Je me pose une question.
On parle souvent de Ash Ra Tempel, OK, fait établi, une des références du kraut.
Mais on ne parle pas souvent d'Ashra, la reformation menée par Gottsching dans la fin des 70's.
Comme je suis curieux, j'aimerais m'y intéresser un peu. Formation peu connue ou passée aux oubliettes pour une bonne raison (s'apparentant à de la bouse musicale par exemple

) ?
"
New Age of Earth" et "
Blackouts" sont des classiques incontournables de l'école "cosmico-planante" des 70ies, beaucoup plus orientés synthés/séquenceurs que
ASHRA TEMPEL. Bien que parus sous le nom d'
ASHRA il s'agit en fait de morceaux composés et exécutés par
Manuel Göttsching en solo alors à l'apogée de sa créativité artistique. Il sera rejoint sur les disques suivants ("
Correlations" et "
Belle Alliance") par
Lutz Ullbrich et
Harald Grosskopf mais la musique proposée par ce trio (toujours dénommé
ASHRA) est assez quelconque, peu inspirée et sans style défini oscillant entre disco électronique et electro-reggae! Le cocktail était plutôt raté et le manque d'intérêt conduira au non-renouvellement du contrat avec VIRGIN et à la dissolution du groupe, Göttsching continuant sa carrière en solo avec un succès varié. Il se produit toujours en solo (quelquefois sous le nom d'ASHRA ?) en revisitant (= massacrant) ses classiques à la sauce electro-techno-dance. Bref, à part les deux premiers qui sont indispensables, tout le reste qui a suivi sous la dénomination
ASHRA peut aisément passer aux oubliettes.(avis personnel qui ne sera certainement pas partagé)
Une exeption cependant: le superbe "
Dream and Desire" enregistré en 1977 mais seulement édité en 1991 qui se situe dans la lignée des deux premiers, mais avec une production plus mimimaliste. Probablement mon préféré.
Quant au tant plébiscité
E2-E4 , morceau "culte" répétitif jusqu'à l'ennui issu d'une improvisation bâclée (même certaines fausses notes n'ont pas été éditées) il est regrettable que Göttsching ait bâti tout le restant de sa carrière sur le succès relatif de cette "oeuvre" considérée par certains comme fondatrice du style electro-techno. Pas vraiment ma tasse de thé, mais E2-E4 aura au moins eu le mérite d'éviter à Göttsching de sombrer définitivement dans l'oubli et lui permettre de poursuivre sa carrière jusqu'à ce jour.
On pourra constater ici un parallèle avec la carrière d'un certain Steve Hillage ou même Tangerine Dream qui a cru bon de devoir "moderniser" (lire: "technoïfier") ses grands classiques en s'auto-parodiant. Triste.