Le monsieur s'appelle
Christopher O'Riley. Je ne le connaissais pas avant ce soir. J'ai vu quelque part qu'il reprenait Nick Drake. Tout un album, au piano. Instinctivement, je n'en ai rien pensé de bon, mais, curieuse, j'ai voulu écouter. Sait-on jamais ? Une relecture audacieuse, Drake emballé autrement...
Alors je télécharge, et j'écoute. Déception ? Mieux. Colère ! Ce serait joli dans la salle d'attente d'un dentiste. Assez fort pour faire oublier la roulette. Mais pas sur disque. Et encore moins quand le monsieur reprend de la même façon Tom Waits et Radiohead...
Facile. Papa et maman vous payent des cours de piano quand vous avez 10 ans. Vous y allez mollement, pour ne pas les décevoir. Mais votre intérêt est ailleurs. Les filles, les copains. Vous étirez la sauce jusqu'à l'âge adulte. Forcément, vous savez jouer, caresser les touches. Votre dextérité est à la hauteur de la fortune que papa et maman ont claqué pour réaliser leur rêve à travers vous. Ils auraient bien voulu devenir pianistes eux aussi. Mais c'est une autre histoire.
Vous savez donc jouer. Mais là s'arrête votre talent. Composer, vous ne savez pas. Et bosser comme tout le monde, vous ne voulez pas. Alors vous avez l'idée du siècle. Pianotouiller des trucs connus, dans des registres différents pour attirer autant la ménagère de 40 ans, qui vous écoutera les deux mains dans la pâte à tarte, que le maniaco-dépressif qui a vraiment, mais vraiment besoin de dormir, là.
Enfin, vous, c'est lui. Et il peut bien aller au diable s'il le veut, ce n'est pas moi qui vais le retenir.
À écouter, si vous en avez le courage :
Pink Moon
http://www.rock6070.com/MP3/Pink_Moon.mp3