Roulie a écrit : ↑mer. 5 août 2020 07:59
Les Furtifs (Alain Damasio) d'une certaine manière.
Ça se passe dans un futur relativement proche, où des entreprises ont racheté des villes en crises qui n'arrivaient plus à survivre suite à un manque de burdget. Paris LVMH, Auchan Lille, NestLyon, et Orange qui a racheté Orange (pratique, pas de changement de nom à faire).
C'est pas tellement le côté "grosse entreprise surpuissante qui a des desseins machiavéliques" mais ça fait partie de tout le contexte politique plutôt crédible (je trouve) du bouquin.
Je vais mettre ce livre sur ma wishlist d'anniversaire, merci.
Il me semble d'ailleurs qu'
Aldaran, à l'époque, en avait parlé.
Ca m'a fait penser à un truc actuellement en cours : les grands opérateurs de l'immobilier commercial (Klépierre, Unibail-Rodamco-Westfield, etc) sont actuellement dans la logique de faire de leurs centres commerciaux des "lieux de vie" ; cette fois, ce n'est pas uniquement un blabla sans fondements car ces nouveaux centres invitent réellement
les gens les shoppers les consommateurs à une balade urbaine sous cloche ou pas et ce, 7j/7.
Les espaces s'installent désormais plutôt en centres-ville, ils sont de plus en plus vastes, la plupart du temps végétalisés, et souvent en plein air. Je crois qu'un des premiers modèles du genre est à Rennes (Alma ?).
Dans ces centres commerciaux, n'y a pas que des boutiques. Par exemple, Nike a mis dans ses magasins les plus récents des installations sportives (terrains de basket) dont on peut se servir même quand on n’achète rien, ce qui fait vivre la marque sur les réseaux sociaux, entre autres.
C'est l'ère de ce qu'on appelle le
retailtainment : une immersion efficace, en d'autres termes.
C'est une grosse transformation urbaine qui est en vue, finalement assez factice (et très Truman Show ...) ; elle aura probablement pour résultat le déplacement de la vie classique de la cité vers une vie purement marchande.
On peut aussi imaginer que, faute de moyens, les lieux dépendant des pouvoirs publics seront délaissés au profit de magnifiques "fausses villes".
Les lieux publics seront donc déplacés vers des lieux marchands (qui n'ont pas les mêmes règles puisque c'est privé), ce qui rejoint un peu le pitch du livre que tu évoques.
C'est un peu similaire aux prestations sociales qui, à terme, se verront déplacées vers les opérateurs financiers privés.