J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

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Douglas
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mer. 8 avr. 2026 02:18

Larry Coryell & The Eleventh House – At Montreux.jpg
Larry Coryell & The Eleventh House – At Montreux.jpg (156.21 Kio) Vu 605 fois
Larry Coryell & The Eleventh House – At Montreux – (1978)

Il se trouve que j’ai lu un petit article concernant cet album il y a peu de temps, à l’intérieur d’une revue de jazz qui traitait de la « fusion ». La pochette, genre calendrier de La Poste de fin d’année, semble agir comme un repoussoir, elle rappelle, hélas sans l’égaler, celle du pianiste Bill Evans quand il jouait à ce même festival de Montreux, pourtant l’album est bien sympathique côté musique, et, plusieurs fois conseillé par des spécialistes du genre, je me suis donc enquis de cet album il y a déjà fort longtemps.

Larry Coryell est un musicien qui m’a longtemps intéressé et auquel j’ai consacré pas mal de temps d’écoute. Vu en concert à Patrimonio en compagnie d’un autre guitariste, Juan Carmona, à la sensibilité « ibère », il offrait une réplique crédible, mais sans jamais rafler la mise, renvoyé dans ses cordes ? Pas vraiment, avec ce côté gentleman qui laissait les portes grandes ouvertes à son alter-égo du moment.

Ici, il joue en compagnie de Eleventh House, son groupe du moment, regroupé autour de la fusion qui cartonnait à l’époque. Il comprenait le claviériste Mike Mandel, le bassiste Danny Trifan, le batteur Alphonse Mouzon et le trompettiste Michael Lawrence qui remplaçait Randy Breaker, Larry Coryell à la guitare leadait tout ça, avec doigté.

C’est lui également qui ouvre le bal des impros avec une version à la guitare acoustique du « prélude n°4 » d’après Villa-Lobos. Mais bien vite la formation dans son ensemble offre ce virage « fusion » qui plaît tant à l’époque non sans raison d’ailleurs.

Tout ce qui est couché dans la cire est plutôt somptueux, mais bien vite on se trouve confronté au défaut de cet album beaucoup trop court, qui dépasse poussivement les trente-trois minutes, mais, comme c’est du tout bon, on ne jette rien…
Malgré que le temps soit passé abondamment, l’album est encore frais et conserve nombre de ses qualités, les compos sont largement partagées par l’ensemble de la formation et chacun s’ouvre aux solos avec justesse et talent.

Un bel album qui mérite une écoute, si ce n’est déjà fait…

Improvisation On Villa-Lobos (Prelude No. 4 In E Minor)


Tamari


Joyride (Live)


The Eleventh House Blues
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Bebeto
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Bebeto » mer. 8 avr. 2026 09:08

Je suis revenu un peu de la fusion, c'est en partie la bande-son des années 70. Le style a irrigué nombre de séries TV, par exemple. Bien entendu quelques-uns surnagent, mais il m'est devenu pénible d'écouter un disque en entier.

Pour l'instant, j'écoute ce que beaucoup considèrent comme l'un des plus grands disques du jazz (anglais). Beaucoup d'éloges, ce que j'aime dans ma version CD, notamment, c'est la qualité de la production. Extraordinaire. Comme j'écoute parfois AJA juste pour entendre un bel enregistrement et que ça joue. Ici, le disque est d'une grande richesse, accessible et complexe à la fois, les instrumentistes sont excellents pour un résultat qui survole bien des barrières musicales.
Image
Neil Ardley - Kaleidoscope of Rainbows, '76}
La Dream Team :
Neil Ardley (director, synthesizer) : Ian Carr (trumpet, flugelhorn) : Barbara Thompson, Tony Coe, Brian Smith, Bob Bertles (saxophone, woodwind) : Paul Buckmaster (cello) : Ken Shaw (guitar) : Geoff Castle, Dave McRae or John Taylor (electric piano, synthesizer) : Roger Sutton (bass guitar) : Roger Sellers (drums) : Trevor Tomkins (percussion).

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Message par nunu » mer. 8 avr. 2026 10:50

Bon retour parmi nous, Douglas

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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Monsieur-Hulot » mer. 8 avr. 2026 11:15

Le "Larry Coryell" est incroyable !!!! (et la pochette est sympathiquement atroce :) )
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » jeu. 9 avr. 2026 04:25

Bebeto a écrit :
mer. 8 avr. 2026 09:08
Je suis revenu un peu de la fusion, c'est en partie la bande-son des années 70. Le style a irrigué nombre de séries TV, par exemple. Bien entendu quelques-uns surnagent, mais il m'est devenu pénible d'écouter un disque en entier.

Pour l'instant, j'écoute ce que beaucoup considèrent comme l'un des plus grands disques du jazz (anglais). Beaucoup d'éloges, ce que j'aime dans ma version CD, notamment, c'est la qualité de la production. Extraordinaire. Comme j'écoute parfois AJA juste pour entendre un bel enregistrement et que ça joue. Ici, le disque est d'une grande richesse, accessible et complexe à la fois, les instrumentistes sont excellents pour un résultat qui survole bien des barrières musicales.
Image
Neil Ardley - Kaleidoscope of Rainbows, '76}
La Dream Team :
Neil Ardley (director, synthesizer) : Ian Carr (trumpet, flugelhorn) : Barbara Thompson, Tony Coe, Brian Smith, Bob Bertles (saxophone, woodwind) : Paul Buckmaster (cello) : Ken Shaw (guitar) : Geoff Castle, Dave McRae or John Taylor (electric piano, synthesizer) : Roger Sutton (bass guitar) : Roger Sellers (drums) : Trevor Tomkins (percussion).
Tu relances fort avec cet album, je n'identifie que Ian Carr et Tony Coe, merci pour la découverte !

Idem nunu pour le Pierre Dorge Quartet que j'ai écouté (plusieurs fois) sur mon téléphone, ça tient chaud !

Quant au Coryell, même s'il reste anecdotique dans la masse, il mérite un t'ite oreille comme l'indique M Hulot...
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » jeu. 9 avr. 2026 04:32

John Zorn – Suite For Piano.jpg
John Zorn – Suite For Piano.jpg (78.91 Kio) Vu 507 fois
John Zorn – Suite For Piano – (2022)

La rencontre entre Brian Marsella et John Zorn est déjà ancienne lorsqu’ils enregistrent cet album en deux mille vingt-deux, une bonne dizaine d’années pour le moins. Le temps de se connaître et de s’apprécier, de se jauger très certainement aussi.

Zorn a pourtant depuis fort longtemps pris la mesure de Brian Marsella, on pourrait presque dire qu’il a pris le temps, avant d’accepter de se laisser « envahir » par le pianiste prodige. L’attrait mutuel est trop fort et trop fécond, une grande place sera octroyée, de « Banquet Of The Spirits » aux « Bagatelles », à Marsella, plus particulièrement à son expression la plus sensible, au travers du classique trio piano, basse, batterie qu’il revisite avec Jorge Roeder et Ches Smith.

« Classique » va bien car il suggère la forme, l’histoire et le background qui entoure cette « Suite pour piano » qui, tout en restant irréductiblement moderne, s’en va piocher dans le lointain passé ses lettres de noblesse.

Les titres sont des guides révélateurs, « Allemande », « Sarabande », « Scherzo », « Menuet », « Gigue », « Pavane », « Intermezzo » … Tout un programme qui file entre nos oreilles et qui remonte de l’intérieur les bribes encore vivantes d’une culture inépuisable.

On connaît la précision et le sens de la perfection de Zorn, alors que tout est réinterprétation, rien n’est figé et tout renaît avec un brio époustouflant, tout en audace, avec une très grande sensibilité.

Un album magnifique qui en appellera d’autres, dont certains déjà évoqués par ici…

Praeludium


Allemande


Passacaglia


Intermezzo
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » ven. 10 avr. 2026 03:29

Whahay – Whahay.jpg
Whahay – Whahay.jpg (55.39 Kio) Vu 449 fois
Whahay – Whahay – (2014)

Voici un album paru sur le label toulousain un peu obscur, « Mr Morezon », dont j’ai déjà évoqué d’autres enregistrements remarquables, comme « Cannibales & Vahinés », « Le tigre des Platanes », « La Friture Moderne » ainsi que « No Noise No Reduction » pour être complet, mais il s’y cache certainement d’autres belles surprises…

Cet album-ci se différencie car il est consacré à des hommages à Mingus, dont il reprend quelques thèmes, neuf au total, de quoi faire un voyage significatif dans le monde du Grand Charles.

La formation Whahay est formée d’un trio composé par l’anglais Paul Rogers à la contrebasse, et deux français, Robin Fincker au saxophone ténor et à la clarinette, ainsi que Fabien Descombs à la batterie. Par bonheur ici rien n’est fossilisé et tout est ouvert, ainsi les thèmes sont bien souvent prétextes à développements nouveaux et improvisations inspirées, de quoi nourrir l’esprit curieux et imaginatif de l’auditeur en attente…

Pour autant les thèmes sont souvent très connus et popularisés par le fougueux contrebassiste qui ne se lassait pas de les jouer, comme « Better Get It In Your Soul », « Ecclusiastics », « Pithecantropus Erectus », « Reincarnation Of A Loverbird », « Work Song » ou « Goodbye Pork Pie Hat » parmi les plus connus et les plus anciens du répertoire mingusien.

Le plaisir de l’écoute est grand chez l’amateur qui se régale de ces lectures novatrices, souvent inusitées ou même surprenantes, comme le véloce « Bird Calls ». Les trois ne se contentent pas d’une simple lecture, mais déposent l’empreinte d’une forte personnalité, qui dépasse l’œuvre originale pour lui offrir une nouvelle peau, un cachet neuf et actualisé.

Le son, enregistré aux studios La Buissonne est résolument sans défaut, lumineux et très spatial, il satisfera les plus exigeants.

Better git it in your soul


Pithecantropus erectus


Work song


Goodbye pork pie hat
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » sam. 11 avr. 2026 03:05

Soft Machine – Floating World Live.jpg
Soft Machine – Floating World Live.jpg (108.38 Kio) Vu 348 fois
Soft Machine – Floating World Live (2006)

Cet enregistrement absolument fantastique a été capté à Brème le vingt-neuf janvier de l’année soixante-quinze, le son est excellent et nous plonge direct dans les années bénies d’un Soft Machine de très haut vol, avec l’historique Mike Ratledge aux claviers et aux synthés.

Il est le dernier encore à porter la légitimité historique, le dernier témoin des débuts de l’aventure, il transmet d’une certaine façon, en même temps que le nom, l’esprit de cette musique, ce qu’elle contient d’unique et d’original, cette couleur exquise et inimitable, qui ne s’affadira guère à l’arrivée du « jazz-rock » et se perpétuera avec sa différence.

Les héritiers sont déjà là et Karl Jenkins n’est pas le dernier à porter la flamme. Il joue du hautbois, du sax soprano et, à l’occasion, du piano électrique, aux côtés de Ratledge. Il succède ainsi à Elton Dean, qui a quitté le navire après l’extraordinaire « Six », un autre sommet discographique. Jenkins prendra de l’importance à l’intérieur de la formation et en deviendra une sorte de leader après que Ratledge soit parti. Il compose et improvise avec talent tant au hautbois qu’au sax, se révélant décisif dans le son du groupe.

L’autre pôle important et même capital dans la couleur musicale de ce « Soft » de l’année soixante-quinze naissante, c’est l’extraordinaire guitariste Allan Holdsworth qui met le feu un peu partout, et scintille à chacune de ses interventions. Il joue même du violon sur « The Man Who Waved At Trains ».

La section rythmique est également phénoménale, John Marshall est à la batterie et aux percussions, il brille avec maestria sur « J.S.M. » qui prouve que les solos de batterie ne sont pas nécessairement ennuyeux, lui aussi est une grande figure du Soft Machine renouvelé, et appartient à la grande famille élargie.

Le bassiste Roy Babbington est lui aussi un membre du giron familial, il a enregistré sur « Fourth » et « 5 », avec Hugh Hopper, ainsi il possède toute la légitimité nécessaire et fait le job en conservant la couleur d’origine.

Malgré que le jazz rock bouillonne au-delà de l’Atlantique, et semble vouloir déferler sur le monde du rock à grands coups de fusion, les anglais, aux clefs de la Machine Molle, ne s’en laissent pas compter et offrent une alternative authentique et classieuse tout à fait crédible.

Beaucoup des pièces jouées sur cet album, six en fait, paraîtront en soixante-quinze sur l’album « Bundles » dans une version studio. Une réédition récente met cet album facilement à disposition.

Soft Machine - Bundles


Land Of The Bag Snake


The Man Who Waved At Trains


Riff III


Endgame
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Bebeto » sam. 11 avr. 2026 12:52

Je ne connaissais pas cet enregistrement, et en effet, « The Man Who Waved At Trains » et son violon est une belle pièce, de tous les titres que tu as proposés, c'est celui sur lequel j'ai envie de revenir. Les autres dépotent mais pas top pour moi, et puis Allan Holdsworth (en solo ou avec U.K. et ses multiples collaborations), comment dire, j'ai beaucoup, beaucoup de mal. Il existe de grands musiciens que je ne peux écouter sans m'ennuyer, John McLaughlin, Jean-Luc Ponty (mon grand-frère l'écoutait beaucoup, lui), l'immense Zappa.

Pour l'heure, j'écoute Cannoball Adderley - Accent on Africa '68}
Les types te mettent des congas et pensent "faire africain" à moindre frais. J'aime bien cette orientation, retour aux sources, qui a produit de beaux disques d'un jazz qui s'ouvrent aux racines. Mais, franchement, ici, nous nous trouvons plus dans le big band avec des congas afro-cubian "Marabi", matiné de jazz funk "Up and at it", que d'une réelle plongée dans les musiques du Noir Continent. Produit par David Axelrod, sorti chez Capitol, qui semble vouloir capitaliser sur une mode, on reste parfois perplexe à l'écoute de ce disque, pas mauvais en soi, mais, par bien des aspects, renvoie plus à l'exotica qu'au jazz free ou spiritual comme laisserait entendre le titre et la couvrante, comme en témoigne "Gunjah".
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Monsieur-Hulot » sam. 11 avr. 2026 17:23

Bebeto a écrit :
sam. 11 avr. 2026 12:52
... et puis Allan Holdsworth (en solo ou avec U.K. et ses multiples collaborations), comment dire, j'ai beaucoup, beaucoup de mal. ....
Pareil pour moi et pourtant quel musicien exceptionnel !
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par whereisbrian » sam. 11 avr. 2026 18:34

Douglas a écrit :
sam. 11 avr. 2026 03:05
Soft Machine – Floating World Live.jpg

Soft Machine – Floating World Live (2006)

Cet enregistrement absolument fantastique a été capté à Brème le vingt-neuf janvier de l’année soixante-quinze, le son est excellent et nous plonge direct dans les années bénies d’un Soft Machine de très haut vol, avec l’historique Mike Ratledge aux claviers et aux synthés.

Il est le dernier encore à porter la légitimité historique, le dernier témoin des débuts de l’aventure, il transmet d’une certaine façon, en même temps que le nom, l’esprit de cette musique, ce qu’elle contient d’unique et d’original, cette couleur exquise et inimitable, qui ne s’affadira guère à l’arrivée du « jazz-rock » et se perpétuera avec sa différence.

Les héritiers sont déjà là et Karl Jenkins n’est pas le dernier à porter la flamme. Il joue du hautbois, du sax soprano et, à l’occasion, du piano électrique, aux côtés de Ratledge. Il succède ainsi à Elton Dean, qui a quitté le navire après l’extraordinaire « Six », un autre sommet discographique. Jenkins prendra de l’importance à l’intérieur de la formation et en deviendra une sorte de leader après que Ratledge soit parti. Il compose et improvise avec talent tant au hautbois qu’au sax, se révélant décisif dans le son du groupe.

L’autre pôle important et même capital dans la couleur musicale de ce « Soft » de l’année soixante-quinze naissante, c’est l’extraordinaire guitariste Allan Holdsworth qui met le feu un peu partout, et scintille à chacune de ses interventions. Il joue même du violon sur « The Man Who Waved At Trains ».

La section rythmique est également phénoménale, John Marshall est à la batterie et aux percussions, il brille avec maestria sur « J.S.M. » qui prouve que les solos de batterie ne sont pas nécessairement ennuyeux, lui aussi est une grande figure du Soft Machine renouvelé, et appartient à la grande famille élargie.

Le bassiste Roy Babbington est lui aussi un membre du giron familial, il a enregistré sur « Fourth » et « 5 », avec Hugh Hopper, ainsi il possède toute la légitimité nécessaire et fait le job en conservant la couleur d’origine.

Malgré que le jazz rock bouillonne au-delà de l’Atlantique, et semble vouloir déferler sur le monde du rock à grands coups de fusion, les anglais, aux clefs de la Machine Molle, ne s’en laissent pas compter et offrent une alternative authentique et classieuse tout à fait crédible.

Beaucoup des pièces jouées sur cet album, six en fait, paraîtront en soixante-quinze sur l’album « Bundles » dans une version studio. Une réédition récente met cet album facilement à disposition.

Soft Machine - Bundles


Land Of The Bag Snake


The Man Who Waved At Trains


Riff III


Endgame
J'ai cet album en CD, la version non remastérisée, ainsi que Bundles en LP.
Le titre, Floating World, en live, est absolument extraordinaire, un de mes morceaux fétiche.

Le reste de l'album est bien aussi, mais je comprends que l'on puisse être rebuté par la technicité (et la virtuosité) des musiciens.

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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 12 avr. 2026 04:49

Je réponds groupé à vous interventions multiples, motivées et circonstanciées...

Mon histoire personnelle fait que je suis quasi resté deux mois sevré de musique, ce qui me pose dans une situation nouvelle, un peu désarmante. Pour écrire un peu, il me fallait me plonger environ entre 45 et deux heures de musique quotidienne.

Restent les souvenirs qui me tiennent et ce retour, en fait avec le Larry Coryell, les autres textes précédents (meilleurs) étant rattachées à l'ancienne période. Dans mon esprit une bonne partie du jazz-rock est à balancer, avec l'ennui qui pointe, ce sentiment est né assez vite chez moi, comme chez beaucoup, à la "mode" jazz-rock assez vite devenue invasive. Aujourd'hui on fait le tri.

Chacun à sa façon, je suppose. Pour ce qui me concerne je sauve "Soft machine" du naufrage, les deux premiers albums à part sont hors catégorie, le troisième est devenu "culte" pour beaucoup, le débat commençant avec le quatrième et cette "froideur" déjà attribuée à Ratledge.

Pour ma part il fait partie, avec les "VI" de ceux que j'ai le plus écouté, presque par cœur, j'en suis imprégné et je n'ai jamais lâché l'affaire, me réjouissant des inédits et des concerts exhumés de temps en temps...

C'est vrai que l'on peut faire des listes de musiciens ou d'albums (c'est plus facile) devenus ennuyeux. Ponty cité plus haut pourrait convenir assez bien, mais je vous parlerai bientôt de son album de 64 qui m'a vraiment plu. Zappa également a traversé des périodes peu inspirées, mais d'autres, sont fantastiques et il est difficile de généraliser...

Sur cet album les trois premiers titres s'enquillent en fait comme une suite d'un quart d'heure, difficile à scinder, qui forme le sommet de l'album probablement, avec « The Man Who Waved At Trains » relevé plus haut. Allan Holdsworth me paraît relativement discret sur cet enregistrement et j'en aurais souhaité davantage pour être sincère, mais les goûts et les couleurs ... Il faut dire que j'ai été durablement marqué par le "Birds of Fire " de McLaughlin, ce qui pourrait expliquer la chose...

En matière de musique chacun est le meilleur juge car beaucoup est subjectivité. Holdsworth est reconnu plus haut comme un "musicien exceptionnel" ce que tout le monde lui accordera pour sa technique et sa virtuosité, mais, à l'image d'un Zorn, certains lui reprocheront une perfection formelle qui parfois manque un peu d'âme...

Il est intéressant de noter que, dans l'évolution musicale, ce débat a été vif et généralisé précisément avec la mise en avant du jazz-rock dans les médias. Mais ici on aime tout, y compris le punk et ses limites techniques, pourvu qu'il y ait l'énergie...
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 12 avr. 2026 04:55

Shabaka – Of The Earth.jpg
Shabaka – Of The Earth.jpg (57.21 Kio) Vu 251 fois
Shabaka – Of The Earth – (2026)

Et voici le nouvel album de Shabaka Hutchings, autrefois fer de lance du renouveau « jazz » de la scène londonienne, avec « The Comet is Coming » et surtout « Sons of Kemet ». Depuis Shabaka a tourné une page pourtant prometteuse, pour effectuer un virage artistique, acceptant par avance les risques corrélés à une telle démarche.

Il a même déposé les saxs et la clarinette pour se tourner vers les flûtes, un monde en soi ! Alors on ne sait de quel côté prendre ce virage aventureux. Il en profite même pour produire l’album, le mixer, l’écrire de A à Z et le sortir sur ce nouveau label « Shabaka Records », avec le sigle « SR001 ».

Le mieux c’est d’écouter, de découvrir ces musiques nouvelles ma foi plutôt grandioses et magnifiques, ces douze plages toutes différentes et plutôt cousines qui avancent avec une belle modernité, intégrant l’ancien et le nouveau. Le lyrisme est toujours là, avec « Stand Firm » par exemple, Shabaka introduit un rap également, « Astray » qui va bien.

Les flûtes sont convoquées sur « Step Lightly » puissamment pulsé par une rythmique sans faille, la guitare électrique se joint à la démesure ambiante sur « Call the Power » et chaque pièce envoûte de son parfum unique un album tout en finesse et en touches sonores multiples et inattendues.

« Marwa the Mountain » avec sa puissante rythmique et son sax écorché va fort également, bousculant l’ordre avec klaxon et laissez passer… L’ambiant n’est pas forcément très loin non plus, le temps d’un bref « Space Time » qui s’ouvre au final « Eyes Lowered » … Juste le temps de fermer le ban…

Shabaka s’approprie mieux que personne le souffle de la modernité musicale, pour en faire un fascinant voyage multiforme, un album dont on n’a pas fini de faire le tour…

A Future Untold


Those Of The Sky


Step Lightly


Call The Power


Marwa The Mountain
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Monsieur-Hulot » dim. 12 avr. 2026 06:37

C'est curieux mais à l'écouter, j'ai l'impression que ce ne sont pas de vraies flûtes mais de la synthèse, me trompé-je ou mes portugaises font le Paris-Dakar ? :gratzzz:
Capture d’écran 2026-04-12 à 08.38.29.png
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Piranha » dim. 12 avr. 2026 07:21

Monsieur-Hulot a écrit :
sam. 11 avr. 2026 17:23
Bebeto a écrit :
sam. 11 avr. 2026 12:52
... et puis Allan Holdsworth (en solo ou avec U.K. et ses multiples collaborations), comment dire, j'ai beaucoup, beaucoup de mal. ....
Pareil pour moi et pourtant quel musicien exceptionnel !
Et bien c'est le contraire pour moi (après je sais que j'ai un petit faible pour ces musiciens de Jazz ou non un peu démonstratifs ave leur guitare ; surtout pour la période des années 80 :) )
Et puis admirez cette belle pochette par exemple

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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Monsieur-Hulot » dim. 12 avr. 2026 07:52

:hehe: :hehe: :hehe: C'est atroce, on l'avait déjà vue sul' forum :hehe:
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 12 avr. 2026 07:59

Monsieur-Hulot a écrit :
dim. 12 avr. 2026 06:37
C'est curieux mais à l'écouter, j'ai l'impression que ce ne sont pas de vraies flûtes mais de la synthèse, me trompé-je ou mes portugaises font le Paris-Dakar ? :gratzzz:Capture d’écran 2026-04-12 à 08.38.29.png
Le tournant pris par Shabaka est un virage à 90° dans la conception et la démarche, avec une modification dans le format, souvent autour des 3 ou 4 minutes, l'écriture beaucoup plus travaillée, la performance créé avec les aides du studio et du travail sur le son, jusque dans les détails, puisqu'il mixe les pistes lui-même, il maîtrise tout jusqu'à la production finale.
Il joue cependant de vrais instruments et en travaille le son, c'est du moins comme ça que je le comprends.
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Monsieur-Hulot » dim. 12 avr. 2026 09:24

Oui je crois que tu es dans le vrai, j'ai cherché après mon écoute et j'ai vu qu'il était vraiment le flûtiste de ses oeuvres. La façon de faire sonner la flûte a t'elle changé à ce point ? J'ai une fille flûtiste remarquablement douée et j'ai grandi chez Jethro Tull :]
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 12 avr. 2026 09:59

Monsieur-Hulot a écrit :
dim. 12 avr. 2026 09:24
Oui je crois que tu es dans le vrai, j'ai cherché après mon écoute et j'ai vu qu'il était vraiment le flûtiste de ses oeuvres. La façon de faire sonner la flûte a t'elle changé à ce point ? J'ai une fille flûtiste remarquablement douée et j'ai grandi chez Jethro Tull :]
Shabaka a fréquenté le fameux André 3000 !

We will dance again...

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Algernon
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Algernon » dim. 12 avr. 2026 12:58

Monsieur-Hulot a écrit :
sam. 11 avr. 2026 17:23
Bebeto a écrit :
sam. 11 avr. 2026 12:52
... et puis Allan Holdsworth (en solo ou avec U.K. et ses multiples collaborations), comment dire, j'ai beaucoup, beaucoup de mal. ....
Pareil pour moi et pourtant quel musicien exceptionnel !
Assez pareil. Pas "beaucoup, beaucoup", mais... bon, c'est pour chipoter un minimum.
Rien que Tempest.
Soft Machine, ça va encore, je trouve que son style colle bien au son du groupe à l'époque.
U.K. > un album que je respecte trop malgré tout.
Je ne suis pas trop vieux pour ces conneries.

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