Oui, Louis, ce n'est pas le but.
Pour ma part, je n’ai jamais autant voté que depuis que je vis au Canada. Jusqu’à l’âge de 23 ans, je n’avais pas le droit de vote puisque, bien qu’étant née en Allemagne, je n’avais pas droit à la nationalité allemande (mes parents étant français tous les deux, et l’Allemagne accordant alors la nationalité allemande selon le principe du « droit du sang »).
Quand je suis allée vivre en France à 23 ans, c’était donc la première fois que j’avais le droit de vote. Mais, étant nouvelle arrivante, je n’y comprenais pas grand-chose à toutes ces nuances entre législatives, municipales, etc. Ni à la politique de la France de toute façon. Alors je ne votais qu’aux élections présidentielles. Je n’ai voté qu’une fois d’ailleurs.
Ici, ayant la double citoyenneté (française et canadienne), j’ai le droit de voter autant pour les élections au Canada que celles de la France. Je ne vote toutefois jamais quand il est question de la France. Pourquoi ? Parce que ces élections ne me concernent plus, que j’ai du mal à accepter qu’on puisse choisir d’avoir son mot à dire concernant la politique d’un pays dans lequel on ne vit pas. La seule chose qui me pousserait à aller voter, c’est si l’extrême droite se retrouvait encore au deuxième tour des présidentielles. Si le vote des expatriés peut fait barrage à Le Pen et compagnie, aucun scrupule, je vote !
Ici, les élections sont compliquées… Nous avons deux gouvernements (le gouvernement fédéral qui régit l’ensemble des provinces du Canada, et le gouvernement québécois). Quand il y a élection, il faut donc d’abord se demander si ce sont des élections fédérales ou provinciales… Notre distinction sur le plan linguistique, notre statut de petit village gaulois perdu au milieu de l’empire romain pousse un grand nombre de Québécois à choisir son parti en fonction d’un critère, un seul : l’indépendance du Québec. Je vote donc toujours pour le parti qui est le seul capable de nous mener vers cette route. Celle du Québec libre.