Pas forcement. Rien n'est tout blanc ou tout noir : les nuances ce sont les couleurs de la vie. (oh que c'est beau...

)
C'est vrai, et c'est là que se situe le coeur du problème. Cette révolution numérique est jeune, on a encore bien du mal à en comprendre vraiment les enjeux, à se projeter dans un avenir qui ne sera lié à rien de ce que nous avons connu. Nous avons TOUS du mal à le faire, autant ceux qui sont pour que ceux qui sont contre le téléchargement.
D'un côté comme de l'autre, on campe sur son raisonnement. Les contre parlent de vol et accusent les internautes de foutre la culture en l'air, sans nuancer (je ne parle pas des membres du forum, mais de ceux qui se prononcent en général, dans les médias, sur le Net). Ils ne cherchent pas vraiment à comprendre et à accepter les aspects positifs du téléchargement.
De l'autre côté, les pour ne voient que les bons côtés du piratage et refusent d'accepter que le téléchargement sans l'autorisation des musiciens est loin d'être la solution acceptable. Pour et contre ne cherchent pas à se rejoindre, mais se combattent. Comment alors avancer quand personne n'est prêt à faire un pas vers l'autre.
Cela nous donne des associations de musiciens et de cinéastes qui se battent contre la loi Hadopi, refusent que les internautes servent de boucs émissaires quand l'industrie du disque a elle-même creusé sa propre tombe depuis bien longtemps, quand l'industrie des technologies est la principale responsable du piratage, et non les internautes qui ne font rien d'autre qu'utiliser les outils que ladite industrie met à leur disposition en s'enrichissant incroyablement.
Et cela nous donne d'autres associations de musiciens et de cinéastes qui se battent de leur côté contre le piratage, et donc, contre leurs confrères d'en haut.
Comment alors l'internaute peut-il s'y retrouver quand un musicien lui dit "pirate ma musique !" et un autre le traite indirectement de voleur quand il le fait ?
La solution ne passe ni par une loi répressive, ni par l'anéantissement du piratage, qui est absolument impossible. Que de temps perdu alors qu'il serait tellement plus urgent de l'employer à tous nous rassembler pour trouver une solution, artistes, internautes, gouvernements, industries. Alors que nous nous divisons depuis déjà 10 ans. Je l'ai déjà dit, et je me répète. L'argent coule à flot plus que jamais. Mais il y a transfert des dépenses des consommateurs de la poche de l'industrie du disque et du cinéma vers celle de l'industrie des technologies. C'est là qu'il faut aller le chercher. Principalement chez les fournisseurs d'accès.
L'internaute n'a jamais eu autant accès à la culture. Grâce au Net, il découvre des disques et des films qu'il n'aurait jamais connus auparavant. Mais son pouvoir d'achat n'augmente pas pour autant. Comment, en 2009, 10 ans après les débuts du piratage, lui demander de payer son abonnement à Internet, son ordinateur, ses logiciels, TOUS les disques qu'il découvre par le Net, TOUS les films dont il a connaissance et qu'il veut voir ? C'est financièrement impossible ! Va-t-on alors lui demander de freiner sa curiosité, de n'écouter que la musique qu'il peut s'acheter et faire l'impasse sur l'autre ? Non. La solution passe par un partenariat entre les industries du disque et des technologies, une licence globale bien étudiée et juste envers les artistes, un montant forfaitaire pas trop élevé payé par les internautes pour leur connexion à Internet et reversée à l'industrie du divertissement par les fournisseurs d'accès. Une solution qui permettrait aux internautes d'avoir un accès totalement libre à la culture dans la légalité. Mais tant que la guerre régnera au sein des partis politiques, des deux clans des artistes et des deux clans des internautes, le chaos restera.