Il semble que la jeunesse des années 60 voulait tant se dissocier de l’univers de ses parents qu’elle est allée trop loin en cherchant à piétiner toutes les valeurs de la génération précédente. Les contestables comme les essentielles. La sexualité en est un bon exemple. J’imagine en effet fort bien que, parmi les couples qui prônaient volontairement ou non l’amour libre, peu ont dû survivre sereinement au tournant des années 60. La drogue en est l’autre exemple révélateur. Si je ne me trompe, des musiciens reconnus n’hésitaient pas à vanter les mérites du LSD et des autres substances du genre avant que les grandes tragédies (Janis Joplin, entre autres) les fassent redescendre sur terre. La drogue, c’est comme la sexualité libre. On ne peut pas l’imposer à tout le monde sous prétexte que c’est à la mode. Il y a ceux qui sauront en faire un usage raisonnable, et ceux qui pousseront l’expérience jusqu’à l’issue fatale.
La jeunesse d’aujourd’hui idéalise les années 60. Les fleurs dans les cheveux, tout le monde à poil, le joint au bec. Pourtant, l’abus généralisé de drogues et d’alcool (combien de musiciens étaient alcoolos ?) n’est pas franchement signe d’une génération saine, non ?
Tout à fait d'accord, ce sont les avantages et les inconvénients d'être des pionniers et d'expérimenter toutes sortes de nouvelles choses, on essuie les plâtres, on vit des moments passionnants, marqués par la découverte de terrains inconnus, mais on en subit aussi les contre-effets.
J'insiste particulièrement là-dessus : dans les 60s et le début des 70s, ON NE SAVAIT PAS OU ON ALLAIT, c'était à la fois très excitant et aussi parfois angoissant. Les structures de la société n'étaient pas adaptées pour recevoir nos délires et nos expériences, des choses qui paraissent aujourd'hui très simples étaient à l'époque très compliquées (ah, si on avait eu le net et les portables, ça nous aurait facilité beaucoup de choses !

)
Et puis on nageait en pleine utopie, on idéalisait à outrance et on s'imaginait que le monde entier allait nous rejoindre tellement on était cools ! C'est pourquoi il y a eu cette si grande désillusion au milieu des 70s, ajoutée à la crise économique et au chômage que nous ne connaissions pas jusque là, c'est ce qui a donné le nihilisme désespéré du punk et le "no future".
Aujourd'hui, il faut bien le reconnaître, tout est plus ou moins balisé, tant de choses ont déjà été tentées ou imaginées par le passé qu'on est forcément dans la redite, comme dans la musique, y compris des erreurs du passé, naïveté, idéalisation, manichéisme,... Enfin, certains sont lucides et ont quand même les pieds sur terre, heureusement, ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas rêver, bien au contraire, mais il faut essayer de le faire autrement.