Il me semble avoir lu quelque part que Plant a eu de graves problèmes de cordes vocales après 1971. D'où le recours à la chirurgie... Sa voix en aurait été définitivement affectée et altérée. Ceci expliquerait partiellement le son "trafiqué" de Houses..., je pense notamment à The Song Remains The Same...
Le problème est moins flagrant sur Physical... dans la mesure où plusieurs titres sont des "vieilleries" sorties des tiroirs. Sur les morceaux enregistrés pour compléter P. G., et Kashmir en fait partie, il est clair que Plant ne force plus autant sa voix que sur les premiers disques et ne monte plus aussi haut dans les aigus que naguère.
On observe le même phénomène sur les deux albums suivants.
Tout cela n'ôte bien sûr rien à la qualité de certains de ces albums.
Sur Houses..., j'ai toujours apprécié le travail rythmique de Page, notamment les riffs de The Song... et de Over The Hills... Le sombre No Quarter véhicule un climat pesant et angoissant. Quant à The Rain Song, j'aimerais entendre davantage ce genre de merveille dans la production actuelle

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Physical... est l'un des grands doubles albums des seventies (pléonasme ?). Certes, tout n'est pas parfait, il y a quelques longueurs, certains titres sont moins forts mais on peut dire la même chose d'Exile On Main St... Custard Pie, The Rover, Trampled Under Foot et The Wanton Song (dont le riff sera recyclé par Black Sabbath sur Master Of Insanity, compo figurant sur le Dehumanizer de 1992) sont des rocks puissants et ne sonnant pas comme des redites des disques précédents.
Et Kashmir est une compo intemporelle et magique.
Presence, bien qu'inégal, constitue à mon sens la dernière oeuvre majeure du groupe. L'épique Achilles Last Stand, les remarquables For Your Life et Nobody's Fault But Mine sont indispensables. Tea For One est un blues superbe et austère qui nous en dit beaucoup sur l'état d'esprit du groupe à cette époque.
Le reste est plus dispensable, notamment Royal Orleans que je déteste allègrement.
I.T.T.O.D. est le plus faiblard du lot. Comme cela l'a déjà été précisé, c'est avant tout l'oeuvre de Plant et de Jones, Jones et ses claviers envahissants. Page semble aux abonnés absents; comme chacun le sait, il avait alors d'autres préoccupations

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On a droit à des trucs gentillets (Fool In The Rain, All My Love), pas forcément désagréables, mais totalement déplacés sur un album du Zep. Seul In The Evening, placé en ouverture, dégage une certaine urgence, avec un riff assez efficace et un solo prenant.
Dire que le Zep n'a rien fait de bon après 71 est tout aussi discutable que de prétendre que les Stones sont morts après Exile...