Il faut arrêter de se voiler la face. Si la FNAC et VIRGIN sont sur le point de mettre la clé sous la porte, ce n'est pas QUE à cause du téléchargement et du e-commerce.
Tout ça a commencé avant l'émergence d'internet, dans les années 90. À l'époque, on taxait ces enseignes de vendre de la merde. Oui mais voilà, elles ne vendaient pas QUE de la merde. Pourtant, les amateurs de bonne musique, gros acheteurs, se sont dirigés ailleurs, et notamment vers les enseignes de vente d'occasion (je suis pas le dernier à avoir opéré de la sorte). Dès lors, évidemment, les ventes de "bonne" musique on chu et il a fallu à ces enseignes, s'adapter : ils ont mit le paquet sur les grosses merdes, telles qu'on les voit aux entrées des supermarchés. Ils venaient de se mettre la corde au cou : ils ne se démarquaient plus du tout commercial : leurs boutiques n'étaient vouées qu'à l'échec.
Dans ma ville, Laval, il n'y a qu'un seul disquaire, et il tient.
Pourquoi ?
D'une part, ses prix sont les plus bas de toutes les enseignes non virtuelles : de 3 à 5 € moins cher. Les étiquettes montrent le prix de ce qu'ils sont sensé vendre et le prix réellement vendu.
D'autre part, l'offre est TRES variée. Sans être une caverne d'Ali Baba, On y trouve TOUJOURS son petit bonheur. Même si je n'achète plus beaucoup au plein prix, je me surprend toujours d'en ressortir avec un ou deux CD à minimum 15 € chacun, juste, finalement, pour le plaisir d'avoir touvé un truc auquel je ne m'attendais pas.
Pour finir, les vendeurs sont de vrais connaisseurs. Évidemment, ils ne sont pas calés dans tout. Au rayon disque, par exemple, il est pas trop prog, à mon grand regret, mais ses avis sont plus que pertinents.
Cette recette fait que ça marche : ÇA MARCHE !!
Ça et la rareté des disquaires chez moi.
À Paris, c'est différent : il y a un disquaire tous les 500m. La concurrence fait que le business se diffuse.
À Angers, au contraire, c'est l'hécatombe. Il y avait encore 5 disquaires il y a 10 ans, il n'y en a plus que 2 aujourd'hui : la FNAC et CD/BD (boutique d'occaz) qui sait très bien mener son affaire (c'est donc une histoire de savoir gérer son entreprise). La FNAC en est réduite, rayon CD, à ne proposer qu'un bac à peine plus grand que dans les grandes enseignes environnantes. Elle se tire une balle dans le pied. Elle ne veut pas admettre que le salut du CD et du Vinyl passera nécessairement par la musique d'exception, voire l'underground. Mais comme elle ne veut pas trahir "l'industrie du disque", elle s'auto-détruit volontairement (ou stupidement)
_________________ "Le rock c'est l'imperfection hissé au rang d'oeuvre d'art."(Vox Populi) "Liam, c'est pas une rockstar, il est pas mort à 27 ans."(Misterjibe) "Remarque dire du mal de Atom Heart Mother et écrire un livre sur Daho"(harvest)
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