelles John McGuinness et Jimmy Dewar furent remplacés n'étaient pas importantes. Des choses comme ça se passaient dans les groupes tout le temps..".
On retrouve quelques morceaux des "BBC sessions voll 1 & 2" mais ce ne sont ni les sessions complètes de radio de la BBC, ni une réédition des deux volumes publiés en CD par Strange Fruit car quelques pistes ne figurent pas sur ce double CD.
Le premier CD et les premières chansons sur le second sont clairement des exhibitions mettant en vedette le line up original du groupe.
Le matériel dans cette partie sonne un peu comme Cream, mais avec un côté encore plus bluesy.
Leur rock est bourré de Soul, comme le démontre "Raining in Your Heart" (qui apparaît en deux versions), qui offre un duo entre le chant puissant de Maggie Bell et les vocaux plus timides du bassiste Jimmy Dewar...
Le groupe explore également un peu de terrain proto-prog sur quelques-unes des chansons, et tandis que cette exploration n'est pas vraiment aventureuse, la magie des chansons telles que "Freedom Road" réside dans l'approche sans prétention qui correspond avec leurs racines Blues, et qui se traduit souvent par une certaine belle interaction entre l'orgue de John McGuinness et la guitare de Harvey.
Les sessions ultérieures les montre plongés plus profondément dans le Blues.
Le son est peut-être un peu sale, et il varie tout du long, mais il est quand même satisfaisant.
Le livret, cependant, manque des informations spécifiques sur les sessions; il n'indique pas précisément la source de chaque piste, ce qui est une véritable honte.
Cependant, tous les fans devraient posséder cette version de la BBC dans leurs collections.
En conclusion, tous ces albums live nous livrent un groupe scénique de premier plan et nous montrent Stone The Crows tel qu"en lui-même!
Discographie
Stone The Crows (1969)
Ode To John Law (1970)
Teenage Licks (1971)
Ontinuous Performance (1972)
BBC Radio 1 Live In Concert (1998)
The BBC Sessions Volume 1 1969-1970 (1998)
The BBC Sessions Volume 2 1970-1971 (1998)
Live In Montreux 1972 (2002)
Live Crows 1972-73 (2008)
The Radio Sessions 1969-1972 (2009)
source: CHRIS WELCH, carcamousse, Chris Nickson, Thom Jurek

