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Message par alcat01 » jeu. 4 mai 2023 07:52

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1954
My Favorite Things (1961)
Bien qu'apparemment impossible à comprendre, ce point de repère du jazz réalisée en 1960 a été enregistrée en moins de trois jours. Il est d'autant plus remarquable que les mêmes sessions qui ont donné naissance à My Favorite Things ont également servi de base à la plupart des albums Coltrane Plays the Blues, Coltrane's Sound et Coltrane Legacy. Il est facile de comprendre l'attrait que ces faces continuent de susciter. Le style des solos du quartette - qui comprend Coltrane (saxophone soprano et ténor), McCoy Tyner (piano), Steve Davis (basse) et Elvin Jones (batterie) - permet des passages exécutés avec goût, à la manière du Quintette de Miles Davis, un trait que Coltrane a sans aucun doute perfectionné pendant son séjour dans ce groupe.
Chaque morceau de cet album est un plaisir à revisiter. Le summum de l'écoute réside peut-être dans la capacité de ce quartet à ne pas se laisser submerger par le soliste. De même, ils sont capables de faire avancer les grooves subrepticement et sans entrave. Par exemple, le soutien que le trio - et plus particulièrement Tyner - apporte à Coltrane sur le morceau-titre enroule la mélodie autour d'elle-même. Cependant, au lieu de s'enchevêtrer et d'être sans direction, ces accompagnements musicaux définissent en même temps la direction que prend le morceau. En tant que soliste, les passages définitifs du sax soprano sur le standard de Cole Porter "Everytime We Say Goodbye" et les solos de ténor sur "But Not for Me" font de Coltrane un pionnier des deux instruments.
Lindsay Planer

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Message par alcat01 » jeu. 4 mai 2023 08:49

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1955
Devils Creek - Teeth
L'écoute du travail passé de Devils Creek suffirait à vous convaincre que le groupe a été une expérience de congélation cryogénique dans les années 70, et qu'après avoir été décongelé en 2006, il a repris là où il s'était arrêté. Connu pour avoir un son hard rock/blues très typique des années 70, Devils Creek a été traité comme une sorte de machine à remonter le temps, fournissant de la musique actuelle à tous les auditeurs qui regrettent désespérément la simplicité de la musique des générations passées.
Bien sûr, Devils Creek a été critiqué de temps en temps pour n'avoir jamais vraiment apporté quelque chose de nouveau. Leur quatrième album, Teeth, semble être une tentative de remédier à cela. Les changements sont subtils, et certainement pas de nature à offenser leur base de fans. Les lignes de basse bénéficient parfois d'un traitement spécial. "Heartbreaker" est en fait construit autour d'un riff de basse. Les morceaux les plus forts semblent être ceux qui sont plus orientés vers le riff, avec généralement une guitare acoustique de style sudiste jouée avec un slide, comme dans "Me and the Devil" et "In the Box". Les fans de longue date apprécieront particulièrement des chansons comme "Summer Rain", qui ressemble à une chanson de hard rock britannique des années 70 rappelant The Sweet (et, bien sûr, les éternelles comparaisons avec Rory Gallagher s'appliquent ici aussi).

Dans l'ensemble, Teeth donne l'impression de s'efforcer de créer un son "Devils Creek" distinctif, mais plutôt que de l'adopter pleinement, l'album choisit de l'effleurer à l'occasion. Cependant, Devil Creek réussit à faire en sorte que cela fonctionne. "Hippy Ways" ne peut pas être considéré comme une incarnation du hard rock des années 70, mais il ne peut pas non plus être qualifié d'autre chose. "Atonement" est tout aussi perplexe - presque une ballade, mais pas tout à fait, culminant finalement dans un solo de guitare bien exécuté. L'album se termine par un morceau de blues traditionnel à douze mesures, "No Way to Live". D'une durée de sept minutes et demie, ce morceau orienté vers le jam est le plus long de l'album.

Teeth ne s'éloigne en rien des trois précédents albums de Devils Creek. Au contraire, les différences subtiles de Teeth permettent de créer des chansons et des sons qui se contrastent agréablement tout en s'inscrivant confortablement dans le paradigme de Devils Creek. Hard Rock pour les fans de hard rock, Devils Creek a découvert ce qu'il fait le mieux et sur Teeth, il le fait.
Richard MacDougall

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Message par Cooltrane » jeu. 4 mai 2023 12:29

alcat01 a écrit :
jeu. 4 mai 2023 06:54
Tekilla1953 a écrit :
jeu. 4 mai 2023 04:33
Cooltrane a écrit :
mer. 3 mai 2023 19:55
En fait, c'est un de ces groupe plus à chanson que d'album et j'avais fini par me faire une excellente compile sur une face A de Maxell XL-IIS, seul truc que j'aie encre d'eux, avec l'excellent Live (le double de 1970), où la plupart des titres sont meilleurs sur scène qu'en studio.

je n'ai pas suivi passé For Ladies Only, n'ayant jamais écouté les albums de reformation 73/78, chez un autre label
Je confirme, le double album Live est une tuerie avec en plus la reprise inédite (on ne la retrouve pas sur les albums précédents il me semble) de Corina, Corina, une perle :super:. Aprés l'album monster et l'album 7 font aussi partie de mes préférés :chapozzz:
C'était un groupe scénique avant tout!
C'est en public que ces formations démontrent leur véritable potentiel...
Oui, booooffff encore.

Si c'est sans doute vrai musicalement (à une certaine époque), d'un PDV spectacle, le groupe était rien de spécial non plus.


Un des pires concerts que j'aie vu, c'était Steppenwolf durant les 80's. En plus le son était pourrave de chez pourriture.

accessoirement, il y a ceci qui vient d'être re-découvert très récemment:
leur participation dans un concert dans le Limbourg belge, je crois.



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Message par alcat01 » jeu. 4 mai 2023 13:22

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1956

Roadhouse Boogie 2004
The Savoy Truffle est un super quintuor composé de Southern Rockers venus du Japon qui signe là un album trés riche orienté plus que jamais vers l'Allman Brothers Band ou Gov't Mule. Les compositions sont solides avec une reprise intéressante (Chevrolet), des solos de guitares inspirés créés un guitariste jouant de sa Les Paul comme Warren Haynes, Duane Allman ou encore Dickey Betts, un bassiste de l'école des Dusty Hill, Allen Woody, Gregg Walker, Gregg McGregor, et un chanteur empruntant autant à Warren Haynes qu'à Gregg Allman! Un timbre moins grave, plus sombre que ces derniers, avec un petit côté à peine nasillard, et un chant plus vindicatif. Un chanteur qui utilise parfois son harmonica sur des Blues Rocks fiévreux, pour en tirer des sons fulgurants (plus mesuré qu'accoutumé sur la présente reprise de "Chevrolet"). Le tout emmené par une paire de drummers plus qu'intraitables (le second batteur fait office de percussionniste sur certains morceaux) ce qui fait pulser les chansons de manière irrésistible.
On notera aussi que The Savoy Truffle, groupe phare du genre au Japon, n'a pas peur de repousser les limites du genre Southern Rock avec des lignes de basse funky et des percussions complexes. Toshihiro Sumitomo propose une fois de plus de superbes solos de guitare en pariculier sur "I'll Never Know".
En fait, Il est difficile de savoir si The Savoy Truffle est un groupe mélangeant différents styles dans le but de trouver sa propre identité ou s'il s'agit simplement d'un groupe de Southern Rock / Blues qui refuse d'être catalogué.
Ce CD offre tout ce que le fan du genre désire: de la slide guitare, de l'harmonica, un bon travail solo, des compositions intéressantes et un très bon chanteur. Cependant, son nom ici n'est pas, comme d'habitude, "John Reddings" ou encore "James Barkley" mais Monji Kadowaki.
En parlant de celui-ci, la façon dont il chante rappelle un certain Doug Pinnik de Kings X..
Comment peut-on définit leur style? Certainement un groupe à percussions, qui apposent leurs propres empreintes sur chaque morceau, mais aussi de petites incursions dans la jam. Un bon exemple en est la chanson "Chevrolet".
Bien que tous leurs disques soient bons, et fortement recommandables, celui-ci se distingue des précédents, grâce notamment à une meilleure production, ainsi que par des percussions plus prononcées, plus marquées; un des batteurs se consacrant désormais exclusivement aux percussions. Dorénavant, les diverses percussions, et l'interaction entre les deux protagonistes, insufflent un rythme, une pulsation parallèle élargissant l'espace sonore.
Du Heavy Southern-rock, bluesy, groovy, gras, épais, puissant, suant, communicatif, sincère, et doté d'une personnalité marquée. Ces gars là n'ont de Japonais que leur nationalité, et leur physionomie. Leur cœur, lui, est Américain, et plus exactement du Sud des USA. Ces musiciens ont été nourris à ce que la scène de Rock Sudiste, et de Heavy Blues Rock, de l'Amérique du Nord a de mieux, en passant par quelques grands noms du Classic-Rock (version Hard-Blues) du début des 70's. Et ils ont le feu sacré!...
La réalisation est pointue. Le son de la guitare solo est assez pétillant. The Savoy Truffle et les producteurs exécutifs Kiyoto Tsuda et Takahiko Kagami ont fait un excellent travail. Surtout avec le rock sudiste, tout est surtout question de son authentique. Combien de conneries ont déjà été construites dans le domaine du son dans le passé ! Mais tout va bien avec cette production.

Le premier morceau, "Out In The Rain" est une bonne tranche de rock sudiste brut. Un grand riff de slide guitare forme un cadre superbe pour la chanson. Tenu au même rythme, il fera probablement bientôt partie du programme standard des différentes soirées de scène.
La chanson "Until You Can Feel It" impressionne par sa durée de lecture de plus de 8 minutes. C'est un morceau lent, mais, contrairement à tant d'effusions balladesques de certains groupes, il ne sonne pas du tout rassis. Au milieu de la chanson suit un agréable solo de guitare. Le son intense de la six-cordes vaut à lui seul le plaisir d'apprécier le solo. Cette chanson n'a définitivement pas été composée car il fallait absolument une ballade sur l'album.
"Don't Beat Around The Bush" aurait tout aussi bien pu être écrit par Gregg Allman lui-même. Les arrangements rappellent fortement ses chansons, mais ce ne sont pas des plagiats. Le groupe en fait sa propre ceéation. Le morceau se présente comme lâche et moelleux, les percussions et le solo de guitare sont la cerise sur le gâteau.
Sumitomo-San n'a pas besoin de se cacher derrière les grands du genre. Il le montre très clairement à son avantage dans "Don't Beat Around The Bush".
Le classique du Southern Boogie, "Bring You Down", est malheureusement trop court. Néanmoins, le groupe réunit une bonne écriture, une bonne interprétation et un très bon feeling.

Pour le coup, cette formation s'inscrit dans le peloton de tête des nouveaux groupes de Southern de la décennie.
Hélas, "Roadhouse Boogie" sera le dernier album en tant que the Savoy Truffle. En effet, suite au départ de Moji Kadowaki, le groupe a eu le courage, alors que leur notoriété commençait à s'étendre (très bien accueilli en concert en Espagne, Allemagne et en Scandinavie), de repartir à zéro après la rupture de contrat de leur chanteur.
Les musiciens restants ont estimé qu'en son absence, il ne convenait pas de garder le même patronyme. Ainsi, ils ont opté pour Bluestone & Co.
Sous ce patronyme, ils ont depuis réalisé trois disques. Un instrumental, plus d'obédience "Jam Band", et deux autres avec l'Américain Chris Duarte (qui joue naturellement aussi de la guitare); avec cette fois-ci, la facette Blues Rock plus présente, surtout sur le dernier essai ("396"), où Duarte y est plus impliqué (c'est alors plus une union qu'une simple collaboration).

Modifié en dernier par alcat01 le jeu. 5 mars 2026 16:09, modifié 1 fois.

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Message par alcat01 » jeu. 4 mai 2023 14:48

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1957
1969 : At Your Birthday Party
Vous savez, un mauvais disque peut au final se montrer très sympathique. Un 33-tours peut avoir l’apparence d’une grande platitude, ce n’est pas pour autant qu’on va le détester. Il faut toutefois du recul et plusieurs écoutes pour cela. Mais si au final on le trouve attachant, on ne peut nier que ce disque illustre une descente aux enfers qui va se poursuivre pouvant mener à l’oubli. C’est le cas de At Your Birthday Party, 3ème opus de Steppenwolf.

Toutefois avant d’évoquer le contenu, parlons de l’illustration. Un montage où la photo du groupe aux tronches franchement pas fréquentables est collée sur des soldats de la première guerre mondiale ayant une tête de Mickey prêts à s’entretuer avec en titre « Steppenwolf à votre fête d’anniversaire ». Il faut rappeler que les USA sont empêtrés dans le bourbier vietnamien. Steppenwolf groupe engagé, dénonce ainsi l’absurdité de la guerre. Pour donner un ton apocalyptique, le combo a utilisé une photo d’un ampli de Canned Heat qui a cramé suite à un incendie. Steppenwolf et Canned Heat se côtoyant souvent, il s’agit d’un clin d’œil au groupe d’Alan Wilson.

Si The Second, le Lp précédent n’avait pas le niveau explosif du premier album et son hit fracassant « Born To Be Wild », il se montrait tout de même plus qu’honorable. Les 13 pièce de At Your Birthday Party dévoilent un groupe qui semble manquer d’inspiration. Cela peut s’expliquer par des divergences au sein du combo. Le leadership imposé par John Kay est parait-il remis en cause. Ces premières fissures provoquent le départ de Rushton Moreve (se faisant oublier, il décède en juillet 1981) vite remplacé par le bassiste Nick St. Nicholas (un ancien de The Sparow, ancien nom de Steppenwolf qui entretemps joua pour T.I.M.E.). Ce dernier rejoint donc le chanteur John Kay à la voix nerveuse, le batteur Jerry Edmonton, l’organiste Goldy McJohn et le guitariste Michael Monarch. Mais ce changement de personnel est-il la seule explication ? Pressé par le label ABC Dunhill de publier deux albums par an, John Kay a épuisé toutes ses idées et Steppenwolf se retrouve à sec. Et pas la peine d’appeler Mars Bonfire à la rescousse, il est aux abonnés absents. Toutefois, si l’on excepte les interludes franchement inutiles (l’idiot « Sleeping Dreaming » ainsi que l’instrumental boogie « Cat Killer » qui fait bouche troue) et l’expérience exotique affreuse qu’est « Mango Juice », le loup des steppes a encore de bonnes idées à défendre comme le banal mais solide « Rock Me », un hard rock au break tribal. Le disque débute comme toujours chez Steppenwolf, pied au plancher avec une intro à la Eddie Cochran dans « Don’t Cry » monté comme une horloge électrique et psychédélique. « Chicken Wolf » qui suit est un bon rhythm & blues tendu et sournois. « Round And Down » est une sorte de country bluegrass malsaine sous acide. Bien sur le groupe offre d’autres bonnes chansons hard rock comme le pesant « Jupiter’s Child » et le bluesy « God Fearing Man » accompagné d’un mélodieux piano. Mais pour un groupe qui se doit de proposer un rock rude, c’est plutôt dans les balades que Steppenwolf s’illustre (à l’exception je vous l’accorde, du très naïf « Lovely Meter » chanté par Jerry Edmonton bon pour un dessin animé manga). Car malgré son côté vicieux « God Fearing Man » sonne comme tel. Des balades qui vont jouer sur les émotions avec le mélancolique et paisible « She’ll Be Better » chanté par Jerry Edmonton et traversé d’un beau solo de guitare, le bouleversant « It’s Never Too Late » ainsi que le poignant et nostalgique « Happy Birthday » en conclusion avec son orgue à fleur de peau ne pouvant empêcher de perler une larme. Le festival de Woodstock n’a pas encore eu lieux mais l’esprit y est.

At Your Birthday Party sort en mars 1969. Un mois plus tôt en Angleterre, Led Zeppelin publiait son premier album, une bombe de hard rock incendiaire jamais entendu auparavant aux conséquences cataclysmiques. Steppenwolf apparu un an plus tôt fait déjà parti du passé. Toutefois, l’animal blessé n’a pas lancé son dernier hurlement.
jeanjacquesperez

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Re: à l'écoute chez Alcat01 en ce moment

Message par Titis » jeu. 4 mai 2023 14:52

alcat01 a écrit :
jeu. 4 mai 2023 13:22
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Roadhouse Boogie 2004
The Savoy Truffle est un super quintuor composé de Southern Rockers venus du Japon qui signe là un album trés riche orienté plus que jamais vers l'Allman Brothers Band ou Gov't Mule. Les compositions sont solides avec une reprise intéressante (Chevrolet), des solos de guitares inspirés créés un guitariste jouant de sa Les Paul comme Warren Haynes, Duane Allman ou encore Dickey Betts, un bassiste de l'école des Dusty Hill, Allen Woody, Gregg Walker, Gregg McGregor, et un chanteur empruntant autant à Warren Haynes qu'à Gregg Allman! Un timbre moins grave, plus sombre que ces derniers, avec un petit côté à peine nasillard, et un chant plus vindicatif. Un chanteur qui utilise parfois son harmonica sur des Blues Rocks fiévreux, pour en tirer des sons fulgurants (plus mesuré qu'accoutumé sur la présente reprise de "Chevrolet"). Le tout emmené par une paire de drummers plus qu'intraitables (le second batteur fait office de percussionniste sur certains morceaux) ce qui fait pulser les chansons de manière irrésistible.
On notera aussi que The Savoy Truffle, groupe phare du genre au Japon, n'a pas peur de repousser les limites du genre Southern Rock avec des lignes de basse funky et des percussions complexes. Toshihiro Sumitomo propose une fois de plus de superbes solos de guitare en pariculier sur "I'll Never Know".
En fait, Il est difficile de savoir si The Savoy Truffle est un groupe mélangeant différents styles dans le but de trouver sa propre identité ou s'il s'agit simplement d'un groupe de Southern Rock / Blues qui refuse d'être catalogué.
Ce CD offre tout ce que le fan du genre désire: de la slide guitare, de l'harmonica, un bon travail solo, des compositions intéressantes et un très bon chanteur. Cependant, son nom ici n'est pas, comme d'habitude, "John Reddings" ou encore "James Barkley" mais Monji Kadowaki.
En parlant de celui-ci, la façon dont il chante rappelle un certain Doug Pinnik de Kings X..
Comment peut-on définit leur style? Certainement un groupe à percussions, qui apposent leurs propres empreintes sur chaque morceau, mais aussi de petites incursions dans la jam. Un bon exemple en est la chanson "Chevrolet".
Bien que tous leurs disques soient bons, et fortement recommandables, celui-ci se distingue des précédents, grâce notamment à une meilleure production, ainsi que par des percussions plus prononcées, plus marquées; un des batteurs se consacrant désormais exclusivement aux percussions. Dorénavant, les diverses percussions, et l'interaction entre les deux protagonistes, insufflent un rythme, une pulsation parallèle élargissant l'espace sonore.
Du Heavy Southern-rock, bluesy, groovy, gras, épais, puissant, suant, communicatif, sincère, et doté d'une personnalité marquée. Ces gars là n'ont de Japonais que leur nationalité, et leur physionomie. Leur cœur, lui, est Américain, et plus exactement du Sud des USA. Ces musiciens ont été nourris à ce que la scène de Rock Sudiste, et de Heavy Blues Rock, de l'Amérique du Nord a de mieux, en passant par quelques grands noms du Classic-Rock (version Hard-Blues) du début des 70's. Et ils ont le feu sacré!...
La réalisation est pointue. Le son de la guitare solo est assez pétillant. The Savoy Truffle et les producteurs exécutifs Kiyoto Tsuda et Takahiko Kagami ont fait un excellent travail. Surtout avec le rock sudiste, tout est surtout question de son authentique. Combien de conneries ont déjà été construites dans le domaine du son dans le passé ! Mais tout va bien avec cette production.

Le premier morceau, "Out In The Rain" est une bonne tranche de rock sudiste brut. Un grand riff de slide guitare forme un cadre superbe pour la chanson. Tenu au même rythme, il fera probablement bientôt partie du programme standard des différentes soirées de scène.
La chanson "Until You Can Feel It" impressionne par sa durée de lecture de plus de 8 minutes. C'est un morceau lent, mais, contrairement à tant d'effusions balladesques de certains groupes, il ne sonne pas du tout rassis. Au milieu de la chanson suit un agréable solo de guitare. Le son intense de la six-cordes vaut à lui seul le plaisir d'apprécier le solo. Cette chanson n'a définitivement pas été composée car il fallait absolument une ballade sur l'album.
"Don't Beat Around The Bush" aurait tout aussi bien pu être écrit par Gregg Allman lui-même. Les arrangements rappellent fortement ses chansons, mais ce ne sont pas des plagiats. Le groupe en fait sa propre ceéation. Le morceau se présente comme lâche et moelleux, les percussions et le solo de guitare sont la cerise sur le gâteau.
Sumitomo-San n'a pas besoin de se cacher derrière les grands du genre. Il le montre très clairement à son avantage dans "Don't Beat Around The Bush".
Le classique du Southern Boogie, "Bring You Down", est malheureusement trop court. Néanmoins, le groupe réunit une bonne écriture, une bonne interprétation et un très bon feeling.

Pour le coup, cette formation s'inscrit dans le peloton de tête des nouveaux groupes de Southern de la décennie.
Hélas, "Roadhouse Boogie" sera le dernier album en tant que the Savoy Truffle. En effet, suite au départ de Moji Kadowaki, le groupe a eu le courage, alors que leur notoriété commençait à s'étendre (très bien accueilli en concert en Espagne, Allemagne et en Scandinavie), de repartir à zéro après la rupture de contrat de leur chanteur.
Les musiciens restants ont estimé qu'en son absence, il ne convenait pas de garder le même patronyme. Ainsi, ils ont opté pour Bluestone & Co.
Sous ce patronyme, ils ont depuis réalisé trois disques. Un instrumental, plus d'obédience "Jam Band", et deux autres avec l'Américain Chris Duarte (qui joue naturellement aussi de la guitare); avec cette fois-ci, la facette Blues Rock plus présente, surtout sur le dernier essai ("396"), où Duarte y est plus impliqué (c'est alors plus une union qu'une simple collaboration).

J'adore ce groupe de rock sudiste et je possède cet album en cd , les autres était trop cher pour moi , par contre ils sont tous super avec de belles pochettes
Je conseille très fortement ce groupe à tout amateur du genre :pluzzz1:





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Re: à l'écoute chez Alcat01 en ce moment

Message par alcat01 » jeu. 4 mai 2023 15:32

Titis a écrit :
jeu. 4 mai 2023 14:52
alcat01 a écrit :
jeu. 4 mai 2023 13:22
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Roadhouse Boogie 2004
The Savoy Truffle est un super quintuor composé de Southern Rockers venus du Japon qui signe là un album trés riche orienté plus que jamais vers l'Allman Brothers Band ou Gov't Mule. Les compositions sont solides avec une reprise intéressante (Chevrolet), des solos de guitares inspirés créés un guitariste jouant de sa Les Paul comme Warren Haynes, Duane Allman ou encore Dickey Betts, un bassiste de l'école des Dusty Hill, Allen Woody, Gregg Walker, Gregg McGregor, et un chanteur empruntant autant à Warren Haynes qu'à Gregg Allman! Un timbre moins grave, plus sombre que ces derniers, avec un petit côté à peine nasillard, et un chant plus vindicatif. Un chanteur qui utilise parfois son harmonica sur des Blues Rocks fiévreux, pour en tirer des sons fulgurants (plus mesuré qu'accoutumé sur la présente reprise de "Chevrolet"). Le tout emmené par une paire de drummers plus qu'intraitables (le second batteur fait office de percussionniste sur certains morceaux) ce qui fait pulser les chansons de manière irrésistible.
On notera aussi que The Savoy Truffle, groupe phare du genre au Japon, n'a pas peur de repousser les limites du genre Southern Rock avec des lignes de basse funky et des percussions complexes. Toshihiro Sumitomo propose une fois de plus de superbes solos de guitare en pariculier sur "I'll Never Know".
En fait, Il est difficile de savoir si The Savoy Truffle est un groupe mélangeant différents styles dans le but de trouver sa propre identité ou s'il s'agit simplement d'un groupe de Southern Rock / Blues qui refuse d'être catalogué.
Ce CD offre tout ce que le fan du genre désire: de la slide guitare, de l'harmonica, un bon travail solo, des compositions intéressantes et un très bon chanteur. Cependant, son nom ici n'est pas, comme d'habitude, "John Reddings" ou encore "James Barkley" mais Monji Kadowaki.
En parlant de celui-ci, la façon dont il chante rappelle un certain Doug Pinnik de Kings X..
Comment peut-on définit leur style? Certainement un groupe à percussions, qui apposent leurs propres empreintes sur chaque morceau, mais aussi de petites incursions dans la jam. Un bon exemple en est la chanson "Chevrolet".
Bien que tous leurs disques soient bons, et fortement recommandables, celui-ci se distingue des précédents, grâce notamment à une meilleure production, ainsi que par des percussions plus prononcées, plus marquées; un des batteurs se consacrant désormais exclusivement aux percussions. Dorénavant, les diverses percussions, et l'interaction entre les deux protagonistes, insufflent un rythme, une pulsation parallèle élargissant l'espace sonore.
Du Heavy Southern-rock, bluesy, groovy, gras, épais, puissant, suant, communicatif, sincère, et doté d'une personnalité marquée. Ces gars là n'ont de Japonais que leur nationalité, et leur physionomie. Leur cœur, lui, est Américain, et plus exactement du Sud des USA. Ces musiciens ont été nourris à ce que la scène de Rock Sudiste, et de Heavy Blues Rock, de l'Amérique du Nord a de mieux, en passant par quelques grands noms du Classic-Rock (version Hard-Blues) du début des 70's. Et ils ont le feu sacré!...
La réalisation est pointue. Le son de la guitare solo est assez pétillant. The Savoy Truffle et les producteurs exécutifs Kiyoto Tsuda et Takahiko Kagami ont fait un excellent travail. Surtout avec le rock sudiste, tout est surtout question de son authentique. Combien de conneries ont déjà été construites dans le domaine du son dans le passé ! Mais tout va bien avec cette production.

Le premier morceau, "Out In The Rain" est une bonne tranche de rock sudiste brut. Un grand riff de slide guitare forme un cadre superbe pour la chanson. Tenu au même rythme, il fera probablement bientôt partie du programme standard des différentes soirées de scène.
La chanson "Until You Can Feel It" impressionne par sa durée de lecture de plus de 8 minutes. C'est un morceau lent, mais, contrairement à tant d'effusions balladesques de certains groupes, il ne sonne pas du tout rassis. Au milieu de la chanson suit un agréable solo de guitare. Le son intense de la six-cordes vaut à lui seul le plaisir d'apprécier le solo. Cette chanson n'a définitivement pas été composée car il fallait absolument une ballade sur l'album.
"Don't Beat Around The Bush" aurait tout aussi bien pu être écrit par Gregg Allman lui-même. Les arrangements rappellent fortement ses chansons, mais ce ne sont pas des plagiats. Le groupe en fait sa propre ceéation. Le morceau se présente comme lâche et moelleux, les percussions et le solo de guitare sont la cerise sur le gâteau.
Sumitomo-San n'a pas besoin de se cacher derrière les grands du genre. Il le montre très clairement à son avantage dans "Don't Beat Around The Bush".
Le classique du Southern Boogie, "Bring You Down", est malheureusement trop court. Néanmoins, le groupe réunit une bonne écriture, une bonne interprétation et un très bon feeling.

Pour le coup, cette formation s'inscrit dans le peloton de tête des nouveaux groupes de Southern de la décennie.
Hélas, "Roadhouse Boogie" sera le dernier album en tant que the Savoy Truffle. En effet, suite au départ de Moji Kadowaki, le groupe a eu le courage, alors que leur notoriété commençait à s'étendre (très bien accueilli en concert en Espagne, Allemagne et en Scandinavie), de repartir à zéro après la rupture de contrat de leur chanteur.
Les musiciens restants ont estimé qu'en son absence, il ne convenait pas de garder le même patronyme. Ainsi, ils ont opté pour Bluestone & Co.
Sous ce patronyme, ils ont depuis réalisé trois disques. Un instrumental, plus d'obédience "Jam Band", et deux autres avec l'Américain Chris Duarte (qui joue naturellement aussi de la guitare); avec cette fois-ci, la facette Blues Rock plus présente, surtout sur le dernier essai ("396"), où Duarte y est plus impliqué (c'est alors plus une union qu'une simple collaboration).

J'adore ce groupe de rock sudiste et je possède cet album en cd , les autres était trop cher pour moi , par contre ils sont tous super avec de belles pochettes
Je conseille très fortement ce groupe à tout amateur du genre :pluzzz1:





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Tu prêches un convaincu!
Il est dommage que le groupe ait splitté après ce disque!

Bluestone & Co. est un bon groupe, mais musicalement, il n'a plus rien à voir avec the Savoy Truffle!
Chris Duarte est le leader du groupe et ça se sent...

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Re: à l'écoute chez Alcat01 en ce moment

Message par alcat01 » jeu. 4 mai 2023 17:00

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1958
Honor Among Thieves 1976
Artful Dodger est l'exemple classique d'un grand groupe arrivé au mauvais moment - dans ce cas, ils ont été pris au carrefour du milieu des années 70, entre la power pop des Raspberries et le rock crunching de Cheap Trick, dont le producteur Jack Douglas a dirigé le premier album d'Artful Dodger ainsi que Honor Among Thieves, leur excellent deuxième album.
Soniquement, Artful Dodger se situe entre les Raspberries et Cheap Trick - ils ont des guitares et des mélodies qui évoquent les Beatles - mais les qualifier de pop semble presque dédaigneux, c'est ignorer qu'Honor Among Thieves est un album de rock & roll heavy, un album où les power chords l'emportent sur la power pop. Ce n'est pas pour autant qu'il faut minimiser les compositions du guitariste Gary Herrewig et du chanteur Billy Paliselli, les deux membres qui écrivent la majeure partie de l'album (le guitariste rythmique Gary Cox contribue à deux titres, dont le joliment épicé "Dandelion" où il prend le chant) : ils écrivent des chansons pop musclées et insistantes où les riffs sont aussi mémorables que les mélodies, des chansons suffisamment accrocheuses pour qu'il soit facile de comprendre pourquoi Artful Dodger est étiqueté comme de la pop de puissance.
Mais ce qui fait d'Honor Among Thieves un classique perdu des années 70, c'est qu'il fonctionne comme un disque de rock & roll - c'est une explosion de son pur et addictif, qui capture le son et la sensation de son époque, mais qui la transcende juste parce qu'il rocke si fort.
Stephen Thomas Erlewine

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Message par alcat01 » jeu. 4 mai 2023 18:48

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1959
Nina Simone - Nina At Newport (1960)
Sur ce beau sourire que l’on observe sur l’illustration se cache une grande douleur. Nina Simone, née Eunice Kathleen Waymon, rêvait de devenir la première concertiste classique noire d’Amérique. Mais sa couleur de peau dans une Amérique qui se refuse d’en finir avec la ségrégation raciale en a décidé autrement. Elle qui savait jouer du Bach jusqu’au bout des doigts, qui avait le classique dans le sang s’est vue refusée l’entrée du prestigieux Institut Curtis de Philadelphie. Cette immense déception, cette injustice mêlées à sa passion pour la musique classique et ses racines vont façonner toute son œuvre. Mais aussi son engagement pour les droits civiques.
C’est ce que l’on peut ressentir sur ce Nina At Newport imprimé en aout 1960 sur le label Colpix. Les année 50 viennent de s’achever et la chanteuse/pianiste afro américaine a déjà à son actif 3 albums. Elle est invitée à la 7ème édition du New Jazz Festival avec à l’affiche Ray Charles, Dizzy Gillespie, Muddy Waters, John Lee Hooker, Louis Armstrong, Gerry Mulligan pour ne citer qu’eux. La native de Tryon en Caroline du Nord passe le 30 juin où elle est accompagnée du batteur Bobby Hamilton, du bassiste Chris White et du guitariste Al Schackman.

Parmi la setlist on peut se délecter de musique gospel comme le rythm & blues au mid tempo « Trouble in Mind » en ouverture, le mélancolique « Porgy » mais surtout l’incantatoire « Li’l Liza Jane » aux effluves bluegrass et ragtime. Sa voix chaude et grave fascine et charme. Difficile de rester insensible.
Elle nous propose une symphonie jazzy, « You’d Be So Nice to Come Home To », dramatique et désespérée où un piano enivrant s’harmonise avec une délicate guitare. Sans oublier cet instrumental, « Nina’s Blues » qui comme son nom l’indique est un blues au tempo rapide où Nina Simone montre sa grande dextérité au piano traversé d’un solo de guitare qui swingue.
Mais la musicienne a le goût de l’avant-gardisme. Car il y cette piste troublante qui débute la face B, « Flo Me La ». Un jazz tribal un brin latino, où Nina Simone joue en boucle un motif hypnotique et sombre au piano accompagnant un chant envoutant qui se répète (en fait le titre du morceaux). De son côté la batterie se montre convulsive et la contrebasse, discrète soit-elle, a un groove gonflé à l’hélium. Nina Simone est dans une telle transe qu’elle laisse un temps l’affaire à Bobby Hamilton transformé en percussionniste avant qu’elle ne reprenne la danse. Bref, 7 mn démentielles à s’envoyer sur la planète Mars mais surtout précurseurs de bien de choses.
Ce Lp live se termine avec le traditionnel « In the Evening by the Moonlight » au registre gospel boogie, une chanson datant de 1880 évoquant l’esclavage et la misère du peuple afro américain.
jeanjacquesperez

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Message par alcat01 » ven. 5 mai 2023 09:28

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1960
South Saturn Delta (1997)
South Saturn Delta est un disque de compilation qui est sorti à titre posthume, et il est fantastique du premier accord au dernier cri de guitare gémissant et torride qui est venu définir le son signature de Hendrix. J'aime à penser que cela aurait été son prochain album, si Jimi n'était pas mort à l'âge célèbre (ou infâme) de vingt-sept ans. Je suppose que c'était son prochain album, bien qu'il ne l'ait jamais vu se concrétiser.
South Saturn Delta présente une grande partie du son vers lequel Jimi se dirigeait à la fin de sa carrière - c'est un solide mélange de ses premières chansons sur l'Experience, avec Mitch Mitchell et Noel Redding, et du son de Band of Gypsy avec des gens comme Billy Cox et Buddy Miles.
Une grande partie des morceaux présentent un mixage solide et intense qui provient initialement d'extraits de morceaux studio, car ils étaient trop longs pour les goûts de n'importe quel album "Normal". Mais chaque morceau est un véritable joyau, avec en plus le coup de klaxons et de bongos sur le morceau titre, "South Saturn Delta".
Les tronçons les plus forts sont les pistes trois à cinq. 'Here He Comes', 'South Saturn Delta' et 'Power of Soul'. 'Here He Comes' est mon préféré; il contient une introduction allongée de certains des meilleurs travaux de guitare de la courte mais illustre et époustouflante carrière de Jimi.
Mais il y a quelque chose de spécial dans ce disque, il n'y a tout simplement pas de point faible. Le nom South Saturn Delta est juste pour l'enregistrement - le mot delta est une ode au delta du Mississippi, un hommage aux grands du blues dont Jimi s'est tant inspiré. Mais le delta de Jimi était juste au sud de Saturne alors qu'il mélange ses accords et son groove dans une grandeur psychédélique. Quelques parties de blues groovy, quelques autres parties de pur rock 'n roll, et l'ingrédient final, cette torsion, la soul de Jimi Hendrix qui vous donne envie de danser, ou simplement de rester émerveillé alors que tout se réunit dans un bonheur sonore incroyable.
Vous pouvez entendre chaque partie de l'arsenal de Jimi sur l'album, mais plus que tout, le disque est une ode solide à ses racines Blues. South Saturn Delta voit la fusion réussie du rock et du blues rauque et déchirant. De la même manière que des artistes comme Muddy Waters, Howlin' Wolf et Buddy Guy ont suivi la grande migration vers le Nord, hors du delta et vers Chicago où ils ont branché leurs guitares et pris le blues électrique ; Jimmy Hendrix, déjà branché, a pris le blues psychédélique - il a réussi à faire le disque que chaque écolier anglais en herbe (c'est-à-dire The Yardbirds, John Mayal et Jeff Beck) essayait de faire dans les années soixante.

Parmi les autres temps forts, citons "Little Wing", "Drifter's Escape" et, le désormais célèbre, "All Along the Watchtower", une autre ode au héros de Jimi, Bob Dylan. Mais encore une fois, le disque n'a pas beaucoup de remplissage, il est fort d'un bout à l'autre. C'est encore un autre rappel que Jimi Hendrix était beaucoup de choses, avant tout, un musicien.
Celui qui ne s'est jamais trop éloigné de sa hache ou de l'atelier. Un homme qui cherchait quelque chose; cherchait-il des réponses ? Était-il en train de faire une déclaration ? Ou ajoutait-il simplement un peu de beauté à un monde en grande partie dur et laid ?
Quoi que Jimi essayait de faire, c'est en plein écran sur South Saturn Delta; peut-être que la leçon ici est de ne pas trop y penser, car nous laissons la guitare torride et les coups de blues robustes nous envahir. Pour trouver nos propres plages; pour s'asseoir et regarder les fusées exploser, alors que nous enfonçons nos propres pieds dans le sable.
Jerry

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Message par alcat01 » ven. 5 mai 2023 09:29

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1961
Olé Coltrane (1961)
Les schémas rythmiques complexes et les diverses textures sonores de Olé Coltrane sont la preuve que John Coltrane a une fois de plus tracé sa propre voie. Sa simple capacité de franc-tireur - au-delà de ses compétences musicales appréciables - permet à des œuvres comme celle-ci d'atteindre de nouveaux sommets et, en fin de compte, de faire progresser l'ensemble de la forme d'art.
Historiquement, il est intéressant de noter que l'enregistrement avait déjà commencé deux jours avant cette session sur Africa/Brass, les débuts de Coltrane pour le label naissant Impulse ! Les deux ensembles se complètent, suggérant un changement dans le schéma plus large des motifs musicaux de Coltrane. Les musiciens réunis ont travaillé dans le cadre d'un quartet de base, avec Coltrane aux saxophones soprano et ténor, McCoy Tyner au piano et Elvin Jones à la batterie, les tâches de contrebasse étant assurées par Art Davis et Reggie Workman. À cela s'ajoutent des contributions et des interactions significatives avec le trompettiste Freddie Hubbard et Eric Dolphy à la flûte et au saxophone alto (bien que le contrat de Dolphy avec une autre maison de disques l'ait empêché d'être correctement crédité sur les premiers tirages de l'album).
Le titre de l'album est frappant par sa ressemblance avec l'influence espagnole entendue sur Sketches of Spain de Miles Davis. Elle est poussée un peu plus loin lorsque le combo de Coltrane s'étend avec des improvisations inspirées de Dolphy, Hubbard, Tyner et Coltrane, respectivement. "Olé" présente également une interaction étonnante entre la contrebasse et le piano. La combinaison d'une contrebasse à archet jouée en tandem avec le même instrument qui est pincé a une imprégnation sinistre qui a sans aucun doute enthousiasmé Coltrane, qui était perpétuellement à la recherche de sons en dehors de la norme. La beauté obsédante de "Aisha" est l'une des plus belles collaborations entre Tyner, l'auteur de la chanson, et Coltrane. Les solos de Hubbard, Dolphy et d'un Tyner non crédité brillent dans le contexte d'une facette unique d'un joyau multidimensionnel.
Lindsay Planer

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Message par alcat01 » ven. 5 mai 2023 10:09

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1962
Thunderhead 1975
Compte tenu des dizaines de milliers d'albums qui sortent chaque année, je suis toujours étonné de tomber occasionnellement sur un album de rock étonnamment bon et négligé comme celui-ci. Ce qui rend Thunderhead quelque peu unique, c'est le fait que son album a été publié par un grand label sans grande fanfare et qu'il a ensuite été victime d'une réédition non autorisée par un label qui pratique l'escroquerie fiscale (Guinness).

Basé à la Nouvelle-Orléans, Thunderhead a été formé en 1973 par des membres de groupes de reprises locaux, Paper Steamboard (le chanteur Mike Daggar, le guitariste Ronnie Dobbs et le bassiste Otho T. Ware) et le batteur de David and the Giants, Bobby Torello. Le guitariste local Pat Rush a ensuite été ajouté à la formation et, après quelques semaines de répétitions, le groupe a commencé à tourner dans les clubs du Sud-Est. Signé par une société de management basée en Géorgie, le groupe a trouvé un mentor en la personne de Johnny Winter, qui a demandé au groupe d'assurer la première partie d'une tournée dans le Sud, ce qui a conduit à des premières parties pour des groupes comme Kiss et ZZ Top. Winter a également indiqué qu'il souhaitait aider le groupe à enregistrer un album.
Avec son soutien, le groupe se rend au Studio In the Country de Bogalusa, en Louisiane, et enregistre un certain nombre de demos avec Winter à la production (son frère Edgar Winter joue des claviers non crédités et fait des chœurs sur plusieurs titres). En entendant les demos, ABC Records a offert au groupe un contrat, mais plutôt que de sortir les demos, la compagnie a demandé au groupe de retourner en studio et d'enregistrer de nouveaux morceaux avec John Haeny à la production.

Sorti en 1975, "Thunderhead" propose un bon vieux rock sudiste qui aurait fait la fierté de groupes comme The Allman Brothers, Lynyrd Skynyrd, Molly Hatchet et 38 Special. Il faut dire que ces gars-là n'étaient pas vraiment des pionniers en matière de créativité. Il est peu probable que vous entendiez quoi que ce soit que vous n'ayez pas déjà entendu sur d'autres albums de rock sudiste et une grande partie de la collection a un aspect distinctif "repérez l'influence", mais cela n'enlève rien au fait que ces gars-là étaient d'excellents porte-drapeaux pour le genre.
Avec un mélange de compositions originales du groupe et de matériel extérieur, des titres comme " Busted In Georgia " et " Got To Get Away " parviennent à combiner des mouvements hard rock avec des touches étonnamment commerciales, y compris certaines des meilleures harmonies vocales du rock sudiste (regardez " Roll Up the Hill ").
En tant que chanteur principal, Dagger avait une voix superbe, fluide, mais aussi suffisamment rugueuse pour résister au reste de la concurrence du rock sudiste, tandis que Dobbs et Rush servaient d'excellentes guitares solo jumelées. Cela dit, l'arme secrète du groupe est le batteur Torello, comme en témoigne son travail sur " Hit and Run Driver ".
RDTEN1

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Message par alcat01 » ven. 5 mai 2023 12:54

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1963

Angel (1975)
Angel est un groupe de Glam Rock et de Heavy Metal originaire de Washington, DC, formé en 1975 par Edwin Lionel 'Punky' Meadows et Mickie Jones. Il était alors composé du guitariste Punky Meadows, du bassiste Mickie Jones, du claviériste Gregg Giuffria, du batteur Barry Brandt et du chanteur Frank DiMino.
L'image d'Angel tout de blanc vêtu était un contraste délibéré avec Kiss, qui était vêtu de noir. Angel arborait une image androgyne et les décors scéniques étaient élaborés.
Après avoir déménagé à Los Angeles, leur premier album est enregistré et produit par Derek Lawrence et Big Jim Sullivan.
Neil Bogart de Casablanca Records est tellement impressionné par ce qu'il a entendu qu'il signe le groupe sur son label.
Ce premier disque simplement baptisé "Angel" sort le 27 Octobre 1975. Il peut être considéré comme représentant le début des racines les plus progressives du groupe.
Cet opus est de très haute qualité, sa couverture, ses chansons, sa musicalité, le son, tout est carrément parfait. Les musiciens s'étaient certainement fixés une norme qui n'a pas trouvé d'égal par la suite dans leur répertoire, même si étrangement ils avaient la puissance pour tout faire, mais n'avaient pas su véritablement l'utiliser.
Si l'album ne contient que huit chansons, toutes sont essentielles et il n'y a aucun remplissage. Du brillant morceau d'ouverture à l'hymne Rock "Rock & Rollers" et au mélodique "On & On", les débuts d'Angel sont un bel exemple du Pomp Rock des années 1970.
C'est un des disques de Pomp Rock les plus sous-estimés de tous les temps!
Angel incarne alors pour beaucoup le look Glam exagéré des années 1970 et le son est certainement un peu Glammy et pailleté. Toutefois, leurs chansons sont très bonnes et c'est aussi beaucoup plus un groupe de Rock Progressif que Glam sur cet album.
En plus d'avoir un logo extraordinaire avec la statue angélique, le groupe pouvait se vanter des talents incontestables d'un vrai lead guitariste charismatique du nom étrange de Punky Meadows et d'un maître es claviers Greg Giuffria dont le jeu n'avait rien à envier aux Keith Emerson et autre Rick Wakeman à cette époque-là!...
Dans les faits, il est juste de dire que les claviers de Giuffria sont un peu plus en avant que la guitare de Meadows et ils jouent un rôle de plus en plus important dans les chansons des albums qui suivront.

"Tower", le morceau d'ouverture bourré de clavier Heavy, a été largement utilisé au cours de la fin des années 70 et au début des années 80 par Album Rock stations pour différentes fins publicitaires. La chanson est également sur la K-SHE radios Classic List.
Cette magnifique ouverture épique est étalé sur un tapis de synthétiseur mystique par Gregg Giuffria et la puissante guitare électrique du remarquable Punky Meadows et emmené par la section rythmique de Mickie Jones à la basse et l'incroyable Barry Brandt à la batterie.
Mettant en avant la belle voix de Frank Dimino, "Tower" est une aventure à thème médiéval pleine de frissons! C'est sans aucun doute l'une des plus grandes chansons de Rock Progressif jamais écrites. L'interaction entre les claviers de Giuffria et les guitares de Meadows est remarquable.
L'éminent "Long Time" est plus qu'une ballade, mais elle reste avec le thème médiéval. Les vocaux de Frank Dimino sont énormes. Sa voix est incroyable!
"Rock And Rollers" est un Solid Rock! Le grand travail à la guitare de Punky et la batterie sont géants!
"Broken Dreams" est un autre Power Rock avec un super groove! Un tempo changeant, et Frank montre ce qu'il sait faire! Superbe chanson!
Le subtile "Mariner" est une ballade sur un homme qui passe sa vie à la mer. La voix irréelle de Dimino semble encore donner des frissons avec des vocaux seulement, appuyés par un grand piano, un orgue et du mellotron,
Les morceaux "Sunday Morning", "On & On" et "Angel (Theme)" s'enchainent les uns les autres pour former une suite d'environ une dizaine de minutes:
"Sunday Morning" commence en sonnant comme une mélodie de Deep Purple, puis se transforme rapidement en une formule gagnante de grand synthé façon Angel bourré de riffs.
"On & On" est un grand succès auprès des fans. Comme le reste des morceaux sur cet album, il donne un nouvel élan à couper le souffle!
"Angel (Thème)" est un court instrumental à l'image d'Angel en fin d'album. Le plan original était de le mettre sur chaque album, mais cela n'a pas été fait au delà du deuxième album, "Helluva Band".

Quoi qu'il en soit, c'est un vrai bon album de Pomp Rock du début à la fin et il est redoutable.
Dans l'ensemble, c'est un excellent album des années 70 mais il fut mal reçu par la critique Rock, et Frank Zappa ridiculisa l'apparence féminine de ce groupe tout mâle dans la chanson "Punky’s Whips” et il n'a jamais atteint le succès commercial de masse, mais il a acquis le statut de groupe culte.

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Message par alcat01 » ven. 5 mai 2023 15:14

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1964
1969 : Monster
Peu avant la sortie de At Your Birthday Party en mars 1969, Steppenwolf doit se remettre du départ de Michael Monarch ne supportant plus la mainmise du chanteur John Kay. Le guitariste après avoir participé aux sessions de I Got Dem Ol’ Kozmic Blues Again Mama! de Janis Joplin ira trouver fortune chez Hokus Pokus puis Detective. Il est remplacé au pied levé par Larry Byrom qui rejoint donc le chanteur John Kay, le batteur Jerry Edmonton, l’organiste Goldy McJohn et le bassiste Nick St. Nicholas. Ce nouveau line-up enregistre Monster, 4ème album studio du groupe publié en novembre 1969 sur ABC Dunhill.

Dès les premières secondes, l’auditeur comprend que Steppenwolf a marqué un virage. D’habitude, le loup des steppes démarre de manière rugissante, pied au plancher ses Lp avec un hard rock certes banal mais d’une grande efficacité. Ici cela débute par un bel arpège mélodieux toutefois entrecoupé de tempos tendus. Vient la voix de John Kay douce quelque peu désenchantée. Lui qui pourtant nous a souvent habitué à une voix nerveuse. Mais ce chant rageur que l’on aime tant est toujours là, soutenu par un riff bien rude. Bref, le combo semble partir vers un rock plus sophistiqué. La sauvagerie de la bête est toujours là mais atténuée par des effluves prog qui tendent à changer les tempos mais surtout les styles. Car sans prévenir par des martèlements de riffs, le quintet part vers un blues pesant, malsain et suffoquant. Puis l’arpège est de retour parsemé de magnifiques soli de six cordes électrique tantôt aériens tantôt vicieux, bien ciselés par Larry Byrom dont le jeu flamboyant contraste avec celui de son prédécesseur. La menace est toujours palpable mais tout cela se termine par de magnifiques harmonisations entre chœurs féminins et masculins.

Ce titre en ouverture dépassant les 9 minutes s’intitule « Monster/Suicide/America », probablement la pièce la plus belle qu’ait composé Steppenwolf mais surtout la plus engagée politiquement. Car cette suite en trois temps, aux textes désespérés est une diatribe sur l’Amérique des années 60, ce pays de liberté devenu un monstre, plongé en pleine ségrégation raciale, embourbé au Viet Nam pour une guerre que personne ne comprend, envoyant la police matraquer ses étudiants qui s’opposent à l’establishment. En fait ce disque est entièrement politisé le transformant en album concept. « Draft Resister » qui suit parle de ceux qui refusent la conscription militaire et l’enrôlement pour le Vietnam. Une chanson qui possède un bon swing aux arrangements d’orgue et de marimba donnant une jolie touche exotique. Le groupe montre ainsi qu’il est capable de raffiner son rock afin de ne pas s’enfermer dans une musique primaire. « Power Play » en est la belle illustration avec son break dévastateur.
La seconde face est plus nuancée avec le swinguant « Move Over », qui invite à se bouger et appelle au changement. « Fag », un instrumental bluesy jazz mené par un piano répétant le même motif et un orgue vaporeux, dénonce le regard péjoratif que l’on porte sur les homosexuels (fag se traduisant par pédé). « What Would You Do (If I Did That to You) » (chanté par Jerry Edmonton) avec son super groove à la basse est plus funky. Le disque se conclut par l’incroyable et dévastateur « From Here To There Eventually » au final effroyable à l’orgue. Un clavier planant et inquiétant qui traque une population apeurée, qui accompagne des guitares aux riffs malfaisants et un chant féminin prophétique pour se terminer par un court solo de guitare blues.

Loin des opus précédents qui pouvaient paraitre brouillons, Monster frôle le chef-d’œuvre. Son seul tort est d’être arrivé tardivement. En novembre 1969, les anglais de Led Zep viennent de publier deux albums de hard rock incendiaire et à l’affut aux États-Unis, Grand Funk Railroad sort en aout de la même année son premier album qui mise sur la puissance. A l’évidence Steppenwolf fait parti du passé.
Mais Monster est le baroud d’honneur d’un animal blessé dans son orgueil.
jeanjacquesperez

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Message par alcat01 » ven. 5 mai 2023 16:50

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1965
Babes on Broadway 1977
Frustré par le fait qu'aucun de leurs deux premiers albums ne s'était bien vendu, Artful Dodger a procédé à quelques changements mineurs dans l'espoir d'être accepté commercialement.
Poursuivant son partenariat avec le producteur Edward Leonetti (Jack Douglas étant crédité comme producteur exécutif), le groupe se targue toujours d'un formidable pool d'auteurs-compositeurs avec le guitariste Gary Cox, le guitariste rythmique Gary Herrewig et le chanteur Billy Paliselli. Du moins à mes oreilles, des titres tels que "Can't Stop Pretending", "Alright", la ballade acoustique "Who in the World" et "Wave Bye Bye" n'ont rien à envier aux deux premiers albums. Avec le mélange d'harmonies magnifiques, de guitares carillonnantes et de douces mélodies qui caractérise le groupe, le rock du milieu des années 1970 ne pouvait tout simplement pas être meilleur. Moins impressionnante, mais peut-être plus conforme au goût du public, illustrée par des titres comme "Mistake", "Loretta" et une reprise du classique "C'mon Everybody" d'Eddy Cochran, la deuxième face de l'album est marquée par une orientation AOR qui se glisse dans la formule.
Malheureusement, l'album n'atteint pas le niveau des ventes précédentes et la direction de Columbia donne rapidement au groupe ses papiers de sortie.

S'il y avait un groupe des années 70 qui aurait mérité d'entrer dans la cour des grands, ces gars-là auraient été des candidats de choix. Can't Stop Pretending' est une tranche presque parfaite de power pop - le genre de morceau qu'Eric Carmen aurait échangé contre le reste des Raspberries pour qu'ils l'écrivent. La guitare de Gary Cox me fait sourire à chaque fois que je l'entends. Columbia l'a choisi comme premier single et on ne peut que se demander comment la radio a pu le rater...
J'ai toujours aimé la voix nasillarde de Paliselli et il a rarement été aussi bon que sur le ricanant " Alright ". Au cas où cela intéresserait quelqu'un, Steve Tyler d'Aerosmith aurait fait des chœurs sur ce morceau. S'il est là, mes oreilles n'étaient tout simplement pas assez bonnes pour le distinguer. D'ailleurs, la batterie puissante de Steve Brigida était la sauce secrète sur ce morceau.
Comme l'illustre la power ballade " Who In the World ", peu de groupes américains du milieu des années 70 pouvaient produire un son anglais aussi bien qu'Artful Dodger. En fait, la mélodie ressemble à quelque chose que les Bee Gees auraient pu créer.
Une chanson que Cox aurait écrite alors qu'il était au lycée ; " Wave Bye Bye " montre le groupe sous son jour le plus propulsif et le plus poétique. Avec ces harmonies chatoyantes, c'est un autre morceau qui aurait sonné bien sur les radios du Top 40.
D'accord, les paroles sur All I Need n'allaient pas leur permettre de gagner des prix, mais même un morceau de bar band jetable de ces gars-là valait la peine d'être entendu. Paliselli était 50 fois plus amusant à entendre que Steve Tyler jouant la même carte.
J'ai toujours aimé le son unique que Gary Cox tirait de sa guitare - une sorte de son de cloche tranchant. Couplé au talent du groupe pour créer des accroches insidieusement accrocheuses, il n'y a rien de mieux que la chanson titre, Babes on Broadway.
L'une de leurs plus belles chansons, " Mistake " est une ballade pour les rockers qui n'aiment pas les ballades. Paliselli a facilement surpassé les meilleurs efforts de Steve Tyler sur ce morceau.
" Loretta " est une belle tranche de boogie rock qui vaut la peine d'être écoutée rien que pour la ligne de basse de Steve Cooper.
Je ne suis pas sûr de comprendre le titre, mais " Idi Amin Stomp " est un bon rock de mauvais groupe. Beau solo de Cox, mais une sorte d'AOR anonyme.
Reprise piétonne du classique d'Eddy Cochran, C'mon Everybody. Je suppose qu'elle s'est améliorée avec quelques bières fraîches.
RDTEN1

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lienard
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Message par lienard » ven. 5 mai 2023 18:01

C'est mon seul regret .. j'avais les 4 albums et je les ai revendus .. :-|

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Message par alcat01 » ven. 5 mai 2023 18:50

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1966
Smokey Robinson and the Miracles - Going to a Go Go (1965)
L'album s'ouvre sur l'une des chansons les plus déchirantes jamais publiées, "The Tracks Of My Tears", et encore moins par la Motown, mais jamais. "Au fond de moi, j'ai le blues/Consultez bien mon visage/Vous verrez que mon sourire n'est pas à sa place/Si vous regardez de plus près, il est facile de tracer/Les traces de mes larmes". Plutôt intense, surtout pour une chanson pop et SURTOUT pour 1965. Le morceau a été conservé par la Bibliothèque du Congrès des États-Unis en tant que "culturellement, historiquement et esthétiquement important" dans le National Recording Registry. La chanson a été choisie dans de nombreux sondages comme l'une des chansons les plus importantes et les plus influentes de tous les temps (parmi les personnes qui l'ont choisie, on trouve Paul McCartney, Brian Wilson, Hal David et Jerry Leiber).

Plus loin dans l'album, on trouve des chansons comme "My Girl Has Gone" qui, malgré leur titre, inspirent l'espoir et le réconfort. L'album traite du déchirement, de la dépression, de l'espoir et de l'inspiration. Emmené par la voix de ténor de Smokey Robinson, c'est un classique du R&B. C'est exactement ce qui est écrit sur la boîte : c'est la musique que vous auriez entendue dans un Go-Go au milieu des années 1960 - des clubs fréquentés par des Afro-Américains qui jouaient de la musique populaire, principalement des genres funk et soul. Bien qu'il n'en soit pas à l'origine, le titre de l'album l'a popularisé et a permis de vendre un million de disques.
Cet album, qui a joué un rôle important dans le développement de la musique soul, a inspiré de nombreux musiciens pendant des années.
Brett Schewitz

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Re: à l'écoute chez Alcat01 en ce moment

Message par alcat01 » ven. 5 mai 2023 18:56

lienard a écrit :
ven. 5 mai 2023 18:01
C'est mon seul regret .. j'avais les 4 albums et je les ai revendus .. :-|
Comme je te comprends! :ghee:

Tekilla1953
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Re: à l'écoute chez Alcat01 en ce moment

Message par Tekilla1953 » sam. 6 mai 2023 05:37

alcat01 a écrit :
ven. 5 mai 2023 15:14
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c'est de loin l'album que je préfère :super:

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alcat01
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Re: à l'écoute chez Alcat01 en ce moment

Message par alcat01 » sam. 6 mai 2023 09:23

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1967
Valleys of Neptune (2010)
Cet album est le plus proche de The Jimi Hendrix Experience (jusqu'à l'excellent West Coast Seattle Boy) que possible. Il contient trois titres de Mitch Mitchell et de Noel Redding enregistrés en 1987, sous l'œil attentif de Chas Chandler. D'éventuels problèmes juridiques ont été résolus, car tout le personnel impliqué n'est plus sur cette planète pour entendre "Valleys Of Neptune" tel qu'il est sorti en 2010.

12 titres et en excluant les trois titres non mentionnés comme introduits, il y a suffisamment de matériel de l'Experience qui, avec certains des points forts du deuxième disque de "West Coast Seattle Boy : The Jimi Hendrix Anthology", aurait constitué une étape impressionnante et le dernier mot sur le groupe s'il avait été compilé et sorti en 1969 et quel aperçu de la perfection de Jimi l'album est. Et quel oubli de la part de la direction de l'entreprise que cet album d'outtakes n'ait jamais vu le jour en 1969.

Une partie intéressante de l'album pour moi sont les instantanés de Noel Redding en 1969, semblant désinvolte et s'ennuyant lors d'une énième répétition du classique "Hear My Train A'Coming". Malgré l'ennui de Noel, Hendrix peint une toile et semble si détendu mais confiant. Comparez cela au Redding post-9/70 sur le morceau final "Crying Blue Rain". Un instantané de Jimi enregistré à Londres et autoproduit le 5 juin, Noel et Mitch ont ajouté leurs parties qui ne se contentent pas de reprendre là où ils s'étaient arrêtés avec le blues lent, mais qui suivent Jimi dans son délire instrumental de séquences d'accords. L'album et l'auditeur sont laissés seuls dans la stratosphère pour redescendre dans leur vie.
Bien que certains morceaux aient été retravaillés par Jimi, le fait qu'Ezy Ryder ait obtenu le riff signifie que nous avons été privés de "Lullaby For The Summer", associé à la plus belle façon dont le groupe aurait pu tirer sa révérence.
La prise en studio de Red House est meilleure que la version sur l'album américain Are You Experienced ? Mais elle sonne plus vivante. On peut entendre le fait qu'Hendrix voulait que le son soit plus gros. On entend le groupe faire tout ce qu'il peut pour donner une performance experte qui rend les fausses notes et les contretemps difficiles à remarquer au début.

Cet album studio est aussi essentiel que First Rays Of The New Rising Sun et même Axis : Bold As Love. (Bien qu'il ait été enregistré après Electric Ladyland). Lorsqu'il laisse la guitare prendre le dessus, il n'y a vraiment pas d'autre choix. Débarrassés des interminables reprises et tentatives qui se voulaient optimales, les messages de Jimi sonnent encore comme s'ils avaient pu être réalisés aujourd'hui.
AZF

Modifié en dernier par alcat01 le jeu. 5 mars 2026 16:13, modifié 1 fois.

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