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Ah les Troggs ... toute une histoire. En 1966 paraît "wild thing" qui fait l'effet d'une bombe. Reg Presley et sa bande déboulent dans le paysage rock et jettent les bases de ce qui allait devenir le hard rock 2 ou 3 ans plus tard, comme le firent les Kinks deux ans avant eux, avec l'inoubliable "you really got me". Et justement, parlons en des Kinks.
A l'écoute de ce LP des Troggs, force est de constater que le style des Troggs n'en est pas si éloigné. Mais n'allons pas trop vite en besogne.
Nous sommes en 1966 donc et les Troggs commencent à aligner les tubes.
S'enchaînent ainsi, "I can't control myself", "with a girl like you", "give it to me" et "love is around", pour ne citer que les plus emblématiques.
Résultat : 3 millions d'albums vendus.
J'ai toujours eu une certaine affection pour ce groupe et je me souviens que du haut de mes 13 ans, il faisait partie de mes trois favoris, les deux autres étant le Spencer Davis Group et Manfred Man pas encore Earth Band.
En 1968, Larry Page, en producteur avisé, se rend vite compte que son groupe fétiche se doit d'amorcer un virage musical en douceur afin d'élargir son public et d'épouser progressivement la tendance psyché alors très en vogue. Nos quatre lascars entrent donc en studio après une tournée d'un an aux States. L'album s'appellera "hip hip hooray", produit par Larry Page et Colin Frechter pour A Page One Records.
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Les musiciens : Reg Presley (chant), Chris Britton (guitares/basse), Peter Staples (basse) et Ronnie Bond (batterie). Seul Roger Pope batteur du groupe "the Loot" vient renforcer l'équipe sur un morceau : "Head of tails"
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Les titres de l'album :
face A : hip hip hooray - you can cry if you want to - say darlin' - marbles and some gum - purple shades - head of tails
face B : surprise surprise - little girl - maybe the madman - off the record - we waited for someone - there's something about you
référence du 33 tours : S 885 542 MY paru chez fontana
L'album démarre avec
"hip hip hooray", titre musclé, dans la veine traditionnelle des troggs. Avec ses "na na na na", il ressemble au fameux "with a girl like you" dans sa structure. Place au frangin de "love is around", avec le délicat
"you can cry if you want to", dont la rythmique solide tranche agréablement avec l'habillage de cordes jamais mièvre, jamais variétoche. Les choeurs sont bien en place et la basse conduit ce titre jusqu'à
"say darlin" créé et chanté par le C. Britton. Tempo moyen, gratte soutenue, nous sommes au pays des Troggs, la voix râpeuse de Reg Presley en moins. Place à présent à "
marbles and some gum", titre qui a longtemps été mon préféré. C'est du Kinks estampillé 1966 tout craché ! composé et chanté par P. Staples le bassiste, "marbles and some gum" chaloupe gentiment et nous dépose sur les rives de
"purple shades" composé et chanté par Reg Presley. Là encore, l'ambiance "Troggs" est de mise. La face se conclut par le très pré hard/prog
"heads of tails", oeuvre du guitariste C. Britton. Batterie et guitare se déchaînent jusqu'à la quintessence avant de reprendre le rythme sautillant et d'aboutir à une apothéose. Le bras de lecture regagne lentement son logement et je me dis que les Troggs sont quand même un sacré foutu de bon groupe bordel !
Allez, direction la face 2 ... la face de quoi d'abord ? et ben la face de Reg Presley qui reprend les choses en mains avec sa compo
"surprise surprise" qui déménage sur une base rythmique propre à décorner les boeufs. Petit solo de piano électrique et hop ça repart ... "I need you, I need you" qu'il dit le monsieur.
Retour au calme avec
"little girl", autre frère de "love is around". Bon, le titre a été pondu par Reg Presley qui s'y entend comme personne pour nous gratifier d'une chanson tendre sans jamais perdre son âme de rocker. L'on devine quelque flûte inventive, mais ce n'est pas du pipeau.
On enchaîne avec le très prog
"maybe the madman", oeuvre de C Britton, avec son refrain "trafiqué" dans la veine du "day of pearly spencer" de David Mc Williams (1967). Vient à présent
"off the record", créé par le bassiste, qui se veut être la compil' des moments de rigolades et d'essais au cours de l'enregistrement de l'album. Peter Staples nous gratifie de beaux morceaux de guitare acoustique, tantôt à la Buddy Holly, tantôt avec l'appui logistique de la rythmique des Troggs, bref z'ont l'air de bien s'amuser. Reg Presley remet les choses en place avec sa compo
"we waited for someone", un morceau de choix avec ses parties de guitare imitant le cithare. Là encore l'ombre des Kinks est omniprésente.
La galette s'achève avec
"there's something about you", que Ronnie Bond a concocté aux petits oignons. On songe aux Moody Blues seconde période et aux Beach Boys. Mélodie soignée, guitare disciplinée, piano ruisselant, ce Ronnie là a énormément de talent.
Comme dit dans le sujet, ce 33 tours est devenu très très rare et je le conserve précieusement. Sans être une oeuvre majeure, je trouve qu'il tient parfaitement la route et aurait même pu, à certains égards, s'intituler, "when the Troggs meet the Kinks" car il n'a pas à rougir face aux productions de la même époque. Et puis, je le réécoute toujours avec infiniment de plaisir, n'est-ce pas là l'essentiel ?
Quand on sait ce que sont devenus les Troggs par la suite, je me dis que c'est du beau gâchis. Voilà 4 musiciens qui, à l'instar notamment des Beatles ou des Stones, étaient capables de créer des oeuvres originales et magistrales qui avaient la vertu de pouvoir se fondre dans l'esprit du groupe. Pourtant au début des années 70's, un titre comme le sauvage "feels like a woman" aurait dû cartonner un max ... mais non, ils étaient apparemment déjà passés de mode !