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Aucune idée, Potato, mais ça m'intéresserait de savoir...
Les cornes, donc… Comme le disait Laurent, la raison avancée par l’industrie (car les vaches ne sont pour l’homme qu’un produit exploitable…), c’est qu’elles risquent de se blesser entre elles. Et alors ? Ça fait des centaines et des centaines d’années que la nature a voulu qu’elles soient pourvues de cornes, pourquoi faudrait-il qu’au 20e siècle, on décide qu’il faille les leur enlever ? Parce que les fermes se modernisent, s’informatisent, se déshumanisent. L’homme n’ayant aucune intention de s’adapter à la nature animale, ce sont les animaux qui doivent s’adapter à l’évolution technologique.
Avant, les vaches allaient paître au champ. Herbivores, elles « tondaient le gazon », grignotaient l’herbe jusqu’à ce qu’il n’en reste plus rien. On les envoyait alors paître ailleurs, dans un autre champ, là où l’herbe était encore verte et haute. Aujourd’hui, on les nourrit de bouffe compressée et séchée, parfois d’origine douteuse, inadaptée à leur nature de ruminants à 4 estomacs, qu’elles reçoivent selon un savant calcul en fonction de leur cycle de gestation (la vache laitière étant très productive après une mise à bas, on la nourrit plus qu’une soeur qui va avoir un veau bientôt). On leur perce les oreilles pour y insérer une puce qui permet de les nourrir par des machines gérées par l’informatique qui définissent quelle quantité de nourriture leur allouer. Si la vache, naturellement vorace, se présente deux fois devant la « machine à nourrir », celle-ci a enregistré qu’elle a déjà mangé et ne lui donne pas une miette de plus.
Les installations pour la traite ou la nourriture sont de plus en plus étroites, l’homme ne veut pas s’emmerder à perdre temps et patience face au comportement naturellement animal et instinctif de la bête à cornes, alors il use des solutions dont il dispose pour la rendre docile. Il y a plusieurs moyens pour « créer » des vaches sans cornes. La génétique, par exemple. Il existe de rares races de bovins naturellement sans cornes. On les croise alors avec les races productives en lait ou en viande. Méthode contestable, mais peut-être moins que celles qui consistent à enlever manuellement les cornes d’un bovin destiné à en avoir. Bien que…
Comme le disait Laurent, il arrive qu’on les leur coupe. Mais cette méthode n’est pas forcément très appréciée des fermiers. On peut donc aussi brûler la base des cornes et appliquer une solution acide qui les empêchera de pousser. Ce qu’on fait généralement sur les veaux, alors que les cornes n’ont pas encore eu le temps de vraiment pousser. Souffrent-ils lors de l’opération ? Pas vraiment… La corne est comparable aux ongles chez l’humain. Brûlez une corne, brûlez un ongle, l’odeur est la même. Mais bien au delà de l’éventuelle douleur, ce qui est condamnable, et fait encore débat aujourd’hui, c’est la "dénaturisation" de la nature par l’homme. La vulnérabilité qu'on impose à la bête pour des raisons bassement pratiques et matérielles.
La corne chez la vache est bien plus qu’un ornement. Elle est révélatrice de son identité, son livret de famille. Lorsque la vache met à bas, il se forme normalement un anneau sur ses cornes. On peut donc définir l’âge d’une vache en examinant ses cornes. Le nombre d’anneaux indique le nombre de vêlages. La vache mettant à bas pour la première fois entre l’âge de 2 et 3 ans, on sait ainsi à un an près quel âge elle a. Et son cycle de gestation est semblable à celui de la femme : 9 mois, plus ou moins 10 jours. Donc un "accouchement" par année. Un anneau est alors égal à un an d'existence. Enfin, on pouvait définir l'âge d'une vache tant qu'elle avait des cornes, jadis…
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