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Nous sommes en 1972 et la saga "jig' band" de Mungo Jerry vient de s'achever par un split après 3 albums magnifiques.
En effet, KING et EARL, membres éminents de la formation ont carrément viré leur leader Ray Dorset qu'ils accusent de tous les maux.
Cependant la maison de disques et le producteur ne l'entendent pas de cette oreille et martèlent que Ray Dorset est indissociable de Mungo Jerry, provoquant ainsi la fuite des félons qui fonderont le King Earl Boogie Band. Ce groupe de boogie comme son nom l'indique, obtiendra un joli succès la même année avec le single "Plastic Jesus".
Ray Dorset se retrouve ainsi seul avec fidèle John Goeffrey, bassiste de la défunte formation. Dans l'attente de reformer Mungo Jerry et de lui donnant une coloration résolument pop/rock avec le LP "Boots Power", il concocte un album solo, SON album solo grâce auquel il pourra déclarer sa flamme au folk/blues, au blues et au rythm'n'blues façon Otis ou Arthur Conley.
Track list :
I got to be free - Cold blue excursion - With me - Have pity on me - Time is now - Living ain't easy - Help your friends - I need it - Because I want you - Maybe that's the way - Always on my mind (tout a été composé par Ray Dorset)
Des guitares, des cuivres, des choeurs (presque) gospel et des arrangements de cordes habillent cette oeuvre de bien belle façon.
"
I got to be free" mêle subtilement folk et blues, "
Cold blue excursion" démarre avec des "gna gna gna" que l'on croirait issus du folklore irlandais voire berbère (!?!) avec des ruptures de tempo le tout sur fond de guitare acoustique, l'ensemble flirtant parfois avec ce que la musique prog a pondu de meilleur.
Au fil des titres, il y a de quoi prendre un panard de géant avec, par exemple, ces rythm'n'blues sauvages que sont "
time is now" ou "I need it", tout au long desquels une guitare en furie se bat contre une armée de cuivres jusqu'au dernier survivant.
Dans le chapître des douceurs, comment ne pas évoquer ces morceaux folk délicats que sont "
because I want you" ou "
always on my mind" issus des amours célestes entre la guitare acoustique et les violons discrets. La voix de Ray se fait douce et l'on sent battre un petit coeur sous sa carapace de rocker.
Petit hommage à Woody Guthrie au final et voilà que se termine cette excursion bleue.
Pour moi, Ray Dorset possède le même génie que John Fogerty. Multi-instrumentiste talentueux, il nous livre avec cet album, la quintessence de son talent. Qu'importe ce qu'il fera après et qu'importe encore s'il se fourvoiera dans un style hard rock qui ne lui seyait guère !!
Fin 1972, j'ai acheté ce LP qui végétait déjà dans le bac "soldes" d'un grand magasin, coincé entre un "greatest hits" des Equals et le "best of" des Steamhammer. Un pauvre orphelin que j'ai recueilli et qui, maintenant, complète le podium de mes galettes préférées à savoir pour rappel, "the night is still young" (Sha Na Na) et "Out at Last" (Wild Angels)**
** Au sommet du sommet pour moi, les Creedence sont hors concours !
