POCO (Bio)

Poco est un groupe Américain de Country et Classic Rock formé à l'origine dans les années 1960 par des musiciens qui avaient joué avec des groupes tels que Boenzee Cryque, The Byrds, Buffalo Springfield et The Poor.
Richie Furay et Jim Messina en sont les principaux fondateurs après la disparition de Buffalo Springfield en 1968. Le titre de leur premier album, "Pickin 'Up the Pieces", est une référence à l'éclatement du Buffalo Springfield.
Tout au long des années, Poco a joué avec divers line ups, et le groupe est toujours actif aujourd'hui. Le groupe a même fêté son 40e anniversaire en 2008, faisant de Poco un des groupes les plus durables de leur genre.

Pendant l'enregistrement du troisième album de Buffalo Springfield, "Last Time Around", chacun des trois chanteurs principaux (Stephen Stills, Neil Young et Richie Furay) enregistraient ses chansons sans la présence des autres membres.
Une des chansons solo de Furay était la ballade Country "Kind Woman", qu'il avait enregistré avec l'aide du producteur ingénieur et bassiste Jim Messina et le pedal steel guitariste Rusty Young.
Lorsque Buffalo Springfield s'est séparé, Furay, Messina et Rusty Young ont décidé de lancer leur propre groupe dans un style Country, Country Rock.
Le lineup original de ce nouveau groupe est composé de Furay (chant et guitare rythmique), Messina (guitare, chant, producteur), Young (pedal steel guitare, banjo, dobro, guitare, mandoline et chant), George Grantham (batterie et chant) et Randy Meisner (basse et chant).
Le groupe signe un contrat d'enregistrement avec Epic Records, qui a acquis les droits de Furay avec Atlantic Records (le label de Springfield), contre les droits de Graham Nash de the Hollies (qui passe à Atlantic pour Crosby, Stills & Nash).

A l'origine, le nouveau groupe fut nommé "Pogo" d'après le célèbre personnage de bande dessinée, mais il a dû changer son nom quand le créateur de Pogo de Walt Kelly s'est opposé à l'utilisation du nom et a menacé de les poursuivre en justice.
"Poco" signifie en espagnol et en italien 'peu' ou 'non-' et c'est également un terme musical signifiant 'un peu' ou 'par petites mesures'.

Leur premier album, "Pickin 'Up the Pieces", sorti en 1969 sur Columbia Records, est considéré comme un album séminal important du genre Country Rock.
Et pourtant, l'album a échoué commercialement, avec un sommet au numéro 63 dans le Billboard album chart.
De tout temps, le lineup du groupe a prouvé être un véritable problème tout au long de sa carrière. Pendant l'enregistrement de cet album, Meisner quitte le groupe en raison d'un conflit avec Furay.
Après un moment à jouer avec le Stone Canyon Band de Rick Nelson, Meisner deviendra plus tard un des membres fondateurs des Eagles. Messina assume alors les tâches de bassiste jusqu'à l'arrivée de Timothy B. Schmit en Septembre 1969.
Il y a des enregistrements qui sont importants en raison de l'artiste, ou de l'instrumentation, ou à propos du sujet abordé, mais le son de Poco présenté dans ce premier album magnifique révèle être l'étape cruciale menant les styles de la musique populaire des années 50 et des 60 à se fondre dans une musique Country moderne.
Là où les Byrds ont été les créateurs du Folk Rock, et le Buffalo Springfield, responsable de l'émergence du "Country Rock", Poco a ouvert la porte à une sorte de "Country Pop" qui allait devenir un refuge sûr pour Dolly Parton, the Dixie Chicks, Pirates of the Mississippi, the Gatlin Brothers , et bien d'autres.
Cette approche conceptuelle fut un départ énorme à partir de la direction musicale dominante à l'époque, et elle a fait de cet album un lien essentiel entre le Rock, la Pop et les évolutions de la Country.
Les musiciens de Poco, à l'époque, étaient les meilleurs countrymen à jouer de la musique Pop avec énergie et enthousiasme, ce qui rend cet album aussi monstrueux.
Chaque chanson doit être appréciée comme la joyeuse et distincte expression d'un style musical qui n'avait jamais fait parler de lui avant!
L'album se compose de douze chansons courtes, simples, lumineuses, mais aussi joyeuses.
La chanson titre est une ode charmante et vivante à la country music et il n'y aucune chanson faible sur le disque.
Les quatre membres du groupe contribuent tous aux parties vocales. Il ressort une parfaite harmonisation entre les jolies voix de Richie Furay et de George Grantham.
"Pickin' up the Pieces" est différent de tout ce qui a pu être entendu auparavant. C'est une introduction pour le public à un nouveau genre, le Country Rock. C'est le premier groupe à fusionner efficacement à part égale le Rock et la Country.
Poco a été le premier et le meilleur ambassadeur du genre.
Furay, dont les vocaux occasionnels étaient toujours les bienvenus dans Springfield, est le chanteur soliste principal. Le jeu de la steel guitar de Rusty Young est une des caractéristiques principale de ce LP.
Les premiers enregistrements du groupe sont instantanément sympathiques et tout cela sans effort apparent. Cependant, pour la plupart des fans de Rock, "Pieces", par exemple, est tout simplement trop Country.
D'autre part, le 'Country Establishment' et de nombreux fans du genre n'ont jamais été connu pour être réceptifs à la musique qui est tout sauf de la 'pure' Country (Shania Twain en est un parfait exemple, car il a fallu des années pour qu'elle soit acceptée).
D'où le manque d'intérêts du grand public pour ce disque qui sortait complètement de l'ordinaire.

L'album studio "Poco" (1970) a à nouveau donné lieu à de faibles ventes, avec un pic au numéro 58.
Après une réaction relativement pauvre commercialement pour leur premier opus, Richie Furay et Jim Messina décident de laisser tomber un peu le son Country et de revenir à un son un peu plus Rock sur leur deuxième album "Poco".
En outre, ils décident de 'prouver' qu'ils peuvent jammer avec les meilleurs en consacrant près de la moitié de l'enregistrement à une version étendue de "Nobody's Fool".
Ce faisant, ils ratent le coche et l'opportunité incroyable de composer ce disque avec un autre matériel beaucoup plus fort.
Sur cet album, le groupe expose toute son énergie en rockant de façon plus dure que¨pour ses débuts, en particulier sur le morceau d'ouverture "Hurry Up".
Furay écrit ou co-écrit toutes les chansons sauf "Honky Tonk Downstairs", une chanson qui montre que Poco n'a pourtant pas complètement abandonné ses penchants pour la Country. Toutes les ingrédients du groupe sont présents: le chant avec une harmonie serrée, la voix qui s'oriente vers la soul, le travail économique de Messina à la lead guitare, et la pedal steel du Maestro Rusty Young qui sonne presque comme un orgue et l'album s'appuie fortement sur la pléthore de sons qu'il cajole avec son instrument.
Messina nous offre aussi quelques grandes interventions à la lead guitare. Furay, le nouveau venu Timothy B. Schmit et le batteur George Grantham combinent leur voix pour créer certains des meilleurs harmonies depuis les Everly Brothers.
"Trop Country pour le rock et trop rock pour le Country." Probablement la critique la plus commune du groupe qui ne s'est jamais tout à fait décidé de ce qu'il voulait être. "Poco", affectueusement appelé the "The Orange Blossom" album, est certainement l'un des meilleurs disque du groupe.
Dés l'ouverture avec la voix de Richie Furay sur "Hurry Up" jusqu'à la cymbale de George Grantham s'épanouissant sur "El Tanto De Nadie Regresa", le morceau de clôture, cet album miroite avec la promesse de sa couverture d'inviter l'art pastorale des montagnes enneigées, des champs verts et du soleil.
Les valeurs de la production (grâce à Messina) étaient incroyables quand ce disque est sorti, avec la basse bondissante de Schmitt beaucoup plus complète que n'importe qui d'autre, et la batterie de George Grantham "juste là" frappant à l'intérieur de votre tête. La Pedal steel de Youngs sonne alternativement comme un orgue ou comme une guitare. Puis il y a la voix parfaite de Furay et l'harmonie vocale!
Ce groupe invente le 'subtil'. "Hurry Up" et "Anyway Bye Bye" sont des chansons devenues classiques, et "Don't Let it Pass By" est l'une des plus belles. Même les plus de 15 minutes de l'instrumental "El Tonto de Nadie, Regresa" est un exemple incroyable de la prouesse instrumentale du groupe. Les meilleurs morceaux incluent l'optimisme "Keep on Believin'", le rock "Hurray Up", une version renversante de Messina de "You Better Think Twice" et la mélodie suave de Furay "Don't Let it Pass By".
"Poco" démontre clairement l'importance du groupe. Si ce n'était pas l'inclusion d'une version longue de "Nobody's Fool",, cela aurait pu être un album tout à fait classique, en particulier à la lumière du matériel plus solide qui fut enregistré à l'époque mais jamais publié sous forme d'albums jusqu'à une compilation de nombreuses années plus tard ("The Forgotten Trail"). Malgré cela, "Poco" est encore un très bon disque et il est fortement recommandé.
Bien que "Pickin 'Up the Pieces" soit un grand album, cet album est le premier à mettre du Rock dans le Country Rock. La musique s'affiche littéralement en technicolor, comme les oranges sur la couverture!
C'est le seul album studio que ce line up ait sorti et c'est l'un des meilleurs albums de leur carrière.

L'album suivant du groupe, "Deliverin'", obtint un passage modéré à la radio, "C'mon" de Furay atteignant le numéro 69.
"Deliverin'" est devenu le premier album de Poco à atteindre le Top 40 du Billboard 200, avec un pic au numéro 26. Cet album live se compose d'enregistrements au Music Hall de Boston et au New York Forum.
Sentant que leur travail en studio ne rend pas justice à la puissance et l'énergie de leur son, Poco décide de renoncer au studio pour leur troisième album et de sortir un album live contenant principalement de nouveaux morceaux, des versions alternatives de chansons de leurs deux premiers albums et quelques reprises de l'époque de Buffalo Springfield.
Le résultat est absolument spectaculaire. Contrairement à beaucoup d'albums live de l'époque, "Deliverin'" a été limité à environ 45 minutes dans la durée.
En outre, le mixage sonore est un peu étrange, car la voix et la guitare Furay ne sont pas aussi nettes qu'elles devraient l'être.
Dès l'ouverture avec "I Guess You Made It" jusqu'au medley de fermeture incroyable de leur premier album, ce disque rocke. Ce dernier dispose d'une interaction importante entre la Telecaster Messina et la Pedal steel de Young lors de l'instrumental "Grand Junction".
"I Guess You Made It", est plus Rock que Country et c'est peut être une ouverture inattendue pour le spectacle, mais son énergie est si palpable qu'elle devrait rapidement séduire tout un chacun. La version live de "Grand Junction" est meilleure que sa version studio, car il semble y avoir plus de basse.
"Deliverin'" marque l'aboutissement du Poco de l'époque, et mieux même, des années avec Richie Furay et Jim Messina, leaders du groupe.
En 1971, Poco était, avant tout un groupe de scène et "Deliverin" capte parfaitement le son du groupe. L'énergie est élevé et les chansons sont fortes. Dans sa forme originale (LP), la deuxième face de "Deliverin'" peut être considérée parmi les plus chaudes de la musique rock en live du début des années 70.
George Grantham et Timothy B. Schmit assurent à fond leur travail de section rythmique, le groupe chante les hautes harmonies vocales derrière le ténor Furay, tandis que Messina et Young étincellent avec brio à la guitare et la pedal steel.
"Deliverin'" est l'un des meilleurs live du genre.
c'est un disque de Country Rock prodigieux et ce disque déborde d'énergie et de bonne humeur; Il a bien vieilli, mais il faut l'écouter très fort pour l'apprécier.
C'est un aboutissement, une consécration. Jim Messina se met en retrait avant de quitter la formation (sa dernière apparition avec Poco datera du 31 octobre 1971 à l'Auditorium Fillmore de San Francisco), Richie Furay lui faisant manifestement trop d'ombre. Il est toutefois présent sur cet album, en tant que musicien et producteur.
Cet album déborde d'énergie avec des titres puissants comme l'acoustique "You Better Think Twice" de Messina, dont la version live est nettement meilleure que celle figurant sur "Poco", comme "A Man Like Me", une mélodie que l'on doit à Furay, "C'Mon". Mention spéciale pour Kind Woman (du Buffalo Springfield)
A noter le super meddley "Hard Luck/Child's Claim To Fame/Pickin'Up The Pieces" et le final magnifique avec un autre meddley "Just In Case It Happens/Yes Indeed/Grand Junction/Consequently So Long". Les harmonies vocales sont dignes du meilleur Poco. Jim Messina est un des plus grands guitaristes de Rock (et des plus méconnus) que la musique ait engendré, et Rusty Young n'a pas son pareil.
Messina choisit de quitter le groupe en Octobre 1970, ressentant que Furay exerçait trop de contrôle sur le son du groupe et il quitte le groupe pour revenir à la production en studio.
Sur la recommandation de Peter Cetera de Chicago, Messina sélectionne le guitariste chanteur Paul Cotton, un membre de la première heure de the Illinois Speed Press pour le remplacer.

Poco, maintenant dans son troisième line up pour seulement son quatrième album, embauche Steve Cropper en tant que producteur et sort "From the Inside" en 1971. Encore une fois, la faiblesse des ventes a pour résultat que le disque atteint le numéro 52.
Avec le départ de Jim Messina, Poco a perdu un co-fondateur, leur lead guitariste et leur producteur. "From the Inside" révèle le remplaçant de Messina, le grand Paul Cotton qui s'intégre parfaitement dans le groupe.
Au moment de la sortie du disque, Richie Furay laissait de plus en plus les autres membres du groupe composer (il avait écrit ou co-écrit tous les morceaux de leurs débuts). Le plus récent auteur-compositeur est l'ancien guitariste de the Illinois Speed Press, Paul Cotton, qui a pris la place laissée vacante de Jim Messina. Cotton écrit et chante "Bad Weather", "Railroad Days" et "Ol' Forgiver" et ajoute une autre voix distinctive au groupe.
Dans le même temps, le bassiste Timothy B. Schmit commence à émerger avec la magnifique chanson-titre très élégante (sa première écrite en solo), une indication de son immense talent qui sera favorisé tant qu'il restera avec Poco, et gaspillé à la minute où il rejoindra les Eagles.
Et Rusty Young le joueur de pedal steel et de dobro co-écrit "Hoe Down" avec Furay.
Pourtant, les points forts de l'album sont le vif "You Are the One" de Furay qui évoque les sonorités Country du groupe précédent de Furay, le Buffalo Springfield, tout comme "Do You Feel It Too", "What If I Should Say I Love You" et "Just For Me and You." C'est du Country Rock engageant à son meilleur.
Pourquoi Poco n'a-t'il jamais eu le même succès commercial que les Eagles demeure un mystère!
On ne peut pas en dire autant pour le producteur. La légende du Blues Steve Cropper produit ce disque et il rate totalement le coche. Sa production ne rend pas justice à tout l'énorme matériel de composition de Richie Furay, Coton et Tim Schmit.
Maintenant, il ne fallait pas s'attendre à une reprise de "Pickin 'up the Pieces". Même certaines des chansons de Furay sont moins délicates, moins Country et plus Rock que ce qu'elles étaient aux débuts du groupe.
Malgré tout cela, "From the Inside" est un grand disque, largement dû justement au matériel solide présenté et à la grande musicalité de l'album.
"Bad Weather" et "Railroad Days" de Cotton sont excellents et "Just for Me and You", "What if I Should Say I Love You" et "You Are the One" de Furay sont tout simplement fantastiques.
S'il y a un inconvénient à ce disque, c'est que c'est un peu court au niveau des Rocks. Tout comme l' album "Ballad of Easy Rider" des Byrds, il s'agit d'une version plus décontractée qui montre que le groupe peut aussi produire du matériel doux et moelleux et bien sonner malgré tout.
Les circonstances de la réalisation de cet album (le récent changement de personnel, avoir été informé par la compagnie de disques qu'ils devaient retourner directement en studio après une longue tournée, un producteur, Steve Cropper, dont ils ne voulaient pas, et qui avait montré un peu d'amour pour leur musique, etc) a longtemps assombri les différentes perceptions des membres de ce superbe combo de Country Rock, à la fois Richie Furay et Rusty Young le citant comme leur album préféré de Poco.
Certes, c'est un album très sombre, sans doute en raison des problèmes susmentionnés, mais les chansons sont uniformément excellentes.
Poco a fait de nombreux très bons albums durant toute sa carrière discographique de 20 ans, mais c'est l'un de leurs meilleurs, et c'est certainement un point culminant des années Furay.
Ceci est encore sans aucun doute l'un de leurs meilleurs albums. C'est pratiquement un chef-d'œuvre musical.


La faiblesse des ventes de "From the Inside" déçoivent les membres du groupe!
En conséquence, Furay est de plus en plus découragé avec des perspectives de Poco, en particulier depuis que ses anciens acolytes Stills, Young, Meisner et Messina ont eu autant de succès avec leurs groupes respectifs.
Un déménagement de Sunny en Californie du Sud vers le Colorado semble alors donner un tour nouveau à la musique.
Le groupe et son management étant mécontents de la production de Cropper, ils embauchent Jack Richardson, qui supervise les trois albums suivants, en commençant par "A Feelin Good to Know" sorti en 1972.
Les musiciens avec un line-up enfin bien établi,ont construit le LP autour de la chanson-titre, un air de concert populaire, mais le single échoue. L'album lui-même ne pointe qu'au numéro 69.
Pourtant, il combine parfaitement Country et Rock avec un soupçon de R & B. Les membres du groupe semblent très à l'aise les uns avec les autres.
C'est un véritable effort de groupe aussi bien au niveau de l'écriture que le partage des vocaux. Il est plein de chansons vraiment excellentes et accessibles.
"A Good Feelin' to Know" est le chef d'oeuvre de Poco. Aucun autre album de Poco ne s'en approche sauf peit-être "Cantamos".
Les membres du groupe Richie Furay, Paul Cotton et Timothy B. Schmit contribuent chacun à d'excellentes chansons. Les meilleures chansons comprennent le beau "Ride the Country" de Cotton et "I Can See Everything" de Schmit est d'une poignante beauté
Mais c'est encore Furay qui vole la vedette avec le joyeux "And Settlin' Down", le magnifique "Sweet Lovin'" et ce qui aurait pu être un monstrueux Hit "A Good Feelin' to Know". Le titre éponyme est un véritable bijou; il suffit d'écouter la qualité de la musicalité et la production.
Richie Furay a toujours été sous-estimés par la majorité des gens et George Grantham "le batteur chantant original" rocke merveilleusement sur cet album.
Sur cette version de huit morceaux originaux et une reprise (une version sans doute supérieure du "Go and Say Goodye" de Buffalo Springfield, écrit par Stephen Stills), Poco concocte son meilleur album.
Le chant est à couper le souffle, l'écriture des chansons est inspirée et les guitares reprennent exactement là où les Byrds ont arrêté. C'est l'album auquel la plupart des stations de Rock classique, ne consacrent pas suffisamment de temps d'antenne.
"Ride the Country" est devenu un classique et les compositions de Schmidt ("I can see Everything'", et le hanté "Restrain") s'améliorent à chaque album qui passe pour finalement arriver à leur premier Hit, "Keep on Tryin'" (sur l'album "Head over Heels"), écrit par Tim mais il a fallu que Paul et Rusty écrivent "Heart of the Night" et "Crazy Love", avant que le reste de la planète ne pense à elle.
De nombreuses chansons tirées de ce LP se retrouveront sur une myriade de compilations ultérieures.
On peut donc de nouveau se poser la question: Pourquoi Poco n'a-t'il jamais eu le genre de succès commercial des Eagles (dont le premier album était sorti quelques mois avant celui-ci)? cela reste un mystère!

Le 26 avril 1973, dans un entretien avec Cameron Crowe du magazine Rolling Stone, Furay affirme que les musiciens de Poco étaient encore des second-couteaux et que le groupe n'arrivait pas à augmenter son audience. Dans cet état dépressif, Poco et Richardson enregistrent un nouveau véritable chef-d'œuvre des années 1970, l'album "Crazy Eyes".
Ce fut le dernier album studio à inclure le membre fondateur Richie Furay, qui ne contribue qu'à seulement deux chansons: un hommage à Gram Parsons avec "Crazy Eyes" et le morceau de clôture, "Let's Dance Tonight". Mais tandis que son humeur est un peu sombre sur à la fois la chanson-titre obsédante de Gram Parsons et "Brass Buttons", les quatre autres membres du groupe s'harmonisent superbement, jouent aussi bien que jamais (surtout l'incroyablement polyvalent Rusty Young), et par ailleurs, ils ne semblent pas du tout gêné par la séparation imminente. Ils continuent aussi à mûrir comme auteurs compositeurs.
En tant que tel cet album est une petite merveille. Il s'ouvre avec le medley "BlueWater / Fools Gold" qui met en vedette la capacité d'écriture de Paul Cotton et le 'truc' de Rusty Young pour peaufiner l'écriture de détails. Pour son troisième album avec le groupe, Paul Cotton compose deux chansons: le Country Rock "Blue Water" et le plus dur "A Right Along". Rusty Young ajoute la saveur du Bluegrass instrumental avec "Fools Gold".
Timmy intervient ensuite avec le genre de chansons habituellement empathiques qu'il écrivait à l'époque, comme "Here We Go Again". C'est l'exact opposé de la chanson-titre de Furay. Cette mélodie est simple, une ballade très agréable ancrée dans le Country Rock.
A partir de là, l'album commence vraiment à décoller avec un hommage au regretté Gram Parsons qui venait juste de mourir, avec l'interprétation d'une jolie ballade "Brass Buttons" par Paul Cotton. Richie contribue également au chant et donne à la chanson une interprétation égale au meilleur de Gram.
La face deux commence par un hommage de presque dix minutes de Furay à Gram Parsons, l'épique "Crazy Eyes". Après tout Ritchie connaissait Parsons et l'avait même auditionné pour Poco. Gram Parsons était un chanteur de Country (ancien Byrds, ancien Flying Burrito Brothers), décédé d'une overdose juste peu de temps auparavant. Sa mélodie est absolument phénoménale.
La chanson, obsédante, l'une des deux seules compositions de Richie, est encore, quelque trente ans plus tard, un mélange épique du groupe (avec le dobro, banjo et guitare électrique) avec un orchestre, tandis que la voix de Richie couvre assez de gamme pour rappeler à tous pourquoi il était le chanteur principal dans un groupe composé aussi de Neil Young et Stephen Stills.
Pendant ce temps, les vocaux puissants de Paul Cotton soulignent un autre long et mélancolique morceau, la reprise magistrale de "Magnolia" de J.J. Cale, dans une interprétation déchirante, romantique et très belle!
Après tout celà et pour se remettre émotionnellement parlant, Ritchie termine l'album avec l'une de ses meilleures chansons, "Let's Dance" qui contient aussi un solo de guitare tueur de Paul Cotton.
Les compositions des Cotton, Young, Schmit et Furay se partagent donc entre des titres rythmés et d'autres dans le style ballade. C'est un très bon disque de Country Rock avec en point d'orgue ce fameux "Crazy Eyes" et sa magnifique mélodie, avec banjo, cordes, cuivres, guitares superbement aériennes et harmonies vocales sublimes. Du pur plaisir.
Avec la belle ballade, simple, "Here We Go Again" et "Brass Buttons", nous tenons là, trois très grands morceaux. C'est convaincant et probant.
Poco prouve, encore et toujours, sa capacité à inventer. Le groupe a toutefois du mal à décoller, c'est le moment choisi par un Richie Furay, le chimiste désabusé de Poco et fondateur du band, assurément en perte de vitesse, pour tourner le dos à cette formation. Timothy B. Schmit l'imitera peu de temps après pour aller voler avec...les Eagles.
Poco continuera à enregistrer pour une autre dizaine d'années et ils auront même quelques hit singles après le départ de Furay, mais ils n'ont jamais été aussi bons sans lui. Et, malheureusement poue lui, la carrière post-Poco de Furay n'a jamais vraiment pris feu. Poco décidera finalement de ne pas remplacer Furay et continue comme un quatuor.
Cet album, sorti en 1973, atteint le numéro 38 dans les Charts mais Furay quitte le groupe à sa sortie et il rejoint J.D. Souther et Chris Hillman pour créer the Souther-Hillman-Furay Band sur Asylum Records.

Après le départ de Furay, le groupe sort "Seven", en 1974 qui atteint le numéro 68
Paul Cotton, Rusty Young, Timothy B. Schmit et George Grantham composent le Poco de 1974.
"Seven" porte sur la tradition des incroyables harmonies du grand Poco et un grand travail de pedal steel guitar. L'album est un peu plus Heavy que les précèdants et il semble que, avec le départ de Richie Furay, le groupe ait perdu un peu de son identité.
Bien que ce soit (peut être) le cas, "Rocky Mountain Breakdown" tente pourtant de garder cet esprit vivant.
Un Poco sans Jim Messina et Richie Furay, voilà qui fait vraiment drôle. La slide guitar et une plus grande influence de Paul Cotton et de Tim Schmit se produisent ici.
En fait, Paul Cotton reprend le flambeau car il a écrit pas moins de la moitié des chansons de l'album et "Drivin 'Wheel" et "You've Got Your Reasons" sont des morceaux qui en imposent. Le fantastique Rock "Drivin Wheel" permet une jolie entame remplie de promesses. "Faith in the Families" de Cotton est même une des meilleures chansons de l'album.
Un fougueux "Rocky Mountain Breakdown", composé par le merveilleux virtuose de la pedal steel, Rusty Young, un Country Rock optimiste (ou plutôt un Bluegrass) évoquant un peu les Eagles du début, prend le relais. Il comprend leur ex-compère Jim Messina à la mandoline. C'est la seule concession à leur son précédent.
Timothy B. Schmit émerge enfin comme un auteur compositeur de qualité, en écrivant trois titres, dont le rockant "Just Call My Name"; une autre chanson très forte où il montre qu'il sait très bien chanter.
"Just Call My Name" pourrait parfaitement s'intègrer plus tard sur l'album "The Long Run" des Eagles. "Krikitt's Song" toujours signé Schmidt est une chanson très réminiscente de Furay.
Paul Cotton et Timothy B. Schmidt continuent donc à se développer comme écrivains et comme chanteurs. Ils font presque oublier l'absence de Furay.
"Skatin", "Angel", "Faith In The families", l'émouvant "You've Got Your Reasons" comptent parmi les bons morceaux de cet album. Le mérite des membres restants est d'avoir pérennisé l'entreprise Poco et maintenu une bonne qualité, une bonne énergie, alors que tout le monde pensait, alors que le groupe allait splitter. Cependant, il n'y a pas de morceaux faibles sur l'album.
Le groupe montre clairement qu'il a toujours été beaucoup plus que juste ses fondateurs.
"Seven" a tout: des Rocks ("Drivin 'Wheel", "Skatin'"), du Bluegrass ("Rocky Mountain Breakdown"), des ballades ("Krikkit Song") et même un genre d'épopée de style "Crazy Eyes" ("You've Got Your Reasons"). Tout le monde ici fait un travail de qualité supérieure, avec Rusty Young particulièrement brillant à la pedal steel. Dans l'ensemble,
"Seven" bénéficie d'une énergie et d'une puissance tout à fait majestueuse, ce qui en fait definivement l'un des meilleurs albums de la catégorie "Country Rock".
Mais c'est un Country Rock qui fait davantage penser à ce que les Eagles ont commencé à faire avec "On the Border".
En fait, en dehors de la seule contribution de Rusty Young, "Rocky Mountain Breakdown", cet album est moins Country et plus Rock que leurs six précédents albums studio.

Le turn-over que le groupe s'est infligé pratiquement depuis ses débuts n'a finalement pas trop affecté Poco au fil des années. Mais il fallait encore convaincre les fans, les sceptiques. "Cantamos" arrive, qui va vite rassurer ceux qui pouvaient en douter....
"Cantamos" sort la même année que son prédécesseur (1974) et il atteint le numéro 76 dans les Charts. Ce sera le dernier album avec Epic.
Sur ce disque, Poco montre qu'il y a bel et bien une vie après le départ de Richie Furay. L'après Furay est bien digéré, les sceptiques sont calmés et la formation reprend la recette gagnante du Country Rock labellisée Poco.
"Cantamos" est surtout significatif dans l'histoire de Poco en ce qu'il marque enfin l'avènement de Rusty Young en tant qu'auteur compositeur.
La force de ce nouveau matériel de Young en conjonction avec les contributions de Paul Cotton et de Tim Schmit aboutissent à l'album le plus fort depuis le classique "A Good Feelin' to Know".
"Cantamos" rend tous les albums précédents de Poco pâles en comparaison, sauf "A Good Feelin' to Know". Ce disque a un peu de tout pour les fans de Poco, des grandes harmonies, beaucoup d'énergie, et un superbe travail à la guitare et à la pedal steel.
Il en ressort des morceaux de grand niveau: "Sagesbrush Serenade", "Susannah" (ballade acoustique et harmonies vocales), "High And Dry", le Country Folk "Western Waterloo", le Rock "Another Time Around", l'excellent acoustique "Bitter Blue", "One Horse Blue" (peut-être le meilleur titre écrit par Cotton), "Whatever Happened To Your Smile?" (dont l'interprétation par Timothy B. Schmit est magnifique).
Le fait majeur en est donc l'émergence de Rusty Young, le maître es Pedal Steel Guitar, car il fait un excellent travail de composition pour combler le fossé laissé par Furay. Ses efforts sont quelques-uns des plus forts, sur ce qui est un album très homogène de haute qualité.
L'album s'ouvre et se ferme avec des classiques de Young "Sagebrush Serenade'" qui marie efficacement, Bluegrass, belles harmonies et Country Rock ensemble et "All the Ways" et son "High and Dry", qui est du pur Country Rock chanté par Tim Schmit et qui fournit à la fois la pièce maîtresse littérale et figurée.
"Sagebrush Serenade" et "High and Dry", de véritables pépites, fournissent également une occasion pour Young d'étaler ses compétences presque surhumaines à la pedal steel guitar.
"Cantamos" fournit un excellent support pour montrer l'éventail des talents des musiciens. Modèle de Country Rock et album incontournable de la discographie Poco, le disque est très consistant.
Coton fait ce qu'il fait le mieux, c"est à dire la prestation de rocks comme "Western Waterloo" et "One Horse Blue". "Western Waterloo" et "Another Time Around" sont des améliorations lyriques et très rock.
Tim Schmit poursuit sa croissance en tant que compositeur et il a composée la meilleure chanson (la plus commerciale) "Whatever Happened to your smile?" qui découle en droite ligne des mélodies relativement décontractées acoustiques dont il est spécialiste. En attendant, "Bitter Blue" est une excellente chanson acoustique avec des jolies harmonies vocales, et des guitares, steel et lead dirigées par Rusty et Paul Cotton.
Mais c'est le grand Rusty Young qui fournit les points saillants sur "Cantamos". La plus forte chanson sur l'album est "All the Ways" qui est tout simplement un classique.
"Cantamos" est, en fait, un merveilleux dosage et mix de Country, Bluegrass, Folk et Rock. Il y a de quoi ravir tous les fans de Poco: des harmonies vocales sublimes, des guitares merveilleuses, un Rusty Young qui n'en finit plus de se montrer, de l'énergie à revendre, des musiciens hyper doués et très motivés à prouver de quoi ils sont capables.
Toute réflexion faite, Poco connaitra ses plus grandes heures, en matière de réussite commerciale, sans Richie Furay et Jim Messina. Et c'est "Cantamos" qui les a projetés réellement sur le devant de la scène.

Poco quitte Epic après "Cantamos" et signe avec ABC-Dunhill Records. "Head Over Heels" est leur première sortie pour ABC, mettant en vedette le morceau acoustique "Keep On Tryin'" de Schmit, qui est devenu le plus réussi du groupe à ce jour atteignant le numéro 50 dans le Billboard Hot 100.
Six ans d'existence du groupe, huit albums sortis, et Poco est toujours en quête de reconnaissance et d'acceptation de la part d'un public plus large. La réponse fondamentale au manque de réussite du groupe est que la musique de Poco est tout simplement tombé dans une sorte de fissure entre le Rock et la Country.
Les fans de Rock le trouve juste trop Country et les fans de Country, étant justement fans de Country, n'ont pas l'appétit pour ce qu'ils considérent comme l'abâtardissement de leur genre bien-aimé.
"Head Over Heels" de Poco sonne comme un album de saveur country rock avec des performances qui sont ultra-professionnelles mais il manque peut-être d'excitation et d'inspiration.
Ce disque de 1975, qui marque un retour aux fondamentaux, aux racines du groupe, est presque un album de transition car Timothy B. Schmit va bientôt partir pour rejoindre les Eagles (en 1977), et Rusty Young et Paul Cotton sont de plus en plus à l'aise et confiants dans leur nouveau rôle de leaders du groupe. Les chansons sont plus courtes et les mélodies plus lumineuses, et il n'y a pas de grandes épopées comme "Crazy Eyes" ou "You've Got Your Reasons".
Le Country Rock y est toujours de mise et les mélodies se redonnent du brillant. Rusty Young fait ses débuts en lead vocal. Pourquoi Rusty ne chantait pas plus de chansons sur les albums Poco antérieurs est un mystère car il possède réellement une belle voix!
C'est parfois inégal, peut-être est-ce dû à la polyvalence du groupe. Avec Poco, on a toujours le sentiment qu'il est trop Country pour les fans de Rock et trop Rock pour les adeptes du Country. Bien que par moments un peu bancal, cet album est probablement l'un des meilleurs exemples de la façon dont Poco.peut être polyvalent et éclectique.
Cet album a des moments vraiment très bons, mais aussi quelques points faibles. Tous bien considéré, il révèle une très belle collection de chansons, même s'il n'est pas au niveau de certaines des autres sorties du groupe durant cette période.
Young et Cotton sont donc désormais aux manettes et leurs chansons semblent en réalité plus fortes que les efforts antérieurs de Poco avec Furay, Messina, et Schmit (bien que Schmit participe à deux chansons particulièrement jolies, "Keep On Tryin'" et "Flyin' Solo").
Cet album met en valeur certains bons morceaux de Poco de l'après Furay comme le doux et harmonieux "Keep On Tryin'" de Timothy B. Schmit qui donne un joli démarrage à l'album, C'est une chanson mélodieuse et festive avec juste une guitare acoustique en accompagnement.
"Keep on Tryin'" qui possède le son harmonique typique de Poco à son meilleur et c'est l'une des meilleures chansons de Schmit pendant son temps dans le groupe.
La chanson "Lovin' Arms" possède d'excellentes harmonies vocales, mais aussi du violon, du banjo, de la guitare acoustique, du dobro, et, bien sûr, de la pedal steel guitar.
"Let Me Turn Back To You" qui est écrit et chanté par Paul Cotton est une bonne chanson avec sa lead guitare et Rusty joue de la mandoline et de la pedal steel guitar.
"Makin' Love" aurait pu être un vrai single pour le retour du groupe en 1975, si MCA l'avait voulu car c'est un grand Rock de Poco similaire à "A Good Feelin To Know". C'est un morceau de Rock excellent avec les voix toujours en harmonie et Garth Hudson de the Band y joue du piano.
"Down By The River" de Paul est une bonne chanson lente avec orchestre, (un mellotron aurait peut-être été suffisant), des harmonies vocales, de la pedal steel et des jolis riffs qu'il extirpe de sa guitare Rock.
La très agréable adaptation d'une chanson extrêmement rare, "Dallas", écrite à l'origine par Walter Becker et Donald Fagen de Steely Dan, qui est chantée par Paul est excellente avec les voix encore en harmonie, un orchestre, des riffs de pedale steel guitar, et une très bonne rythmique. La version originale de la chanson était apparue sur un EP vinyle de Steely Dan dans les années 70.
"I'll Be Back Again" de Tim est grande chanson et Rusty aurait dû jouer plus de pedal steel sur cette chanson.
"Makin Love" et "Georgia, Bind My Ties" mettent en évidence la capacité du groupe à rocker et leur reprise de la chanson obscure de Steely Dan "Dallas" et "Lovin'Arms" rend hommage aux racines Country Rock du groupe.
A noter que "Makin 'Love" et "Sittin' On A Fence" de Rusty Young sont des chansons à consonnance étonnamment similaire, qui sont toutes deux recouvertes d'harmonies vocales de très bonne facture.
En conclusion, "Head Over Heels" de Poco sonne comme un album de saveur Country Rock avec des performances qui sont ultra-professionnelles mais il manque peut-être d'excitation et d'inspiration. Dans son ensemble, c'est pourtant un must pour les fans de Poco, en particulier tous les fans de Country Music.

À l'époque de la sortie de "Head Over Heels", "The Very Best Of Poco" a été publié comme un album de compilation qui reprenait les années du groupe avec Epic. Cette compil d'Epic a combattu "Head Over Heels" pour l'attention mais les deux n'ont pas très bien marché, atteignant respectivement le numéro 43 et le numéro 90, respectivement.

L'album suivant, "Rose Of Cimarron", a également échoué à générer beaucoup d'enthousiasme et il n'a pointé qu'au numéro 89 dans les Charts. Ce disque ne peut cependant pas être négligé, malgré son chiffre d'affaires faible car c'est tout simplement l'un des meilleurs albums de Poco avec une musicalité de qualité supérieure et des chansons assez géniales.
Poco remet donc l'ouvrage sur le métier afin de concocter un excellent "Rose Of Cimarron" en 1976. Ce disque parcourt toujours les chemins du Country et du Bluegrass, mais d'une manière beaucoup plus marqué que précédemment. Par contre, certains titres de ce LP sont moins puissants, moins 'hot' pour certains grands fans.
Cet album semble idéal pour les nouveaux admirateurs de Poco, pour ceux qui prennent le train en marche et qui n'ont pas le recul sur l'oeuvre gigantesque de ce groupe.
Il contient quelques morceaux de très bonne facture comme "Too Many Nights Too Long" (avec Paul Cotton à la guitare espagnole et à la mandoline), "Starin' At The Sky" (avec Al Garth, ex complice de Loggins et Messina), "Rose Of Cimarron" (une des meilleures chansons jamais produites par Poco et que Emmylou Harris reprendra par la suite), "Stealaway", un Country Rock typiquement Poco. Rusty Young est encore plus présent. Il apporte quatre titres dont "Company's Comin" et "Slow Poke". Timothy B. Schmit semble un peu en panne d'inspiration et peu prolixe. Il est assez efficace cependant avec son "Just like Me". Sans grand intérêt musical, "Tulsa Turnaround" ferme l'album.
Dans le morceau d'ouverture, "Rose of Cimarron" Rusty Young brille de mille feux. La chanson est tellement bien écrit.que l'on peut étonnament voir l'évolution de Rusty comme écrivain. Non seulement il brille comme écrivain, mais aussi en tant qu'interprète. Il joue un nombre incalculable d'instruments sur cette chanson, de sa pedal steel classique au dobro! Par ailleurs, il ne fait pas que jouer ces instruments, il est talentueux sur chacun d'entre eux. Cette chanson est un morceau épique qui sonne très spirituel, comme si le groupe priait Dieu. Elle évoque des images mentales des chevaux sauvages qui traversent le désert du Nevada, ou encore une mousson en plein désert. Elle possède également une fin spectaculaire, composée d'un piano, de cordes et d'un harmonica accompagnant un solo furieux et brillant à la guitare électrique joué par Rusty.
"Stealaway"est une jolie chanson, également écrite par Rusty. Encore une fois, il joue aussi une grande variété d'instruments. La chanson n'est clairement pas aussi bonne que la chanson-titre, mais toujours solide et bien écrite. C'est un bon Country Rock "typique" de Poco, très agréable à l'écoute.
"Just Like Me", un rock simple et doux sans aucune fioriture, est tout simplement la chanson de Timmy la meilleure qu'il ait jamais écrite.
"Company's Comin'/Slow Poke" est un autre superbe morceau de Rusty Young, un vrai délice. Le groupe est complété par un joueur de banjo supplémentaire, un violoniste, et même un joueur de washboard et ils rentrent tous azimuts dans une jam bluegrass qui marque le début de "Slow Poke".
"Company's Comin'" est encore une autre grande chanson énergique où le quatuor entier chante. "Slow Poke", également écrit par Rusty est la fin instrumentale de "Company's Comin'", mais c'est un morceau séparé qui est presque aussi long. Il s'agit de la plus vivante de toutes les chansons. Il y a tellement d'énergie, et tous les musiciens sont parfaitement sinchro les uns avec les autres. La musicalité de chacun est tout simplement géniale. Cette chanson démontre que Poco n'est vraiment pas là uniquement pour l'argent. Ils ont beaucoup de plaisir à faire ce qu'ils font, quel que soit ce qu'ils gagnent.
"Too Many Nights Too Long" est le début de la partie réservée à Cotton. Rusty a écrit toutes les chansons sur la première face (sauf une chanson de Timmy ), et Paul fait la même chose sur la seconde face (sauf encore pour un morceau de Timmy). C'est une très belle chanson où Paul prend maintenant la place de Rusty et joue de multiples instruments, une variété de guitares différentes, dont une guitare espagnole, Young joue de la mandoline et l'autre instrument remarquable est le violon joué par Al Garth. Garth, qui a joué, entre autres, avec Loggins et Messina, rejoint Poco pendant un temps très court quand cet album a été enregistré
Cela ressemble à une chanson Country Rock joué dans un style espagnole ou latino...Lorsque Timothy B. Schmit se met à chantonner en espagnol, toutes les dames sont sûrs d'en devenir sénile. Tout fan de Poco peut dire que c'est une de leur chanson sans avoir vu la pochette, mais elle s'aventure en direction de nouveaux territoires.
"P.N.S. (When you Come Around)" est une autre grande chanson de pur country.où Al Garth brille en temps que violoniste. L'équation Pedal steel guitare + violon = combinaison infaillible est de mise.
"Starin' at the Sky" est écrite par Timmy avec Garth, mais cette fois, celui-ci joue du saxophone. Du saxophone chez Poco! Cela ne sonne pas forcément très bien ensemble, mais cela fonctionne comme un charme et la chanson en elle-même est fabuleuse.
"All Alone Together", un autre grand morceau de Cotton possède peut-être les meilleures paroles de toutes les chansons. On y retrouve plus de pedal steel et de violon Country. Les musiciens ont vraiment travailler en osmose avec la musique, c'est de l'excellent travail.
"Tulsa Turnaround" est juste ce que l'on pourrait appelé un raté! Les mots semblent n'avoir aucun sens, et la musique est décente, mais assez médiocre par rapport au reste de l'album. La qualité de l'album est cependant à peine touchée par cette chanson. Tout au plus, c'est un morceau amusant de danse Country Rock de Paul Cotton, avec les compétences de Young pour le dobro.
En conclusion, Poco reste Poco. Ses harmonies vocales, sa musicalité demeurent très belles et les arrangements toujours et encore superbes.

Une autre disque chez Epic est également sorti en Mars 1976, l'album live "Live" pour achever l'engagement contractuel que le groupe avait avec Epic Records après sa signature avec le label MCA / ABC.
C'est le deuxième LP "live" de Poco après "Deliverin'", sorti en 1971, et Epic Records publie des enregistrements sélectionnés lors de concerts à Saint-Louis, dans le Missouri, à Milwaukee, dans le Wisconsin (enregistrés entre 1974 et 1975) et à l'Université de Yale, dans le Connecticut peu après la sortie de l'album "Cantamos".
Richie Furay étant parti un an auparavant, le groupe est alors un quatuor composé de Rusty Young, Paul Cotton, Timothy B. Schmit et George Grantham épaulés par le claviériste Mark Henry Harman.
Dans l'ensemble c'est un très bon album live de Country Rock de l'un des groupes les moins connus du genre. Poco a un son vraiment unique et c'est bien dommage que ce groupe soit toujours autant méconnu car le groupe rocke vraiment sur ce disque de 1975.
Celui-ci a toutes les caractéristiques typiques d'un enregistrement live de cette époque, fait avant tout pour répondre à une obligation contractuelle. Il n'a rien de l'originalité du classique album live "Deliverin'" sorti en 1972 et il ne dispose que de quelques mélodies plus ou moins dans leur forme originale.
Tout cela étant dit, sept morceaux de Poco sont mieux que rien et il n'y a aucun moment faible sur ce disque. Les chansons de ce concert sont souvent jouées plus lentes, mais plus profondes, plus matures!
Le groupe déteste ce disque et de nombreux fans le leur reproche. Ces enregistrements live du mois suivant immédiatement le départ soudain de Furay montrent un groupe luttant pour remplacer sa voix, cherchant à retrouver de nouvelles harmonies vocales. Pour cela, ils commencent à trouver parmi eux les membres qui puissent combler ce vide.
Timothy Schmit, pour peu de temps encore pour Poco reprend la voix de ténor Furay et Rusty Young fait monter la pression sur sa pedal steel et sa guitare pour compenser la guitare manquante.
Le résultat révèle un groupe travaillant dur et attendant beaucoup d'eux-mêmes. Le résultat est assez agréable à l'oreille.
D'une bien meilleure qualité sonore que "Deliverin'", ce disque présente des superbes chansons comme "Angel", l'intense "Ride The Country" et "Bad Weather" de Cotton et un meddley "Blue Water / Fools Gold / Rocky Mountain Breakdown" en ouverture. Rusty Young (instrumentaliste polyvalent et doué) apporte sa contribution avec "High And Dry" et Schmit avec "Restrain". A la batterie, Grantham nous livre quelques prestations vocales patfaitement inouïes alors que dans la formation à cinq, il passait presque inaperçu. Poco était alors en période transitoire et ce live est un bon moment à passer.
Les compétences instrumentales extraordinaires de Young à la pedal steel sont bien démontrées sur "Fool's Gold" et "Rocky Mountain Breakdown". Sur le medley d'ouverture comprenant "Blue Water / Fool's Gold / Rocky Mountain Breakdown", Rusty montre son incroyable polyvalence instrumentale en passant avec une extrême facilité de la pedal steel au banjo et inversement, tout en chantant! C'est Poco vraiment à son meilleur avec ce medley de 'bluegrass rock'. On peut regretter les morceaux pour piano, violon et mandoline des versions studio, mais ce medley fonctionne parfaitement comme un tout, un véritable tour de force.
Vient ensuite une chanson de Paul Cotton dans une jolie version vraiment plus lente de sa ballade Country Rock classique , "Bad Weather" C'était une chanson de Cotton, cela devient un chef-d'œuvre de Poco car Rusty, George et Tim sont beaucoup plus présents dans la chanson. La voix de Paul est encore meilleure, moins tranchante.
Et puis l'intense "Ride the country", comme beaucoup d'autres chansons de Poco en public, est une version qui est grandement améliorée par rapport à la version studio. Le changement continuel d'allure et de rythme rend cette chanson très passionnante.
La superbe chanson "Angel" est également incroyable, complétée par un excellent jeu de pedal steel de la part de Rusty avec une intro "à la Deep Purple". Rusty obtient le son de l'orgue à travers sa steel guitar ... effrayant, très atmosphérique.
Young (instrumentaliste surdoué) apporte sa contribution avec le Country Rock de "High And Dry" qui donne au disque un bon moment Rock C'est un Country Rock amusant, avec une superbe partie de guitare, un fantastique George poussant ses coéquipiers vers l'avant, et Tim jouant ses lignes de basse mélodiques tout à fait magiques, cependant Rusty Young a écrit ses meilleures chansons à la fin des années 70.
"Restrain" est un autre morceau lent, mais pas une ballade bien.romantique. Poco parvient à maintenir une intensité, avec des changements rythmes, un riff fantastique de guitare et des notes élevées. Malheureusement cette chanson de Tim B. Schmidt n'est pas sa meilleure, mais on doit s'en contenter.
Schmit fait également une superbe reprise du du classique de Richie Furay "Good Feelin' to Know" pour cloturer le LP, liant ensemble les chansons plus récentes de Poco avec l'un des tout meilleurs morceaux de Poco. C'est un réel plaisir qui met en valeur sa belle voix, ainsi que les talents propres de compositeur de Furay. Le groupe fait un travail formidable et Tim est très efficace au chant. Certaines harmonies sont un peu manquantes à la fin, mais le solo de guitare est un ajout important à la version studio.
En conclusion, le "Live" de Poco est un album de transition car c'est au moment où le groupe était contrarié que Epic a choisi de publier un concert afin de remplir une obligation contractuelle, laissant le sentiment aux musiciens qu'ils avaient laissé une multitude de morceaux dans les autres studios à partir desquels Epic pourrait avoir compilé un enregistrement de qualité de Poco.
C'est l'un des enregistrements de Poco essentiel pour tous ceux qui préfèrent le country rock optimiste et harmonique qui est la marque de Poco.

Sorti en Mai 1977, "Indian Summer" reste l'un des points culminants de la carrière de Poco vers un niveau nettement plus commercial. L'album ne fait pas véritablement partie des meilleurs travaux de Poco, mais c'est encore un album très écoutable avec quelques très bons moments.
A partir du son des guitares jusqu'à la structure des harmonies, la musique de Poco est un trésor Américain qui devrait donner une seconde chance à chacun.
C'est le seul groupe réel qui soit issu de Buffalo Springfield. Stills et Young ont été, et sont toujours, des artistes solo qui aimerait vraiment appartenir à des groupes, mais ils n'ont jamais pu tout à fait le faire.
Poco est une entité à long terme qui a ainsi eu des moments de succès et des moments de frustration. Le travail de guitare sur "Indian Summer" est considérablement plus fort que tout ce que Stills pouvait faire à l'époque et le songwriting est meilleur que celui de Young.
On retrouve beaucoup d'échos de Springfield tout au long de ce disque, mais c'est encore le son d'un orchestre qui travaille ensemble pour le bénéfice de la musique, pas la carrière solo des autres.
La musique est assez compacte et malgré certaines influences Country, le son commence à devenir plus sombre et plus dur. "Indian Summer" est une sortie très solide, quoique pas particulièrement remarquable.
Les compositions de chansons sont partagées équitablement entre les membres du groupe, Timothy chante sur trois chansons. Le plus remarquable instrumentalement est le jeu tout en finesse de Rusty Young à la pedal steel guitar toujours fidèle à lui-même. En ajoutant le batteur George Grantham et sa voix haut perchée, et le solide jeu de basse de Tim Schmit et ses vocaux scintillants, Schmit contribue aussi à quelques parties d'harmonica et Young, certaines de banjo. Et que demander de mieux que Paul Cotton pour continuer dans l'esprit de Messina / Furay?
Plusieurs invités apparaissent, notamment Donald Fagen au synthétiseur, dont les cuivres et les cordes sonnent merveilleusement à la fin de la suite "The Dance". Les mélodies et les voix sont douces, évocatrices et fougueuses, tour à tour.
"Indian Summer" commence aussi magnifiquement que chacun des Album de Poco avec le magnifique, le languissant "Indian Summer" (un de moments les plus beaux de Paul Cotton), à travers "Twenty Years", sur le suggestif "Me and You" de Tim Schmit qui est l'une de ses plus belles contributions à Poco
Tim Schmit brille sur l'album, notamment sur le fantastique "Find Out in Time", malheureusement pour les fans de Poco, l'album s'avérera le chant du cygne de Schmit avec Poco, car il va quitter le navire pour rejoindre les Eagles après la sortie de cet album.
Paul Cotton se démarque une fois de plus sur "Indian Summer", passant un temps important sur la chanson titre, et les rocks "Twenty Years", "Win or Lose" et "Living in the Band". Rusty Young n'est pas autant présent sur cet album que sur les albums précédents, mais il offre encore un certain travail de pedal steel guitar et il nous donne un avant-goût des choses à venir dans le futur grâce à sa chanson Downfall, son premier morceau en lead vocal complet.
Des chansons comme "Downfall" et "Stay (Night Until Noon)" sonnent à peu près comme de véritables rocks bien que les paroles soient plutôt en manque d'imagination. Les mélodies fortes et le bon chant ont toujours leur place dans la musique rock, mais les paroles n'ont jamais réellement été la grande force de Poco. La chanson titre est une des meilleures de Poco et les rocks tels que "Living in the Band" et "Twenty years on" assurent.
La meilleure chanson de Cotton est un diamant brut intitulé "Indian Summer", la chanson-titre qui ouvre l'album, une ballade douce avec steel guitar et jolie harmonie vocale. Ce morceau a un sens quelque peu rêveur et il nous entraine immédiatement vers une soirée d'automne fraîche mémorable dans la chaleur d'une merveilleuse relation. Son refrain frappe l'oreille, mais il n'est pourtant pas particulièrement bien écrit, et les paroles laissent beaucoup à désirer. Le solo de guitare de Paul Cotton est tout à fait planant.
"Twenty Years" de Paul Cotton est une chanson solide qui pourrait facilement ouvrir une jam façon Allman Brothers si les musiciens le voulaient.
Le morceau de Schmit "Me And You" est très bonne ballade avec un refrain accrocheur.
"Downfall" de Young a un joli travail de guitare croustillant, une bonne ligne de basse, mais les paroles sont, comme souvent, assez peu imaginatives et ternes. Rusty brille avec des harmonies flamboyantes, des guitares rutillantes dans une interprétation tout ce qu'il y a de plus brillante de Country Rock.
"Living in the Band" signé Cotton est un rock qui est pratiquement au niveau de "Good Feelin to Know".
Un autre morceau de Timothy B."Stay (Night Until Noon)" est optimiste et met en vedette certaines superbes lignes de sa basse et du Banjo lèché.
Le morceau "Find Out In Time" que Schmit a co-écrit avec Robbin Thompson est une ballade acoustique joliment troussée avec un beau travail de guitare douze cordes. C'est cependant le même genre de morceau que l'on trouve sur n'importe lequel des albums solo de Schmit avec un son acoustique léger et un style de chant distinctif, parfait pour une écoute facile mais un peu insipide et aussi peu profonde. "Find Out in Time" est peut être l'une des meilleures chansons jamais réalisées par Schmit.
"The Dance: When the Dance Is Over / Go On And Dance / Never Gonna Stop / When The Dance Is Over (Reprise)" de Rusty Young est une autre chanson qui se démarque, étant divisée en quatre parties distinctes et bourrée de corde et d'arrangement de cuivre. Bien que ce pourrait être un morceau intéressant, sa longueur épique (10 minutes) et sa structure répétitive nuisent à la cohésion de l'ensemble. C'est cependant une expérience vraiment intéressante dans le travail réalisé. "The Dance" a ses bons moments, mais malheureusement la suite plonge dans un mélange Disco / Funk qui empêche sans doute cet album d'être considéré comme l'un des meilleurs albums de Poco.
Beaucoup a été fait par des fans Poco sur la façon dont les Eagles ont volé le son de Poco et commencé à dominer les charts alors que Poco, injustement, pataugeait commercialement, mais il faut quand même être réaliste, les Eagles ont sorti "Hôtel California" au moment de la publication de "Indian Summer", et il n'y a pas photo. "Hôtel California" n'est pas parfait, mais il est sacrément bon quand même, et on ne peut nier que les Eagles ont des choses à dire. Sur "Indian Summer", Poco sonne quelque peu désespéré, produisant des chansons avec des paroles routinières douloureusement sans imagination. Alors que "Head Over Heels" de 1975 rendait la musique de fond bien respectable, malheureusement, ce n'est pas réellement le cas ici.













