CCR a écrit : ↑mar. 29 sept. 2026 17:53
vox populi a écrit : ↑mar. 29 sept. 2026 06:05
J'ai écouté et c'est d'un très haut niveau, bien au-delà de ce que j'écoute d'habitude. Merci !
J'ai pas trop compris comment il identifiait le bavardage dans le jazz. Ce que j'ai compris, par contre, c'est que lui-même reconnaît que la créativité n'est plus vraiment le sujet. Il admet qu'aujourd'hui, l'IA peut être créative (ce qui est pour moi évident puisqu'il y a dans son programme une part d'aléatoire dans ses réponses. Posez-lui deux fois les mêmes questions, il ne vous répondra pas avec les mêmes mots).
Ce qui est intéressant, c'est qu'il place maintenant la différence au niveau de la subjectivité.
Le bavardage, moi qui ai un peu (beaucoup ?) écouté de jazz et joué un peu, je me dis qu'il doit s'agir de solos sans "progression". Des solos un peu automatiques,qui tiennent bien la gamme, mais sans inspiration et idée directrice. Bref, une tentative de copie, d'imitation de la forme, sans avori cherché à comprendre le fond, la démarche qui guide le solo ou encore la tension qui se révèle au fil de l'improvisation.
Ce ci dit , cette émission est très intéressante et je dirais même essentielle pour qui n'y connait rien à l'IA et veut chercher.
Oui, je comprends, mais j’avoue que, pour moi, ce n’est pas très convaincant.
Comme toi, j’adore le jazz et, aujourd’hui, 99,9 % des concerts auxquels j’assiste sont des concerts de jazz. Selon les personnes et selon les humeurs, tel ou tel artiste peut nous sembler « bavard », alors qu’à un autre moment on considérera exactement le même solo comme génial. Pour moi, ça reste donc quelque chose de profondément subjectif.
Dire que l’IA fait du « bavardage » dans le jazz n’est pas très convaincant si on le comprend de cette manière. Peut-être veut-il plutôt dire que, précisément parce que l’IA manque de subjectivité, la musique qu’elle produit n’est finalement qu’une suite de notes et, par conséquent, qu’elle est dépourvue d’intérêt.
Quand un être humain fait de la musique, sa musique n’est jamais seulement du son. Il y a une émotion, une sensibilité, une expérience derrière. Il y a tout ce qui l’a conduit à apprendre un instrument, à composer, à chercher son propre langage, etc. Derrière la musique d’un être humain, il y a toujours une histoire, contrairement à l’IA. Et c’est peut-être justement parce qu’il n’y a pas d’histoire à raconter qu’il considère la musique produite par l’IA comme du « bavardage ».
L’histoire est vraiment quelque chose de très important dans la musique. Bob Dylan a un jour enregistré un disque qui s’appelait Shot of Love. Pendant longtemps, il a été assez décrié, alors que c’était pourtant l’un de ses albums préférés. Lorsqu’on lui a demandé pourquoi, selon lui, l’album n’avait pas marché, il a répondu : « Parce que les gens n’avaient pas d’histoire à raconter sur cet album. »
Et ce n’est pas faux. C’est d’ailleurs quelque chose qui manquera peut-être toujours à l’IA.
Moi, c’est la seule raison pour laquelle je n’écoute pas de musique entièrement produite par l’IA. Et c’est aussi, à mon sens, le véritable défi pour l’avenir : si un artiste parvient un jour à introduire une véritable subjectivité dans une musique entièrement produite par l’IA, alors ce procédé pourrait devenir une révolution technique aussi importante que l’a été la guitare électrique. Car à ce moment là on pourra retrouver quelque chose d'essentiel dans l'art. C'est la rencontre de deux subjectivités