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 Sujet du message: TRIBUTE BANDS CONCERT - TOON'S / SED LEX / FIVE
MessagePosté: Sam Oct 11, 2008 2:26 pm 
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TRIBUTE BANDS CONCERT / Bourg-de-Péage – Salle Jean Cocteau / 27.09.08.

Semaine pour le moins chargée, isn't it ? Qui plus est, intégralement dévolue à la perfide Albion et à certains de ses plus dignes représentants... Après la gifle de Bercy le mercredi précédent, difficile de se remotiver pour se taper trois groupes locaux dans une salle provinciale... Allez, le Necromonger n'a pas toujours la vie facile...

Première constatation d'usage : il y a du monde. Oh, ce n'est certes pas la frénésie chaotique des grands jours, mais tout de même, pour un 27 septembre et en pleine récession économique, entasser 400-450 personnes à 12,00€ dans une salle des fêtes évoluée, c'est déjà surprenant...

Public hétéroclite, inter-générationel et plutôt motivé, qui a généralement pris ses billets à l'avance, comme pour ne pas rater un événement. Je trouve ça très sain, d'autant que l'idée d'organiser un tribute concert dédié à trois mastodontes british des 70's reste, sur le fond et quoi qu'on en dise, une démarche plutôt réjouissante...

FREDDIE CHEZ LES MICKEYS...

Etrangement, ce sont les TOON'S et leur hommage à QUEEN qui ouvrent le bal. Je dis « étrangement », parce que dans l'absolu, pour une affiche rassemblant QUEEN, DEEP PURPLE et PINK FLOYD, je ne mets pas Queen au début... Je ne parle pas en terme de qualité musicale, mais simplement d'un point de vue d'adrénaline et d'excitation ambiante. Passons.

Les Toon's font un peu figure d'anachronisme, par chez nous. Comprenons-nous. Les indéniables qualités des protagonistes ne sont pas à remettre en cause. Simplement, par une boulimie permanente de projets divers, on ne sait pas trop comment appréhender ce groupe.

A l'origine, Franck Aubert (chanteur-guitariste) et les frères Clot (André aux claviers et Ludo à la basse) avaient formé ce trio sans batteur dans un but essentiellement pécunier, dans une optique 100 % baluche, animant des soirées dans des bars, des campings, des vogues de villages, voire dans des soirées privées.
Apparemment frustrés de ne pouvoir s'exprimer que par l'intermédiaire d'un répertoire emprunté et vaguement fourre-tout, ils créèrent conjointement Eye'N'Sea pour animer leurs pulsions créatrices, augmentés pour cela d'un batteur et de deux guitaristes. Mais dans le même temps, les Toon's sont partout ! On les retrouve dans un hommage à Queen, mais également à Balavoine, sans compter un autre à... Edith Piaf !
Mieux : alors que le 2e album d'Eye'N'Sea vient de sortir (musique assez dark et torturée), les Toon's font paraître également un mini-lp 4 titres originaux en français, dans un style très variété-rock à la française, pas si éloigné de ce que pourrait proposer un Jean-Louis Aubert s'il savait chanter...
C'est non seulement à n'y plus rien comprendre, mais également plutôt dangereux. Car de fait, la fameuse crédibilité ethnique chère à mon coeur de rocker se retrouve de fait remise en question, et pas qu'un peu...

Pour le cas de figure qui nous intéresse ici, reconnaissons d'emblée que les Toon's -à l'instar de tous les autres groupes de la soirée, d'ailleurs...- connaissent leur potentiel. Augmentés pour l'occasion du batteur et d'un des guitaristes d'Eye'N'Sea, ils font montre d'un savoir-faire manifeste, attestant également de leur indéfectible attachement à un groupe fondamentalement important pour eux.
« Tie you mother down » en intro, c'est désormais devenu incontournable. Et plutôt réussi, malgré une guitare bien trop lointaine, limite audible. S'enchaînent quelques grands classiques, « Under pressure », « Radio gaga », « Another one bites the dust » et autre « We are the champions », parfaitement exécutés, sans qu'à aucun moment je ne retrouve l'assurance et l'engagement forcené qui était ceux de Franck Aubert les premiers temps où il s'était décidé à endosser le costume de Freddie.



Bien sûr, ça chante toujours très bien, les poses sont toujours parfaitement étudiées, mais je ne comprends pas cet acharnement à vouloir coûte que coûte reproduire la version 80's de Queen, alors que chacun sait que l'essence-même de ce groupe se trouve en plein coeur des 70's, ce que les deux suivants auront parfaitement compris.

Du coup, on se retrouve avec un cover-band très compétent, mais à la tête d'une playlist fatalement incomplète (ce qui est toujours un peu le cas, je vous l'accorde...) qui, d'une part, ne donne qu'une vision « Top 50 » d'un groupe majeur, mais qui, en plus, ne permet pas aux Toon's de transcender leur statut de groupe d'animation, 90 % de ces titres étant déjà joués par l'intégralité de leurs congénères ayant également le Camping des Flots Bleus dans leur Tour Dates... Un peu frustrant, surtout dans le cadre d'un festival sensé célébrer l'anticonformisme d'une époque...

Fondamentalement, les Toon's peuvent s'appuyer sur cette version Queen de leur personnalité. Ils jouent bien, possèdent un frontman suffisamment charismatique pour donner le change et s'avèrent être finalement convaincants quand ils se décident à envoyer un peu de bois... Le seul problème, c'est qu'ils sont AUSSI convaincants quand ils jouent du Balavoine, ce qui, pour le coup, pourrait paraître plutôt antinomique à certains... Mes doutes se dissiperaient-ils avec une playlist plus pointue ? Probablement. Quoi qu'il en soit, le public présent a beaucoup apprécié, ce qui est somme toute primordial...

RITCHIE EST FATALEMENT UN MEC SYMPA...

Le truc super, dans ce festival, c'est la rapidité des changements de plateaux. Tous les groupes jouent sur la même batterie (à l'exception des caisses-claires et des cymbales). Les claviers ont quasiment tous installé leur armada, ce qui réduit les manipulations. Les bassistes partagent le même ampli. Quant aux guitaristes, tout est mis en place également, il n'y a qu'un ou deux micros à repositionner...

SED LEX investit dont les lieux à son tour. Et quand je dis « investit », ce n'est pas qu'un effet de style. D'un point de vue purement physique, les mecs prennent possession des planches et on SAIT immédiatement que la scène, c'est leur territoire, sans partage ni entrave...



J'ai déjà beaucoup écrit sur Sed Lex. Trop, peut-être. Mais je ne l'ai jamais fait pour une telle occasion. Où Sed Lex n'est pas là pour jouer du Sed Lex, mais pour nous rappeler combien, depuis toujours, DEEP PURPLE fut une influence déterminante pour eux.

« Perfect stranger » en intro, c'est putois ! Et surtout incroyablement rusé... Tempo médium rassurant, c'est une entrée en matière toute en nuance que propose le groupe. Qui plus est, le son est ENORME ! Ca s'était déjà drôlement bien arrangé pour les Toon's en fin de set, mais là, j'ai la nette impression que le sonorisateur sait où il est en train de mettre les pieds ! Plein et massif, pas forcément fort, le son Sed Lex convient parfaitement au répertoire Purple. Pourtant (et contrairement à Five après eux), à aucun moment le groupe ne cherche à sonner comme leurs glorieux aînés. C'est toute leur spécificité : ils restent fidèles aux arrangements initiaux des titres, mais les jouent à leur sauce, avec leur propre son, sans volonté de clonage excessif. Il en découle une décontraction non feinte dans l'exécution qui leur permet, en prime, toutes les audaces scéniques.

De fait, quand Jean-Luc Maza se jette sur un baffle en plein milieu du solo de « Black night » pour y martyriser sa guitare, il fait juste son truc, comme Ritchie l'aurait peut-être fait au même endroit ou sur un autre titre, on s'en fout. Car l'Intruder n'est pas un clone Blackmorien de plus. Il ne joue pas sur le même matériel, n'a donc pas le même son, ni le même look (plutôt sudiste, ce soir, d'ailleurs, avec ce haut-de-forme très « Lynyrd »...). Mieux : il se marre tout le temps, apparemment ravi d'être là, à jouer ce qu'il joue. Sympa comme un Ritchie bien luné, je vous dis...

« Highway star » est expédié speedo et la bonne surprise derrière, c'est une super version de « Pictures of home » avec un drive d'enfer ! Dois-je dire que pour la première fois depuis que je vois Sed Lex, j'entends DISTINCTEMENT les claviers et que Joachim Bonifay, à l'instar de son collègue guitariste, ne se contente pas d'enfiler les bottes de Jon Lord... Toutes ses interprétations sont très fidèles, mais ne sonnent jamais à l'identique, sauf sur les passages incontournables, évidemment.

Il me semble l'avoir dit il y a longtemps déjà, mais dans ce genre d'exercice, Bruno James est parfait. J'ai juste noté quelques petites erreurs de mise en place anodines et un plantage magistral sur « Burn », vite rattrapé, mais vocalement, ce fut sans souci ! La complémentarité scénique entre lui, le bassiste et son alter-ego guitariste est remarquable. Tout le monde occupe l'espace, se préoccupe du public, balance des vannes à la volée, se lâche.

Autre excellent surprise (et plutôt inattendue), ce « Speed king » de derrière les fagots, où Bonifay et Maza revisitent le pont central en s'amusant comme deux larrons en foire... Drive impeccable du batteur, Ian Paice serait content...

Collé comme une sangsue à un « Burn » intense, « Smoke on the water » envoie le bois, embrasant un public déjà explosif depuis belle lurette... Après avoir joué avec la salle, Maza, James et Daadoun finissent par terre, vidés, éreintés. Notons au passage qu'une telle intensité scénique ne peut être viable que sur des shows courts comme celui-ci (1 h maximum). Dans l'hypothèse où le groupe aurait dû jouer plus longtemps, j'imagine qu'ils auraient géré autrement leur énergie. Là, ils ont tout simplement défenestré l'intégralité de la salle à manger, et pour tout vous dire, ce fut particulièrement jouissif !...

Seul groupe véritablement rock de l'affiche, Sed Lex vient de prouver là qu'on pouvait également compter sur eux dans un esprit revival nettement plus festif. A creuser...

ESPRIT DE ROGER, ES-TU LA ?...

Personnellement, je pense que Five aurait dû attendre encore un peu que l'adrénaline retombe avant de se lancer dans son challenge personnel. Qui plus est, Sébastien Daadoun étant également bassiste pour cette formation, je suppose que le garçon n'aurait pas râlé outre mesure si on lui avait laissé un peu plus de temps pour se remettre de sa prestation précédente...

Quoi qu'il en soit, le challenge risqué consistant à ramener le calme et la concentration après la déferlante heavy du groupe précédent atteste de la détermination de ces gens. Qui plus est, et de façon fort étonnante, Five parvint à faire mieux que s'en sortir honorablement.

De toute évidence, s'il y a un truc qu'on ne peut pas reprocher à Five, c'est de ne pas avoir fait ses devoirs... Un Medley du Floyd, qui plus est servi par un decorum vidéo, c'est ambitieux. Ca ne se fait pas à la légère. L'amateurisme est totalement exclu de ce genre d'exercice.

Dès « Shine on you crazy diamond », on comprend que les mecs ont dû se préparer comme des malades, répéter comme des oufs ! Les Toon's étaient dans l'approximatif géré par le savoir-faire ; Sed Lex dans la débauche d'énergie aidés d'une maîtrise parfaite et d'une expérience évidente ; Five, eux, sont dans la précision millimétrée, voire maniaque.

D'abord, s'appeler Five et être six sur scène, ça dénote un sens logique pour le moins douteux... Ensuite, quand le moindre son, le moindre delay, est reproduit à l'identique de l'original, on est en droit de se poser la question de la face obsessionnelle cachée d'un tel groupe. On est en droit, mais je ne le ferai pas. Parce qu'au bout du compte, on s'en fout, pas vrai ? Dans l'instant, tout ce qui m'intéresse, c'est de vous dire que c'était sacrément efficace.

Bon. On a senti les mecs un peu raides et stressés, pour ne pas dire totalement coincés du cul. Sans doute la faute à une contrainte technique qui n'a échappé à personne, cette obligation de « cliquer » tous les morceaux pour ne pas se retrouver en décalage par rapport aux vidéos projetées. Satanées ears ! Mais pas seulement. A part le guitariste de droite -qui paraît avoir une bonne bouteille et qui en plus joue drôlement bien...- et le bassiste, on sent une certaine fébrilité chez ce groupe qui, de toute évidence, à moins de métier que les deux précédents.

Vous me direz que ce n'est pas grave, que de toute façon, la musique du Floyd ne se prête pas aux débordements scéniques, que le vidéo-show était l'attraction principale du truc, et vous aurez probablement raison. Simplement, je me disais que ce manque de présence, si tant est qu'il puisse parfois valoriser le côté robotique de certaines compositions Floydiennes, est certainement l'élément qui empêche Five de déployer totalement cette musique. En gros, ce qui manque, ce n'est ni plus ni moins que l'ESPRIT de Waters, ce côté habité, intense et parfois dangereux que l'acariâtre bassiste générait, bien souvent malgré lui...

Du coup, « One of these days », parfaitement reproduit, ne parvient pourtant pas à restituer le caractère « Pittbull » qui avait sur « Meddle ». Personnellement, la faute de goût, c'est ce titre de « Division Bell » hors sujet, bien loin de l'esprit originel du Floyd. En revanche, il convient de noter que la majeure partie du répertoire fut impeccablement interprétée, malgré quelques minimes faussetés accidentelles du chanteur, un type particulièrement avenant, et quelques soucis techniques d'un guitariste.



Il reste à Five l'obligation d'alléger leurs contraintes techniques et de plus se recentrer sur l'âme initiale du Pink Floyd, en favorisant un peu moins le côté « Gilmour-Grand-Timonier », certes musicalement parfait sur la forme, mais plus dispensable sur le fond.
Grand moment d'émotion, ce portrait de Richard Wright pendant de longues minutes en fond de scène. Et, plus réjouissant, un final enfin asséné sur « Cumfortably numb », où Franck Aubert des Toon's et Jean-Luc Maza de Sed Lex vinrent donner la réplique à leurs homologues chanteur et guitariste...

Une soirée riche, intense, et surtout pleine d'enseignements, notamment concernant la pérénité de ce genre de concept... A creuser, tant ce fut un beau moment partagé. Quoi qu'il en soit, à réitérer le plus tôt possible...

(Photos de Myriam et Kevin, aimablement transmises par Deepy).

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