puisque personne ne semble être sensible au génie subversif de Jenks "Tex" Carman, on revient ce week-end sur du super classique...
Ray Price - (1953)Si Chet Atkins reste sans doute le nom le plus spontanément associé au "countrypolitan" (cette hybridation pop qui domina le marché de la country dans les années 60 et 70), Ray Price est le chanteur qui en symbolise certains des excès les plus dégoulinants, amassant parfois des orchestres entiers derrières deux trois pauvres texans aux lapsteel et fiddles.
Avant d'ouvrir le Nuremberg de la country, il ne faut pourtant pas oublier qu'il fut un temps où Price se posait comme le plus direct héritier d'Hank Williams (au sens propre puisque c'est lui qui reprit les Drifting Cowboys à la mort de celui-ci) et que pendant une grosse décennie, il nous offrit une bonne tripotée de superbes singles dans une veine honky tonk très rythmique. On lui doit des classiques comme
(1954),
(1955) ou encore
(1955) parmi beaucoup, beaucoup d'autres.
Stylistiquement, il est à l'origine de ce qu'on appelle le "Ray Price beat", une forme de shuffle qui doit en partie au Western swing, avec walking bass et instruments électrifiés (notamment la basse et le violon, une nouveauté à l'époque en country), qu'il perfectionne en 1956 avec
Crazy Arms, le plus gros tube country de 1956 (et accessoirement la chanson qui offrit à un certain Jerry Lee Lewis son premier single). A l'aube des années 60, ces innovations lorgnent de plus en plus ouvertement vers la pop, comme l'illustre par exemple son single de 1961
, où, vocalement, Price se rapproche de plus en plus des crooners, une mutation que son concept album de 1962,
Night Life (un des premiers albums de country urbaine), achève d'entériner.