«Morning light around us
We lay upon the dew
His sweet hand upon me
His eyes shut to the sun
What dream does he have at dawn?
Birds around as way they're song
Other green passage through the night
Spins and groans and sounds in his sleep
What dream does he have at dawn?»
— “Ravel Blues” (David Meltzer)
J'adore ce titre doux et embrumé: le texte comme l'orchestration.
Tu fais bien de venir parler de David et Tina, chère Radada.
Tina et son époux viennent de The Serpent Power, une formation mélangeant blues, folk et psychédélisme dans un registre le plus souvent placide et leur champ d'action se situe, bien sûr, autour de la baie de San Francisco.
David Meltzer, poète, musicien et écrivain, proche des Diggers, se fait déjà remarqué en 1962 à Sausalito, où il y déclame sa poésie et joue de la guitare au sein d'un groupe de bluegrass, The Snopes County Camp Followers, déjà accompagné par son épouse.
Lors de la déferlante british, le combo s'électrifie et recrute deux ex-Grassroots, Dave Stenson (basse) et Denny Ellis (guitare rythmique, plus un batteur (également écrivain et poète), Clark Coolidge, et un organiste, John Payne.
Ils donnent lors premier concert le 27 novembre 1966 et, d'emblée, sont remarqués par Ed Denson, manager de Country Joe & the Fish. Ils signent peu après sur le prestigieux label Vanguard, qui réalise en 1967 leur premier, unique et éponyme album, album que tout amateur de folk et de psychédélisme se doit d'avoir dans sa discothèque.
Leur succès, par contre, est mineur et le groupe se sépare bientôt. Meltzer rebâtit pourtant un nouveau Serpent Power et celui-ci se produit dans les clubs de North Beach à San Francisco, jouant un blues libre et erratique. Rien de cette période n'est gravé sur acétate. Mais David et Tina retournent en duo dans les studios de Vanguard pour enregistrer “Poet Song”.
“Poet Song”émerge en 1968. C'est une autre merveille, ornée de merveilleux arrangements (“Ravel Blues”, mon titre-fétiche, “I'll forget you”, “I’m so willing”) et agrémentée de courts poèmes.
Un troisième L.P., toujours en duo, réalisé pour Capitol et nommé "Green Morning", a enfin, après des années de cachot, été édité (il y a quatre ans maintenant).
