suite de la compile de dylan avec un petit peu de texte en prime (inspiré par les nombreuses bio du zim)
son premier album officiel sort en mars 1962 et ne se vendra qu’à 2500 exemplaires. La plupart des critiques ignorent d’ailleurs encore l’existence de ce chanteur au timbre si particulier. Dans les locaux de Columbia on doute. Dylan est appelé « la folie de Hamond » (son producteur). Ce dernier tenant à sa réputation refuse de baisser les bras et décide de programmer une nouvelle séance d’enregistrement le 24 avril 1962. Mais cette fois ci on décide d’étaler les séances sur une année entière, histoire de laisser un peu mûrir l’auteur compositeur qui commence à naître. Ravi Dylan se met à écrire jour et nuit, et les idées ne manquent pas. Il y a quelques jours il a d’ailleurs trouvé une mélodie plutôt sympa sur laquelle il a posé quelques strophes. Dylan se rend alors au Gerde's café où se produisent notamment Gil Turner et les New World Singer. À l'entracte, Turner rejoint le coin des artistes, où Dylan joue sa chanson. Turner, enthousiaste, lui demande de la lui enseigner puis rejoint la scène où il annonce: « Mesdames et Messieurs, j'aimerais vous chanter maintenant une chanson de l'un de nos meilleurs auteurs-compositeurs. L'encre n'est même pas sèche et voilà à quoi ça ressemble. » Après que Turner l'a interprétée, le public est debout et l'ovationne; la chanson est un succès. Sentant le bon coup un duo se faisant appeler les New world singers demandent à Dylan si ils peuvent enregistrer le titre. Le Zim accepte (ils sont copains) et c’est ainsi qu’une première version de Blowing in the wind sera publié un disque baptisé Broadside Ballads, Vol. 1. Le succès n’est pas vraiment au rendez vous ce qui n’empêchera pas le duo d’enregistrer d’autres morceaux de Dylan en avant première comme Bob Dylan's Dream ou Don't Think Twice It's All Right". Qu’importe Dylan décide de garder le titre et l’enregistre en juillet 1962 lors d’une séance pour son prochain disque qui est prévue pour le printemps 1963.
L’année 1962 se termine sur les chapeaux de roues pour le jeune chanteur qui trouve un nouveau manager en la personne de Albert Grossman. Les concerts dans les bars folks se succèdent et la notoriété du Zim devient de plus en plus importante. Dylan a tellement de matériel qu’il publiera, sous couvert d’un pseudo, certaines chansons originales sur des compiles folk. The Death of Hemmet Till par exemple est un morceau inédit que Dylan a publié sous le pseudo de Blind Boy Grunt en 1962 sur une compile du nom de Broadside Ballads ..
Pour la petite histoire lorsque une petite station de radio de Chicago diffusa pour la première fois le titre The Death of Hemmet Till, la compagnie de télécommunication de la ville enregistra pas moins de 8394 appels de personnes qui essayaient de joindre la radio pour savoir qui avait composé cette chanson.
En avril 1963, soit un an après la première session, la touche finale est apporté au deuxième opus Dylanien. Quelques semaines avant son lancement son manager décide d’organiser un grand concert au fameux TOWNHALL de New york.
C’est la première incursion de Bob au-delà de ces cafés confortables où on interprétait le folk comme à la maison. Dylan, après avoir commencé le concert par une adaptation un peu terne de deux morceaux inspirés par Guthrie qu'il jouait déjà l'année précédente pour se faire la main, poursuit par une démonstration merveilleuse des talents d'auteur qu'il s'était forgés depuis son arrivée à New York deux ans auparavant. A l'exception de ces deux clins d'œil, l'un tourné vers le blues, l'autre vers la musique folk anglo-américaine et qu'on retrouve sur son premier album, Bob avait présentera ce jour là ses propres chansons : soit quelques vingt morceaux, dont plus de la moitié peuvent facilement être considérée comme l'œuvre d'un génie (à 21 ans seulement).
A la fin du concert, sans doute au rappel, Dylan sort une liasse de feuilles de la poche de sa veste en daim élimée et commence la récitation d'un long poème en prose. (J'avais ça à tout hasard, fit-il, hypocrite), soit quelques 194 vers lancés à vive allure dans une diction claire avec guère plus de pause que ses respirations. Avait-il fait ça auparavant, le ferait-il ensuite pendant les quarante années à venir ? Je ne crois pas. Par chance, le concert était ce soir-là enregistré par la Columbia Records et c'est certainement à ce hasard qu'on doit la publication de ce poème pour la première fois dans " Ecrits et dessins " en 1973. Il reçut le titre de " Dernières pensées sur Woody Guthrie ".
Tout l'impact de ce poème réside dans sa construction. Dylan ne fait qu'une seule référence à Woody. Avant cela, il n'est fait qu'une seule fois mention de sa découverte d'un Dieu. Les vers restants évoquent des moments de la vie du jeune Dylan (ou de tout autre jeune dans cette Amérique des années 60) tandis qu'il vagabonde, s'émerveille, espère, redoute et déteste ce qu'il voit de ces terres arides que sont pour lui devenus les Etats-Unis d'après guerre. " Hé Dieu tout-puissant, ça ne peut pas être la réalité ", dit-il en guise de conclusion. Mais alors où trouver un antidote moral à tout cela ? En 1963, vous avez le choix entre aller à l'église pour y trouver Dieu ou aller à l'hôpital de Brooklyn pour y trouver Woody Guthrie. C'est tout dire de l'importance de Guthrie pour Dylan à cette époque…Et pendant que Dylan rend hommage à son maître sur scène l’imprimerie tire les premiers exemplaires de l’album Freeweelin ..Dans quelques heures le destin de Dylan va définitivement basculer et du statut d’élève il va passer à celui de prophète de toute une génération….
Freewheelin est l’album par lequel il faut commencer si on veut découvrir Dylan et comprendre son œuvre, tout simplement parce qu’il s’agit là de son premier chef d’œuvre. Tout les talents de Dylan sont présent sur cet album . On y retrouve des chansons contestataires (Blowin, Masters of war ou le superbe Hard Rain qui est l’un des plus bouleversant pamphlet jamais écrit contre la guerre) mais aussi des chansons plus sentimentales comme le magnifique Dont think twice it’s allright . Dylan reste aussi fidèle au talking blues de Woodie Guthrie dans Talking world war Blues ..Ce disque est un enchantement pour toute personne qui aime la musique Folk.
En quelques mois l’album va se vendre à plus de 200000 exemplaires. La chanson Blowin in the wind sera reprise dès l’été 1963 par le groupe Peter Paul and mary (qui ont le même manager que Dylan) et vendus à plus de 300000 exemplaires à travers le monde. Dylan va alors devenir le porte parole de toute une génération
Le morceau que je vous propose de découvrir n'est pas un des tubes de l'album, mais une des pépites oubliées du nom de "Bob dylan Dream". Ce titre reprend en partie la mélodie de "Lord Franklin", qui elle-même s'inspire d'une ballade irlandaise du 19ème siècle (là encore on voit que Dylan va chercher très loin ses influences). Ce qui est merveilleux dans ce morceau c'est qu'on y découvre déjà un Dylan très nostalgique malgré son très jeune âge. Le texte fait allusion à ses amis trop tôt disparus.
Je vous laisse découvrir cette perle méconnue
08 - Bob Dylan's Dream.mp3 [5.78 Mio]
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