
Nous sommes quelques uns à vénérer Karen Dalton, artiste exceptionelle au destin brisé par la dope. Il existe deux disques de cet ange. Le premier est un chef d'oeuvre, enregistré en 1969 mais il ne s'est pas vendu à plus de 100 exemplaires. Le second et dernier donc est parait t'il un disque qu'elle a réalisé selon les dicktats de sa maison de disque..la magie s'est semble t'il complètement évaporée dans des arrangements surchargés. Je ne veux pas l'écouter pour le moment.
Suite à ces deux échecs elle se retire et blablabla.. (j'ai déjà du raconter cette histoire des dizaines de fois)...
Jusqu'à aujourd'hui je croyais donc Que l histoire s'arrêtait là. Il restait les témoignages de Bob Dylan et Fred Neil pour se souvenir de ses prestations au café Wha au tout début des années 60 (c'est à dire presque dix ans avant l'enregistrement de son premier album). Selon le zim les prestations de la belle étaient complètement magiques. Le public venait de loin pour entendre cette voix hors du commun..Les deux vedettes s'accordent pour dire que s'était elle la vraie star du café Wha.
Des témoignages donc mais pas de traces sonores. En effet Karen ne supportait pas d'être enregistrée, elle avait une peur panique de cela. Il semble que cela la bloquait complètement. C'est pourquoi il n'existe aucun bootleg, aucun enregistrement, aucune démo de cette période...Enfin c'est ce qu'on croyait...
Dans la vie les miracles existent parfois et en 2008 un petit label publie, à la surprise générale des démos de la belle qu'elle enregistrait seule sur un magnétophone deux pistes sans que personne n'en sache rien.
Ces enregitrements datent du début des années 60 alors qu'elle était au sommet de son talent...
Le disque se nomme Green Rocky Road et l'écoute est pour tout fan de la demoiselle une expérience à la limite du métaphysique. On l'entend brancher le magnéto et se mettre à jouer, accompagné la plupart du temps de son banjo, des airs traditionnels américains comme personne d'autre ne peut les interpréter. On a vraiment l'impression d'être à côté de l'artiste, dans son intimité. On entend des téléphone qui sonnent, des voitures qui passent, et la voix de Karen qui vole loin, très loin au dessus de ce quotidien.
L'expérience devient presque irréelle lorsqu'on l'entend parler avec sa mère au début de In the evening juste avant qu'elle ne se lance dans une interprétation d'une beauté renversante de ce standard.
Mais le plus incroyable c'est qu'on ressent déjà dans la voix de cette toute jeune femme (à peine 20 ans) l'intuition d'un destin tragique. Karen porte déjà en elle son chemin de croix. Elle a le blues dans son âme, dans sa voix, dans son ventre et ça c'est magnifique..triste mais magnifique
Ah..j'allais oublier le plus important
http://www.megaupload.com/?d=oqn71vctOui j'ai déjà ce
Green Rocky Road, c'est vraiment très bon. Je crois que les enregistrements datent de 1963 pour être précis.
Cela dit,
It's So Hard To Tell... est insurpassable. Les classiques de Fred Neil notamment, déjà magistraux par le créateur, sont magnifiés comme on n'aurait pu croire qu'ils pussent l'être.