J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mar. 17 oct. 2023 16:01

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Sun Ra - My Brother The Wind Vol. II lp (1969 et/ou1970)

A l’écoute de la discographie du vieux céleste, on discerne une très grande cohérence, comme un long projet qui se déroule avec une implacable continuité. Finalement, plutôt en suivant les modes, par exemple lorsqu’il épouse les tendances les plus avant-gardistes en vogue dans la deuxième partie des sixties. Sur cet album, on en comprend bien l’impérieuse nécessité, inhérente à la dimension « spatiale » de sa musique. Comme ici avec « My brother the wind ».

Le disque s’ouvre avec l’excellent « Somewhere Else », un thème répétitif, joué en quatre notes maintes fois répétées, rajeunissant d’un coup ce bon vieux « swing » qui nous replonge dans les années trente ! Encore une fois un énorme sentiment de maîtrise, comme si chaque note avait été soigneusement pensée, élue parmi toutes les autres et ne pouvait être ni modifiable ni interchangeable, sa place demeurant là, de façon immuable, en un registre classique.

« Contraste » consiste en une arrivée successive du sax baryton (Pat Patrick), de la basse (Alexander Blake), du moog synthé et du sax alto, création en deux dimensions contrastées (comme l’indique le titre) d’un paysage sonore, avec Sun Ra à la palette.

« The wind speaks » marque un tournant sur cette face et nous montre un autre aspect de Sun Ra, fasciné par la découverte récente des synthés. Ce morceau est un solo de moog synthé imitant le son du vent, calme d’abord, s’approchant, puis devenant plus violent et tourbillonnant…

« Sun Thoughts », « Journey to the stars », « World of the Myth » et « The Design Cosmos II », sont des enregistrements, eux aussi en solo, de Sun Ra au mini-moog synthétiseur. Cette partie du disque contraste avec le reste de la musique présente sur l’album, on peut y voir un Sun Ra précurseur, à la pointe de la modernité d’alors. Pour moi ce n’est pas la partie du disque la plus indispensable, mais d’autres pourraient sans doute avoir un avis contraire, et y verront une porte vers d’autres niveaux de cet ailleurs cosmique…

Retour à l’Intergalactic Infinity Arkestra pour la seconde face qui débute par « Otherness Blue », cette pièce n’est pas sans faire penser à Jimmy Smith et à son orgue, le son est velouté et les nappes d’orgue se déploient avec légèreté, Kwame Hardi à la trompette et surtout John Gilmore au ténor transforment ce soul jazz en brûlot free, ça commence fort ! « Somebody Else's World » qui suit est illuminé par June Tyson qui, telle une étoile, scintille au milieu de l’Arkestra à chacune de ses interprétations. Voici ce qu’elle chante :

« Somebody else's idea of somebody else's world
is not my idea of things as they are
somebody else's idea of things to come
need not be the only way
two visions of future
What needs to be need not be what need had to be
for what was is only because of
an adopted look of need
some chosen thought that was
need not be the only product
to build a world on »


« Walking on the moon », l’une des plus belles chansons de Sun Ra est ici magnifiée par le chant de June Tyson qui est en symbiose parfaite avec la musique du Sun, le temps est au rythme and blues, mais ça balance au rythme d’Eole dans cette marche lunaire. Mention particulière au solo de Pat Patrick au baryton. Ce titre achève de façon magistrale cet album qui nous dévoile deux faces différentes de Sun Ra.

Somebody Else's World (a.k.a. Somebody Else's Idea)


Otherness Blue


Journey to the Stars


Walking on the Moon
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mer. 18 oct. 2023 02:24

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David S. Ware, Cooper-Moore, William Parker, Muhammad Ali – Planetary Unknown - (2011)

Nous sommes en deux mille onze, soit deux années après sa greffe de reins réussie, David S.Ware signe cet excellent album collaboratif, en compagnie de prestigieux partenaires. Cooper-Moore n’est autre que Gene Y. Ashton avec lequel Ware enregistra « Birth Of A Being » en soixante-dix-neuf, c’est dire si ces deux-là sont heureux de se retrouver, depuis tout ce temps écoulé, le jazz étant souvent une musique d’allers-retours.

William Parker est sans doute l’un de ses plus fidèles collaborateurs, majestueux et monstrueux contrebassiste, exceptionnel en tout. Muhammad Ali, le batteur, n’est autre que le frère de Rashied, il joua autrefois avec Albert Ayler, Frank Wright ou Alan Shorter. Il rencontra David Ware à Paris lorsque Cecil Taylor l’y amena en soixante-seize. Cet enregistrement date d’un passage en studio en deux mille dix, à Brooklyn. Il annonce une participation au fameux « Vision Festival » de New York, l’année suivante.

Sans surprise David Ware est cependant la vedette ici, dès le premier titre « Passage Wudang » qu’il signe profondément de sa marque. La pièce est épique, vingt-deux minutes de pur free qui nous renvoient aux accents des plus grands, cette une exploration sonore qui utilise la respiration circulaire propre à rendre ce « voyage spatial » inoubliable.

L’album dans son ensemble est une belle réussite, liée à cette conjonction de grands talents, tous réunis pour célébrer le langage universel de l’improvisation, pour célébrer cette planète inconnue qui, peut-être, est la nôtre…

Passage Wudang


Divination


Shift


Duality Is One
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mer. 18 oct. 2023 15:49

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Sun Ra And His Solar-myth Arkestra – The Solar-myth Approach, Vol. 2 – (1972)

Les deux albums de Sun Ra se singularisent dans la série Byg Actuel. Sun Ra a toujours bénéficié d'une aura un peu particulière, déjà on connaît surtout de lui sa période free, celui-ci étant à son apogée dans ces années-là, très populaire auprès d’un public jeune et souvent étudiant. Les premiers concerts de Sun Ra en France se sont déroulés l'année précédant la sortie de ces albums : les fameux concerts à la Fondation Maeght publiés sur le label Shandar, ils ont laissé une forte impression de ce côté-ci de l'Atlantique.

On le sait Sun ra a toujours eu des difficultés à diffuser sa musique, il a dû créer son propre label, "Saturn", profitant des concerts pour diffuser ses albums. Byg Records jouit d'une certaine réputation dans le monde du free et c'est avec plaisir qu'il signe un contrat pour l'édition de ces deux volumes. La musique en fait a été enregistrée à New-York, elle forme une sorte de compilation d'inédits sur deux ou trois années de travail, il faut dire que Sun Ra enregistre presque tout ce qu'il joue.

Les morceaux interprétés sur le vol.2 sont de différente nature, on y trouve quelques classiques de son répertoire qu'il joue souvent pendant les concerts « The satellites are spinning » ou « Ancient Ethiopia » pour citer parmi les plus connus, ce dernier morceau étant souvent joué pendant que le groupe effectuait une marche au milieu du public, à la façon d’une procession, avec danseurs, chanteurs et percussionnistes.

On y entend également de l'expérimentation, Sun Ra, l'un des tout premiers à s'intéresser aux effets spéciaux sur les claviers, dès la fin des années cinquante, joue ici du « moog » heureux comme un gosse avec son jouet, il improvise joyeusement et peut-être abuse un peu... Deux beaux albums du Sun, malgré tout, le second, bien qu’il ait ses qualités propres est peut-être un poil au-dessous (si l'on doit choisir) ...

Ancient Ethiopia


The Utter Nots


Pyramids


Interpretation
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Message par Douglas » jeu. 19 oct. 2023 03:55

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Dave Douglas – High Risk (2015)

C’est peut-être un peu loin désormais, mais je vous avais parlé il y a quelques temps de l’excellent album « Dark Territory » de deux mille seize, l’album cousin de « High Risk », avec les mêmes musiciens et dans le même style. Les deux sont d’égale qualité et se montrent plutôt innovants, prônants un mélange très réussi entre le jazz et l’électro, rarement avons-nous été à une telle fête, mais il est vrai que ce sillon est travaillé depuis des années par l’étonnant Dave Douglas.

Il est indubitable que c’est la proximité de goût et de projet qui a réuni ces quatre musiciens, Dave Douglas, le trompettiste qui creuse ce sillon de temps à autres, sur ses albums, on se souvient du groupe Keystone avec Dj Olive. Il y a également Jonathan Maron, qui utilise à la fois la basse électrique et la basse synthétique, Mark Giuliana l’un des batteurs les plus au fait de ce genre de cocktail, il est aussi l’un des meilleurs mondiaux du genre, phénoménal tout simplement sur cet album, il utilise la batterie acoustique mais également la batterie électronique, et enfin Zachary Shigeto Saginaw, aka « Shigeto », à l’électro, un maître du genre, également producteur.

Avec de tels musiciens les atouts sont conséquents, l’attente également, mais dès les premières secondes on sait que l’on ne sera pas déçu, le défi est amplement relevé. Tout d’abord la couleur jazz est préservée, elle se fonde dans cette nouvelle couleur, en préservant les thèmes et les impros, chères à Dave Douglas, excellent tout du long.

Mark Juliana est très précieux ici, il se montre extrêmement dynamique, précis et ferme dans son soutien et ses interventions, il apporte une énergie considérable à cette musique, délivrant des impulsions continuelles et des relances incessantes, son jeu est fascinant. Il est extrêmement à l’aise, lui qui connaît et maîtrise ce genre sur le bout des doigts.

Cet album, ainsi que le suivant « Dark Territory », est certainement l’un des plus aboutis dans ce genre, tout en préservant un équilibre idéal entre jazz et électro.

Molten Sunset


Dave Douglas - High Risk


Tied Together - Dave Douglas' HIGH RISK


Household Item
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Message par Douglas » jeu. 19 oct. 2023 09:32

Petit retour sur une merveilleuse œuvre de la magnifique Carla Bley.
Douglas a écrit :
jeu. 20 avr. 2023 04:56
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The Gary Burton Quartet With Orchestra – A Genuine Tong Funeral (1968)

Cette pochette pourrait laisser penser que Gary Burton est l’organisateur de cet « Opéra muet », mais en réalité il n’en est rien et il aurait été justice que l’album soit cosigné par Carla Bley, tant son empreinte est visible un peu partout ici. C’est bien elle qui signe par sa couleur, ses compositions, sa « patte » si personnelle, ce magnifique enregistrement, un classique pour moi.

Le titre signifie « Funérailles dans la tradition Tong », il provient d’un vieux film français projeté à la télé américaine pendant lequel on pouvait assister à une longue procession funéraire dans les rues de Hong Kong. Carla Bley s’est emparée du thème et des images, pour nous livrer sa sublime vision, toute en ressenti sensible, porteur d’une forte émotion.

En fait, cette longue et belle suite, dormait dans un fond de tiroir, attendant l’opportunité pour éclater en plein jour. C’est par le truchement de Steve Swallow, ami de Carla et musicien travaillant aux côtés de Gary Burton, que l’idée se concrétisa. Carla travailla à nouveau son œuvre pour la rendre compatible avec la formation du vibraphoniste, et l’orchestre réuni autour de Carla s’avère tout à fait exceptionnel.

Sont présents Gary Burton au vibraphone, Larry Coryell à la guitare, Steve Swallow à la basse et Lonesome Dragon à la batterie, ce dernier serait un pseudo choisi par le musicien, peu satisfait de sa prestation. S’ajoutent quelques invités d’importance, Steve Lacy au sax soprano, Mike Mantler à la trompette, Gato Barbieri au sax ténor, Jimmy Kneeper au trombone et trombone basse, Howard Johnson au tuba et enfin Carla Bley au piano, à l’orgue et à la direction orchestrale.

Nous sommes en juillet soixante-sept, un mois avant l’enregistrement de « Lofty Fake Anagram », l’album du dessus, qui verra paraître une version du magnifique « Mother Of The Dead Man » en avant-première.

Que de merveilles sur cet album, je cale toujours à l’idée d’écrire un truc sur « Escalator Over The Hill » tellement c’est grandiose, je m’incline avec respect puis range la plume. Ici c’est exactement la même chose, tout aussi beau, précis, parfait, une pure pépite rutilante, mais par bonheur, l’œuvre est à taille humaine, environ quarante-cinq minutes où chaque seconde est pesée, du coup je me lance malgré tout, me bornant à relater les circonstances…

A l’énoncé des musiciens vous avez certainement été troublés, tous seront bientôt célèbres et reconnus, chacun dans son domaine. Imaginez qu’ils sont au meilleur et que l’écrin tissé par Carla, au travers d’arrangement habiles et somptueux, est d’une telle magnificence qu’il vous embarque et vous emporte dans un voyage incroyable, bien qu’il soit, nous dit-on, lugubre et funéraire…

Je ne vous parle pas des thèmes magnifiques, Carla possède un don pour l’écriture ciselée, ni des soli qui sont extraordinaires, Gato, Steve L., Larry, Steve S., Howard, Mike et tous les autres qui s’époumonent parfois jusque dans la démesure…

Un chef d’œuvre, juste indispensable.

gary burton - 1. - the opening - shovels - the survivors - grave train


A Genuine Tong Funeral: A Beginning: The New National Anthem--Son of Jazz


A Genuine Tong Funeral: Events Leading To The End: Part One: Interlude: Lament


A Genuine Tong Funeral: Events Leading To The End: Part Three: Some Dirge---Hour of the Wolf
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » jeu. 19 oct. 2023 16:57

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Sun Ra – Nuits De La Fondation Maeght Volume 2 (1971)

Enregistré live à Saint Paul de Vence, France, 3/5 Août 1970. Compositions et Poèmes de Sun Ra.

Voici le second épisode des Nuits de la Fondation Maeght , première manifestation Européenne de Sun Ra et de l’Arkestra, en ces nuits du mois d’août de 1970, à Saint Paul de Vence. Un concert de Sun Ra représentait en lui-même une remise en question importante du concert de jazz traditionnel, avec Sun ra tout est couleur et fête, à commencer par les costumes, très théâtralisés, coiffes fantastiques, vêtements africains, maquillages…

En plus des musiciens il y avait aussi des danseurs, danseuses, des acrobates et même un avaleur de feu ! Des rondes sont improvisées sur scène, puis une procession traverse le public, le tout sur une musique « spatiale » ou « cosmique », mais le plus souvent les musiciens utilisaient les percussions, le public prenant sa part du spectacle. Le concert pouvait durer plusieurs heures, parfois même s’achevait-il tôt le matin…

On peut trouver les racines de telles prestations en se référant aux rites du culte Vaudou qui mélangeait la musique, la danse, la magie et la transe dans les traditions plus lointaines. On comprend bien que dans ces conditions un enregistrement « live » n’est qu’un fragment d’un ensemble plus grand, la partie d’un tout ou l’aléatoire a sa place.

L’album s’ouvre avec « Friendly Galaxy Number 2 », l’introduction est due au Sun lui-même avec son moog qui joue un thème dansant. Cette pièce met en valeur Alan Silva, une des figures les plus importantes du free jazz, énormément sollicité, il a apporté sa pierre à plus d’un chef d’œuvre. Il joue ici du violoncelle, frotté avec l’archet, délaissant provisoirement sa basse. Le son du violoncelle est posé et grave, le jeu évolue tout en douceur, explorant les sonorités, s’ouvrant à l’exploration des possibilités qui lui sont offertes pour caresser les cordes et restituer les timbres tout en prolongeant jusqu’à l’extrême les notes par cet autre instrument qu’est l’archet.

Les percussions et l’orgue assurent un soutien rythmique sans faille en forgeant une structure statique et répétitive, tandis que les trompettes jouent les mêmes notes prolongées en couches répétitives. Dans le même temps des flûtes interviennent dans l’aigu déposant de longues notes en escalier…

« Spontaneous Simplicity » s’ouvre par un thème joué par tout l’Arkestra, à la façon d’un big band, mais le tempo est assez lent jusqu’au moment où le thème laisse la place à un tapis de percussions au-dessus duquel l’orgue de Sun Ra improvise de façon simple et mélodieuse, à la façon d’un air de chanson. Les percussions reprennent ensuite le devant de la scène jusqu’à l’exposé du thème qui clôt la première face.

« The World Of The Lightening » débute par quelques coups de gongs, suivis de notes discordantes en provenance du moog, qui annoncent une improvisation très free à l’alto puis au ténor. Par couches successives, anches et cuivres s’additionnent, provoquant une tempête sonore dévastatrice, une sorte de chaos planifié qui s’interrompt tout à coup pour faire place à June Tyson qui déclame un poème « The Shadow took Shape » première partie d’une suite ayant pour titre Black myth.

Cette déclamation autour de la cosmologie, fait place à un solo au moog et aux synthés de Sun Ra, celui-ci placé au milieu de ses claviers, édifie un mur de sons composé de clusters qui s’additionnent, la « vitesse électronique » permet au simple touché de créer un son qui s’installe durablement dans le temps, l’addition de ces touchers permet d’atteindre une intensité vertigineuse, bien supérieure à celle d’un simple piano.

Tout l’art consiste dans le contrôle du chaos, nous sommes bien loin des musiques « électroniques » qui ont pris la suite, Sun Ra maîtrise son sujet, trouvant le parfait équilibre entre la modération dans les effets, l’évitement de la surenchère continuelle, afin d’exploiter au maximum les possibilités offertes, sans tomber dans la mièvrerie un peu sirupeuse qui guette si on s’oublie dans la facilité.

Un album très free, très représentatif des audaces propres à cette période, et c’est ce que l’on aime : les audaces !

Sun Ra - Nuits de la Fondation Maeght Vol. II (Face A)


Sun Ra - Nuits de la Fondation Maeght Vol. II (Face B)
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » ven. 20 oct. 2023 05:40

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Dave Douglas – Magic Triangle (1998)

Un autre Dave Douglas, mais celui-ci beaucoup plus ancien, déjà virtuose et à maturité. Il faut dire qu’il a participé aux grandes heures de la formation « Masada », avec Greg Cohen, Joey Baron et bien entendu John Zorn, la notoriété est déjà bien installée et ce « Magic Triangle » en est la confirmation, un album aux petits oignons où s’entendent déjà toutes les qualités du fabuleux trompettiste.

Chez Dave Douglas on trouve souvent le goût de l’écriture et des belles compositions, de beaux thèmes souvent séduisants qui font mouche, d’ailleurs l’ensemble des neuf compos sont de sa main. Il n’y a que l’embarras du choix pour dénicher la plus chouette, elles le sont toutes, l’exercice est difficile…

Dave sait également choisir ses accompagnateurs, ils sont tous les trois formidables et chacun participe à l’élaboration des pièces avec une incroyable justesse, la magie du quartet fonctionne à plein. C’est Christopher Potter qui est au saxo ténor, il forme un duo parfait avec Dave, ils se complètent merveilleusement et brillent à tour de rôle lors des solos.

C’est James Genus qui tient la basse et Ben Perowsky qui assure au niveau de la batterie. Côté rythmique c’est également riche, avec une grande souplesse et une maîtrise totale, ce sont des partenaires idéaux pour les solistes qui sont constamment sollicités par cette paire inspirée.

On se promène au milieu d’un post bop de qualité, avec une grande clarté et des arrangements habiles qui structurent merveilleusement chacune des pièces. La progression au fil des morceaux ménage des surprises et une grande variété, particulièrement dans les styles et les tempos. On ne s’ennuie jamais, chaque pièce porte son quota de mystère et de nouveauté.

« Avez-vous déjà remarqué qu'une chaise à quatre pieds est souvent tordue alors qu'un tabouret à trois pieds est solide ? » écrit Dave dans les notes de pochette, faisant allusion au triangle magique, saxo, trompette, basse…

Magic Triangle


Leap of Faith


Everyman


Odalisque
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » ven. 20 oct. 2023 15:36

Puisqu'il est question de Dave Douglas, le trompettiste du Masada d'origine, entre quatre-vingt-quatorze et quatre-vingt-dix-huit, voici (enfin) une réédition des dix volumes dans un splendide coffret en série limitée, accompagné d'un livret et d'un prix horriblement cher.

Les live ne sont pas compris, mais on annonce une remasterisation et des petits plus, inédits et autres, habituels lors de ce genre d'événement. Il faut dire que les Cds d'origine sont également hors de prix. Un petit rappel, Masada c'est Dave Douglas, Greg Cohen, Joey Baron et John Zorn, un quartet qui marqua alors les esprits...

La stratégie de contournement pour les malins c'est de quêter les "Live" vraiment très bons qui eux ont été réédité normalement, permettant à tous de bénéficier de cette magnifique musique...

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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » ven. 20 oct. 2023 19:01

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Sun Ra And His Intergalactic Research Arkestra – It's After The End Of The World - Live At The Donaueschingen And Berlin Festivals - (1971)

Pochette d'après un détail du Jardin des délices de Jérôme Bosch.

Cet album a été enregistré à la suite de la tournée Européenne commencée en France à Saint Paul de Vence. Voici un condensé de deux concerts joués en Allemagne au Donaueschingen Music Festival et au Berlin Jazz Festival, les 17 octobre et 7 novembre 1970. Très longtemps il a été sans doute le plus populaire de ses albums, bien distribué, il participera pour beaucoup à la renommée de" Mister Mystery".

Le temps passant et l'accès à la pléthorique discographie de Sun Ra se facilitant, cet album est un peu rentré dans le rang. Pourtant c'est un de ses meilleurs enregistrements de cette époque, en public, très dense, très free, il met particulièrement en valeur l'extraordinaire qualité des musiciens qui l'accompagnent, pas seulement Alan Silva en Guest Star mais aussi les merveilleux solistes qui sont là et qui auraient pour la plupart pu faire une éblouissante carrière solo, comme John Gilmore, Pat Patrick ou Marshall Allen...

C'est de la Great Black Music dans la lignée du jazz le plus débridé, mais pas d'agressivité ici, la folie est balisée, on vous invite au voyage, il faut se laisser porter et tout se passera bien...

Ah! encore un détail qu'il faut connaître, si on change la galette, il fait partie des disques auxquels il est difficile de trouver un successeur à mettre sur la platine, le silence et quelques pas, c'est ça l'effet Sun Ra !

Sun Ra And His Intergalactic Research Arkestra ‎- It's After The End Of The World (1970) FULL ALBUM
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » sam. 21 oct. 2023 04:03

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Mike Osborne – Outback (1970)

Voici le premier album de Mike Osborne, noté « Osbourne » sur la pochette, sorti en soixante-dix, un millésime de poids. Musicien britannique également membre du « Chris McGregor's Brotherhood Of Breath » il n’est pas surprenant de retrouver dans ce quintet des musiciens SudAf, Chris McGregor au piano et Louis Moholo à la batterie, qui se montrent impressionnants. Harry Miller, le contrebassiste est également là, ainsi que le trompettiste Harry Beckett.

Deux titres sont joués, un par face de vinyle, une réédition récente permet de trouver l’album facilement. On ne sait si c’est le pressage italien ou la mauvaise qualité du support d’origine qui nous fait regretter la qualité Cd, mais je préfère vous le signaler. Les deux compos sont signées de la part du leader du jour. On y trouve « So it is » sur la face une et « Outback » sur la seconde.

Côté musique c’est plutôt réjouissant, Mike Osborne est tout à fait chaud bouillant et on entend déjà ce qui fera sa spécificité et son attrait, cette boule d’énergie vociférant à l’alto. Chris McGregor ouvre des espaces très free sur « Outback », suivi en cela par Mike qui lâche les chevaux, Harry Miller qui suit sa route également et Moholo qui tape à fond sur les caisses et les cymbales, de quoi nous assurer une bien belle pièce ma foi, par chance exempte de tout reproche technique au niveau du pressage…

On ne saurait assez remercier la rythmique du « Brotherhood Of Breath » qui envoie du bois et nous offre une belle page d’époque, magnifiée par Osborne et Beckett qui assurent à l’avant. Ce premier album d’Osborne en tant que leader laisse une excellente impression et surtout donne l’envie de creuser sa discographie davantage, mais déjà vous en connaissez un petit rayon…

MiKE OSBORNE :: Outback (jazz UK 1970)


So It Is
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » sam. 21 oct. 2023 16:26

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Sun Ra And His Intergalactic Infinity Arkestra – The Night Of The Purple Moon - (1970)


Du Sun Ra en petit comité pour cet album un peu curieux et marginal, paru chez Saturn en 1970. Il consiste en pièces assez courtes (entre 2’50 et 5’). Si vous n’aimez pas le moog synthesizer passez votre chemin, l’album lui est consacré, soit en solo, soit accompagné. John Gilmore s’emploie aux percussions et n’intervient que sur "Impromptu festival" avec son ténor. La musique est assez traditionnelle, les solos sont de tendance plutôt free (A bird’seve …view of man’world) mais si peu…. Ici les mélodies sont jolies, la quiétude règne, l’atmosphère intime, on se promène entre la délicatesse et la fragilité, l’étrange et l’inattendu… la lune est pourpre !

L’album est brillant, bien sûr. Sun Ra y déploie tout son talent et parcourt les genres, le blues (blue soul), la ballade (Outside the Time Zone, 21st Century Romance), le blues-rock (The Night of the Purple Moon), le bop et le "space Jazz"… Même s’il paraît en marge de ses recherches habituelles cet album est donc une magnifique réussite, parfaitement original par rapport à sa production mais aussi par rapport à nos habitudes d’écoute, et, en définitive, un magistral pied-de-nez à ses détracteurs.

The Night of the Purple Moon


Blue Soul


Impromptu Festival


The All of Everything


Sun-Earth Rock
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 22 oct. 2023 03:40

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Fanu + Bill Laswell – Lodge - (2008)

Histoire de varier un peu les plaisirs tout en restant dans la même sphère, voici un album que l’on pourrait classer sans mal dans la catégorie drum'n bass, le batteur étant Fanu. Ce dernier, né Janne Hatula, est natif de Finlande et basé à Helsinki. Spécialisé dans l’électro, il sait tout faire en ce domaine, il est devenu un maître du « drum programming », cet album est révélateur de ses capacités qui impressionnent, la drum machine mixée très à l’avant nous révèle une sorte de batteur à quatre mains dont l’énergie ne flanche jamais…

L’autre « boss » c’est Bill Laswell, mieux connu dans nos contrées et également impressionnant. Mais la suite ne manque pas de talent non plus, rien moins que le trompettiste Nils Petter Molvaer pour tempérer la haute température de cette fusion, sous l’impulsion de cette rythmique endiablée. Graham Haynes joue du cornet et Bernie Worrell de multiples claviers.

Le drum’n bass se caractérise souvent par son penchant à vouloir faire tourner, sauter et tourbillonner son auditoire, ici on secouera volontiers la tête en balançant la chevelure, ou en saccadant le corps sous les coups de boutoir de cette énorme rythmique qui ne vous lâche pas, ou, peut-être las, harassé et vaincu, allongé sur le canapé vous finirez votre soirée, avant de tenter de vous remettre en selle, et de chevaucher à nouveau votre mustang.

Malgré qu’il y ait nécessité à bouger, le jazz est aussi à sa place, pas trop loin, dans le jeu des souffleurs, mais aussi dans l’état d’esprit, le clavier et même Bill nous ramènent ces bons vieux plans funk qui vont bien, même si à l’avant ça reste carré et même très, pourtant, là-bas en Scandinavie, Fanu est appelé "l’Art Blakey de la drum’n bass", ce qui, vous l’avouerez est plutôt flatteur, pour ce batteur qui fonctionne branché à l’électricité…

Don't forget "Play it loud !" Pour se remonter en énergie, ou bien vider complet les accus...

Fanu, Bill Laswell & co: Hollow Grounds


Fanu, Bill Laswell & co: Orh


Fanu, Bill Laswell & co: Bloodline


Fanu, Bill Laswell & co: Transgenesis
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 22 oct. 2023 18:06

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Sun Ra And His Mythic Science Arkestra – The Paris Tapes: Live At Le Théâtre Du Châtelet 1971

Voici un formidable témoignage du passage de Sun Ra à Paris en 71. Vraiment un beau concert et (pour une fois) un fort bel enregistrement avec une bonne prise de son. Seulement trois titres dans la version vinyle, un extrait dudit concert donc, mais ne boudons pas notre plaisir : c’est du très bon Sun Ra.

L’ambiance qui règne ici peut faire penser à certains disques de Pharoah Sanders : de la joie, de la musique simple et entraînante, des chants, des danses ! Le public ne s’y trompe pas, il participe activement, comme sur "Space is the place", entraîné par le chant de June Tyson, les chœurs de l’Arkestra et les percussions folles qui débutent un long périple… L’assise rythmique devient hypnotique et plus lourde sur "Somebody Else’s idea", l’ambiance est tribale, répétitive, le chant envoutant de June nous invite à nous abandonner à l’ivresse de la joie partagée…

"Watusi" prolonge le tumulte des tambours, batterie et percussions, comme au Capo Jazz Club du Caire mais avec une meilleure restitution sonore… Si vous rêvez d’orgies de tambours africains, de rythmes démultipliés, d’hypertrophie percutante, de cris de folie et de mystification vaudou alors ce disque est fait pour vous…

Mais comme toujours avec le Sun tout est paramétré et se déroule sur un canevas finement tressé, l’improvisation collective s’exprime en une unité rythmique qui prend peu à peu de multiples formes, se déploie en mille couleurs et éclate, tels des feux d’artifice, en une déflagration sonore guidée par la main du maître qui en possède la mémoire.

Loin des envolées de synthé, des solos free ou des sonorités hard-bop, ici c’est l’Afrique et ses rythmes qui s’invitent, un autre visage de notre estimé mage, il se joue là quelque chose d’essentiel…

(Il existe une version complète du concert sur CD)

Sun Ra "Somebody Else´s Idea " The Paris Tapes 1971
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par nunu » dim. 22 oct. 2023 19:34

En effet il existe une version double CD que j'ai à la maison. 13 titres en tout.

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Douglas
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » lun. 23 oct. 2023 02:47

nunu a écrit :
dim. 22 oct. 2023 19:34
En effet il existe une version double CD que j'ai à la maison. 13 titres en tout.
Jamais écouté dans son intégralité celui-ci !
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » lun. 23 oct. 2023 03:02

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Carla Bley ‎– Tropic Appetites (1974)

Elle est partie Carla, avec ses musiques, ses rêves et ses amours, belle depuis le premier jour…

Je dois dire qu’elle n’était pas pour rien dans mon attrait pour le jazz, elle y fût même pour beaucoup, j’ai passé des heures et des heures à l’écouter, surtout ses premiers albums sous son nom. « Tropic Appetites » est celui qui succède à « Escalator Over The Hill », il en garde l’esprit, notamment avec la présence de Paul Haynes, écrivain et poète dont le nom est si gros sur la pochette.

Cette pochette est bien curieuse sur l’édition originale, avec ce mystérieux « Unidentified Cat », que l’on voit de dos sur la vignette intérieure, alors que les autres affichent leur portrait. C’est que pour des questions de droit, il joue là incognito, mais ça ressemble à une blague tellement ce géant-saxophoniste est l’un des plus identifiables, avec son lyrisme énorme, vraiment reconnaissable dès qu’il saisit l’instrument en bouche.

La pochette est informative, Julie Tippetts, à moins que ce ne soit Julie Driscoll au chant, Howard Johnson le tubiste, aux saxs et clarinettes également, David Holland aux différentes basses, Michael Mantler, le second à s’installer dans le cœur de Carla, après Paul Bley, joue des cuivres, Toni Marcus des violons et Paul Motian de la batterie et des percus, quant à Carla, elle joue des claviers et des percus également, l’ensemble est l’un des meilleurs orchestres jamais réunis.

L’album est édité sur « Watt », le petit label de Carla qui servait à ses enregistrements, qui deviendra un peu plus tard un sous-label d’ECM, il porte le numéro un, une série qui méritera d’être suivie… Mais surtout c’est un indispensable, pour l’objet lui-même et la musique qu’il contient, il parlera de suite aux amoureux du génial et hors-normes « Escalator Over The Hill ». Ceux qui aiment Gato Barbieri et qui cherchent ses plus beaux solos trouveront ici de quoi étayer leur collection.

Il faudra également ajouter les plus cérébraux qui suivent le plus discret, mais néanmoins génial, Michael Mantler, qui signe ici un bien beau passage de son existence, affective et musicale. Et puis il y a les vocaux, ces chants qui vous pénètrent le cerveau et s’inscrivent à jamais dans votre cortex cérébral pour y stationner le temps de votre vie, ah ! le fielleux « Songs Of The Jungle Stream » m’habite encore !

On traverse mille mondes, les champs, les autres chants qu’on chante, la musique de cabaret, en Inde ou en Indonésie, les paysages qui se forment, les images qui naissent naturellement de ces ambiances cinématographiques saisies avec quelques simples notes, un opéra s’élève devant nos yeux ébahis et nos oreilles abasourdies…

Un nouveau chef d’œuvre pour Carla, mais, je vous dis ça comme çà, c’est une sacrée bosseuse, et quel talent !

Y'a un gars qui a posté ça sur le tube, quatre titres: "What Will Be Left Between Us And The Moon Tonight", "Caucasian Bird Riffles", "Funnybird Song" & "Song Of The Jungle Stream"...



Carla Bley - Indonesian dock sucking supreme
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Monsieur-Hulot » lun. 23 oct. 2023 03:17

C'est parce que "Gato" en italien signifie "chat" (mais il faut deux "t" , gatto)
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » lun. 23 oct. 2023 11:28

Monsieur-Hulot a écrit :
lun. 23 oct. 2023 03:17
C'est parce que "Gato" en italien signifie "chat" (mais il faut deux "t" , gatto)
Merci pour ce nouvel éclairage qui ajoute une lumière linguistique à l'indice sonore, du coup le subterfuge ne dura guère !

:chapozzz:
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » lun. 23 oct. 2023 16:37

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Sun Ra And His Intergalactic Arkestra – Outer Space Employment Agency - (1999)

Live au Otis Spann Memorial Field, sept 1973

Ce disque n’est pas pour toutes les Oreilles. La qualité du son est assez médiocre et ne peut en aucun cas constituer une entrée dans l’univers si particulier de Sun Ra. L’album commence par l’un des morceaux phares de l’Arkestra (désormais intergalactique), "discipline 99". La discipline pour Sun Ra n’est pas un vain mot, l’orchestre vit en communauté, joue sur les terrasses des immeubles au milieu de la ville. Il arrivait au maître de convoquer les membres de l’Arkestra au beau milieu de la nuit car une idée lui avait traversé l’esprit et demandait une concrétisation musicale immédiate. Cette obéissance consentie librement de la part des musiciens à l’égard du guide, cette foi en la cosmogonie a parfois fait craindre une dérive sectaire. Nous préférons y entendre l’élaboration d’un nouveau genre musical, le Jazz spatial.

"Discipline 99" introduit par un solo de moog par Sun Ra lui-même, commence dans le bruit et la fureur en un ensemble désordonné de sons venus de toute part, la basse de Ronnie Boykins investit l’espace, bientôt rejointe par les claviers, la batterie et les percussions, à nouveau c’est la tempête, les cuivres arrivent, s’approchent et se fondent, une énergie énorme se déploie, le baryton de Danny Thompson entre dans la danse, la musique devient frénétique, le saxophone de Gilmore maintenant, passant dans le même temps de son registre le plus grave au plus aigu, hurlant, se livrant jusqu’au cri, entraînant l’Arkestra dans son ensemble, pour une dernière montée paroxystique…

Enchaîné, s’insinue "Love in outer Space" qui est lui, calme et apaisé, le thème mille fois répété fait penser à ces marches de la Nouvelle Orléans, John Gilmore nous livre alors un solo très bluesy…

La face deux consiste en une suite de morceaux chantés, scandés, parlés par les membres de l’Arkestra. La prise de son fait part belle aux voix, l’orchestre restant en arrière plan, on imagine sans peine l’importance de l’aspect visuel dans ces moments là, Sun Ra et l’Arkestra délivrant un spectacle coloré où les costumes de science-fiction se conjuguent à ceux liés à l’antiquité Egyptienne, tandis que les danses s’enchaînent en un joyeux brouhaha...

Sun Ra And His Intergalactic Arkestra- Love In Outer Space(live)
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mar. 24 oct. 2023 02:13

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