
J'avais été grand amateur de Portishead dans les années 90. Et pourtant, quand ce troisième album studio est arrivé, j'ai pris un claquee. A le réécouter aujourd'hui, c'est très simple : ce n'est pas que je l'aime autant, non ; ce n'est pas non plus que j'en ai des souvenirs tendres, non ; je ne me dis pas non plus que pour l'époque c'était vachement bien, non : C'EST UNE AUTRE CLAQUE, comme s'il venait de sortir, et que rien ne s'était passé depuis 2008.
Comment faire pour rester Portishead et évoluer, plus de dix ans après ? La réponse est une gifle à la concurrence, toute la concurrence : les électroniciens, Radiohead, les rétro-krauts, Radiohead, les folkeux, Radiohead, ceux qui pensait que Gibbons n'était bonne qu'à recycler des plans piqués à Holliday, Radiohead, etc.
Portishead vire plus électro, plus agressif, plus kraut ; tout en étant plus fin ; Gibbons se montre plus brillante, plus subtile, et moins voyante, moins référencielle, moins catalogable.
Et le trip-hop alors ? C'était réglé dès la sortie de
Dummy, ce que Portishead a bien compris. Plus de trip-hop.
La preuve par trois en 3 liens YT - désolé les puristes, mais les vidéos expressionistes sont à baver.
Et ça, putain.
Et ça, merde.
Third n'est pas un des plus beaux albums des années 2000. C'est un des plus beaux albums de l'histoire. Il est meilleur que
Dummy, et pour moi, ce n'est pas un mince compliment.