Parce que non, tonton doyen ne vient pas ici que pour ouvrir des topics "je chie sur tes classiques", je viens vous parler d'une magnifique découverte.

Tout l'album est écoutable gratuit en stream ici -->
http://www.guardian.co.uk/music/musicbl ... on-hopkins"(...) par contre, il est très court, 32mn"Voilà ce qu'on m'avait dit.
Séduit par le "album court", j'ai daigné cliquer sur le lien alors que j'écoutais autre chose...
...et j'ai écouté tout l'album. Il a une voix superbe.

J'ai pas aimé une "voix sensible" depuis Thom York 1997/Jeff Buckley (ouais, si Antony en 2005)
- Intro campagnarde, note de piano, ça continue à vivre derrière...
- Premier morceau, initiation à sa voix, pure,
atmosphère rurale, éveil de mon intérêt.
- "
Bats in the attic", habitée, brouillard, cale de bateau, la voix d'la femme est une bénédiction, soutenant en nuance, elle apporte beaucoup !
- premier sommet de l'album, "
Running on fumes" m'a scotché !
Hantée, triiiiiiste, je me prédis de belles déprimes là dessus (quand j'irai mal). On est tellement habitué à une production épurée dans le folk que lorsque la musique s'ouvre de manière aussi ample à 3mn30 avec les choeurs, c'est un véritable choc.
Morceau définitif.
- Sur "
Bubble", j'étais au début agacé par les scrutch-bleep digne de l'electro/IDM. Qu'est c'qu'ils foutent bordel, le mec a une pure voix et ils remplissent comme des cons...MAIS...dans sa 2eme moitié, la femme arrive et la musique prend de l'
ampleur : c'est superbe. Deuxième sommet. L'harmonie que les deux tissent et la mélodie délicate en boucle qui s'en suit jusqu'à extinction est indépassable. Un véritable crève-coeur.
- "Your own spell" passe, tranquillement...
- Et "
Your young voice" referme le disque de la manière la plus
désenchantée qui soit. Troisième sommet, il boucle cette phrase terrassante : "and it's your young voice that's keeping me holding on to my dull life"
(qui me fait continuer ma vie absurde). La mélodie est déchirante, les paroles paralysantes, le timbre de voix gorgé.
La voix s'éloigne, l'album se referme.
Une impression s'infiltre alors sous la peau ; celle de quitter un champs avec ferme en bois où un vieux t'aurait chanté la vie dans c'qu'elle a de plus désespérante. Me revoilà de retour devant mon PC.
L'album est constamment traversé de bruits d'la campagne, de grillons, de buissons nocturnes, de linge dans la laverie à-la-main, de claquements de bois...
32mn, un aller-retour vers l'essentiel.
King creosote est un chanteur écossais et Jon Hopkins, un gars de l'electronica.