J'ai trouvé l'album de 2011, et je ne l'aime pas beaucoup.

La musique est plus ou moins à chier, mais c'est quand même passionnant ce qui se passe là-dessus.
Attention ! Ce disque est un disque de r'n'b contemporain.
Attention ! Ce disque contient de l'autotune.Voici un disque qui dit qu'aujourd'hui, ce sont les blancs abonnés à Pitchfork qui écoutent du r'n'b (cf. le délire sur le dernier Kanye West), qui dit que tous les moyens sont bons pour en faire (samples de new-wave, autotune partout, samples de Beach House, coqueluche indie-branchée du moment). Qui dit également que le r'n'b de 2011 même s'il parle de sexe à tout moment (l'incroyable nombre de "fuck" sur ce disque, au point qu'on se demande si ce n'est pas parodique) n'en a pas (voix asexuée, musique sans chair), que le r'n'b est une musique abstraite (juste une idée), que le r'n'b n'a plus de couleur du tout (The Weeknd c'est en fait un type, un Noir, mais je défie quiconque d'arriver à ressentir cette musique comme étant de la musique noire, ou d'y retrouver quel que lien que ce soit avec la soul). Que n'importe quel kid occidental peut faire du r'n'b chez lui sur ses mixtapes. Et qui invente en passant le crossover (mélange d'à peu près tout sur rythmique rap) pour happy few. Cette musique ne passera pas en boîte, contrairement à Rihanna. C'est de la musique de boîte.
Le type qui a fait ce disque sait où il vit et en quelle année. Il sait que ce qu'il faut écouter aujourd'hui, c'est la dreampop, Kanye West, Spank Rock et le revival new-wave. Y a pas un disque qui m'ait autant parlé de 2011 cette année. Il contient la musique d'aujourd'hui et la critique de la musique d'aujourd'hui (ces lyrics au comble du superficiel, apologie des soirées tristes et de la drogue de "party", du cul de porno gonzo). Et la musique est plus ou moins à chier. Je ne sais pas si c'est triste. Je l'écoute souvent. J'ai failli le mettre dans le récent topic sur les plaisirs coupables.
Quelques extraits :
"High For This"
Le diptyque "House of Ballons / Glass Table Girls". Sample de Siouxsie d'un côté, rap crade façon Spank Rock de l'autre.
"The Party and the After Party"