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Forum de rock6070 • Afficher le sujet - Léo Ferré.

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MessagePosté: Mar Jan 20, 2009 5:11 am 
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excellent texte que Eiffel, groupe français avait repris à son compte de fort belle manière oupez

Excuses-moi Lou, je l'ignorais ! :oops:


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MessagePosté: Mar Jan 20, 2009 4:16 pm 
je m'insurge contre un tel dénigrement de ta part Elvira......... :lol: :lol: :lol:


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MessagePosté: Mar Jan 20, 2009 4:47 pm 
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Léo Ferré



- Auteur-Compositeur-Interprète -
Léo Ferré, né le 24 août 1916
Décédé, le 14 juillet 1993 en Toscane


Voici une petite biographie des œuvres de Léo Ferré.
Malheureusement, c'est encore très incomplet. Les textes biographique proviennent de Wikipédia, donc : prendre tout cela avec précaution !

Bonne lecture !

- Wikipedia -

L'enfance

Fils de Joseph Ferré, directeur du personnel du Casino de Monte-Carlo et de Marie Scotto, couturière d'origine italienne, il a une sœur Lucienne, de deux ans son aînée.

Léo Ferré s'intéresse très tôt à la musique. À l’âge de sept ans, il intègre la Chorale de la Maîtrise de la Cathédrale de Monaco, et y apprend le solfège et l'harmonie. Il découvre la polyphonie au contact des œuvres de Palestrina et de Tomás Luis de Victoria. Son oncle, un violoniste du casino de Monaco, lui fait découvrir Beethoven et le fait assister aux répétitions et à la représentation du Concerto pour la main gauche à l'opéra de Monte-Carlo, en présence de Ravel. Ces deux expériences vont le marquer durablement. Et, enfant, il joua face à la mer, des symphonies fantastiques...

À neuf ans il entre chez les Frères des Écoles chrétiennes au collège Saint-Charles de Bordighera en Italie, où il restera en pension pendant huit longues années. Il racontera cette enfance mise en cage dans un livre : Benoît Misère (1970).

En 1926, il compose sa première mélodie sur un poème de Verlaine : Soleils couchants. En 1930, à 14 ans, il compose le Kyrie d'une Messe à trois voix.
De retour à Monaco, il rencontre Antal Dorati, Mitropoulos qui dirige l'Orchestre philharmonique de New York et Léonid Sabaniev, un élève d'Alexandre Scriabine qui lui fait travailler le piano. Il obtient son baccalauréat de philosophie au lycée de Monaco, et se lie d'amitié avec Maurice Angéli. Il devient pigiste pour le journal Le Petit Niçois comme critique musical.

Ses années de formation

En 1935, il vient à Paris pour y faire des études de droit. Il est diplômé de l'école libre des sciences politiques en 1939. De septembre 1939 à août 1940, il effectue son service militaire. Pendant la guerre, il est affecté à l'infanterie et dirige un groupe de tirailleurs algériens.

Après la défaite de 1940 il est démobilisé et revient à Monaco. À l'occasion du mariage de sa sœur, il écrit un Ave Maria pour orgue et violoncelle, qui est joué à l'église Saint-Charles de Monaco. Suivront deux autres œuvres d'inspiration religieuse, un Benedictus et un Agnus Dei.

En 1941, il commence à composer des chansons et se produit au Théâtre des beaux-arts de Monaco sous le pseudonyme de Forlane. C'est à cette époque qu'il prend la double nationalité monégasque et française.
À la fin d'un concert à Montpellier où se produit Charles Trénet, il lui présente trois de ses chansons, mais celui-ci lui conseille de ne pas les chanter lui-même et d'écrire pour les autres.

En 1943, Léo Ferré épouse Odette Shunck qu'il avait rencontrée en 1940 à Castres. Il s'installe dans une ferme à Beausoleil, sur les hauteurs de Monaco. La même année il devient un temps speaker, régisseur, pianiste, bruiteur et balayeur pour Radio Monte-Carlo, et continue de se produire dans des cabarets. C'est ainsi qu'il rencontre en 1945 René Baër et Édith Piaf qui lui conseille de monter à Paris.

Ses débuts à Paris

En 1946, Léo Ferré s'installe dans la capitale où il rencontre Francis Claude, avec qui il écrira La vie d'artiste. Il est engagé pendant trois mois au cabaret le Bœuf sur le Toit. Il y fait la connaissance des Frères Jacques et du duo Roche-Aznavour. Il interprète ses premières chansons importantes : Le bateau espagnol, La chanson du scaphandrier, Le Flamenco de Paris entre autres.

Léo Ferré chante ses premières chansons : Label : "Les chants du Monde" 30 cm


Léo Ferré chante ses premières chansons : Label : "Les chants du Monde" 25 cm


Un événement marquant est sa rencontre avec Jean-Roger Caussimon à Montmartre qui devient un de ses complices et l'auteur de certains de ses premiers succès comme Monsieur William.

Pour Ferré, c'est une époque financièrement difficile. Il a du mal à joindre les deux bouts et demande de l'aide à son père. Il se sépare de sa femme Odette qui ne supporte plus ces conditions de vie, cela lui inspire en 1950 la chanson La vie d'artiste qui relate ses années de vache maigre.

Premiers succès

Pour se faire connaître, Ferré s'efforce de placer quelques-uns de ses titres chez les interprètes de l’époque : Édith Piaf, Renée Lebas, Yvette Giraud, Henri Salvador, Les Frères Jacques.

Renée Lebas fait connaître Ferré en interprétant Elle tourne la terre. Elle créera aussi L'île Saint-Louis et surtout Paris-Canaille, dont l'enregistrement par Catherine Sauvage sera le premier grand tube de sa carrière.
Ferré continue de se produire dans les cabarets de la rive gauche : Les Assassins, le Milord l'Arsouille, les Trois Mailletz, où il partage l'affiche avec Catherine Sauvage qui sera l'interprète privilégiée de sa musique.

Catherine Sauvage "Volume 1" 25 cm Philips


Catherine Sauvage "Volume 2" 25 cm Philips




En 1947, il rencontre les anarchistes espagnols exilés de la guerre civile et du franquisme avec qui il se lie d'amitié. Il effectue une tournée en Martinique. Il écrit la chanson Mon Général. Durant 1 minute, il adhère au Parti communiste1.

En 1948 avec Eddy Marnay, il écrit Les amants de Paris pour Édith Piaf et en 1950 enregistre son premier disque pour Le Chant du Monde en s'accompagnant au piano. Il travaille à la radio nationale en qualité de programmateur d'une émission intitulée Musiques byzantines. En 1950, il joue le rôle d'un pianiste dans un film La Cage d'Or de Basil Dearden.

La période Odéon

Sa rencontre avec Madeleine Rabereau amorce une nouvelle direction dans sa vie et sa carrière, elle devient son mentor et influe sur ses choix artistiques. Ils écrivent De sac et de corde une pièce pour la radio qui sera interprétée par Jean Gabin comme récitant et Léo Ferré dirigeant l'orchestre et les chœurs de la radio nationale.

Madeleine Ferré Odéon


Ils se marient en 1952, pour Ferré c'est la fin des temps difficiles, des artistes comme Henri Salvador2 et Yves Montand3 interprètent ses chansons et le label Odéon lui signe un contrat d'enregistrement. Il se lie d'amitié en 1952 avec Lucien Morisse.

En octobre 1953, il réenregistre au piano, les chansons déjà enregistrées en 1950, pour Le chant du Monde.

Son premier disque pour la firme comprend des titres comme Monsieur William, le Pont Mirabeau (poème d'Apollinaire), et Paris-Canaille4, suivi de nouveaux titres en 1954 avec Le parvenu, Le piano du pauvre et L'homme5.
Il compose aussi un oratorio : La Chanson du mal aimé sur un texte d'Apollinaire, qui sera créé à l'Opéra de Monte-Carlo le 29 avril 1954 sous sa direction, et sous le patronage de Rainier III de Monaco. La même année, il est en première partie de Joséphine Baker à l'Olympia. Il rencontre l'accordéoniste Jean Cardon, qui devient son accompagnateur privilégié jusqu'à la fin des années 50.

La Chanson Du Mal Aimé "Odéon" 30cm Texte : Guillaume Apollinaire


Monsieur William "Odéon" 25 cm



1955 est l'année de la consécration il est programmé en vedette à l'Olympia pendant vingt soirées. C'est une année très productive, qui voit l'enregistrement de nouveaux titres Vise la réclame,Monsieur mon passé, Le guinche et met en musique l'un des grands textes de la poésie médiévale avec Pauvre Rutebeuf. Il rencontre André Breton

Pauvre Rutebeuf Odéon 25 cm



Il écrit son premier recueil important de poésie intitulé Poètes, vos papiers . En 1956, il lit le Roman inachevé de Louis Aragon dont il met dix textes en musique.

En 1957, il met en musique des poésies extraites des Fleurs du mal de Charles Baudelaire et enregistre son oratorio La chanson du mal aimé. Il rencontre la même année Paul Castanier, qui devient son pianiste, et Maurice Frot, qui devient son secrétaire.

Les Fleurs du Mal CBS 30cm (Existe plusieurs rééditions)


Les deux années qui suivent voient l'enregistrement de ses deux derniers albums pour le label Odéon, avec des titres, comme Mon Sébasto, Les copains d'la Neuille, et Le temps du tango. En 1958, c'est son premier passage à Bobino. Il rencontre en 1958 Bernard Dimey, et en 1959 Hubert Grooteclaes qui devient son photographe et son ami.

Léo Ferré à Bobino Odéon 30cm


Encore du Ferré Odéon 30cm



Sa période CBS :

Le grand Ferré CBS


Léo CBS


Léo Ferré CBS " Le pont Mirabeau "


Les grandes chansons de Léo Ferré CBS Bobino 1958



Barclay première manière

En 1960, Léo Ferré fait partie avec Charles Aznavour, Henri Salvador et Dalida, de l'écurie Barclay, bientôt rejoint par Jacques Brel. Son directeur artistique est Jean Fernandez. Il enregistre son premier album Paname où l'on trouve Comme à Ostende (paroles de Jean-Roger Caussimon), Jolie môme qui sera aussi interprétée par Juliette Greco, ainsi que la chanson titre.

Paname - Joli Môme - Comme à Ostende Barclay


L'année suivante il consacre un nouvel album à un poète, cette fois-ci il choisit d'interpréter des textes de Louis Aragon, la chanson la plus marquante de ce disque est L'affiche rouge.

Les Chanson d'Aragon chantées par Léo Ferré "Barclay" 25 cm


Il chante au Vieux Colombier, puis fait un triomphe lors de son spectacle en vedette à l'Alhambra7 accompagné par l' orchestre dirigé par Jean-Michel Defaye, il y chante ses succès et aussi des inédits comme Les temps sont difficiles.8.

L'Alhambra accompagné par l'orchestre dirigé par Jean-Michel Defaye


Récital Léo A L'Alhambra


Après avoir vu un numéro de chimpanzé en première partie de son spectacle Léo et sa femme adoptent une femelle qu'ils nomment Pépée, ils recueilleront ensuite d'autres animaux.

Il achète l'Île du Guesclin, près de Cancale. C'est le début d'un amour-passion pour la Bretagne, qui lui inspirera un cycle de compositions, qui paraîtront dans Poètes, vos papiers, dont le plus représentatif est le célèbre « La Mémoire et la mer ».

La Mémoire et la mer (Illustration prise sur Internet) et n'est probablement pas la bonne pochette !


En 1962, il fait un récital à l'ABC. Il écrit la préface des Poèmes saturniens de Verlaine. L'album Flash Alhambra - ABC est rapidement retiré de la vente. La chanson Mon Général déplaît aux autorités.

Flash Alhambra - ABC Barclay 25 cm


En 1963, il achète le Château de Pechrigal, dans le Lot, qu'il nomme « Perdrigal ». Il vivra dans cette vieille bâtisse qui, selon lui, était un château malheureux (dû en partie aux dégâts de Pépée), avec son épouse et sa ménagerie, retiré de la vie parisienne. Le « Léo Ferré châtelain » lui sera beaucoup reproché, il s'en défendra vivement en disant que tout le monde appartenait au système, et que les artistes eux aussi avaient le droit d'avoir de l'argent.

En 1964, il enregistre un double album de poèmes de Verlaine et de Rimbaud, qu'il a mis en musique.

Verlaine & Rimbaud Volume 1


Verlaine & Rimbaud Volume 2


La langue française


"Ferré 64"


Léo Ferré "1916 - 19 ..."


Léo Ferré "Les Chansons d'Aragon"


"Quartier Latin"


Léo Ferré chante " Baudelaire 1 & 2"


L'année suivante, il effectue un récital à Bobino, et écrit la préface du livre de Maurice Frot le Roi des Rats. En 1967, Barclay supprime la chanson À une chanteuse morte (Edith Piaf) sur son nouveau disque. Il écrit dans la collection Poètes d'aujourd'hui de Seghers un livre sur Caussimon. Son nouveau directeur artistique est Richard Marsan9.

En mars 1968, il quitte le Lot. Le 7 avril, Pépée est tuée par un voisin d'une balle dans la tête tout comme Zaza, un autre chimpanzé, sur ordre de Madeleine qui liquidera tous les animaux, en les donnant aux voisins ou en les tuant. Léo Ferré ne pardonnera pas à Madeleine, sa femme, il chantera Pépée

"Pépé" Barclay


En 1969 et Zaza une chanson beaucoup plus explicite où Léo Ferré « se venge » qu'on retrouvera bien plus tard dans l'album posthume de Léo : Métamec. Le 10 mai, il chante à la Mutualité pour les anarchistes comme il le fait chaque année depuis 1948. Il part vivre en Lozère, puis en Ardèche.

Barclay seconde manière

En 1969, il rencontre les Moody Blues et écrit Solitude.

La Solitude


C'est aussi l'année de la rencontre historique au micro de François-René Christiani de RTL de Brassens, Brel et Ferré.

Léo Ferré - Jacques Brel - Georges Brassens


Interview:
http://frankwuyts.be/?p=372

C'est extra devance les Beatles au hit-parade. Il chante au Don Camillo, rue des Saint-Pères, où il rencontre régulièrement Jane Birkin et Serge Gainsbourg. Il effectue aussi la même année une série d'entretiens avec Michel Lancelot sur Europe 1.

Il part s'installer définitivement en Toscane en 1970, enregistre le Chien avec le groupe français Zoo et surtout son chef-d’œuvre, le double album Amour, Anarchie. Il effectue une série de récitals intitulés

Amour Anarchie 1


Amour Anarchie 2



Un Chien à la Mutualité



Le 21 octobre il enregistre Avec le temps.


Il se produit pour la première fois en 1971 au théâtre Toursky de Marseille. Il écrit Il n’y a plus rien pour un film qu'il a en projet.11.

"Il n'y a plus rien"


1972 signe son retour à l'Olympia, où il ne s'est pas produit depuis 1955. Il effectue une tournée au Liban. Il participe à un concert avec Brassens contre la peine de mort. En 1973, il participe à un concert de soutien au journal Libération, écrit Allende, et enregistre le disque Et basta !.

Et Basta !


"L'Espoir"


"La Frime"



"Je te donne"


"Il est 6h ici ... et midi à New York"


" Ludwig - L'imaginaire - Le bateau ivre "


En décembre, il épouse Marie-Christine Diaz au consulat de France à Florence.

La période toscane

En 1974 il effectue un concert au festival de Vence avec Ivry Gitlis, et donne durant cinq semaines à l'Opéra comique la chanson du Mal-Aimé

La chanson du Mal-Aimé


En 1975, il réenregistre le disque Ferré muet12, et dirige pendant 5 semaines l'orchestre des Concerts Pasdeloup13. Il y interprète ses chansons, et des musiques de Ravel et Beethoven. L'année suivante, il effectue une tournée en Algérie14. Il signe chez RCA

Ferré muet


En 1981, malgré la proposition d'un cachet substantiel et la promesse faite par Roger Hanin de mettre un orchestre symphonique à sa disposition, il refuse de soutenir la campagne présidentielle de François Mitterrand. Il dédie à Bobby Sands et à ses amis de l'IRA la chanson Thank you Satan.

Thank you Satan (Ce n'est pas le disque de cette époque) !


En 1983, il entame une « tournée marathon », en Italie, en France, au Portugal, en Belgique15. Il soutient à la même époque Radio libertaire. L'année suivante il chante à l'Olympia et au Théâtre des Champs-Élysées.
En 1985, il effectue une tournée à travers la France. En mars, il refuse d'être Commandeur des Arts et Lettres, et quitte RCA. Il inaugure en 1986 le Théâtre Libertaire Parisien. Il a un nouveau concert de 6 semaines au TLP avec au programme les Poètes.

Il refuse en 1987 d'être l'invité d'honneur des premières Victoires de la Musique et entame une nouvelle tournée marathon en France, Allemagne, Autriche, Italie, Belgique, Canada et Japon. Jean-Louis Foulquier organise une Fête à Ferré dans le cadre des Francofolies de la Rochelle ; Jacques Higelin interprete pour l'occasion une version de "Jolie môme" « survitaminée ». L'année suivante, il refuse une nouvelle fois de soutenir la candidature de Mitterrand et appelle à l'abstention. Il effectue une tournée en France, au Canada, en Espagne, au Maroc, et un récital au TLP16.
En 1989, Léos Carax lui propose d'écrire la musique du film Les amants du Pont-Neuf17. En 1990, il chante avec Renaud, et Francis Lemarque à Bercy pour la fête des 70 ans du Parti Communiste. En 1991, il signe en compagnie de Renaud un appel pour la Paix maintenant contre l'intervention militaire dans le Golfe. Il effectue en début d'année 1992 une tournée en France et en Belgique.

Hospitalisé fin 1992 il doit annuler sa rentrée parisienne au Rex, il décède le 14 juillet 1993 à l'âge de 76 ans.


Le square Léo-Ferré à Livry-Gargan

Son style
Dans ses textes, Ferré mêle le lyrisme, l'argot, l'amour et l'anarchie. Occupant une place centrale dans le monde de la chanson française, il est sans doute une des références dans ce domaine.
À partir du moment où il reprend son contrat à Eddy Barclay, période des immenses succès (Avec le temps et C'est extra), il se réalise pleinement en tant qu'artiste ; sa musique et ses textes deviennent débridés.
En sa qualité d'auteur, Ferré est considéré comme un poète marquant du xxe siècle, avec une expression originale, puissante et personnelle de la poésie. Mettant en musique Apollinaire, Rutebeuf, Baudelaire, Aragon, Verlaine, Rimbaud, Cesare Pavese, Villon, Jean-Roger Caussimon, Pierre Seghers, et quelques autres, il contribue à les faire connaître et aimer d'un public élargi.

Hors de la chanson, il s'est essayé à la composition de différents genres : l'opéra avec La Vie d'artiste (inachevé), l'oratorio avec La Chanson du Mal aimé, sur le texte d'Apollinaire, le « ballet » avec La nuit, et la musique instrumentale avec La Symphonie interrompue, Le chant du hibou, Le concerto pour bandonéon (inachevé) et diverses BO pour le cinéma (Douze heures d'horloge, L'Albatros de Jean-Pierre Mocky).
Orchestrateur de ses compositions à partir de 1971, il dirige occasionnellement les orchestres symphoniques qu'on veut bien lui prêter, lors de représentations en France, en Italie, au Canada, en Espagne, en Suisse et en Belgique.

Son fils Mathieu18, avec les Éditions La Mémoire et la Mer, réédite l'œuvre originale de son père tout en sortant de nombreux inédits.


Dernière édition par Elvira le Mar Jan 20, 2009 9:20 pm, édité 4 fois.

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MessagePosté: Mar Jan 20, 2009 5:00 pm 
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Il reste le plus grand en France : pour ses textes, pour sa voix, pour ses mélodies, pour ses arrangements (il était aussi chef d'orchestre), pour son émotion,.... Je ne connais aucun chanteur français qui arrive à son niveau. oupez


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 Sujet du message: Re: Léo Ferré.
MessagePosté: Mer Oct 14, 2009 2:34 am 
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Il m'a fait connaitre Rimbaud ! A l'âge de 13 ans, j'écoutais pour la première fois son interprétation du poème " Les poètes de 7 ans " et sa voix, sa musique m'ont immédiatement frappé !
Pour moi, c'est le plus grand ! Je place Brel juste derrière..

Je ne me lasse toujours pas d'"écouter un texte" comme "Il n'y a plus rien"

_________________
... nous faut-il nourrir nos rêves et les réaliser aussi ?


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 Sujet du message: Re: Léo Ferré.
MessagePosté: Mer Oct 14, 2009 2:43 am 
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Il reste le plus grand en France : pour ses textes, pour sa voix, pour ses mélodies, pour ses arrangements (il était aussi chef d'orchestre), pour son émotion,.... Je ne connais aucun chanteur français qui arrive à son niveau.
Peut être le génial Gainsbourg, (ou pour moi Brel, mais différent)... Ils avaient beaucoup, beaucoup en commun. D'ailleurs Léo avait une soeur nommée Lucienne LEs p'tits Lulu

_________________
Il est parfaitement superflu de connaître les choses dont on parle. Je dirais même que la sincérité en général dénote un certain manque d'imagination.


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 Sujet du message: Re: Léo Ferré.
MessagePosté: Mer Oct 14, 2009 9:17 pm 
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Il reste le plus grand en France : pour ses textes, pour sa voix, pour ses mélodies, pour ses arrangements (il était aussi chef d'orchestre), pour son émotion,.... Je ne connais aucun chanteur français qui arrive à son niveau. oupez

J'aime énormément Léo Ferré, et Georges Brassens est tout aussi excellent tant dans sa musique, son humour, sa verve, sa subtilité et la qualité de ses textes.

Non sincèrement, Léo Ferré n'est pas le seul et heureusement !


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 Sujet du message: Re: Léo Ferré.
MessagePosté: Mer Oct 14, 2009 11:46 pm 
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Ca me donne envie de réésayer Leo !

_________________
Le mensonge donne des fleurs mais pas de fruits.

Réponse de Nietzsche à Guy debord : "Le seul fait de se plaindre rend la vie supportable".(correspondances - 1880/1970 )


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 Sujet du message: Re: Léo Ferré.
MessagePosté: Jeu Oct 15, 2009 2:33 am 
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Il reste le plus grand en France : pour ses textes, pour sa voix, pour ses mélodies, pour ses arrangements (il était aussi chef d'orchestre), pour son émotion,.... Je ne connais aucun chanteur français qui arrive à son niveau. oupez

J'aime énormément Léo Ferré, et Georges Brassens est tout aussi excellent tant dans sa musique, son humour, sa verve, sa subtilité et la qualité de ses textes.

Non sincèrement, Léo Ferré n'est pas le seul et heureusement !

Et j'ajouterai que d'autres artistes différents, sont tout aussi talentueux que Léo Ferré .

Merci à tous ces artistes !


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 Sujet du message: Re: Léo Ferré.
MessagePosté: Jeu Oct 15, 2009 11:19 am 
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belle biographie
j'ai l'album " ET BASTA". Il est énorme...Deux morceaux dont le fameux ni Dieu ni Maitre..Mais le véritable chef d'oeuvre est le premier titre de l'album qui dure plus de 20 minutes durant lesquelles Leo déclame un superbe poème autobiographique

_________________
Un univers folk entièrement en Francais où les textes sont aussi importants que la musique
http://www.myspace.com/585110211
https://www.facebook.com/pages/Vox/307148312693047


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 Sujet du message: Re: Léo Ferré.
MessagePosté: Jeu Oct 15, 2009 6:30 pm 
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j'ai l'album " ET BASTA". Il est énorme...Mais le véritable chef d'oeuvre est le premier titre de l'album qui dure plus de 20 minutes durant lesquelles Leo déclame un superbe poème autobiographique

C'est vrai ! C'est superbe ! Il n'y a vraiment que Léo qui ait fait cela !

"- Dis donc, Léo, ça ne te gêne pas de gagner de l'argent avec tes idées?
- Non. Ça ne me gênait pas non plus de n'en pas gagner avec mes idées, toujours les mêmes. Il y a quelques temps.
Vois-tu, la différence qu'il y a entre moi et Monsieur Ford ou Monsieur
Fiat, c'est que Ford ou Fiat envoient des ouvriers dans des usines et qu'ils font de l'argent avec eux.
Moi, j'envoie mes idées dans la rue et je fais de l'argent avec elles. Ça te gêne? Moi, non! Et voilà!"

oupez

_________________
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 Sujet du message: Re: Léo Ferré.
MessagePosté: Ven Oct 16, 2009 12:25 am 
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Léo Ferré
ET... BASTA!


Quand j'emprunte des paradoxes, je les rends avec intérêts.
J'enrichis mes prêteurs qui deviennent alors plus intelligents.
Le taux usuraire de l'astuce n'est jamais assez élevé.
Je ne sais pas d'où je viens mais je sais que je suis là, à reverdir, dans cette campagne toscane.
Les rossignols teints au Gargyl chantaient des aubades pharmaceutiques.
J'ai les cheveux trop longs... comme des voiles de thonier, mes beaux cheveux qu'on m'a toujours taillés, mes beaux cheveux longs dans ma tête.
Dans la rue, on se retourne...
Moi, je leur tire la langue!

O belles pattes des fourrures
Chapeau du vent de ces madames
Inquiétude de la parure
Toiles de soie vers vous je rame

Je sais des paradis tranquilles où les anges n'ont pas de vin à boire mais des orages de raison.
Des violettes de reverdie.
Je sais des paradis tragiques où les fauteuils d'orchestre n'ont pas de mémoire
Où les roses ne fleurissent que par osmose, et encore...
Où les passions sont d'un autre ordre et les mirages d'une autre qualité et de la nuit pourtant venus...
Je sais des paradis-bordels où l'on me fait signe
Où l'on se signe
Où l'on me désigne pour la bonté des mains tendues et des bouches capitales
Comme au petit matin... Tchac!
Je sais des paradis naturels où le mauve tient lieu de drogue
Où l'on peut passer du mauve à la frontière
Je sais des paradis câlins avec la barbe de deux jours et des saints
Sans foi ni loi
Sans feu ni eau
Avec simplement une ceinture d'émigrant

J'émigrerai quelque jour vers vos pays cachés
Et ne reviendrai plus

Regardez-moi
Passants de rien, poules de luxe, fleurs incroyables
Regardez-moi
Je suis un migratoire, un migratoire
Je suis un vieux corbeau qui court après une charogne comme un chien de course après le leurre
Je suis un vieux corbeau de la plaine où je vais m'englânant des trucs dégueulasses, de vieilles graines d'homme qu'on a trop employées
Je suis un vieux corbeau qui court après une corbeaute
Je croasse comme on peut croasser quand on est un vieil oiseau de cinquante-sept piges

Je tiens que le désespoir des ordures est une incompétence biologique à pouvoir en sortir un jour ou l'autre, coûte que coûte
Quand la merde déborde, c'est encore de la merde
À ce moment-là, je connaissais une chanteuse... Vous la reconnaîtriez aussi, c'est facile.
Une chanteuse qui a le derrière sur la figure, ça vaut la carte d'identité, non?
Et puis, Madame Lechose, taulière blonde, un peu grasse, un peu... Taulière
à L'Escalier de Moïse, où il y avait de tout, du Fernand, du Ferré qui chantait au piano, avec son chien et ses grimaces, et son petit cachet...
- Dis donc, Léo, ça ne te gêne pas de gagner de l'argent avec tes idées?
- Non. Ça ne me gênait pas non plus de n'en pas gagner avec mes idées, toujours les mêmes. Il y a quelques temps.
Vois-tu, la différence qu'il y a entre moi et Monsieur Ford ou Monsieur
Fiat, c'est que Ford ou Fiat envoient des ouvriers dans des usines et qu'ils font de l'argent avec eux.
Moi, j'envoie mes idées dans la rue et je fais de l'argent avec elles. Ça te gêne? Moi, non! Et voilà!

Madame Lechose, un peu blonde, un peu... Je la regardais, des fois, en chantant, juste en face de moi, qui n'en perdait pas une, de ses fiches, et le whisky tant, et le gin-fizz tant, et le citron pressé tant... Et mon citron pressé?
La Mère Lechose, un peu blonde, un peu grasse, toujours à l'heure, comme les vrais artistes, ceux qui travaillent, et comme ceux qui font travailler les artistes. Je faisais la salle.
Jamais les clients. Arkel, mon chien, venait me chercher après le Flamenco de Paris.
C'est tout ce que j'ai eu de vraiment espagnol à ce moment-là. Ce devait être un chien exilé.
Je rentrais chaque nuit dans le désert Paris, dans cette brume des garages où reste un peu, le soir, après que les voitures soient passées, de cette odeur des temps modernes qui vous remonte du fond de votre carter, portant
le deuil des foins brûlés. Je rentrais chaque nuit dans le désert Paris.
Les putains ne m'accrochaient jamais. Elles savaient que j'étais un homme public, Elles, les filles publiques...
- Alors, comme ça, on se prostitue, Ferré!
Je rentrais chaque nuit dans cette maison douce où gouttait l'eau du robinet, dans cette cuisine un peu salle de bains, avec sa cuvette...

Je vivais à ce moment-là avec une femme. Assez longtemps, avec des problèmes de mouise, d'attentes au bout d'un téléphone qui ne sonnait jamais.
Le téléphone, quand il sonne trop souvent, on s'arrange pour faire répondre qu'on est là ou qu'on n'y est pas.
Les importuns ne croient jamais ainsi qu'ils vous importunent et vous êtes tranquille. On ne peut pas être plus sociabilisé, pas vrai?
Et puis, les commissions, le dentiste, les droits d'auteur minces, minces... Quand on travaille comme on veut, on touche comme on peut.
J'allais chercher les sous moi-même, toujours moins de cent mille balles.
Pas de chèque, et vite un restaurant dans un bon quartier. Et puis et puis, les souvenirs s'entassent. Le mariage vous mine petit à petit.
On est fidèle parce que c'est l'usage et les années s'entassent aussi. Les souvenirs, d'ailleurs, c'est du présent discutable. On est hier, toujours.
Moi, je vivais demain et ça fabriquait les malentendus. Un artiste vit toujours demain, sinon il est fait pour l'usine.
À l'usine, le présent, c'est un cadeau quotidien, incessant.
On peut te congédier, alors tu prends des dispositions particulières pour ne gueuler qu'en connaissance de cause et dans le silence revenu des retours à la maison.
À la table de travail, devant la page blanche, l'artiste n'est pas là. Il vit là-bas, loin de tout, du téléphone, de sa compagne, de ses problèmes.
La solitude est une affaire d'ordinateur. Moi, je me perfore loin des imbéciles et du propos courant. On me hait.
Je m'en fous. Je suis un autre mec. Voilà.

Ni Dieu, ni maître, ni femme, ni rien, ni moi, ni eux et Basta!

Il y a l'amour... peut-être. C'est une solution, une solution à un problème qui reste un problème. Alors... Rien.
Une solution... Un problème... Par quoi commencer?
On donne et on te prend. Celui qui prend a l'impression qu'il donne...
Arrange-toi avec ça, si tu peux. Il y a derrière les yeux des gens, une cité privée où n'entre personne.
Une cité avec tout le confort d'imagination possible. Les gens que tu vois chez toi, sont d'abord chez eux. Ils ne te voient pas.
Ils se singularisent dans l'immédiate et toujours constante défense de soi. Ils ont peur. Ils sont terribles, les gens.
Ceux que tu appelles tes amis, ce sont d'abord des gens remplis du moi qui les tient en laisse.
L'homme est un "self made dog"...
Mais il parle au centre du monde, et le monde, c'est lui.
Il transpire, il a une queue mais ne sourit pas avec, comme le chien. C'est tout et c'est trop.
L'amitié, c'est comme le ciment armé: on ne sait pas comment ça vieillit. J'aime les vieilles pierres. Elles ne transpirent pas.

Ni Dieu, ni maître, ni femme, ni amis, ni rien, ni moi, ni eux et Basta!

"L'Écluse"... fin 49... Drôles de mariniers, sur ces quais néon'cifs!
J'étais le pianiste et le chanteur. Cette " écluse " où la galère échoua, un soir, entre Barbarie et une Inconnue de Londres, et deux romances à goémons, une guitare et un gitan, égarés là... Allez donc savoir...
Et ce taulier, qui me lucarnait derrière son zoom, un zoom qu'il vous plantait là, sur le front, jamais en face, jamais dans votre zoom à vous, toujours un peu au-dessus, comme s'il regardait l'ineffable.
C'est pas mal, un particulier qui sue du goulot, qui transpire de l'en dedans. Rien ne sort jamais. Un lavatory, quoi! Qui garde tout, transmet, qui assume sa condition de réceptacle.
L'âme de certains individus m'empêchera toujours de croire tout à fait en Dieu.
J'ai oublié son nom. Il y a une chance pour les mauvais souvenirs.
- Eh! Ferré! Bonjour, tu te rappelles? C'est moi... l'ordure...
- Qui ça? Ordure? Tiens, il y en a encore dans le siècle?

Je vous demande excuse, Monsieur. Je ne connais, quant à moi, que des anges...

Ni dieu, ni maître, ni anges, ni rien et Basta!

Il faudra que je change de support. Écrire sur des champs de luzerne, sur des biffetons "Banque de France", des faux, sur le ventre de certaines Girls in Magazines. En tournant la page, on pourra voir, juste en dessous.
Les girls, ça se regarde où ça s'invente. En dessous de trente ans, c'est plus lisse, et c'est, des fois, encore un peu môme. Après, ça se froisse, et on les jette.
Il faudra que je change de support. Le papier, yen a marre!
De ce papier-xylo qui fait grincer, gémir les arbres que je porte en moi.
Quand on scie un arbre, j'ai mal à la jambe et à la littérature. Quelle horreur, la parlote! Écrire partout, à l'envers de toi, sur mon coeur, sur ma loi, dans mon froc, lorsque tu me regardes précisément et que je te dis que je suis dingue de toi, pour te faire couler ton printemps court...
Cours, cours, petite, n'oublie pas.
Sur mon cahier quadrillé c'est la misère. J'essaie de mettre au carreau mes ailes, mon job. Rien à glander, today, au club des métaphores.
Il faut que ma plume feutrée, ma petite japonaise glissante et noire soit serve d'une certaine rigueur de gueulante.
Le drapeau noir, c'est encore un drapeau.
Il faudrait que je leur lance un Manifeste de la Méthode.
Quelque chose de concret, du style genre polyester qui aurait l'air de ne pas moisir dans les gothiques et qui psalmodierait tranquillement des lamentations tocs devant le Mur des Fédérés...
Sur la fenêtre, je pourrais mettre un vieux chiffon rouge, histoire de bien signifier mes origines. Des tambours, aussi, et des crécelles à couvrir de leurs criasseries les millions de chevaux Paris, Milan, New York and so and so on.
Au large, hommes tergaliens, boys d'alpaga, filles jeanisées au maxi, avec vos clous dessinant les orages du Guevara.
Le Che crevé, crucifié, pourri déjà, même sur vos images.
Dépoitraillez-vous, Hommes, s'il en reste, et venez vous chauffer au
bain-marie de ma métaphore, celle qui appelle chat une amphore et gouttière un vieux thème serbo-croate.
Au large! Monocloez-vous l'oeil de rechange et changez de basse-cour.
Fuyez vers les tramontanes d'Eros, puisez dans les accordéons des rythmiques plus sûres, vers les caniveaux.
Plongez-y en lune à becs frisants... Vous y verrez peut-être une gorgée de solitude...
Quand je me regardais, en ces temps, au ras du trotte madame, la neuille, des fois, une image reflétée me donnait la solution du style.
Ma méthode est simple: Mettez-vous à coucou, Place de la Bastille et prenez-vous pour un serpentaire.
Vous verrez alors qu'il n'y a plus de métaphore possible quand on se dénature, quand on se désanalyse, quand on s'antidate et qu'on s'insectise, quand, mouche devenue, pour prendre le quart dans un hôtel fameux où la passe est sanguine ou à Bidon's City, vous pourrez sentir s'exhaler la queen, et la vrombir, et la gémir, et la voir même prendre son pied à certaines désinences. Alors, vous aurez accompli la mutation que j'attends de vous, Mouches vertes des prairies du double... Je vous ai créées.

Je dirigeais alors des fantômes bon marché, dès que j'achetais dans des économats spécialisés en bizarreries, en relativisme du tout venant.
J'avais une carte qu'on me tamponnait à chaque coup. L'employé me disait:
- Alors, ça biche, Ferré? Vous en prenez pour votre pognon?

Un réverbère propre à décrypter les étymologies les plus perverses
Un chandelier en robe du soir
Un réveille-la-Mort des fois qu'on oublierait de s'actualiser
Un canevas dernier modèle pour tricoter de l'affection technicolor
Des ciseaux pour tailler dans le vif du sujet même si le sujet ne colle pas à la syntaxe
Des hôtels barbelés au travers desquels je pisserais quand même
Des mômes à comètes et à cendriers portables histoire d'être confortable au risque de payer de leur vie
Des vies punies de vide et de tambours voilés frappant tout doux ta résurrection journalière

Quand je dors je suis mort sans bière uniquement avec du Coca sur la table de chevet
Je lis des sons particuliers quand Ludwig sanglote doucement les bras tendus vers la Neuvième

Les épices m'ont toujours brûlé le charme
J'ai du slave qui se balade quelque part entre peau et jactance
La mer, chez moi, dans la rue, cela m'était facile
Je l'appelais, elle arrivait: le flot, bouillonnant, au ras de chaussée

L'eau cette glace non posée
Cet immeuble cette mouvance
Cette procédure mouillée
Me fait comme un rat sa cadence
Me dit de rester dans le clan
A mâchonner les reverdures
Sous les neiges de ce printemps
A faire au froid bonne mesure
Et que ferais-je nom de Dieu
Sinon des pull-overs de peine
Sinon de l'abstrait à mes yeux
Comme lorsque je rentre en scène
Sous les casseroles de toc
Sous les perroquets sous les caches
Avec du mauve plein le froc
Et la vie louche sous les taches...

La mémoire et la mer...

Ton corps est comme un vase clos
J'y pressens parfois une jarre
Comme engloutie au fond des eaux
Et qui attend des nageurs rares
Tes bijoux ton blé ton vouloir
Le plan de tes folles prairies
Mes chevaux qui viennent te voir
Au fond des mers quand tu les pries
Mon organe qui fait ta voix
Mon pardessus sur ta bronchite
Mon alphabet pour que tu croies
Que je suis là quand tu me quittes...

La mémoire et la mer...

Cette mer cavaleuse, propre, cynique... Ce toit tranquille, comme disait l'autre... Ce drame mouvant comme un outrage de la nature, quand j'y plonge, de mémoire, je m'y perds, et moi, et mon courage, et ma passion, et ma musique.

Le vent, y aidant, n'a qu'à bien se tenir. Il se prosterne, ce vent filou des bises des frilures...
68... 68... 68...
Noblesse du calendrier.

Je ne vais tout de même pas te raconter comment et pourquoi j'écris des chansons, non? C'est comme ça!
Ma main sur le clavier de mon piano est reliée à un fil et ça marche. Je suis "dicté".
J'ai un magnétophone dans le désespoir qui me ronge et qui tourne et qui tourne et qui n'arrête pas.
Alors je copie cette voix qui m'arrive de là-bas, je ne sais, qui m'arrive, en tout cas, et je la reconnais chaque fois. Ça fait comme un déclic et ça se déclenche.
Je suis le porte-parole d'un monde perdu, présent pour moi, d'un monde auquel vous n'avez pas entrée parce que si tu y entres, dans ce monde, tu perds pied et deviens inédit. Ton foie, tes poumons, ton sexe, tout ça est à toi.
Ta tête, non. Si tu es fou, alors viens dans mes bras. Je t'aime.

68 68 68 68 68

Il y a des chiffres qui me font mal à mon dicteur. 68... Il s'en fout mon dicteur, il le connaît ce chiffre. Il l'a fait, comme on fait une partie de cartes. Les cartes, aujourd'hui, sont mêlées. Il n'y a plus rien qu'une certaine forme de dictature sentimentale qui vous arrange et qui vous endort pendant que les Autres veillent.
Vous êtes vraiment des cons et des malheureux. Ou bien alors, crève, paysan, crève et passe de l'autre côté de la rue, avec tes dieux, avec tes maîtres, avec tes pantoufles et tes clopes...

68 68 68 68 Madame la Misère... Misère c'était le nom de ma chienne qui n'avait que trois pattes...
Ton style, c'est ton cul, et oui... quand il a du style! Ça ne dure pas longtemps. Un cul, ça se cache un jour ou l'autre. Plutôt un jour que l'autre.
Quelle connerie!

Ni Dieu, ni maître, ni toi, ni eux, ni cul, ni rien

68 / 73 NON STOP

Je suis d'un autre monde et tu le savais bien
O toi qui tant et tant me regardais et m'écoutais
Tu m'apportes le fait d'un instant de malheur
Je drisse tout à coup avec ma peine en l'air
Vas-y petit les oiseaux s'en vont de côté cet hiver

68 / 73 NON STOP

La vie d'artiste... C'est dur de ne pas être, hein?
Il y avait vraiment de quoi
Ça a commencé pour rien, en trombe, Rue des Écoles et à la Maube
Understand?
Les drapeaux noirs et les aminches et l'Été 68 et puis les anarchistes
Où ça?
Les purées de Nanterre et la purée des anges
Tu l'envoies, ta purée?
Je signe dès ce jour avec mon double crème
Je vivais dans l'ardeur de notre connerie
La très haute la très grande
Et je suis seul ce soir devant le ciel brouillé
NON STOP avec des bulles dans ma tête
C'est difficile à raconter ce genre de bulles, même pas au neuro...
Vous n'avez rien compris ni toi ni lui ni eux
Ni rien
Understand?
Quand je pense que je pensais à vous comme à une épure de chantoung
Cette soie je la pressens toujours comme un destin pavé
Vous étiez de cette intelligence sûre
Et qui se connaît bien
Et qui drague la nuit les grands auteurs
Pour être sûre d'être orthodoxe
Les mains... Ah! les mains...
Ça me fait peur ces mains tendues et renfrognées et biaiseuses
Vous aviez les mains gercées de rancoeur
De cette rancoeur qu'on promène tranquillement
Sans rien devoir à personne
Avec ces fautes de parler et de syntaxe qui me sont devenues insupportables
Et puis cette culture qui débordait de vos calepins
Oublie donc Camarade oublie les soirs épais comme l'encre de Chine
Oublie les yeux drivés par le regard là-bas
Drive-toi pénardement dans les horribles banlieues où tout est bien
Où l'avenir est aux pointés pointeurs
Arrache-toi doucement à la musique d'acier de ce Paris
Qui vous manque dès que vous le déjugez
Vous n'êtes que des Parisiens
Des Parisiens

68 / 73 NON STOP

Le grand drame des solitaires c'est qu'ils s'arrangent toujours pour ne pas être seuls.
Qu'est-ce que j'en ai marre
Je l'ai dit
Je l'ai écrit
Je le redis
Je le réécris
Maintenant je fais gaffe. Tu parles!
Je paie des gens pour les besognes élémentaires et ne mange plus avec eux
J'ai gardé ma première facture de restaurant. Combien? où j'ai mangé tout seul cet été
Je l'ai mise sous verre et la montre à mon fils non non non tous les jours
C'est la gravure de mon 68 à moi. On a les 68 qu'on peut
Quand les gens se mettent à avoir une comptabilité derrière les yeux ils deviennent des comptables!

Qu'est-ce que je fais ici, à cette heure, attendant je ne sais quelle sonnerie de téléphone me rendant une voix, quelque part, quelque chose de fraternel, d'insoumis, de propre, de comme ça pour le plaisir, de rien, de larmes j'en ai trop en veux-tu? de quoi, enfin? Penses-tu!
Le silence, lui, ne téléphone jamais, et c'est bien comme ça, c'est bien.
La vie ne tient qu'à un petit vaisseau dans le cerveau et qui peut déconner à n'importe quel moment, quand tu fais l'amour, quand tu divagues, quand tu t'emmerdes, quand tu te demandes pourquoi tu t'emmerdes.
Il faudra que je prenne un jour quelque distance et dire à qui voudra mon style de pensée et de vie et de mort et je m'en monterai doucement du fond de l'An dix mille...

Je suis le vieux carter d'une Hispano Suiza
Une première femme: six ans de collage administratif.
Une deuxième femme: dix-huit ans de collage administratif.
Elles ne me voient plus que publiquement, elles savent, elles me connaissent
Moi je ne les vois plus publiquement
Si je les rencontre, alors... alors...
Les rides ça s'apprend petit à petit. Je sais.
La vieillesse c'est une façon de coup de poing dans la gueule
Au-dessus de trente ans, allez... allez vous faire foutre.
Moi, j'ai cent mille ans. C'est pas pareil. Je suis un mort en instance et je vous regarde.
On se demande ce qu'on fout à se multiplier par deux
Deux coeurs deux foies quatre reins... Je suis seul et je pisse quand même.
Le couple? Voilà l'ennemi! Je t'aimais bien, tu sais?

Les souvenirs s'empaquettent négativement
La mémoire négative, c'est une façon de se rappeler à l'envers, c'est plus commode
Les ombres passent, un peu grisées
On pense à des gravures pleines de roussures, sans grand talent qui dépasse de l'encre rapportée
Les souvenirs n'ont pas de talent, ils végètent dans un coin du cerveau
Un amas cellulaire qui s'ennuie et qui perd sa charge. Comme une batterie.
La matrice nourricière? Il y a urgence. Le piment, le vrai, c'est celui qu'on rajoute.
La femme inventée ne déçoit jamais, seulement, il faut tout le temps en changer.
L'invention permanente, tout, les dentelles, le savoir tout en dedans du dedans...
L'érotisme c'est vraiment dans la tête
Et puis, pas tellement que ça...
Une jupe, un cul de hasard et le reste...
Les collants... C'est de la pure imprécation
J'ai besoin de les arracher ces cuirasses fileuses
La femme en collant peut partir à la guerre, comme au Moyen Âge...

Quelle horreur, quelle défense d'entrer dans le jardin avec des fleurs...
Mener un train d'enfer à une pépée maxi, le long du fleuve, une pépée tout encerclée d'idées reçues.
Et pas moyen de lui griffer la chatte C'est vraiment dégueulasse la moralité publique
L'enfer? Une façon de voir et de se laisser voyant.

Ni Dieu, ni maître, ni Eros, ni collant.

Des bas oui, des bas, avec un peu de cette blancheur qui tend à une géométrie particulière
Un peu de cette blancheur des fois tirée vers le malheur et puis l'angoisse du déjà vu
Du déjà pris
Je sais de toute éternité que tu n'es pas à moi
Rien n'est à moi que l'illusion et encore Je l'invente tellement cette illusion
Quand je la rencontre, l'Illusion, elle m'est déjà ancienne et chiffonnée
Salut! ma petite Camarade, Salut!

Mes illusions je les arrange, quand je n'ai pas envie de leur parler et de leur dire qu'elles ne sont là que parce que c'est l'usage
Elles deviennent mes souvenirs controuvés.
Le moulin de Pescia
Le papier
L'odeur
Ce type empaqueteur
Cette machine à pointer, en bas,
Ce soleil de Mars et cette brume en préface à la belle journée se préparant, se fardant de nuages discrets et prometteurs de belles coulées de ciel dans ce bleu d'aventure et songeant comme change ta vie à chaque instant, à chaque millième de seconde toi, vieillissant au fil de moi maintenant que je pense à toi, t'écrivant, te dictant, t'improvisant aussi comme une musique de messe noire
Ce péage avec ce mec au mois, qui s'en fout,
Caron d'un macadam déroutant, compteur du trouble et de l'ennui
Ces accidents abstraits que je m'invente au hasard des 150 à l'heure
Ce retour dans le bleu et cette façon de ne pas être dans le siècle et tout en y roulant
Cette descente vers les chiens et leurs paroles rassemblées

Cette pintade mise en route et mes fureurs de cuisinier sentant mouiller la casserole et s'attacher à un désespoir ailé
À des oiseaux traqués dans des caisses avides
Et tout ce néant de la merde qui monte à mes babines
Ce code pénal particulier qu'on devrait pouvoir lire en petites notes en bas de page du livre des recettes
Cette soirée après les autres
Cette machine qui tant et tant dactylographe
Ces cris perdus quelque part et que je n'entends pas et qui retrouvent un coeur saignant
Ce pain de seigle qui s'éternise sous la dent dure du couteau scie
Les choses manufacturées qui souffrent à travers celui qui les a machinées
Et ces choses qui souffrent dans l'idée de celui qui les regarde
Ce piano, ma maison ancienne, anciennement la mienne et cette humide honte les touches qui s'étaient décollées et des larmes qui me venaient d'un chagrin de Czerny
De Debussy aussi
Cette horrible femme qui a désossé mon piano en attendant qu'on ne le coupe en deux pour en avoir son dû... La moitié
Mais la moitié de la musique? La moitié de ma tête? La moitié du sentiment banni?
Le code civil distribué en bandes dessinées aux imbéciles inadaptés
Ce parfum de la nuit comme une pièce de piano de Debussy jouée par Gieseking
Cette passion de passionner tout ce qui se passe autour de moi
Les loups promis
Les gufi
Les araignées dessinées avec leur toile sur ce gadget tire-lire avec son cadavre peint en vert et qui salue
Cette envie de passer vite très vite et puis quand même m'attarder sur le bestiaire de ma mie
La source et le cloaque
Ça dépend du contexte
Les chiens c'est comme les gens: avec un os Ça grogne.

Ni Dieu, ni maître, ni mie, ni bestiaire, ni gens, ni os.

La solitude est une configuration particulière du mec: une large tache d'ombre pour un soleil littéraire
La solitude c'est encore de l'imagination
C'est le bruit d'une machine à écrire
J'aimerais autant écrire sur des oiseaux chantant dans les matins d'hiver
J'ai rendez-vous avec les fantômes de la merde
Les jours de fête, je les maudis, cette façon de sucre d'orge donné à sucer aux pauvres gens, et qui sont d'accord avec ça et on retournera lundi pointer.
Je vois des oranges dans ce ciel d'hiver à peine levé
Le soleil, quand ça se lève, ça ne fait même pas de bruit en descendant de son lit ça ne va pas à son bureau, ni traîner Fg Saint-Honoré et quand ça y traîne, dans le Faubourg, tout le monde s'en rengorge. Tu parles! ni rien de ces choses banales que les hommes font qu'ils soient de la Haute ou qu'ils croupissent dans le syndicat. Le soleil, quand ça se lève, ça fait drôlement chier les gens qui se couchent tôt le matin
Quant à ceux qui se lèvent, ils portent leur soleil avec eux, dans leur transistor.
Le chien dort sous ma machine à écrire. Son soleil, c'est moi
Son soleil ne se couche jamais... Alors il ne dort que d'un oeil
C'est pour ça que les loups crient à la lune. Ils se trompent de jour.
Les plantes? Les putes? Les voitures
Cette voiture aussi qui débordait... C'était terrible... Qu'est-ce qu'on riait!
Et je rêve aujourd'hui d'une voiture monoplace...
Et ce bois de chauffage qui s'est gelé des tas d'hivers en attendant mon incendie...
Je vous apporterai des animaux sauvés, l'innocence leur dégoulinant des babines ou de leurs yeux...
Je mangerai avec eux, de tout, de rien.
Je boirai avec eux le coup de l'amitié et puis partirai seul vers un pays barré aux importuns
Presque tous.
Je suis un oiseau de la nuit qui mange des souris
Je suis un bateau éventré par un hibou-Boeing
Je suis un pétrolier, pétroleur de guirlandes et de marée plutôt noire comme mes habits, et un peu rouge aussi, comme mon coeur
J'aime
La multitude
La multitude
Les chiens
Les hiboux
Les horreurs

68 / 73 NON STOP

Dans la Cité il y a la fête allez-y. Je t'invite à y boire
À mon malheur, à mes cheveux, à mes parents, à mes avions hiboux
Comme en 747
En 747 je vous le dis Tous ces rampants iront brouter du fil coutil
Des ténèbres et du sang mijoté dans des endroits particuliers
Dans des endroits comme à la gauche du sacripant dont vous avez décidé que je sois le souteneur patenté, indécis, frivole et centenaire.
Les comptes à rendre ne sont jamais à prendre
Je vous rends des comptes que je n'ai jamais eus
Que vous m'avez comptés, dûment, précisément.
Les équations sur le grand huit de der ça me fait bien rigoler.
Cette chanson qui tant et tant me désespère
Et que je ne vous chanterai jamais
Je n'ai plus de voix pour vous Plus Plus Plus

68 / 73 NON STOP

Comme un voilier dans les descentes vers le Sud
En autoroute et des voiliers roulant
Foutez-m'en vingt litres, Camarade!
Je descends à la proche banlieue
Celle qui se défait vers le quinzième, You see?
Cette banlieue de mes défaites et de votre Vertu, Camarades
Allez-y le sang n'est plus de Une le sang des réverbères gauchisants
Dans les aciers de cet Orly où je m'envole
Vers où?
Devine!
Je sais des vagabonds pleins de sous de sonnaille et qui sonnent dans les soirs tristes de Paris
Quand je m'envole et quand tu assassines ce petit enfant
Cet enfant du malheur auquel je fais des signes
Et puis qui me regarde me mirant dans l'eau verte de ses beaux yeux
Ah la passion des clairs obscurs sur les minuits
Quand nous allions vers les mirages et les bifs de carême
Je suis Perhaps Perhaps Peut-être Magari...
Et toi et Lui et Vous et Elle
Elles... Elles ont toutes une cicatrice qui nous fait des blessures
Elles ont toutes un entre deux sur lequel je dégueule
Partons partons
68 Cette marée rouge et moirée
Le 10 comme un chiffre soumis
Le 10 du mois de Mai de cet An de soixante et huit
Non stop au carrefour T'es dingue et je poursuis une comète
Non stop la tendresse de ces soirs inventés
De ces soirs sans heure sans compagne dans le siècle un peu puant d'étoiles
Non stop sur une bulle comme une idée poignante
J'ai l'invention qu'il faut pour me tirer de vos outrages
L'outrage le plus absolu est cette poignée de main avec dans l'idée une potence
Et le sourire le sourire Camarade
Le sourire c'est de la peur comptée d'avance
Le sourire c'est une prescience d'outre-tombe
C'est un peu la tendresse des insoumis
Ce sourire dis donc!
Qu'est-ce que le sourire en dedans de la tête comme une ride intelligente?
Quand les rides ça se met à être intelligent c'est ce qui fait le monde clos.

Ni Dieu, ni maître, ni code, ni quoi
Pas vrai, mec!

_________________
Un univers folk entièrement en Francais où les textes sont aussi importants que la musique
http://www.myspace.com/585110211
https://www.facebook.com/pages/Vox/307148312693047


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 Sujet du message: Re: Léo Ferré.
MessagePosté: Dim Oct 18, 2009 9:26 pm 
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Inscription: Mer Oct 14, 2009 7:11 am
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Localisation: Toulouse
Quel poète... Quel être sublime ! Dommage qu'il nous ai quitté comme ça.

Avec le temps va, tout reste la !


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 Sujet du message: Re: Léo Ferré.
MessagePosté: Lun Aoû 02, 2010 2:21 am 
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Inscription: Dim Juin 13, 2010 1:23 am
Messages: 1653
Localisation: Aulnay sous Bois
Up!
J'ai découvert ce poète il n'y a pas longtemps, c'est excellent.
J'ai lu un peu plus haut "Et... Basta" c'est vrai que c'est magnifique.
http://www.youtube.com/watch?v=pPa6CX9PPZQ


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 Sujet du message: Re: Léo Ferré.
MessagePosté: Lun Aoû 02, 2010 5:26 am 
Quel émotion pour moi, quand je l'ai enfin vu à l'hiver 1990 ! Je me suis rendu seul et sans billet au TLP Dejazet, et j'ai demandé à la caisse s'il restait des billets. Non, m'a dit la caissière, mais des places de personnes qui ne viennent pas se libèrent souvent à la dernière minute ! Et à la dernière minute, elle me dit qu'elle a deux places ! J'en demande une, mais il faut prendre les deux ! Heureusement, j'avais sympathisé avec mon voisin qui lui aussi cherchait une place ! Parfait, je me retrouve au quatrième rang ! Leo était bien sur grandiose, a bien sur insulté Madeleine et Barclay (dans un speach caustique sur les rééditions de ses titres en disques "débités comme des tranches de saucisson") et puis en partant, quand les applaudissements vont commencer, il réclame le silence et sort dans la sobriété...chapeau ! A la sortie de la salle, du coup, j'ai souri en voyant les bourgeois en manteau noir et écharpe rouge retournée pour qu'on puisse voir la marque... sourirezz


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