
Le groupe devient propriétaire d’une spacieusement maison, Wherehouse à Waltham dans le Massachussetts. Là-bas, Aerosmith élabore le brulot suivant. Dream On, Sweet Emotion et Walk this Way sont sur toutes les lèvres depuis dix-huit mois. Aerosmith est sur une vague et va surfer dessus pour l’album suivant, Rocks. Après une longue série de concerts, les cinq forgerons volants sont dans leur maison en février et mars 1976. Ils sont toujours accompagnés par l’excellent Jack Douglas aux manettes. Force, énergie, brutalité peuvent qualifier Rocks. Toujours bien rock and roll, Aerosmith livre, ici, un disque sombre et droit à l’image de sa pochette. Encore une fois le public applaudi les performances des Toxic Twins et Back in the Saddle et Last Child caracole dans le Billboard Hot 100. La jeunesse est avide de cette musique en 1976. Le hard rock ouvre ses ailes sur le marché américain avec des groupes américains. Bad Co., Led Zeppelin, Deep Purple perdent de la vitesse quand Aerosmith et AC/DC (par exemple) réchauffent la planète rock avec une nouvelle énergie, une puissance jamais atteinte par les groupes précédents ancrés dans une musique technico-expressive. Désormais rage et force vont faire la loi, bonjour Scorpions, UFO, Blues Oyster Cult … Ce disque est une grande référence pour un grand nombre de groupe heavy-metal des années 80. En mai 1976, Rocks sort et pendant un an et demi Aerosmith va tutoyer les astres. Ils vont jouer dans les plus grands stades américains.
Le stress augmente et la consommation de drogue devient le crédo du duo Tyler/Perry. L’enregistrement de Draw the line est plus compliqué. Le single du même nom que l’album sort en octobre et l’album le 1er décembre 1977. La chanson titre est excellente et laisse présager un très bon album. Or la critique va être déçue du résultat légèrement en-deçà des deux précédents opus. Après une tournée européenne et un enregistrement intoxiqué, ponctué par un accident de la route dont est victime Joey Kramer, Aerosmith ne peut certainement pas encore une fois se surpasser. Attention l’album est loin d’être mauvais, il est juste un ton en dessous de Rocks et Toys in the Attic. Tout d’abord ils n’ont réussi à se renouveler comme ils l’ont fait jusque là. Pour construire ce disque, Perry plonge dans ses souvenirs de fan de blues et retrouve au fond d’un tiroir Kings and Queens, titre majeur de l’album, qui date du Jam Band. Draw the Line est enregistré au Cenical, un ancien couvent transformé en studio, à New York avec Jack Douglas à la console. Le succès commercial est très bon et assoie un peu plus le groupe dans son trône de légende.

Entre sessions d’enregistrement et tournée, Aerosmith participe à la version filmée du Sgt Pepper’s Lonely hearts club band des Beatles en reprenant Come Together en 1978. Le Draw the Line Tour passe par le California Jam II, le plus grand festival de rock US. En octobre 1978 le Live ! Bootleg est dans le bac, excellent et premier double album live d’Aerosmith. Mais la crise n’est pas loin. La consommation abusive de drogues et l’attitude provocante de Joe Perry et Steven Tyler choquent la presse qui les surnomme les Toxic Twins.
