J'ai découvert ce disque quand j'avais onze ans, et chaque écoute depuis m'a procuré un plaisir renouvelé. Les chansons, le discret fil rouge conceptuel hérité du projet avorté "Lifehouse", ces textes intelligents (la métaphore musicale de "Pure & Easy", présent en filigrane dans "Song Is Over", l'anticipation lucide de Townshend sur la place de la technoscience sur la société moderne dans "Going Mobile", la rage de "Won't Get Fooled Again", la poésie simple mais essentielle de "Love Ain't For Keeping" ou "Behind Blue Eyes"), les instrumentations audacieuses (une utilisation révolutionnaire à l'époque des synthétiseurs), une production exemplaire de clarté (Glyn Johns), un niveau de jeu à son maximum (je crois que c'est l'album sur lequel Moon et Daltrey sont à leurs sommets respectifs), et de la putain de guitare rock, toutes ces raisons mises bout à bout font que pour moi cet album est un chef d'oeuvre, encore pertinent de nos jours, et avec une véritable identité au-delà de son statut de pis-aller après le ratage du projet "Lifehouse".
Bon alors les gars les filles, unanimes ?
