C'est moins la basse qui est mise en avant que sa voix, avec un album de spoken word.




La discographie du gars devient énorme et c'est très difficile de tout suivre, sauf à posséder une grosse bourse, voire une très grosse!
C'est très bien, ça,

Douglas a écrit : ↑dim. 19 juil. 2020 15:51
Un album de John Zorn sorti sur Tzadik dans les « Archival Series ». Comme le nom l’indique ces archives sonores regroupent en premier lieu les rééditions du travail de John Zorn avant l’arrivée de Tzadik, en 1995. Elles concernent également des chapitres imposants comme les « Filmworks » ou les « Book of Angels » et nombre d’albums du maître. Ici notre album est le premier de la série des « Moonchild » qui contient sept volumes. Il est sorti en mai 2006 et la série s’achèvera en 2014 avec « The Last Judgment ».
Concernant le titre « Moonchild (Songs Without Words) » les mots dans la parenthèse ont leur importance et décrivent pour une part ce qui nous attend, compte-tenu que Mike Patton a pour instrument « la voix » que l’on entend. Des onomatopées donc, cris, murmures, râles, hurlements, gémissements, plaintes, il éructe, vocifère ou psalmodie. Nous voilà plongés dans un univers qui parfois peut sembler dément, copulant avec l’âme noire du métal le plus noir, repoussant les limites les plus extrêmes. Nous voilà plongés dans l’univers d’Antonin Artaud, d’Edgar Varèse ou d’Aleister Crowley auxquels l’album est dédicacé.
Les autres compagnons d’aventure de Mike Patton sont Trevor Dunn à la basse, il est énorme, les deux musiciens se connaissent parfaitement bien et le formidable Joey Baron tient les baguettes à la batterie. John Zorn écrit, compose et dirige. En fait pas de jazz ici plutôt du métal, de la noise et de l’expérimental. Une énergie, surgit des abîmes, qui se déploie avec force, habilement menée et dirigée par le sorcier, on baigne dans le lugubre et le lancinant, le maudit et le malsain, le démoniaque et le diabolique.
John Zorn est souvent là où on ne l’attend pas, ça fait partie de son charme…
John Zorn - Hellfire
John Zorn - Possession
Moonchild - Moonchild
John Zorn - Equinox



je rajoute des extraits supplémentaires arrivés récemment sur le tube!Douglas a écrit : ↑lun. 15 juil. 2024 05:11
The Ex & Guests – Instant – (1995)
L’album se présente sous la forme d’un double Cd, la pochette est en carton assez épais et la couverture est du genre magnifique. La formation « The Ex » est plutôt bien connue aux oreilles des amateurs un peu « cherchants », il s’agit d’un groupe Néerlandais formé par Terrie, Luc, Andy, Katrin et Han Buhrs, tels qu’ils se présentent sur le Cd. Terrie Hessels joue de la guitare, Andy Moor également, Luc Klaasen est plutôt le bassiste, Han Buhrs qui chante et joue d’un peu tout, Katrin Ex de la batterie et du chant.
Il faut tempérer tout ça, car tout le monde joue un peu de tout, particulièrement des percussions, et, au fil des compos, les formations évoluent considérablement, des duos, trios ou autres configurations se forment, jusqu’au quintet, d’autant qu’il y a quelques invités de renom.
Ab Bars au saxo, Han Bennink à la batterie et aux percus, Tristan Honsinger au violoncelle, Michael Vatcher batteur percussionniste également et Dolf à la guitare acoustique. On le voit ce projet n’est vraiment pas comme les autres, il est voué au partage et aux échanges à partir de bases essentiellement improvisées, au total trente-deux pièces se suivent et sont présentées, seize pour chaque Cd.
On ne peut pas vraiment parler d’unité de style, car chaque pièce possède sa personnalité, selon la qualité, au sens noble, des participants. Ainsi on franchit des caps et des zones, mais toujours au sein des musiques libres. Ainsi certains titres seront plutôt folks, mais pas trop, ou tribaux, voire même essentiellement percussifs, ou encore très free ou même noisy, on décèle également de l’overdubbing ici ou là…
Mais ce qui surnage c’est une variété de couleurs, de timbres, de rythmes, dans une succession essentiellement instrumentale, tout au long des soixante -dix minutes que dure la musique enregistrée, nous sommes en quatre-vingt-quinze et il fallait bien deux Cds pour tout contenir.
Chaque vignette possède sa singularité, et nous voyageons un peu comme dans un rêve, de surprise en surprise, au milieu des éléments, d’un espace à l’autre, la richesse des percussions autorise des sauts de puce à travers le monde, l’impression de découvrir sans cesse de nouveaux univers, de nouvelles cultures.
L’histoire veut que The Ex ait connu une vie « Punk » avant de se confronter aux musiques autres, pourtant cet esprit originel est toujours là, on le retrouve dans les démarches libertaires, cette révolte qui est toujours présente, anticonformiste et résolument différente. Les pièces ici vont de quarante secondes à quatre minutes, des durées courtes, typiques du genre d’origine.
Un superbe album pour ce groupe dont la devise est « Tout est permis ! »
Je poste les deux extraits que j'ai trouvés...
Knit Knack & Zoom
Duo Tonebone & Hitgit

Vraiment très sympa, merci pour la découverte.Douglas a écrit : ↑jeu. 10 oct. 2024 02:51Douglas a écrit : ↑jeu. 10 oct. 2024 02:34
Sol6 – Sol6 – (2010)
Un album un peu curieux avec des passages free ou expérimentaux et d’autres très carrés ancrés dans un format quasi pop-rock-folk comme « And The World Might Bb After All » ou « Chanson hollandaise ». Alors oui, ça dérape un peu de temps, ça balance entre musique improvisée ou bastringue, de quoi réunir les contraires, passer du coq à l’âne et au hollandais de passage…
Car la troupe est hollandaise, d’ailleurs la captation se fait au « Bimhuis » en avril deux mille neuf. Il y a deux « fondateurs » à ce groupe éphémère, Luc Ex à la basse acoustique et Veryan Weston au piano et au chant, il y a également Hannah Marshall au violoncelle et au chant, Mandy Drummond à l'alto et au chant, Ingrid Laubrock au saxophone, excellente sur « Nood », et Tony Buck à la batterie.
Ce parti-pris artistique oblige à l’écriture ou à la réinterprétation, ainsi Luc Ex est-il l’auteur de quatre titres dont deux signés en collaboration avec Veryan Weston, il y a également une reprise de « Close To You » de Burt Bacharach, mais aussi « The cage » de Charles Ives et cette « Chanson hollandaise », parrainée par Eric Satie, George Russel et Veryan Weston.
On le comprend l’album est vraiment très disparate, il obéit à une sorte de clin d’œil et s’oriente délicieusement vers « la musique pour se faire plaisir », alors on aime ou on déteste, ou bien encore on entre dans le jeu et on participe à la folie décadente ambiante, car il y a certainement un public qui ne prend pas tout au sérieux et se montre prêt aux escapades aventureuses…
Il y a également l’« Autistic African Samba » qui mérite un petit détour, ou le tripant « Insecurity » et l’improvisé « Brain Boilingly Obvious » qui se partage en trois moments improvisés, de quoi plaire à beaucoup et, probablement, déplaire à certains, bien qu’une fois dans le truc, il suffise de se laisser flotter…
And The World Might Bb After All
Nood
Autistic African Samba
Insecurity
SOL6 - live at Vortex / London - 'Hurtles' (Steve Lacy)
whereisbrian a écrit : ↑jeu. 10 oct. 2024 07:10Merci également pour l'intérêt que tu portes à mes lubies...



Dément, le lead vocal et la basse !Douglas a écrit : ↑sam. 12 oct. 2024 04:24John Zorn – Six Litanies For Heliogabalus – (2007)
« Six Litanies for Heliogabalus » est le troisième volume de la série des Moonchild, il succède à « Astronome » et grimpe encore une marche, il faut dire qu’il y a un peu de chamboulement. Les trois historiques sont là, Mike Patton au chant, Trevor Dunn à la basse et Joey Baron à la batterie. Hardcore garanti, folie également, ainsi que dépassement des conventions et des limites, mais voilà…
Zorn ne se contente plus de composer, arranger et diriger, il récupère son sax alto et entre dans l’arène, il fait appel également à Jaimie Saft à l’orgue, Ikue Mori à l’électro, et surtout à un chœur composé de Martha Cluver, Abby Fischer et Kirsten Sollek. Alors forcément, la soupe s’épaissit !
Six pièces se succèdent en trois quarts d’heure, et, d’évidence, l’apport nouveau modifie la mixture, ainsi l’orgue de Jaimie Saft se fait-il une place aisément dans les pièces, en ajoutant une masse sonore qui comble les espaces, Ikue Mori est moins décisive, mais les chœurs sont fondamentaux et ajoutent une nouvelle couleur qui pourra plaire, ainsi que John Zorn qui flamboie sur « Litany V ».
Mais le plus étrange c’est « Litany IV », un solo de Mike Patton très cru du cru, c’est un peut spèce, dans le genre qu’on connaît, c’est-à-dire sans limite aucune, comme on le connaît, comme on l’aime… Vas-y mon gars, alors il y va, à fond, hors contrôle et sans retenue.
Mais il y a également des passages calmes, doux, qui plairont certainement, d’autant que le plus souvent ils seront hachés menus par une arrivée stridente qui vous fera sursauter, Zorn aime bien ça, vous foutre les chocottes, c’est un grand gosse ! Il y a même des accents « pompiers » ou même liturgiques, comme sur la dernière pièce où l’on se croirait à la messe…
Il y a également ce côté lugubre qui va et vient dans l’album, se révélant en même temps que les chœurs susurrent, avec des accents à la Cradle of Filth et les facilités qui vont avec… Mais la patte Zorn c’est avant tout la science unique de la rupture, du demi-tour et du changement brutal en trois millisecondes, là il est imbattable !
Pour la petite histoire, Heliogabalus est un jeune empereur romain qui régna entre trente-sept et quarante et un, à l’âge de quatorze ans, il laissa une longue trace sanguinaire qui rappelle les controversés Néron ou Caligula.
Les Moonchild sont dédicacés à Antonin Artaud, Edgar Varèse et Aleister Crowley. Figure à l’intérieur du volet du Cd, cette phrase d’Antonin Artaud : « Je vois Héliogabale non pas comme un fou mais comme un rebelle. » Brrr…
Mike Patton est probablement davantage connu comme chanteur de Faith No more, Fantômas et surtout Mr Bungle, qu'en tant que partenaire de Zorn, pourtant il n'y a rien à jeter de ce côté !gabuzomeuzomeu a écrit : ↑sam. 12 oct. 2024 06:40
Dément, le lead vocal et la basse !
Bel et rebelle![]()
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