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On peut se régaler avec une chanson "...on", enfin juste volontairement ridicule et décalée comme l'explique Pierre Grosz (lire l'article cité) Michel Polnareff - "Tibili" (1974) (Pierre Grosz - Michel Polnareff)
C’est donc en 1974 que sort l’album Polnarêve, soit quasiment un an après le spectacle de l’Olympia. Polnareff est à présent aux États-Unis et vient de signer un contrat chez Atlantic. Exit les Disc’AZ de ses débuts et bonjour l’Amérique ! L’album est en boîte depuis un moment et Polnareff attendait d’avoir une nouvelle maison de disques pour le sortir. C’est chose faite et le public découvre un Polnareff emplumé sur la pochette et neuf morceaux inédits (I love you because et Rosy étant sortis en mars 1973, lire plus haut). Tibili est un titre surprenant. En effet, en 1973, tout le monde, public et artistes des années 60, tente d’oublier musicalement la période yé-yé. La pop bat son plein et le rock envahit les discographies de nos chanteurs francophones. On voit même poindre très timidement, certes, un nouveau style musical qui ne s’appelle pas encore disco... Polnareff, lui, demeure fidèle à sa réputation et prend tout le monde à contre-pied avec Tibili, un twist dans la pure tradition des années 60 ! « C’est un twist étonnant, se souvient Pierre Grosz. Je me rendais bien compte que c’était ridicule d’écrire un twist “classique”, j’ai donc écrit un twist qui se voulait volontairement ridicule en disant : “Et je te tiendrai la main jusqu’au petit matin et nous serons bien”. Je dois à Polnareff le titre, Tibili, qui était dans le franglais de sa cassette. Mais Michel n’a pas voulu que nous cosignions le titre. Même si, dans ce titre, je me moque affectueusement des yé-yé, il y avait du Polnareff dans cette chanson. Notamment avec les paroles “Et si un jour tu me quittes mon amour oh reviens-moi bien vite” avec le personnage de Polnareff dessous. Je suis à la frontière de la bouffonnade. Cependant, on pouvait très bien écouter la chanson sans la trouver ridicule. Le fait qu’elle sorte en 1973 au moment où tout le monde voulait oublier la vague yé-yé était un clin d’oeil, typique de Polnareff. Je me suis bien amusé, mais en écoutant de “loin” la chanson, elle fait vraiment twist pur et dur. »
_________________ Il est parfaitement superflu de connaître les choses dont on parle. Je dirais même que la sincérité en général dénote un certain manque d'imagination.
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