Voici un album enregistré les trois et quatre juin quatre-vingt-seize au Sénégal, à Dakar, plus précisément encore, aux Studios deux mille. Il vise à organiser une fusion entre jazz et musique africaine, les musiciens sont en grand nombre à tel point que nous sommes face à une sorte de Big Band.
David Murray arrive avec l’intention de changer d’optique, alors que d’habitude ce sont aux africains de se plier aux règles du jazz, David a le désir et la volonté de se plier à la musique africaine, et à s’y adapter. Pour se faire c’est le groupe « Dieuf Dieul » qui gère la rythmique, l’avant-scène est concédée aux voix africaines représentées par Tidiane Gaye, Doudou N'Diaye Rose et Hamet, ainsi qu'au groupe de rap dakarois « Positive Black Soul », seule concession pour l’excellent titre « Evidence », il sera chanté par le new-yorkais « Amiri Baraka », fils de Leroy Jones.
Impossible de citer tout le monde car on approche la trentaine de participants, mais si on regarde côté U.s. on peut citer Jamaaladeen Tacuma à la basse, Robert IrvingIII au piano, Graig Harris au trombone, Amiri Baraka père également présent, et David Murray au ténor et à la basse clarinette, ce dernier signe quelques beaux solos, mais reste légèrement en retrait.
La fusion se fait et les amateurs apprécieront, mais rien de véritablement révolutionnaire en définitif, il existe même quelques glissements vers le « smooth jazz » comme sur le titre d’ouverture, « Blue Muse », qui n’est pas tout mauvais non plus.
Peut-être que certains se souviendront des albums « Yonn-Dé » et « Gwotet », dont on a déjà parlé, tous les deux réussites éclatantes et finalement indépassables dans ce créneau fusion Afrique/Amérique !
Ici on remarquera outre les pièces déjà citées, « One World Family », « Chant Africain », ainsi que les excellents « Village Urbana » et « Thilo » …
Blue Muse
