J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Blues traditionnel ou blues blanc, jazz, soul, funk, c'est ici.
Avatar du membre
Douglas
Membre VIP
Membre VIP
Messages : 5519
Enregistré le : mer. 11 sept. 2019 06:12

Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mar. 6 oct. 2026 02:44

David Murray – Fo Deuk Revue.jpg
David Murray – Fo Deuk Revue.jpg (151.56 Kio) Vu 320 fois
David Murray - Fo deuk revue (1997)

Voici un album enregistré les trois et quatre juin quatre-vingt-seize au Sénégal, à Dakar, plus précisément encore, aux Studios deux mille. Il vise à organiser une fusion entre jazz et musique africaine, les musiciens sont en grand nombre à tel point que nous sommes face à une sorte de Big Band.

David Murray arrive avec l’intention de changer d’optique, alors que d’habitude ce sont aux africains de se plier aux règles du jazz, David a le désir et la volonté de se plier à la musique africaine, et à s’y adapter. Pour se faire c’est le groupe « Dieuf Dieul » qui gère la rythmique, l’avant-scène est concédée aux voix africaines représentées par Tidiane Gaye, Doudou N'Diaye Rose et Hamet, ainsi qu'au groupe de rap dakarois « Positive Black Soul », seule concession pour l’excellent titre « Evidence », il sera chanté par le new-yorkais « Amiri Baraka », fils de Leroy Jones.

Impossible de citer tout le monde car on approche la trentaine de participants, mais si on regarde côté U.s. on peut citer Jamaaladeen Tacuma à la basse, Robert IrvingIII au piano, Graig Harris au trombone, Amiri Baraka père également présent, et David Murray au ténor et à la basse clarinette, ce dernier signe quelques beaux solos, mais reste légèrement en retrait.

La fusion se fait et les amateurs apprécieront, mais rien de véritablement révolutionnaire en définitif, il existe même quelques glissements vers le « smooth jazz » comme sur le titre d’ouverture, « Blue Muse », qui n’est pas tout mauvais non plus.

Peut-être que certains se souviendront des albums « Yonn-Dé » et « Gwotet », dont on a déjà parlé, tous les deux réussites éclatantes et finalement indépassables dans ce créneau fusion Afrique/Amérique !

Ici on remarquera outre les pièces déjà citées, « One World Family », « Chant Africain », ainsi que les excellents « Village Urbana » et « Thilo » …

Blue Muse
Evidence
One World Family
Chant Africain
Village Urbana
Thilo
We will dance again...

Avatar du membre
Douglas
Membre VIP
Membre VIP
Messages : 5519
Enregistré le : mer. 11 sept. 2019 06:12

Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mer. 7 oct. 2026 01:39

John Zorn – Teresa De Ávila.jpg
John Zorn – Teresa De Ávila.jpg (51.49 Kio) Vu 285 fois
John Zorn – Teresa De Ávila – (2021)

Voici le dernier album de la trilogie, « Saints et mystiques de la tradition chrétienne », qui comprend « Francesco d’Assisi » dont une version vinyle était parue pour redorer le blason de la trésorerie vacillante de Tzadik, après la défaillance malveillante de son partenaire financier sur le Book Beri'ah.

« Virtue » en était le second volume, consacré à Julienne de Norwich, religieuse mystique anglaise ayant vécu à l’écart du monde. « Teresa De Ávila » est le troisième et dernier volet, c’est une mystique espagnole fondatrice d’un ordre religieux. Elle est immortalisée dans « L'Extase de sainte Thérèse », sculptée par Le Bernin, chef-d'œuvre baroque conservé dans l'église Santa Maria Della Vittoria à Rome. Teresa De Ávila a subi une « transverbération », un événement mystique qui purifie le cœur du fidèle, et peut laisser des traces, comme des stigmates.

Pour mettre tout ça en musique, le compositeur Zorn a fait appel à trois guitaristes, Bill Frisell, Julian Lage et Gyan Riley. Ce sont des habitués de Zorn, particulièrement pour deux d’entre eux, mais les trois connaissent les défis à relever, particulièrement l’harmonie parfaite qui doit présider à la performance.

Le petit plus ici, ce sont les influences méditerranéennes et espagnoles que l’on retrouve, se mélangeant aux accents klezmer et à la coolitude inhérente au sujet, tout est sérénité, beauté et calme, on pourrait presque, à certains moments parler de pureté, comme sur « El Camino », mais difficile d’extraire une pièce plus que l’autre…

« Danza Estàtica », « El Castillo Interior », « A Blessing of Tears », toutes sont belles, y compris la stupéfiante « The Sweetness Of Excessive Pain » ou l’énigmatique « An Embarrassment Of Raptures » … Ces titres, relevés à la hâte, nous plonge directement dans un monde parallèle propre à enflammer l’imagination, et on pense à Brassens et à sa « Religieuse », qu’il couvrait de ses fantasmes…

Forcément un bel album, une fois de plus…

John Zorn ‎–1. Devotion (Teresa De Ávila, 2021)
El Castillo Interior
A Blessing of Tears
Danza Estatica
An Embarrassment of Raptures
Teresa
The Sweetness of this Excessive Pain
Marrano
We will dance again...

Avatar du membre
Douglas
Membre VIP
Membre VIP
Messages : 5519
Enregistré le : mer. 11 sept. 2019 06:12

Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » jeu. 8 oct. 2026 02:34

Elliott Sharp With Mary Halvorson And Marc Ribot – Err Guitar.jpg
Elliott Sharp With Mary Halvorson And Marc Ribot – Err Guitar.jpg (403.09 Kio) Vu 233 fois
Elliott Sharp With Mary Halvorson And Marc Ribot – Err Guitar – (2017)

Évidemment, une telle réunion paraît incroyable, comme une sorte de rêve, un truc improbable… Pourtant ça s’est passé, alors viennent les interrogations, la méfiance, les grands noms ça attire, mais trop, ça génère du doute, comme une angoisse, un risque de déception…

Pour clarifier un peu disons que le « boss », celui qui est à l’origine, l’organisateur, c’est Elliott Sharp. Le titre d’ouverture « Blindpost », est en fait le seul à être joué à trois, il est très beau, bien qu’en fait, il n’a pas vraiment existé, des incompatibilités d'agenda n’ont pu le rendre possible, Sharp a donc imaginé ce qu'il appelle deux « fictions de studio » pour permettre à Halvorson et Ribot de jouer ensemble sur son disque.

Il y a également des titres en solo, « The Ship I Am On » pour Mary Halvorson, « I’m Gonna Party Like It’s 1988 » pour Marc Ribot et « Nektone » et « Kernel Panic », les deux derniers de l’album pour Elliott Sharp.

Reste donc les duos, ils s’organisent autour de Sharp, quatre avec Halvorson et trois avec Ribot. Le titre d’ouverture à trois est parfait pour l’introduction, il permet, à l’écoute, de trouver qui joue où, un jeu parfait pour éduquer l’oreille, même les joueurs d’air guitare comme moi ont leur chance.

Pourtant la leçon de cette pièce c’est qu’il est préférable, pour apprécier, d’envisager l’écoute dans sa globalité, la saucissonner n’ajoute pas grand-chose et fait passer à côté. La forme du duo est sans doute la plus intéressante, finalement, même si les solos ne manquent évidemment pas d’intérêt…

On se souvient de Derek Bailey, le père à tous, et des règles d’impros sur la bonne conduite, abordées par Evans et Stevens, elles sont largement intégrées aujourd’hui dans la musique free improvisée, il ne peut y avoir ni vainqueur, ni vaincu, puisque gagner c’est s’écouter, se répondre, se soutenir et se deviner…

Dans ce cadre l’auditeur peut simplement se laisser aller en s’immergeant dans la musique, guider par ces capitaines qui naviguent par tous les temps, garants que rien de fâcheux n’arrivera…

Blindspot - (les trois)
The Ship I Am On - (Halvorson)
Wobbly - (Sharp/Ribot)
We will dance again...

Avatar du membre
Douglas
Membre VIP
Membre VIP
Messages : 5519
Enregistré le : mer. 11 sept. 2019 06:12

Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » ven. 9 oct. 2026 01:12

James Chance And Terminal City – The Fix Is In.jpg
James Chance And Terminal City – The Fix Is In.jpg (71.71 Kio) Vu 189 fois
James Chance And Terminal City – The Fix Is In – (2006)

Avec cette formation, et cet album, on pourrait dire que James Chance entre dans le troisième tiers de sa carrière, bien qu’il soit décédé assez récemment, le seize juin vingt-quatre à l’âge de soixante et onze ans.

Le cd est accompagné par un petit « plus » qui pourrait sembler pourtant assez négligeable, il s’agit d’un Dvd, « Almost black » filmé par Todd Rosken, présenté comme un documentaire inédit contenant des images rares de James Chance, dans sa vie privée et sur scène, avec The Contortions, lors du festival « All Tomorrow's Parties » de deux mille cinq, en compagnie de Vincent Gallo, figure culte de la scène underground new-yorkaise du début des années quatre-vingts. On goûtera particulièrement les passages sur scène.

Cet album est une réédition de l'album « Get Down And Dirty! », malgré ses qualités, il ne fait pas partie des incontournables, bien qu’il ait son charme et contienne de belles pièces, comme ce « Devillish Angel » remarquable, par exemple, ou encore le « Leave My Girl Alone » qui termine l’album. Il serait juste également d’ajouter « The Set Up », porteuse d’un chouette texte chanté par notre crooner décalé et gentiment tourmenté.

On retrouve le charme indémodable du rocker invétéré et désinvolte, qui bascule entre New Wave décadente et jazz saignant, imprégné de funk, de rock et de rythm’n blues, dans un mélange unique qui n’appartient qu’à lui. Charmeur et rebelle, il peut tout aussi bien nous plonger dans un jazz smoothy des années cinquante, avec un orgue soyeux et sucré, avec sax acidulé, que flirter côté funky avec « Down And Dirty ».

Bien sûr, beaucoup d’eau a coulé depuis la fameuse anthologie « No new York » qui fit autrefois l’effet d’une bombe, mais, même s’il chante que les dés sont pipés sur « The Fix Is In », l’essentiel est bien là, et c’est ce qui nous réjouit.

James Chance And Terminal City – The Fix Is In
James Chance and Terminal City - Down and dirty
We will dance again...

Avatar du membre
Douglas
Membre VIP
Membre VIP
Messages : 5519
Enregistré le : mer. 11 sept. 2019 06:12

Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » sam. 10 oct. 2026 01:47

Sara Serpa, Ran Blake – Aurora.jpg
Sara Serpa, Ran Blake – Aurora.jpg (72.66 Kio) Vu 127 fois
Sara Serpa, Ran Blake – Aurora – (2012)

Ran Blake est un merveilleux pianiste, maître dans l’art de créer un climat ou une atmosphère particulière, il est également un spécialiste des duos voix/piano, auxquels il s’est adonné assez souvent. On retient très particulièrement le sublime « The Newest Sound Around » avec la chanteuse Jeanne Lee, qui demeure une référence incontournable dans ce genre.

Sara Serpa est une chanteuse d’origine portugaise née en soixante-dix-neuf, elle enregistre ici en live, à Lisbonne où elle est née, son second album avec Ran Blake, après « Camera Obscura » paru en deux mille dix. Elle enregistrera dans ce même cadre un troisième album en deux mille quinze, « Kitano Noir ».

Le duo ainsi formé est extrêmement épuré, ne reste que l’essentiel, l’émotion brute. Le répertoire est minutieusement choisi, comprenant quelques références centrales de l’œuvre du Ran Blake compositeur ou co-compositeur, comme « Dr Mabuse », le magnifique « Malher Noir » en solo, et « Wende », toutes des pièces remarquables.

Il y a également une version du titre emblématique de Billie Holiday « Strange Fruit » que Sara chante « a cappella », avec une grande retenue. Il faut bien reconnaître que ce choix audacieux, quasi à l’os, réussit et convainc. Elle explore également le fado avec « Cansaço » d'Amália Rodrigues…

« Moonride » est également très séduisant, dans une plage où l’humour à sa place, la légèreté se glisse ainsi dans un album plutôt sombre, éclairci le temps de trois minutes. Le standard « The Band Played On » est également l’objet de diverses fantaisies dans une interprétation décalée et théâtrale.

Les amateurs de ce genre seront donc comblés par cet album où le grand Blake côtoie une interprète peu connue qui fut autrefois son élève, et lui offre des lettres de noblesse, ce qu’il renouvellera donc par trois fois, car rien n’est fait à moitié par ce grand sculpteur d’émotions.

Saturday
Dr. Mabuse
Strange Fruit
Mahler Noir
Moonride
The Band Played On
We will dance again...

Avatar du membre
Douglas
Membre VIP
Membre VIP
Messages : 5519
Enregistré le : mer. 11 sept. 2019 06:12

Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 11 oct. 2026 02:12

Cecil Taylor New Unit – Words & Music (The Last Bandstand).jpg
Cecil Taylor New Unit – Words & Music (The Last Bandstand).jpg (138.46 Kio) Vu 88 fois
Cecil Taylor New Unit – World & Music, The Last Bandstand – (2025)

Ceci est l’ultime enregistrement de Cecil Taylor, il n’y en aura plus, l’album contient un morceau enregistré le vingt-trois avril deux mille seize, au Whitney Museum de New York, le pianiste est alors âgé de quatre-vingt-sept ans et il vient de créer ce « New Unit » qui ne jouera plus. Il décèdera deux années plus tard, le cinq avril deux mille dix-huit.

Cet enregistrement a tout d’abord connu une vie sous-terraine, vendu et distribué dans la clandestinité, un album « pirate » qu’il était bon de posséder dans le secret, pour en jouir dans son coin. Désormais ce temps est révolu, le travail fait sur les bandes rend à cette œuvre une haute qualité technique, bien au-delà de ce qui circulait auparavant.

C’est du lourd quand même, rien que la durée est hors-normes, soixante-dix-neuf minutes et vingt-six secondes, et le tout sur un seul Cd, à l’écoute on prie pour que ça aille jusqu’au bout sans faillir !

La formation réunie autour du génial pianiste est de haute volée, Harri Sjöström joue des saxs soprano et sopranino, Okkyung Lee est au violoncelle, Tony Oxley à l’électronique, et Jackson Krall à la batterie.

La pièce se livre en deux parties assez distinctes, la première est assez habituelle, dirons-nous, bien qu’elle soit particulièrement intense et envoûtante, elle dure un peu plus de trente-cinq minutes. La seconde est plus surprenante avec un Cecil Taylor qui se livre à des improvisations de spoken words.

La diffusion de cet album si tard ressemble une interrogation, incontestablement il est grandiose, en même temps qu’il véhicule une sorte de tristesse. Dans son intention le groupe avait été formé pour durer, il ne voyait là qu’un point de départ. La maladie en décida autrement et une ombre plane tout du long.

Bien sûr l’âge est là, pourtant l’énergie qui se déploie déplace les montagnes, rarement cette expression aura autant de sens qu’à l’écoute de cette première partie foisonnante. Le dialogue qui s’impose fréquemment entre le piano, à l’humeur sauvage et débridée, et le violoncelle de Okkyung Lee n’est pas le moindre des attraits.

Les saxophones de Harri Sjöström participent eux aussi au déchaînement sonore et se mélangent hardiment à la tempête qu’agite l’électronique de Tony Oxkley qui va et vient, comme dans un flux marin, le tout propulsé par la batterie de Jackson Krall qui s’agglomère au mélange sonore, percuté par le piano qui avance de front.

Ainsi la masse déplacée semble uniforme, fruit d’une sorte de sédimentation. Pourtant la seconde partie, riche de quarante-cinq minutes, est étonnamment différente. Cecil se lance dans un récit un peu allumé, autour duquel les autres musiciens bâtissent divers coloris et autres motifs décoratifs sonores, qui accompagnent le récitant dans ses visions.

On pourrait dire qu’il existe deux versions de cet album, la version « bandcamp » qui sépare les deux parties, et la version Cd qui est mon choix, mais qui ne tient pas la durée sur l’exemplaire qui est le mien, et dont le pressage présente quelques défauts en fin de Cd…

Le public, lui, applaudit vivement !

Words and Music the last bandstand Part 1
Words and Music the last bandstand Part 2
We will dance again...

Avatar du membre
Douglas
Membre VIP
Membre VIP
Messages : 5519
Enregistré le : mer. 11 sept. 2019 06:12

Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » lun. 12 oct. 2026 01:24

exploding customer live at tampere jazz happening.jpg
exploding customer live at tampere jazz happening.jpg (185.37 Kio) Vu 38 fois
Exploding Customer – Live At Tampere Jazz Happening – (2006)

Un album Albert Ayler Records, cuvée historique avec Jan Ström aux affaires, du sérieux de chez sérieux. Martin Küchen le saxophoniste ténor et alto a commencé à se faire un nom, il monte les échelons de la reconnaissance et le mérite bien.

Il a tout composé sur cet album live, enregistré au « Tampere Jazz Happening », qui s’appelait autrefois le « Old Custom House », bien connu en Finlande où l’on se trouve. Ça a été capté le six novembre deux mille quatre, ce qui fait loin quand on retourne la tête pour scruter vers l’arrière…

Ils sont quatre, l’autre excellent c’est le trompettiste Tomas Hallonsten qui fait la bourre avec Küchen, il y a également le benjamin, c’est-à-dire Benjamin Quigley à la contrebasse et Kjell Nordeson à la batterie, mine de rien les quatre-là ils régalent bien !

C’est bien qu’ils enregistrent pour Ayler Records car il y a de l’Ayler ici, surtout quand ils exposent les thèmes, on se croirait revenu dans les années soixante, quand Ayler gueulait dans son sax comme un damné… Bon le temps est passé, c’est le lot du temps qui sert à ça, passer sans jamais repasser, foutre temps, tu nous tues !

Ils sont forts ces gars-là et sont faciles à aimer, ils balancent des ritournelles comme le faisait Albert avec ses airs à la con, mais ça va on prend, et tout le reste qui arrive, parce que c’est plutôt puissant en même temps que chantant, explosif et jubilatoire, tout ça en même temps, on prend tout et on en redemande…

La rythmique est d’enfer, la batterie alimente les saccades multiples, et la basse gronde, sérieusement méchante et invasive, elle se déploie sur toute la toile de fond, les souffleurs n’ont plus qu’à balancer les mélodies naïves et les airs de rien, ils improvisent à l’aise, et, sax et trompette se collent souvent pour jouer à l’unisson, là où les sons s’unissent et se collent à deux, ça envoie sérieux…

L’album est du tout bon pendant les cinquante minutes qui s’écoulent sans que jamais on se dise « c’est long », non, c’est qu’ils ont apporté avec eux leur secret : ils sont festifs et semblent s’agiter comme des guignols qui rigolent et cabriolent sur la scène, ne dites pas non, ça s’entend !

C’est vrai l’album est sans temps mort et consume la même énergie tout du long, tempi vifs ou lents se bousculent et défilent gentiment, les joyeux drilles jouent et offrent au public ce qu’il voulait sans qu’il ne sache le formuler !

Il y en a d’autres à votre service, « Live At Glenn Miller Café » de deux mille deux et « At Your Service » de deux mille sept, pour finir de faire connaissance !

Mr BP (D)
Quoting Frippe (What's the Name of the Bass Player)
The Crying Whip
Gone Herero
Too Much Money
We will dance again...

Répondre