
En ces temps j'écoute beaucoup de musique électronique, en particulier grâce à une radio qui se nomme REC, qui me permet de découvrir la face la plus étrange de ce genre
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Je ne me suis jamais vraiment intéressé à la musique de Madonna (ni à la pop en règle générale), mais il faut quand même reconnaître qu'elle a été l'une des premières à introduire la musique électronique dans la pop music, et cela bien avant l'album Confessions, sorti il y a vingt ans, dont ce disque est en quelque sorte le prolongement.
À l'instar de Paul McCartney et des Rolling Stones, je suis également très intéressé par la façon dont les vieilles gloires accueillent la vieillesse. Tous trois ont un point commun : ils refusent l'évidence. Madonna, en tant que femme, a certainement le défi le plus difficile à relever en ce qui concerne l'image. Elle aurait pu faire le choix, à 67 ans, d'explorer une autre forme de beauté que celle de la sexualisation, mais elle a préféré se créer un personnage dont les photographies ressemblent de plus en plus à des images générées par une IA. Pour faire fantasmer qui ? Mystère et boule de gomme.
Je parle de cet aspect de son travail parce qu'elle-même l'assume comme faisant partie intégrante de son personnage artistique. Pour tout ce qui concerne la musique, en revanche, elle dispose d'un avantage considérable sur McCartney ou Jagger, puisque la forme musicale qu'elle a choisie est, par essence, une création de studio. On n'écrit pas un morceau électronique avec une guitare et une voix. Tout y est artificiel, et c'est précisément ce qui est intéressant dans ce genre musical.
Dans ce cadre, l'âge n'est plus vraiment un problème et le choix des collaborations devient l'épicentre du projet. Il lui fallait néanmoins être à la hauteur de sa propre histoire et réussir un album aussi marquant que pouvaient l'être Erotica ou Confessions. Je trouve que le pari est réussi.
Madonna livre à la fois le disque que ses fans attendaient tout en évitant de le rendre plat ou musicalement insignifiant. On y entend à peu près tout ce que l'on pouvait attendre d'elle : voix susurrée, musique ultra-compressée, mélodies charmeuses... Mais rien ne sonne comme le dernier souffle d'une carrière.
Je n'y reviendrai certainement pas très souvent, car je préfère les musiques électroniques plus expérimentales, mais j'ai passé un bon moment à écouter cet album, au casque, au fond de mon lit, au cœur de la nuit. Car c'est aussi l'un des aspects qui m'a surpris : je le trouve plus cérébral que physique, presque méditatif.
Sans doute cela est-il dû à l'omniprésence des basses et à une certaine uniformité rythmique qui, au fil du déroulement de l'album, devient hypnotique, au point qu'on finit par ne plus vraiment distinguer un morceau d'un autre.
Et, surprise... c'est très bien comme cela car c'est l'âme même de la musique électronique, créer une transe physique ou cérébrale qui fait oublier l'espace et le temps