
Robert Holmes -
Gabriel Knight Mysteries - Soundtrack (1998)
La bande son du jeu vidéo
The Beast Within (1996), le second épisode de Gabriel Knight pour ceux qui ne connaissent pas cette fantastique trilogie de jeux d'aventure; Elle a contribué à faire progresser le jeu vidéo vers une nouvelle forme d'art interactif, ou du moins vers de nouvelles façon de raconter une histoire en incluant l'interactivité.
Dans le premier épisode, Gabriel Knight est un écrivain de mauvais romans - des thrillers fantastiques - et tient une librairie à la Nouvelle Orléans. Au début du jeu, il cherche à écrire un roman s'inspirant de crimes mise en scène à la manière de rituels vaudou, alors qu'il est depuis quelques temps l'objet d'horribles cauchemars.
Je ne vais pas vous raconter l'épisode en entier, ni les deux suivants, mais la musique de Robert Holmes, le mari de la conceptrice - et avant tout romancière - Jane Jensen, possède une inimitable patte sonore qui recèle des compositions de grandes qualités dotées d'un cachet série B qu'on retrouve dans le scénario de la série, ainsi que dans la narration et la mise en scène. Mais ça n'est qu'un cachet car l'alchimie est incroyable et plus profonde qu'on ne l'imagine: ça serait plutôt la touche qui contribue à les rendre originaux.
La musique est malheureusement difficile à appréhender tant elle constitue une part très importante de l'atmosphère du jeu, en outre j'avais fait écouté un extrait à un ami il y quelques années qui avait trouvé ça tout simplement "nul", le problème était que je ne lui avais pas donné les outils pour en saisir l'essence, quoique que la meilleur façon d'en rendre compte c'est de faire un des trois jeux. Pour vous donner une idée, il s'agit d'un mélange construit sur des mélodies torturées (dans l'esprit de certaines compositions romantiques du XIXème siècle, assez proches de certains travaux de Richard Wagner par exemple) auxquelles viennent se greffer des sonorités issus du jazz, le tout composé sur synthétiseurs qui donnent cet aspect très série B, désuet, ringard diront certains, qu'on retrouvait souvent dans les années 90 (séries TV, téléfilms). Tout cela évolue dans le troisième épisode de la série, qui ajoute des pièces plus acoustiques.
Cette bande son possède un pastiche d'un acte d'opéra perdu censé avoir été écrit par Richard Wagner dans le jeu, et retrouvé au cours de celui-ci. En voici un extrait:
Il est juste dommage que la production n'ait pas eu les moyens de payer un véritable orchestre pour les passages de l'opéra.
Je vous propose un dernier extrait qui correspond aux types de sonorités que je décrivais plus haut, et qui provient du premier épisode,
Sins of the Fathers:
Si l'aventure vous tente vous pouvez jouer les deux premiers épisodes ici, je vous garantie qu'on n'en ressort pas indemne. Je m'adresse également aux allergiques aux jeux vidéos qui ont souvent des idées reçus sur ce monde, notamment à cause du mauvais éclairage donné par les médias généralistes (et même les spécialisés depuis pas mal d'année), un peu comme certains cathos vis-à-vis du Hellfest

:
Je créerai peut-être un sujet approprié si ça en intéresse certains ici.
