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 Sujet du message: Re: Discographie Miles Davis 1968-1975
MessagePosté: Sam Juil 28, 2012 10:08 pm 
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Directions (1981)



1. Song of our Country (G. Evans) - 3:24
Enregistré le 11 mars 1960 à New York.
Musiciens : Miles Davis: trompette; Gil Evans: chef d'orchestre; Paul Chambers: contrebasse; Jimmy Cobb: batterie; Elvin Jones: percussions; Ernie Royal, Johnny Coles et Bernie Glow: trompettes; Frank Rehak et Dick Nixon: trombones; Jimmy Buffington, Joe Singer et Tony Miranda: cors; Bill Barber: tuba; Jack Knitzer: basson; Albert Block et Harold Feldman: flûtes, Romeo Penque: oboe; Danny Bank: clarinette; Janet Putnam: harpe.

2. 'Round Midnight (B. Hanighen - C. Williams - T. Monk) - 7:41
Enregistré le 22 avril 1961 au Blackhawk à San Francisco.
Quintet : Miles Davis: trompette; Hank Mobley: saxophone ténor; Wynton Kelly: piano; Paul Chambers: basse; Jimmy Cobb: batterie.

3. So Near, So Far (T. Crombie - D. Green) - 5:15
Enregistré le 16 avril 1963 à Hollywood, Ca.
Quintet : Miles Davis: trompette; George Coleman: saxophone ténor; Victor Feldman: piano; Ron Carter: basse; Frank Butler: batterie.

4. Limbo (W. Shorter) - 5:31
Enregistré le 9 mai 1967 à Hollywood, Ca.
Quintet : Miles Davis: trompette; Wayne Shorter: saxophone ténor; Herbie Hancock: piano; Buster Williams: basse; Tony Williams: batterie.

5. Water on the Pond (M. Davis) - 7:01
Enregistré le 28 décembre 1967 à New York.
Sextet : Miles Davis: trompette; Wayne Shorter: saxophone ténor; Herbie Hancock: piano; Buster Williams: basse; Joe Beck: guitare; Tony Williams: batterie.

6. Fun (M. Davis) - 4:09
Enregistré le 11janvier 1968 à New York.
Quintet : Miles Davis: trompette; Wayne Shorter: saxophone ténor; Herbie Hancock: piano; Buster Williams: basse; Tony Williams: batterie.

7. Directions I (J. Zawinul) - 6:48
Enregistré le 27 novembre 1968 à New York.
Sextet : Miles Davis: trompette; Wayne Shorter: saxophone soprano; Herbie Hancock: piano électrique; Chick Corea: piano électrique; Joe Zawinul: piano; Dave Holland: basse; Jack DeJohnette: batterie.

8. Directions II (J. Zawinul) - 4:51
Enregistré le 27 novembre 1968 à New York.
Musiciens : Miles Davis: trompette; Wayne Shorter: saxophone soprano; Herbie Hancock: piano électrique; Chick Corea: piano électrique; Joe Zawinul: piano; Dave Holland: basse; Jack DeJohnette: batterie.

9. Ascent (J. Zawinul) - 14:41
Enregistré le 27 novembre 1968 à New York.
Musiciens : Miles Davis: trompette; Wayne Shorter: saxophone soprano; Herbie Hancock: piano électrique; Chick Corea: piano électrique; Joe Zawinul: piano; Dave Holland: basse; Jack DeJohnette: batterie.

10. Duran (M. Davis) - 10:58
Enregistré le 7 février 1970 à New York.
Musiciens : Miles Davis: trompette; Wayne Shorter: saxophone soprano; Dave Holland: basse; Bennie Maupin: clarinette basse; John McLaughlin : guitare électrique; Billy Cobham: batterie.

11. Konda (M. Davis) - 14:07
Enregistré le 21 mai 1970 à New York.
Musiciens : Miles Davis: trompette; Airto Moreira: percussions; Keith Jarrett: piano électrique; John McLaughlin : guitare électrique.

12. Willie Nelson (M. Davis) - 10:21
Enregistré le 7 février 1970 à New York.
Musiciens : Miles Davis: trompette; Steve Grossman: saxophone soprano; Dave Holland: basse; John McLaughlin : guitare électrique; Jack DeJohnette: batterie.

Il s’agit bien d’une anthologie regroupant des enregistrements qui couvrent une décennie d’inédits et de versions alternatives de notre trompettiste favori. Ces sessions d’enregistrements commencent avec "Sketches of Spain" et s’achèvent avec " Jack Johnson", d’où la présence de cet album ici. Tous les titres présents sont de qualité, aucun déchet ni morceau faible, pas rebus. Ce double LP est donc tout à fait recommandable, mais attention, on peut trouver également ces mêmes enregistrements au détour des « complètes » qui entourent désormais presque chaque album, en édition CD toutefois. Nous sommes donc bien là en face d’un exercice de marketing à but essentiellement commercial, il n’y a aucune unité de ton entre les différents enregistrements présents, tellement la musique de Miles a évolué, par contre c’est le nec plus ultra des chutes de studio, la qualité musicale est absolument remarquable et justifie amplement l’édition de cet album.

Dès les premières notes de Song of our Country il est aisé de deviner de quelles sessions provient l’extrait proposé. L’emphase dramatique et la patte de Gil Evans suffisent à en déterminer l’origine. La question qui suit est évidente, pourquoi ce morceau ne figure t-il pas sur l’album d’origine ? Et là pas de réponse… Mais il est désormais inclus dans les rééditions du chef d’œuvre, cette pièce délicate et subtile s’intègre en effet avec bonheur dans le grand « tout » constitué par Sketches of Spain.

La reprise de 'Round Midnight au Blackhawk nous montre un Miles au top de sa forme, délivrant un fabuleux solo, jouant avec les temps et les silences, une nouvelle fois c’est du grand art ! Tous derrière et lui devant, il brille avec éclat, le son est clair, limpide, maîtrisé ! Le solo d’Hank Mobley qui suit semble d’un coup presque convenu malgré la rythmique de rêve, souple et aérienne …

So Near, So Far est plus ancré dans le be bop, Ron Carter à la basse emporte le morceau, créant un petit monde autour de sa pulsation rythmique, c’est le seul véritable inédit de l’album, impossible à trouver sur aucune autre complète ou compilation.

Les morceaux étant classés dans l’ordre chronologique nous voici déjà en 1967 avec Limbo provenant des sessions de Sorcerer, joué par son quintet de rêve, Tony Williams à la batterie éclate le tempo pour devenir cet alter égo du soliste, Herbie Hancock improvisant, tandis que Buster Williams avec ses lignes de basse, soutient l’édifice …Et l’on mesure en quelques titres le chemin effectué, vers ce nouvel équilibre fragile et fascinant, une forme de perfection ainsi trouvée.

La seconde face s’ouvre avec Water on the Pond qui représente un changement dans la trajectoire de Miles Davis, c’est la seconde session où il intègre le guitariste Joe Beck dont la présence symbolise les changements en cours. Pas de révolution chez Miles, tout se fait en douceur, par une succession de petites touches qui, les unes ajoutées aux autre finissent par créer un style nouveau, une musique différente. Nous sommes là au début du processus. D’une certaine façon, les séances de Sorcerer et Nerfertiti ont montré une certaine prédominance de la rythmique dont le rôle s’est émancipé, à partir de décembre 67, un changement significatif va opérer, l’arrivée conjointe d’une guitare et une nouvelle façon d’enregistrer la musique. Il ne s’agit plus de sélectionner les meilleures prises mais d’assembler des « morceaux » de sessions. On expérimente donc… Joe Beck improvise tandis qu’Herbie Hancock joue de deux claviers différents, un Hohner et un piano électrique Wurlitzer, le même que celui entendu sur « Riders on the storm », clin d’œil qui mérite d’être précisé. La ligne de basse soutient le tout, Miles et Wayne improvisent donc ici en dehors d’un thème précis…

Fun est enregistré le onze janvier de l’année suivante, malgré le manque de précision sur les notes de pochettes il semblerait qu’une guitare double les notes de la basse, ce morceau est également le fruit d’un montage.

Les morceaux qui suivent sont tous extraits de la session de novembre 68, deux versions de Directions et Ascent, des compositions de Joe zawinul. Celui-ci complète Herbie Hancock et Chick Corea aux claviers, annonçant déjà In a Silent way, et achevant une année créatrice majeure, où tout a basculé. On remarque aussi l’arrivée de Jack DeJohnette qui remplace pour la première fois, ici, Tony Williams. On peut également trouver ces morceaux dans les « Complete In a Silent Way Sessions ». Ces trois pièces sont absolument passionnantes et se montrent déjà précurseurs du chef d’œuvre à paraître. C’est arrivé au milieu de cette seconde face, après avoir remonté une partie de la décennie écoulée, que l’on mesure la plénitude du chemin accompli, le nécessaire aboutissement d’une démarche rigoureuse et exigeante qui se fixera dans la perfection d’In a Silent Way. D’ailleurs, Ascent, en apesanteur, en préfigure la beauté immatérielle, portée par les volutes de notes distillées par les claviers. Wayne Shorter au soprano tisse sa toile par petites secousses, accompagné par les bruissements de la batterie de Jack DeJohnette. La sonorité si pure de Miles dessine des gouttes de pluie cristallines qui gravitent dans les aigus, terminant leur course dans les cimes.

Les trois dernières compositions ont été proposées dans les "Complete Jack Johnson" sessions. Deux morceaux étant enregistrés avant et le troisième « Konda », un mois après l’enregistrement de l’album mythique. L’atmosphère change et se fait très rock sur Duran, contrastant avec le morceau précédent. On retrouve toute la verve et l’esprit de ces sessions très électriques.

Konda, avec Airto Moreira aux percussions, nous rappelle qu’il y a peu, Miles Davis a rencontré le compositeur Brésilien Hermeto Pascoal. On entend ici un étonnant morceau où Keith Jarrett et John Mclaughlin se font complice d’une petite digression aux saveurs Sud Américaines.

Willie Nelson, que Miles aime tant jouer en concert, termine l’album de façon magistrale, concentrant le soul, le funk et le rock qui caractérisent cette période. Steve Grossman y dialogue avec la guitare de John Mclaughlin jusqu’à l’arrivée de Miles pour un solo magistral, arrivant à lui seul à faire de cette interprétation une version d’anthologie.

A nouveau un album indispensable.

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"Music is the healing force of the Universe" Albert


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 Sujet du message: Re: Discographie Miles Davis 1968-1975
MessagePosté: Sam Aoû 04, 2012 4:20 pm 
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Miles Davis at Fillmore (1970)



Wednesday Miles 24:14 Thursday Miles 26:56 Friday Miles 28:00 Saturday Miles 22:31

Bass – Dave Holland
Electric Piano – Chick Corea
Organ – Keith Jarrett
Percussion – Airto Moreira
Drums-Jack DeJohnette
Soprano Saxophone – Steve Grossman
Trumpet – Miles Davis

Recorded live at the Fillmore East, N.Y. - du 17 au20 juin 70 - Columbia – CG 30038

Cet album a été enregistré environ deux mois après les deux précédents mais a été publié à l’époque après Bitches Brew, il en exprimait donc la continuité. Bitches Brew s’étant particulièrement bien vendu, At Fillmore bénéficiera d’un soutien commercial puissant de la part de Columbia, ainsi que d’un fort tirage, il est donc aisé de se le procurer sous sa forme originale encore aujourd’hui. A tribute to jack Johnson, pourtant d’un accès plus facile car plus immédiat, plus rock, ne bénéficiera, lui, paradoxalement, d’aucun soutien commercial…

Cette proximité avec Bitches Brew se manifeste particulièrement, dans la forme, dans la production. Téo macéro est aux manettes et, plus qu’un autre, ce live n’en est pas tout à fait un. Tout a bien été enregistré en public, bien sûr, mais le travail en studio a été particulièrement minutieux, les ciseaux et les collages ont particulièrement fonctionné, en comparaison Black Beauty est beaucoup plus naturel et conforme à la réalité d’un live. Pour s’en convaincre il suffit d’observer les titres des morceaux tels qu’ils sont apparus alors sur la pochette :

1/ Wednesday Miles (24:14)
2/ Thursday Miles (26:58)
3/ Friday Miles (28:00)
4/ Saturday Miles (22:31)

Les voici sur un double CD quelques années plus tard :

CD 1
1. Wednesday Miles: Directions
2. Wednesday Miles: Bitches Brew
3. Wednesday Miles: The Mask
4. Wednesday Miles: It's About That Time
5. Wednesday Miles: Bitches Brew/The Theme
6. Thursday Miles: Directions
7. Thursday Miles: The Mask
8. Thursday Miles: It's About That Time
CD 2
1. Friday Miles: It's About That Time
2. Friday Miles: I Fall In Love Too Easily
3. Friday Miles: Sanctuary
4. Friday Miles: Bitches Brew/TheTheme
5. Saturday Miles: It's About That Time
6. Saturday Miles: I Fall In Love Too Easily
7. Saturday Miles: Sanctuary
8. Saturday Miles: Bitches Brew
9. Saturday Miles: Willie Nelson/The Theme

Le travail de Téo Macéro s’affiche clairement, certains titres apparaissent quatre fois, mais à l’écoute l’auditeur n’en prend pas conscience. La première raison, c’est que d’un soir à l’autre la musique change et n’est jamais la copie conforme de la veille, la seconde raison c’est que Téo n’a pas cherché à rendre (comme sur Black Beauty) les thèmes et les morceaux identifiables, mais a privilégié une unité artistique comparable au travail exécuté sur Bitches Brew. Le résultat final est stupéfiant et d’une très grande beauté, mais il demande une grande attention de la part de l’auditeur, ce qui en fait un album assez difficile à appréhender.

Côté groupe de scène, on retrouve une ossature habituelle avec jack DeJohnette à la batterie, Dave Holland à la basse, Chick Coréa au piano électrique et Airto Moreira aux percussions, le saxophoniste Steve Grossman, arrivé depuis avril, effectue ici son dernier enregistrement et sera bientôt remplacé par Gary Bartz, la principale nouveauté c’est l’arrivée de Keith Jarrett, le plus souvent à l’orgue farsifa (à gauche) qui double le piano de Chick Corea (à droite). Pour ce qui est du répertoire « live » on entend pour la première fois des versions du standard «The Theme » et de «The Mask ».


Sans surprise, les moments les plus intenses sont ceux où Miles Davis s’exprime en solo, bien soutenu par le groupe. Son sens de la concision fait merveille, chacune de ses interventions est intense, pure et semble intemporelle. Il est en pleine possession de ses moyens et joue avec une densité exceptionnelle. Pas nécessairement en virtuose véloce, comme le faisaient Clifford Brown ou Fats Navarro, mais souvent en jouant avec les espaces et les silences. Le « son » de son instrument agit en récepteur de « l’inouï » dans l’espace.

Il est bien soutenu en cela par Jack DeJohnette et Dave Holland. Très carré Jack déploie une activité de métronome, épousant la volonté de Miles de produire un son très funk sans pour autant se contenter d’un rythme binaire perpétuel, c’est aussi un créateur qui sait dialoguer avec ses partenaires et décrocher des rythmes fixes. Dave Holland est particulièrement brillant en solo, très créatif il aime sortir d’un cadre funky trop rigide, s’éloignant d’une trop grande simplification rythmique. Airto Moreira se montre zélé, non seulement aux percussions mais aussi en intervenant sur différentes flûtes ou sifflets, ajoutant des couleurs essentielles ici.

L’absence de guitare est sans doute dommageable. John Mc Laughlin avait su se montrer un élément tellement important dans la création du « son » de Miles, qu’il manque, malgré l’arrivée de Keith Jarrett. Celui-ci se montre un interlocuteur avisé de Chick Coréa (qui n’aura jamais joué aussi bien qu’avec Miles). Aux côtés de Charles Lloyd, Keith jouait même alors, de temps en temps, dans un registre free, il ne faut donc pas s’étonner de le voir ici s’encanailler aux côtés de Chick pour apporter un grain de folie à cette musique. Certains le regretteront peut-être, mais pour d’autres ce sera pur bonheur, il sait aussi, à l’occasion se montrer délicieusement « funky ».

Quatre concerts condensés chacun en une face, pour y entendre le meilleur. Moins immédiat que Black Beauty, il n’en est pas moins indispensable.

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