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C'est avec Aftermath, en 1966 que les Dandys du rock affirment définitivement leur personnalité flamboyante, signant, pour la première fois, la totalité de compositions lorgnant désormais ouvertement vers les rivages dorés de la pop mais non sans être portées, à l'occasion, par l'influx,toujours présent, des vagues ancestrales du rythm'and blues. Et en ce sens, cet album est peut-être avant tout un album charnière qui assure la transition entre une certaine sauvagerie rock héritée du blues et une pop aux élans mélodiques élaborés, emblème des 60's.
L'empreinte du rythm' and blues ,largement dominante sur leurs précédents essais, est donc toujours présente sur plusieurs morceaux d'Aftermath . Elle lui confère d'ailleurs parfois une pulsation irrésistible, tout d'abord orchestrée par le jeu de basse souple et viril de Wyman, réanimée par les mouvements de relances de Watts,accentuée par les riffs éloquents et saccadés de Richard et exploitée de manière quasi-chirurgicale par le chant rythmé et sensuel de Jagger.
Mais il s'avère que c'est avec des morceaux tels que Mother's little helper, Under my thumb, Out of time, Take it or leave it et surtout la phénoménale ballade aux relents baroques, Lady Jane, que le groupe a fait une avancée mélodique fulgurante qui leur permet désormais de tutoyer leurs (faux) rivaux de Liverpool en matière de compositions envoûtantes.
Des sonorités inhabituelles et acoustiques, issues entre autre du sitar, du clavecin,du marimba et autre « dulcimer » viennent accentuer cette nouvelle tonalité précieuse , contrastant de manière éloquente avec le coté brut de l'énergie électrique de certaines compositions et conférant à l'ensemble un charme innatendu.
Certains passages, qui annoncent l'avènement psychédélique , viennent,de surcroît, ajouter à la richesse et au coté novateur de l' album , que ce soit par touches sonores comme sur Mother's little helper, de manière plus structurelle comme sur l'incantatoire et évolutif I'm waiting ou encore à la manière de jams hallucinées à venir comme sur l'aventureux I'm going home.
En cette époque transitoire, les Stones se positionnent donc à l'avant garde, à la fois tournés vers l'avenir tout en restant solidement ancrés sur leurs bases musicales. Et jamais plus ils ne parviendront à atteindre, sur album , cet équilibre miraculeux entre groove meurtrier hérité du rythm'and blues et mélodies pop raffinées, annonciatrices d'une ère nouvelle .
PS: C'est à l'édition anglaise que se réfère cette chronique et non pas à l'américaine, amputée de 3 morceaux et avec Paint it black à la place de Mother little helper.
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