J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mar. 6 oct. 2026 02:44

David Murray – Fo Deuk Revue.jpg
David Murray – Fo Deuk Revue.jpg (151.56 Kio) Vu 1588 fois
David Murray - Fo deuk revue (1997)

Voici un album enregistré les trois et quatre juin quatre-vingt-seize au Sénégal, à Dakar, plus précisément encore, aux Studios deux mille. Il vise à organiser une fusion entre jazz et musique africaine, les musiciens sont en grand nombre à tel point que nous sommes face à une sorte de Big Band.

David Murray arrive avec l’intention de changer d’optique, alors que d’habitude ce sont aux africains de se plier aux règles du jazz, David a le désir et la volonté de se plier à la musique africaine, et à s’y adapter. Pour se faire c’est le groupe « Dieuf Dieul » qui gère la rythmique, l’avant-scène est concédée aux voix africaines représentées par Tidiane Gaye, Doudou N'Diaye Rose et Hamet, ainsi qu'au groupe de rap dakarois « Positive Black Soul », seule concession pour l’excellent titre « Evidence », il sera chanté par le new-yorkais « Amiri Baraka », fils de Leroy Jones.

Impossible de citer tout le monde car on approche la trentaine de participants, mais si on regarde côté U.s. on peut citer Jamaaladeen Tacuma à la basse, Robert IrvingIII au piano, Graig Harris au trombone, Amiri Baraka père également présent, et David Murray au ténor et à la basse clarinette, ce dernier signe quelques beaux solos, mais reste légèrement en retrait.

La fusion se fait et les amateurs apprécieront, mais rien de véritablement révolutionnaire en définitif, il existe même quelques glissements vers le « smooth jazz » comme sur le titre d’ouverture, « Blue Muse », qui n’est pas tout mauvais non plus.

Peut-être que certains se souviendront des albums « Yonn-Dé » et « Gwotet », dont on a déjà parlé, tous les deux réussites éclatantes et finalement indépassables dans ce créneau fusion Afrique/Amérique !

Ici on remarquera outre les pièces déjà citées, « One World Family », « Chant Africain », ainsi que les excellents « Village Urbana » et « Thilo » …

Blue Muse
Evidence
One World Family
Chant Africain
Village Urbana
Thilo
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Message par Douglas » mer. 7 oct. 2026 01:39

John Zorn – Teresa De Ávila.jpg
John Zorn – Teresa De Ávila.jpg (51.49 Kio) Vu 1553 fois
John Zorn – Teresa De Ávila – (2021)

Voici le dernier album de la trilogie, « Saints et mystiques de la tradition chrétienne », qui comprend « Francesco d’Assisi » dont une version vinyle était parue pour redorer le blason de la trésorerie vacillante de Tzadik, après la défaillance malveillante de son partenaire financier sur le Book Beri'ah.

« Virtue » en était le second volume, consacré à Julienne de Norwich, religieuse mystique anglaise ayant vécu à l’écart du monde. « Teresa De Ávila » est le troisième et dernier volet, c’est une mystique espagnole fondatrice d’un ordre religieux. Elle est immortalisée dans « L'Extase de sainte Thérèse », sculptée par Le Bernin, chef-d'œuvre baroque conservé dans l'église Santa Maria Della Vittoria à Rome. Teresa De Ávila a subi une « transverbération », un événement mystique qui purifie le cœur du fidèle, et peut laisser des traces, comme des stigmates.

Pour mettre tout ça en musique, le compositeur Zorn a fait appel à trois guitaristes, Bill Frisell, Julian Lage et Gyan Riley. Ce sont des habitués de Zorn, particulièrement pour deux d’entre eux, mais les trois connaissent les défis à relever, particulièrement l’harmonie parfaite qui doit présider à la performance.

Le petit plus ici, ce sont les influences méditerranéennes et espagnoles que l’on retrouve, se mélangeant aux accents klezmer et à la coolitude inhérente au sujet, tout est sérénité, beauté et calme, on pourrait presque, à certains moments parler de pureté, comme sur « El Camino », mais difficile d’extraire une pièce plus que l’autre…

« Danza Estàtica », « El Castillo Interior », « A Blessing of Tears », toutes sont belles, y compris la stupéfiante « The Sweetness Of Excessive Pain » ou l’énigmatique « An Embarrassment Of Raptures » … Ces titres, relevés à la hâte, nous plonge directement dans un monde parallèle propre à enflammer l’imagination, et on pense à Brassens et à sa « Religieuse », qu’il couvrait de ses fantasmes…

Forcément un bel album, une fois de plus…

John Zorn ‎–1. Devotion (Teresa De Ávila, 2021)
El Castillo Interior
A Blessing of Tears
Danza Estatica
An Embarrassment of Raptures
Teresa
The Sweetness of this Excessive Pain
Marrano
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Message par Douglas » jeu. 8 oct. 2026 02:34

Elliott Sharp With Mary Halvorson And Marc Ribot – Err Guitar.jpg
Elliott Sharp With Mary Halvorson And Marc Ribot – Err Guitar.jpg (403.09 Kio) Vu 1501 fois
Elliott Sharp With Mary Halvorson And Marc Ribot – Err Guitar – (2017)

Évidemment, une telle réunion paraît incroyable, comme une sorte de rêve, un truc improbable… Pourtant ça s’est passé, alors viennent les interrogations, la méfiance, les grands noms ça attire, mais trop, ça génère du doute, comme une angoisse, un risque de déception…

Pour clarifier un peu disons que le « boss », celui qui est à l’origine, l’organisateur, c’est Elliott Sharp. Le titre d’ouverture « Blindpost », est en fait le seul à être joué à trois, il est très beau, bien qu’en fait, il n’a pas vraiment existé, des incompatibilités d'agenda n’ont pu le rendre possible, Sharp a donc imaginé ce qu'il appelle deux « fictions de studio » pour permettre à Halvorson et Ribot de jouer ensemble sur son disque.

Il y a également des titres en solo, « The Ship I Am On » pour Mary Halvorson, « I’m Gonna Party Like It’s 1988 » pour Marc Ribot et « Nektone » et « Kernel Panic », les deux derniers de l’album pour Elliott Sharp.

Reste donc les duos, ils s’organisent autour de Sharp, quatre avec Halvorson et trois avec Ribot. Le titre d’ouverture à trois est parfait pour l’introduction, il permet, à l’écoute, de trouver qui joue où, un jeu parfait pour éduquer l’oreille, même les joueurs d’air guitare comme moi ont leur chance.

Pourtant la leçon de cette pièce c’est qu’il est préférable, pour apprécier, d’envisager l’écoute dans sa globalité, la saucissonner n’ajoute pas grand-chose et fait passer à côté. La forme du duo est sans doute la plus intéressante, finalement, même si les solos ne manquent évidemment pas d’intérêt…

On se souvient de Derek Bailey, le père à tous, et des règles d’impros sur la bonne conduite, abordées par Evans et Stevens, elles sont largement intégrées aujourd’hui dans la musique free improvisée, il ne peut y avoir ni vainqueur, ni vaincu, puisque gagner c’est s’écouter, se répondre, se soutenir et se deviner…

Dans ce cadre l’auditeur peut simplement se laisser aller en s’immergeant dans la musique, guider par ces capitaines qui naviguent par tous les temps, garants que rien de fâcheux n’arrivera…

Blindspot - (les trois)
The Ship I Am On - (Halvorson)
Wobbly - (Sharp/Ribot)
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » ven. 9 oct. 2026 01:12

James Chance And Terminal City – The Fix Is In.jpg
James Chance And Terminal City – The Fix Is In.jpg (71.71 Kio) Vu 1457 fois
James Chance And Terminal City – The Fix Is In – (2006)

Avec cette formation, et cet album, on pourrait dire que James Chance entre dans le troisième tiers de sa carrière, bien qu’il soit décédé assez récemment, le seize juin vingt-quatre à l’âge de soixante et onze ans.

Le cd est accompagné par un petit « plus » qui pourrait sembler pourtant assez négligeable, il s’agit d’un Dvd, « Almost black » filmé par Todd Rosken, présenté comme un documentaire inédit contenant des images rares de James Chance, dans sa vie privée et sur scène, avec The Contortions, lors du festival « All Tomorrow's Parties » de deux mille cinq, en compagnie de Vincent Gallo, figure culte de la scène underground new-yorkaise du début des années quatre-vingts. On goûtera particulièrement les passages sur scène.

Cet album est une réédition de l'album « Get Down And Dirty! », malgré ses qualités, il ne fait pas partie des incontournables, bien qu’il ait son charme et contienne de belles pièces, comme ce « Devillish Angel » remarquable, par exemple, ou encore le « Leave My Girl Alone » qui termine l’album. Il serait juste également d’ajouter « The Set Up », porteuse d’un chouette texte chanté par notre crooner décalé et gentiment tourmenté.

On retrouve le charme indémodable du rocker invétéré et désinvolte, qui bascule entre New Wave décadente et jazz saignant, imprégné de funk, de rock et de rythm’n blues, dans un mélange unique qui n’appartient qu’à lui. Charmeur et rebelle, il peut tout aussi bien nous plonger dans un jazz smoothy des années cinquante, avec un orgue soyeux et sucré, avec sax acidulé, que flirter côté funky avec « Down And Dirty ».

Bien sûr, beaucoup d’eau a coulé depuis la fameuse anthologie « No new York » qui fit autrefois l’effet d’une bombe, mais, même s’il chante que les dés sont pipés sur « The Fix Is In », l’essentiel est bien là, et c’est ce qui nous réjouit.

James Chance And Terminal City – The Fix Is In
James Chance and Terminal City - Down and dirty
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » sam. 10 oct. 2026 01:47

Sara Serpa, Ran Blake – Aurora.jpg
Sara Serpa, Ran Blake – Aurora.jpg (72.66 Kio) Vu 1395 fois
Sara Serpa, Ran Blake – Aurora – (2012)

Ran Blake est un merveilleux pianiste, maître dans l’art de créer un climat ou une atmosphère particulière, il est également un spécialiste des duos voix/piano, auxquels il s’est adonné assez souvent. On retient très particulièrement le sublime « The Newest Sound Around » avec la chanteuse Jeanne Lee, qui demeure une référence incontournable dans ce genre.

Sara Serpa est une chanteuse d’origine portugaise née en soixante-dix-neuf, elle enregistre ici en live, à Lisbonne où elle est née, son second album avec Ran Blake, après « Camera Obscura » paru en deux mille dix. Elle enregistrera dans ce même cadre un troisième album en deux mille quinze, « Kitano Noir ».

Le duo ainsi formé est extrêmement épuré, ne reste que l’essentiel, l’émotion brute. Le répertoire est minutieusement choisi, comprenant quelques références centrales de l’œuvre du Ran Blake compositeur ou co-compositeur, comme « Dr Mabuse », le magnifique « Malher Noir » en solo, et « Wende », toutes des pièces remarquables.

Il y a également une version du titre emblématique de Billie Holiday « Strange Fruit » que Sara chante « a cappella », avec une grande retenue. Il faut bien reconnaître que ce choix audacieux, quasi à l’os, réussit et convainc. Elle explore également le fado avec « Cansaço » d'Amália Rodrigues…

« Moonride » est également très séduisant, dans une plage où l’humour à sa place, la légèreté se glisse ainsi dans un album plutôt sombre, éclairci le temps de trois minutes. Le standard « The Band Played On » est également l’objet de diverses fantaisies dans une interprétation décalée et théâtrale.

Les amateurs de ce genre seront donc comblés par cet album où le grand Blake côtoie une interprète peu connue qui fut autrefois son élève, et lui offre des lettres de noblesse, ce qu’il renouvellera donc par trois fois, car rien n’est fait à moitié par ce grand sculpteur d’émotions.

Saturday
Dr. Mabuse
Strange Fruit
Mahler Noir
Moonride
The Band Played On
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 11 oct. 2026 02:12

Cecil Taylor New Unit – Words & Music (The Last Bandstand).jpg
Cecil Taylor New Unit – Words & Music (The Last Bandstand).jpg (138.46 Kio) Vu 1357 fois
Cecil Taylor New Unit – World & Music, The Last Bandstand – (2025)

Ceci est l’ultime enregistrement de Cecil Taylor, il n’y en aura plus, l’album contient un morceau enregistré le vingt-trois avril deux mille seize, au Whitney Museum de New York, le pianiste est alors âgé de quatre-vingt-sept ans et il vient de créer ce « New Unit » qui ne jouera plus. Il décèdera deux années plus tard, le cinq avril deux mille dix-huit.

Cet enregistrement a tout d’abord connu une vie sous-terraine, vendu et distribué dans la clandestinité, un album « pirate » qu’il était bon de posséder dans le secret, pour en jouir dans son coin. Désormais ce temps est révolu, le travail fait sur les bandes rend à cette œuvre une haute qualité technique, bien au-delà de ce qui circulait auparavant.

C’est du lourd quand même, rien que la durée est hors-normes, soixante-dix-neuf minutes et vingt-six secondes, et le tout sur un seul Cd, à l’écoute on prie pour que ça aille jusqu’au bout sans faillir !

La formation réunie autour du génial pianiste est de haute volée, Harri Sjöström joue des saxs soprano et sopranino, Okkyung Lee est au violoncelle, Tony Oxley à l’électronique, et Jackson Krall à la batterie.

La pièce se livre en deux parties assez distinctes, la première est assez habituelle, dirons-nous, bien qu’elle soit particulièrement intense et envoûtante, elle dure un peu plus de trente-cinq minutes. La seconde est plus surprenante avec un Cecil Taylor qui se livre à des improvisations de spoken words.

La diffusion de cet album si tard ressemble une interrogation, incontestablement il est grandiose, en même temps qu’il véhicule une sorte de tristesse. Dans son intention le groupe avait été formé pour durer, il ne voyait là qu’un point de départ. La maladie en décida autrement et une ombre plane tout du long.

Bien sûr l’âge est là, pourtant l’énergie qui se déploie déplace les montagnes, rarement cette expression aura autant de sens qu’à l’écoute de cette première partie foisonnante. Le dialogue qui s’impose fréquemment entre le piano, à l’humeur sauvage et débridée, et le violoncelle de Okkyung Lee n’est pas le moindre des attraits.

Les saxophones de Harri Sjöström participent eux aussi au déchaînement sonore et se mélangent hardiment à la tempête qu’agite l’électronique de Tony Oxkley qui va et vient, comme dans un flux marin, le tout propulsé par la batterie de Jackson Krall qui s’agglomère au mélange sonore, percuté par le piano qui avance de front.

Ainsi la masse déplacée semble uniforme, fruit d’une sorte de sédimentation. Pourtant la seconde partie, riche de quarante-cinq minutes, est étonnamment différente. Cecil se lance dans un récit un peu allumé, autour duquel les autres musiciens bâtissent divers coloris et autres motifs décoratifs sonores, qui accompagnent le récitant dans ses visions.

On pourrait dire qu’il existe deux versions de cet album, la version « bandcamp » qui sépare les deux parties, et la version Cd qui est mon choix, mais qui ne tient pas la durée sur l’exemplaire qui est le mien, et dont le pressage présente quelques défauts en fin de Cd…

Le public, lui, applaudit vivement !

Words and Music the last bandstand Part 1
Words and Music the last bandstand Part 2
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » lun. 12 oct. 2026 01:24

exploding customer live at tampere jazz happening.jpg
exploding customer live at tampere jazz happening.jpg (185.37 Kio) Vu 1307 fois
Exploding Customer – Live At Tampere Jazz Happening – (2006)

Un album Albert Ayler Records, cuvée historique avec Jan Ström aux affaires, du sérieux de chez sérieux. Martin Küchen le saxophoniste ténor et alto a commencé à se faire un nom, il monte les échelons de la reconnaissance et le mérite bien.

Il a tout composé sur cet album live, enregistré au « Tampere Jazz Happening », qui s’appelait autrefois le « Old Custom House », bien connu en Finlande où l’on se trouve. Ça a été capté le six novembre deux mille quatre, ce qui fait loin quand on retourne la tête pour scruter vers l’arrière…

Ils sont quatre, l’autre excellent c’est le trompettiste Tomas Hallonsten qui fait la bourre avec Küchen, il y a également le benjamin, c’est-à-dire Benjamin Quigley à la contrebasse et Kjell Nordeson à la batterie, mine de rien les quatre-là ils régalent bien !

C’est bien qu’ils enregistrent pour Ayler Records car il y a de l’Ayler ici, surtout quand ils exposent les thèmes, on se croirait revenu dans les années soixante, quand Ayler gueulait dans son sax comme un damné… Bon le temps est passé, c’est le lot du temps qui sert à ça, passer sans jamais repasser, foutre temps, tu nous tues !

Ils sont forts ces gars-là et sont faciles à aimer, ils balancent des ritournelles comme le faisait Albert avec ses airs à la con, mais ça va on prend, et tout le reste qui arrive, parce que c’est plutôt puissant en même temps que chantant, explosif et jubilatoire, tout ça en même temps, on prend tout et on en redemande…

La rythmique est d’enfer, la batterie alimente les saccades multiples, et la basse gronde, sérieusement méchante et invasive, elle se déploie sur toute la toile de fond, les souffleurs n’ont plus qu’à balancer les mélodies naïves et les airs de rien, ils improvisent à l’aise, et, sax et trompette se collent souvent pour jouer à l’unisson, là où les sons s’unissent et se collent à deux, ça envoie sérieux…

L’album est du tout bon pendant les cinquante minutes qui s’écoulent sans que jamais on se dise « c’est long », non, c’est qu’ils ont apporté avec eux leur secret : ils sont festifs et semblent s’agiter comme des guignols qui rigolent et cabriolent sur la scène, ne dites pas non, ça s’entend !

C’est vrai l’album est sans temps mort et consume la même énergie tout du long, tempi vifs ou lents se bousculent et défilent gentiment, les joyeux drilles jouent et offrent au public ce qu’il voulait sans qu’il ne sache le formuler !

Il y en a d’autres à votre service, « Live At Glenn Miller Café » de deux mille deux et « At Your Service » de deux mille sept, pour finir de faire connaissance !

Mr BP (D)
Quoting Frippe (What's the Name of the Bass Player)
The Crying Whip
Gone Herero
Too Much Money
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par gabuzomeuzomeu » lun. 12 oct. 2026 19:04

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Jazz vocal à la manière des Swingle Singers, rythmé, festif c'est de la bombe bébé !

Procédé Guimard Delaunay - Générique de la série Télé Merci Bernard 1983 (Jean-Michel Ribes) 45 tours

L'humour est le seul vaccin contre la connerie… Le con lui n’a jamais trouvé la pharmacie ! (Aphorismes et Blues - Pierre Perret 2020)

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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mar. 13 oct. 2026 02:11

gabuzomeuzomeu a écrit : ↑
lun. 12 oct. 2026 19:04
Image

Jazz vocal à la manière des Swingle Singers, rythmé, festif c'est de la bombe bébé !
Série mythique avec ce générique qui ne fait pas dans la dentelle !
:hehe:
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mar. 13 oct. 2026 02:18

Horace Tapscott  Roberto Miranda  Sonship – Live At Lobero Volume 1.jpg
Horace Tapscott Roberto Miranda Sonship – Live At Lobero Volume 1.jpg (103.85 Kio) Vu 1206 fois
Horace Tapscott, Roberto Miranda, Sonship – Live At Lobero Volume 1- (2006)

Cet album est issu d’un concert donné au « Lobero Theater », à Santa Barbara, en Californie, le douze novembre quatre-vingt-un. Il a été publié pour la première fois en deux mille six. Les notes de pochette précisent que le « Lobero Theatre » a été construit en mille huit cent soixante-douze par Jose Lobero, compositeur et musicien local. Il appartient aujourd’hui à « La communauté » et est géré par une organisation à but non lucratif.

Cette édition concerne le format Cd, car l’édition originale de quatre-vingt-deux ne contenait que trois titres, sans la pièce d’ouverture, « Inception », de plus de vingt-neuf minutes, qui est tout simplement phénoménale.

Elle s’ouvre au son du piano à pouces africain, joué par Tapscott, et se poursuit avec les battements des percussions et le renfort de Miranda, augmenté par l’arrivée de Woody Theus Sonship qui joue de trois congas pendant près de onze minutes, avant que le piano de Tapscott ne délivre quelques accords.

La pulsion des percussions est décisive et se poursuit sous l’impulsion de la basse de Roberto Miranda, qui est un vieux camarade du pianiste. Un solo de batterie prolonge l’africanité de la pièce, qui se conclue à trois.

« Sketches Of Drunken Mary » qui s’annonce est une pièce absolument merveilleuse avec un puissant lyrisme, là encore les percussions jouent un grand rôle en énergisant la pièce, les trois réussissent à observer un équilibre parfait, le solo de batterie s’intégrant de façon naturelle à l’architecture de la piste…

Sur la pièce suivante « Raisha’s New Hip Dance », Tapscott joue seul et nous offre un solo de piano qui intègre des atmosphères complémentaires, ou même opposées, au fil de l’impro se créent des mondes tantôt lyriques, tantôt sauvages, frappés de brutalité, mais, dans la douceur du thème final, triomphe le lyrisme.

La dernière pièce, « Dark Tree » dépasse les vingt et une minute. Ce titre apparaît dès soixante-neuf dans la discographie de Tapscott, il deviendra iconique chez les amateurs, à travers les deux volumes des albums du même nom, qui paraîtront en quatre-vingt-dix et l’année suivante, souvent repérés et salués comme réunissant le meilleur du pianiste.

Il serait cependant juste d’y associer cet album-ci, absolument remarquable de bout en bout, y compris pour cette version toute en intensité de cette pièce, on y retrouve le lyrisme propre du pianiste, sa puissance intense et soudaine, sa fusion avec la rythmique qu’il appuie, tout en s’y abreuvant.

Tapscott et son trio sont en effet à leur meilleur, un album référence.

Horace Tapscott - Live At Lobero

01 Inception 29:10.
02 Sketches Of Drunken Mary 10:42.
03 Raisha's New Hip Dance 8:28.
04 The Dark Tree 21:05.
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mer. 14 oct. 2026 01:58

Oren Ambarchi  Gunter Muller Voice Crack – Oystered.jpg
Oren Ambarchi Gunter Muller Voice Crack – Oystered.jpg (55.9 Kio) Vu 1137 fois
Oren Ambarchi, Gunter Muller, Voice Crack – Oystered – (2003)

Pas d’erreur, c’est bien un album d’électro, me suis laissé tenter par le nom d’Oren Ambarchi en gros sur la couverture et me voilà précipité dans le monde des drones, de l’électro, des sons qui planent au milieu des robots et de la science-fiction.

On s’y croirait, avec en fond ce vinyle qui craque plus qu’il n’est permis, ces circonvolutions électriques qui dessinent des courbes, des cercles et des volutes. Et ces sonneries de machine, tout y est, vous voilà dans le scanner en mode spatial, régime cocotte-minute…

Ils s’y sont mis à quatre, car il se glisse une forme de piège dans la présentation des forces en présence, Ambarchi joue franc-jeu, il se présente tel qu’il est, guitariste tel que lui-même. Gunter Muller est le percussionniste, mais ses instruments sonnent comme des machines.

« Voice Crack » est l’élément piégé, je le voyais et le croyais « un », mais il est deux, Andy Guhl et Norbert Moslang, le piège est fin et j’y suis plongé, les deux sont réputés en tant que virtuoses de l’électronique. Ils sont forts dans un monde que je ne connais pas et que parfois j’appréhende, d’autant qu’en fait… ils sont trois : ourdis par une alliance à trois qui se nomme « Poire_Z ».

Vous êtes perdus, moi aussi, d’autant que les renseignements donnent une formation de poire à quatre, c’est-à-dire trois plus un, les trois qui sont là et un autre qui est absent, il se nomme « Erik M », dit « Le Platineur ». Ainsi, Oren Ambarchi jouerait le rôle d’une sorte de remplaçant…

Ou peut-être pas. La machine est là, puissante, elle guette et nous broie, dès le titre deux, « briefing oysters », on passe à la moulinette. Ça y est nous sommes transformés en huîtres bleues, c’est irréversible, il faudra s’y faire. A noter qu’en mode huître on aime sa coquille et on s’y sent chez soi, tant que nous sommes solidement arrimés au coquillage par le solide pied.

Je n’imaginais pas une alliance entre le monde des machines et celui des mollusques, ce lien qui unit les sons électros tout en bourdonnement, grincement, papouillement et vrombissement, avec celui tout en smooth et en claquement des huîtres, ouvre des perspectives inouïes, qui n’est pas sans rappeler la diversité des insectes, qui pourraient se joindre au rassemblement, d’autant qu’on les entend poindre sur « grounding oysters », ce monde est fou …

Bon je vous laisse, il est l’heure de prendre mon pied…

Walking Oysters
Briefing Oysters
Grounding Oysters
Oystered
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » jeu. 15 oct. 2026 03:49

Steve Swell Presents Rivers Of Sound Ensemble – News From The Mystic Auricle.jpg
Steve Swell Presents Rivers Of Sound Ensemble – News From The Mystic Auricle.jpg (42.35 Kio) Vu 1057 fois
Steve Swell Presents Rivers of Sound Ensemble, News from the Mystic Auricle – (2008)

On a déjà croisé Steve Swell au travers de quelques enregistrements picorés dans une vaste discographie qui lui est consacrée. C’est un tromboniste fameux, parmi les tout meilleurs, et un jazzman référent qui a su coaliser autour de lui des musiciens de grande envergure, comme Brötzmann, Moondoc, William Parker, Joe McPhee, Dunmall, Burrell et tant d’autres…

Ici c’est pas mal également, avec Roy Campbell à la trompette et au bugle, Sabir Mateen aux saxs ténor, alto, à la flûte et à la clarinette, Hilliard « Hill » Greene à la contrebasse et Klaus Kugel à la batterie. L’enregistrement a été effectué au Park West Studio de New York, le trois février deux mille sept, et est sorti via le label polonais « Not Two records ».

Trois longues ou très longues pièces tiennent sur ce Cd. On remarque d’emblée qu’elles sont toutes co-signées par l’ensemble des musiciens, ce qui suggère, pour le moins, une grande richesse dans les solos et dans l’expression de chacun. « Journey To Omphalos » est le titre d’ouverture, qui s’étale sur plus de vingt-sept minutes.

Trois se connaissent déjà parfaitement bien, Campbell, Mateen et Swell, qui sont également membres du « Little Huey Orchestra », ainsi une complicité étroite s’établie d’emblée, chacun se devine et se pressent, les souffleurs sont à la fête et régalent, l’improvisation simultanée qui nourrit la pièce est épique et emporte.

C’est également ce même sentiment qui se dégage de « Healix » qui enchaîne, pendant près de vingt minutes où nous sommes embarqués savamment, la rythmique combinée de Greene et de Kugel est à l’affût et appuie, avec une science consommée, au bon endroit et au bon moment, tantôt relanceurs, mais aussi interlocuteurs.

La dernière pièce, qui frôle les vingt-trois minutes, offre une progression avec un départ lent, presque hésitant, avant que l’ensemble ne se mette en branle et que chacun y trouve sa place. La dynamique rythmique est intense et envoie des signaux vers les solistes, Sabir Mateen qui est volubile et intense, fait preuve de fougue avant de laisser Roy Campbell aux affaires, c’est l’un des meilleurs de sa génération dans la pratique instrumentale, son nom dans un orchestre est promesse d’émotions vives et fortes.

Un bel album vivement recommandé.

Journey To Omphalos
Healix
News From the Mystic Auricle
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » ven. 16 oct. 2026 05:47

Paul Dunmall with Paul Lytton & Stevie Wishart – In Your Shell Like.jpg
Paul Dunmall with Paul Lytton & Stevie Wishart – In Your Shell Like.jpg (20.74 Kio) Vu 970 fois
Paul Dunmall with Paul Lytton & Stevie Wishart – In Your Shell Like – (2005)

L’album s’ouvre sur un duo peu habituel, la rencontre d’une cornemuse jouée par Paul Dunmall, et d’une vielle à roue qui bourdonne sous les doigts habiles de Stevie Wishart. L’absence de régulateur rythmique nous fait pénétrer un monde ancien, celui du Moyen-Âge où des troubadours échangent et dialoguent, dessinant des mondes d’autrefois.

La cornemuse, vers la neuvième, s’efface au profit du sax soprano de Dunmall, qui échange, sautille, batifole, avec la vieille vielle, qui étale sa plainte et vrombit comme un insecte. Nous sommes le vingt-six janvier deux mille trois, à « L’Archiduc » de Bruxelles.

Après ce « Shells and Other Things » introductif le temps d’un quart d’heure, Dunmall embouche son saxophone ténor et s’en va guerroyer avec le fameux Paul Lytton, un autre preux aux percussions, qui ne quittera pas ces dernières, jusqu’à la fin du set.

« Nothing To Do With Shells » pousse un autre quart d’heure où se déploient les bannières des deux jouteurs férus d’improvisation, et promptes à batailler sans rien lâcher. Dunmall vocifère, part en quête et ne cède pas. Le « Tambour » est courageux, prolixe et taquin, il engage avec force et détermination, répond coup pour coup, les voilà bientôt dans le même camp, se relançant l’un, l’autre, dans une rencontre à deux, qui tient l’honneur haut.

La partie trois s’échange avec les deux mêmes, le dur au mal au soprano, cette fois, pour un échange au creux de l’oreille, plus court mais intense, où chacun lit l’autre. Après « It’s in your ear », succède « The Ears Have It » avec Dunmall à nouveau à la cornemuse puis au soprano, Stevie Wishart à la vielle et Paul Lytton aux percussions.

L’improvisation est reine, on y entre à petits pas, par bribes. Le soprano s’installe lentement entrant en collision avec la vieille à roue qui balbutie à gauche, tandis que le soprano babille à droite, au centre Lytton s’installe et joue des rythmes.

On joue avec le silence, le strie ou le contourne, pour qu’il s’élève mieux, mais au loin les instruments anciens installent le bourdon et le vrombissement qui s’unissent, complices, et s’installent à l’avant-scène. L’album se termine par « In Your Shell Like », les trois ensemble et Dunmall au soprano, dans cette même veine improvisée et exploratrice…
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Douglas
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Message par Douglas » ven. 16 oct. 2026 06:14

Marco Eneidi - Peter Kowald - Damon Smith - Spirit – Ghetto Calypso.jpg
Marco Eneidi - Peter Kowald - Damon Smith - Spirit – Ghetto Calypso.jpg (134.02 Kio) Vu 963 fois
Marco Eneidi - Peter Kowald - Damon Smith - Spirit – Ghetto Calypso (2006)

Marco Eneidi a débuté en jouant du dixieland à la clarinette, puis il s’est consacré à l’alto jusqu’à en devenir un spécialiste. Il a beaucoup étudié Sonny Simmons, qui l’a beaucoup influencé et est devenu un super musicien, parmi les plus balaises. Il a également étudié avec Jimmy Lyons, quand ce dernier jouait aux côtés de Cecil Taylor.

Quand on l’écoute, on comprend. Pourtant sa renommée quoique grande, n’est pas immense, et semble aujourd’hui un peu passée, il faut dire qu’il est décédé en mai deux mille seize, ce qui n’arrange pas son affaire… Je reconnais être passé complètement à côté, je regrette, mais je m’incline devant sa gloire posthume qui ne pourra que grandir.

Je trouve cet album rien moins qu’extraordinaire, le gars est carré, va droit au but avec des vignettes de trois, quatre ou cinq minutes, juste le temps pour dire ce qu’il veut dire, sans finasser ni muser. Son quartet est un peu étrange, mais quelle patate !

Marco joue ici du ténor, c’est indiqué sur la pochette, pourtant on entend clairement assez souvent le son de l’alto, sans aucun doute. Il est accompagné par deux bassistes dont l’immense Peter Kowald, à qui l’album est dédié. Ce dernier est décédé en deux mille deux et son portrait orne l’intérieur droit de la pochette. La couvrante est par ailleurs une œuvre picturale de Kowald.

L’autre contrebassiste est Damon Smith et le batteur se nomme Spirit, très doué, mais resté inconnu. Il aurait déclaré à Kowald : « « J'attendais de pouvoir jouer avec vous depuis que j'ai entendu Machine Gun ! », pourtant « Spirit » n’est pas son véritable nom, qui, lui, est resté dans l’oubli, de ses partenaires même…

Les deux contrebassistes se connaissent bien et ont souvent entrecroisé leurs instruments, et le saxophoniste est tout à fait époustouflant, il évoque Charlie Parker, Ornette Coleman, et ses deux mentors, Sonny Simmons et plus particulièrement Jimmy Lyons.

La structure de cet album se décompose en dix-sept pièces, ce qui est beaucoup et autorise beaucoup de directions, ce qui pourrait laisser émerger un certain manque d’homogénéité, mais ce procès est vain, car il gagne en retour une fraîcheur et une pêche bienvenue.

A Tiny Hole in Tuva
Ghetto Calypso
Tangled Lines
Psylium
Push, Pull, Jump (Up)
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » sam. 17 oct. 2026 04:06

Tomeka Reid Quartet – 3+3.jpg
Tomeka Reid Quartet – 3+3.jpg (139.87 Kio) Vu 852 fois
Tomeka Reid Quartet – 3+3 – (2024)

Voici le troisième album du Tomeka Reid Quartet, il se distingue de ses prédécesseurs par la durée des pièces, le format court est oublié, ici seulement trois morceaux, alors que « Old New » en contenait neuf. On observe également un glissement vers les musiques électroniques.

Tomeka a composé les trois pièces et joue de son habituel instrument, le violoncelle, Jason Roebke est le contrebassiste, Mary Halvorson la guitariste et Tomas Fujiwara le batteur. La formation est donc stable et s’appuie sur trois instruments à cordes. On peut d’ores et déjà évoquer un merveilleux album et un sommet du genre.

La formation se plie à un cadre établi et avance en intégrant un jeu à trois à base d’improvisations. L’équilibre extraordinaire qui se manifeste à l’intérieur des compositions entre les cordes folles et l’assise rythmique, tout en « toucher », de Tomas Fujiwara, ravit et emporte, entre lyrisme et vélocité.

Il semble exister comme une sorte de continuité entre les trois pièces, comme si se déroulait un très long fil d’une quarantaine de minutes, si dans sa construction la musique peut sembler complexe, elle file bien et agréablement, avec de nombreux passages faciles et aisés, ainsi personne ne se perd dans cette richesse apparente et foisonnante…

C’est le style d’album qui passe un peu partout, malgré qu’il soit parfois légèrement déstabilisant, pour surprendre et augmenter l’intérêt, procurer un peu d’adrénaline ou de surprise, on ne le lâche pas facilement et deux écoutes successives ne présentent aucun inconvénient, si le temps est là…

Sauntering With Mr. Brown
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Cooltrane » sam. 17 oct. 2026 21:28


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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 18 oct. 2026 00:56

Cooltrane a écrit : ↑
sam. 17 oct. 2026 21:28
Bien sympa cet album, avec ses réminiscences coltraniennes et spiritual sur "Fukushima", mais franchement pas donné si on aborde cet aspect...
Par contre je l'ai écouté avec grand plaisir dans son entier !
:)
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 18 oct. 2026 01:22

Melvin Van Peebles – Sweet Sweetback's Baadasssss Song (An Opera).jpg
Melvin Van Peebles – Sweet Sweetback's Baadasssss Song (An Opera).jpg (110.53 Kio) Vu 718 fois
Melvin Van Peebles – Sweet Sweetback's Baadasssss Song – (1971)

La première fois que j’ai écouté Melvin Van Peebles c’était lors de la retransmission d’un concert avec Archie Shepp, à propos d’une nouvelle interprétation de l’album de la formation « The Heliocentrics & Melvin Van Peebles » pour « The Last Transmission ». Inutile de préciser que les deux vétérans étaient tout à fait exceptionnels.

Ici nous sommes plus de quarante années en arrière, quand l’histoire est encore en train de se faire, car il est dit que cette musique de film a été réalisée par des musiciens noirs, pour un réalisateur noir, Melvin Van Peebles, à l’intention du public noir américain : une première !

On a la couleur, maintenant voici les intentions : « Ceci n’est pas une ode à la brutalité que l’artiste aurait inventée, mais un hymne sorti de la bouche de la réalité ». Ce film est de revendication, fabriqué avec trois fois rien, sinon du cœur et du courage, il préfigure la voie de la « blaxploitation ».

Il est étiqueté « un opéra », avec Brer Soul et surtout, pour la première fois, « Earth Wind & Fire ! » rien moins que, à leurs tout débuts. Il pourrait être d’avant-garde car la musique s’incruste dans le scénario et colle à l’histoire, dont elle fait partie, des extraits sonores s’y trouvent et « La Nouvelle Vague » n’est pas si loin.

Cette bande-son participe également à l’effet psychédélique qui habite le film, c’est funky et bluesy à fond, mais avec des effets de distorsions de la réalité, qui font que parfois, on a l’effet d’être comme dans une sorte de rêve, bien que le film soit plutôt cru, avec un héros légendaire de couleur, comme il se doit, pour la première fois !

Melvin Van Peebles déclara :
« L'arrogance du critique blanc est quelque chose à voir. À New York, beaucoup de critiques ne voulaient même pas venir voir mon film parce que je n'avais pas organisé de projection privée pour eux. Je disais : s'ils veulent le voir, qu'ils aillent dans une salle remplie de Noirs et de jeunes, qu'ils écoutent l'ambiance et les réactions, et ils comprendront le film. »

L’histoire est de son côté et son film, parce qu’il est radical, restera dans l’histoire. La bande son, quant à elle, n’est pas pour rien dans son succès, une des meilleures faces de la Great Black Music !

Sweetback Losing His Cherry
Come On Feet
Sweetback's Theme
Hoppin John
Mojo Woman
Wont Bleed Me
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Monsieur-Hulot » dim. 18 oct. 2026 07:49

WINNER Moyenne.jpeg
WINNER Moyenne.jpeg (74.92 Kio) Vu 681 fois
Cette trompette pour claironner mon immense M*E*R*C*I d'avoir partagé ça !!!! :chapozzz:
FILLES & MOTEURS, JOIES & DOULEURS.

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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 18 oct. 2026 11:44

Monsieur-Hulot a écrit : ↑
dim. 18 oct. 2026 07:49
WINNER Moyenne.jpeg
Cette trompette pour claironner mon immense M*E*R*C*I d'avoir partagé ça !!!! :chapozzz:
Je rebondis sur ton choix concernant Louis Armstrong pour mettre en avant une pièce qui transforma d'une certaine façon l'histoire du jazz, par l'audace qui était contenue dans ce solo de trompette, alors hors norme et phénoménal, c'est sur le titre "Tight Like This" à Chicago, le 12.12. 1928, nous dit-on:

Louis Armstrong - Tight Like This - Chicago, 12.12. 1928
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