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Message par alcat01 » lun. 6 févr. 2023 17:52

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America (1971)
En 1970, Crosby, Stills, Nash & Young se séparent, laissant un grand vide dans le paysage musical. Les labels partent alors à la pêche pour trouver un groupe proposant de la Folk avec une sensibilité Pop/Rock et des harmonies à plusieurs voix. America est sans doute le premier groupe à bénéficier de cette attente et des labels et du public. Et il est incontestable que Stephen Stills et Neil Young sont des influences de Dewey Bunnell tandis que Gerry Beckley pencherait plutôt pour Graham Nash. Pourtant, au départ, le premier album, sorti à la fin de l’année 1971, passera assez inaperçu. Les DJ Jeff Dexter et Ian Samwell qui ont pris le trio sous leur aile dénichent un titre qui n’avait pas été retenu pour l’album. Après l’avoir testé plusieurs fois en public avec succès, il est enregistré et rajouté à une nouvelle version de l’album. « Horse With No Name » devint le succès planétaire que l’on sait ; la carrière d’America était lancée.
Pourtant le succès, justifié, du morceau ne doit pas laisser dans l’ombre le reste du disque qui possède d’autres titres dignes d’intérêt. A l’époque, Dewey Bunnell semble s’imposer comme le leader du groupe. Il compose la moitié de l’album et chante le plus de titres. C’est à trois voix cependant que « Riverside » lance l’album. Le son est clairement de la Folk et Country à l’américaine, le groupe ne trompe pas sur la marchandise avec leur nom. Si les harmonies à trois voix rappellent immanquablement Crosby, Stills & Nash, il y a un côté un peu plus terroir chez eux. De même que les influences psychédéliques sont complètement absentes. En ce sens, et même si on les qualifiera de ‘Crosby, Stills & Nash du pauvre’, America a déjà trouvé une certaine identité. Une identité que confirme « Sandman », chanson qui commence comme une ballade acoustique un peu triste avant de s’accélérer et de devenir plus optimiste. Un titre qui deviendra un incontournable de leur répertoire. Le riff de guitare acoustique de « Three Roses », ainsi que sa mélodie très soignée en font un morceau très accrocheur qui serait certainement devenu un autre hit pour le groupe s’il était sorti en single. A mon sens LE morceau de l’album avec « Horse With No Name ». « Children » rappelle fortement les ballades à trois voix de Crosby, Stills & Nash, mais la mélodie est soignée et on ne peut pas vraiment reprocher aux nouveaux venus de vouloir se reposer sur leurs glorieux modèles.
Que dire de neuf sur « Horse With No Name », tube planétaire qui aujourd’hui encore n’a pas pris une ride ? Un morceau que beaucoup mirent au crédit de Neil Young (Bunnell se rapproche de la voix du Canadien ici… et ce n’est probablement pas tout à fait innocent) et dont il est probable que beaucoup encore ignorent qui en est l’auteur-interprète. Bien sûr on signalera l’efficacité du riff d’accroche à la guitare acoustique, bien sûr on ne manquera pas de remarquer à quel point la ligne de chant est soignée (comment résister aux fameux ‘lalala-la’ du refrain). Il faut signaler aussi une basse très mélodique jouée par Dan Peek qui n’est pas sans rapport avec l’efficacité du morceau. Peek jouait également la basse sur « Three Roses » qui est également réussi en ce domaine, quoiqu’on la remarque moins. On pourrait se demander pourquoi ce n’est pas lui qui la tient sur tout l’album tant il semble maîtriser l’instrument. Le travail de Ray Cooper aux percussions, qui sonnent comme des sabots de cheval mais en mieux, est tout aussi remarquable. « Here » est le premier titre que nous découvrons de Gerry Beckley. Commençant comme une ballade monocorde, elle prend vie brusquement dans un rythme dynamique et joyeux qui n’a plus rien de celui d’une ballade. Si le sens mélodique et accrocheur est ici moins développé que dans les titres précédemment écoutées, il y a de solides parties de guitares.
Beckley est mélodiquement plus convaincant avec « I Need You », une ballade Pop au piano qui entrera au top 10 américain, en faisant le deuxième tube du groupe. On pourrait déplorer en revanche des paroles un peu simplettes (‘j’ai besoin de toi comme les fleures ont besoin de la pluie, comme l’hiver a besoin du printemps’… on n’est pas très loin de « Un chagrin d’amour » des Inconnus). Mais bon, c’est l’avantage des groupes qui chantent en anglais: si on veut on peut faire abstraction des paroles. Avec « Rainy Day », nous faisons la connaissance du troisième larron, Dan Peek. Si Bunnell s’inspirait tantôt de Stills, tantôt de Young, si Beckley avait un petit côté Pop à la Nash, Peek serait donc le Crosby de l’équipe. On retrouve en effet avec « Rainy Day » un titre très bien écrit avec un mélange de Folk et de Jazz, comme on a pu en trouver chez l’ancien Byrds. Mais on se rend surtout compte que si Peek est un compositeur moins immédiat que ses deux compères, il ne leur est en rien inférieur. Sur la ballade « Never Found The Time », il donne un caractère un petit peu plus Pop, mais toujours avec cette rêverie qui lui semble propre. La ballade acoustique de Beckley, « Clarice », quoique belle, n’est peut-être pas placé au bon endroit. Il aurait mieux valu un titre plus remuant entre ces deux ballades pour mieux faire rebondir la seconde. En revanche, le final instrumental plus dynamique est une surprise bienvenue même si un peu trop court. Bunnell revient pour chanter sur le « Donkey Jaw » de Dan Peek, un titre disposant d’une très belle introduction instrumentale qui semble nous emmener dans la jungle du sud des Etats-Unis. C’est un des rares titres disposant d’une guitare électrique (jouée par Peek) assez marquée lors des solos. On appréciera le talent de compositeur de Peek qui fait passer avec fluidité le morceau dans plusieurs parties assez différentes et toujours remarquablement écrites. Pas un titre pour radio, mais une vraie réussite musicale. Après ça, « Pigeon Song » apparaît comme une chanson folk assez banale. Dommage de finir de cette manière, même si bien sûr le titre n’est pas mauvais.
Dans la lignée du succès de « Horse With No Name », ce premier disque d’America restera en tête des ventes américaines pendant cinq semaines. Le trio prendra donc la place encore chaude de Crosby, Stills, Nash & Young comme le nouvel groupe de Folk Rock à sensation. Un statut très difficile à garder sur la durée et qu’ils finiront par perdre au profit des Eagles, plus éclectiques.
The Wicker Man

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Message par whereisbrian » lun. 6 févr. 2023 18:04


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Message par alcat01 » lun. 6 févr. 2023 19:46

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1977 - Blue Breeze
Pour faire le point, le line-up de 1976 de Livin' Blues comprenait: Ted Oberg, Johnny Fredriksz, le bassiste André Reynen, ancien membre de Sympathy et de Brainbox et le batteur Jacob van Heiningen, ancien membre de Galaxis, est remplacé par Ed Molenwijk, ancien membre de Dizzy Daisy, et de Casino.
L'album "Blue Breeze", paru en 1977, est souvent cité en référence quand les critiques veulent parler de Livin' Blues. Pourtant, ce disque s'éloigne considérablement de ses racines originales, mais son contenu est parfaitement maitrisé et attractif musicalement parlant:
L'album débute avec "Shylina", une jolie ballade qu'on croirait sortie tout droit de la période "Wish You Were Here" de Pink Floyd.
Un climat spécifique est créé par un solo de guitare acoustique rêveur en son milieu et d'autres plus électriques et même parfois ravageurs avec des riffs toujours aussi dynamiques.
Suit "Back Stage", une jolie ballade mélodique plus ou moins bluesy avec de beaux solos de guitare qui la rendent encore plus belle.
"Midnight Blues" est un peu Country, un peu Blues (Country Blues ou Blues Country?)... car, contrairement aux apparences, ces musiques sont plus proches qu'il n'y parait, et un solo bluesy typique peut se faire parfaitement sur le rythme de la musique Country classique ou réciproquement.
Vient ensuite "Pisces", qui est un court morceau instrumental principalement acoustique fascinant par son solo de guitare électrique; merveilleux, réconfortant et presque banal à force d'être beau.
"Bus 29" est un morceau de Blues Rock dynamique qui pourrait évoquer un sourire sur un visage. Les solos de guitare se succèdent sans interruption et sur la fin apparait des chœurs feminins chantant en gospel.
La chanson titre,"Blue Breeze", est une ballade bluesy pleine de finesse absolument merveilleuse et merveilleusement romantique.
Délicate, mais aussi pleine de force et d'un érotisme subtil par la force du Blues et la beauté de la poésie.
"Pick Up On My Mojo" est un Rock avec un côté Southern Rock assez prononcé...
"That Night" est un enregistrement de Rock Blues spécifique où le son principal est un solo, chaque instrument jouant à tour de rôle et ensemble: la guitare, la basse, le chant, et enfin les percussions.
Pour clôturer ce disque, "Black Jack Billy" n'est qu'un Blues électrique, mais de belle facture.

Pour résumer, "Blue Breeze" est un excellent album de Blues, Blues Rock, et autre Rock Blues avec des excellents solos plus ou moins phénoménaux et une atmosphère quasiment unique.

Ce petit bijou musical vaut le coup d'être exploré à fond encore et encore pour en entendre toutes les subtilités...
Hautement recommandé!
Mais, en dépit du succès international de cet album, le groupe se retrouva sans contrat d'enregistrement en 1978...

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Message par alcat01 » mar. 7 févr. 2023 10:20

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April Wine (1971)
Lorsque vous donnez une note à cet album, vous devez vous ramener à l'époque où il a été publié. Certains premiers albums sont remplis de la meilleure musique du groupe, du jour où il s'est formé au jour où il a eu sa chance et a sorti son premier album.
Certains artistes vous donnent un avant-goût de ce qu'ils peuvent faire ! Lorsque vous placez le premier album d'April Wine dans le contexte des années 1970, vous entendez non seulement un groupe prêt à rivaliser avec la concurrence lourde de l'époque, mais aussi un style progressif qui vous donne des indices de ce qui est à venir. Les chansons sont toutes bien arrangées et l'album joue avec une certaine continuité dont je ne sais même pas si le groupe était conscient à l'époque !
Cet album est un brillant mélange brillant de rock psychédélique qui était très populaire à l'époque. Quand vous écoutez cet album, il a une maturité inattendue pour un groupe de gars de cet âge. L'album contient des chansons allant des saveurs psychédéliques aux saveurs latines, ainsi que des coups de pied rapides à la double pédale de basse, qui sont toujours populaires aujourd'hui, quatre décennies plus tard.
Ajoutez à cela des riffs de guitare brûlants, le tout enveloppé d'un doux son mélodique qui donne à cet album un attrait mondial, tout en gardant les chansons liées entre elles, de sorte qu'il a presque l'aspect d'un album concept.
Ce n'est certainement pas l'album qui annonce la signature sonore d'April Wines, mais c'est un excellent album qui définit le son de l'époque. Quand vous l'écoutez, vous pouvez facilement imaginer des adolescents portant des cravates colorées et des cheveux longs, dans une pièce enfumée, avec des posters en velours noir et des néons sur les murs, disant tous : " Wow, vous avez entendu ce mec qui déchire ! " Ca ressemble aux Zep." "Non, il ressemble plus aux Kinks ou aux Floyd !"
Dans l'ensemble, il s'agit d'une excellente addition à toute collection de Rock & Roll et d'un must pour les fans hard core d'April Wine.
Leo Hott

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Message par alcat01 » mar. 7 févr. 2023 10:22

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En 1974, beaucoup marquèrent leur étonnement en trouvant dans les bacs ce "Secret Treaties", à la pochette pour le moins provocante. Nous découvrons les membres de BLUE ÖYSTER CULT représentés posant fièrement devant un Messerschmitt ME 262, le fameux Sturmvogel, la croix gammée ornant l’aileron arrière de l’avion étant remplacée par le symbole du groupe, cette croix étrange faite à partir d’un point d’interrogation retourné (moins classique que le crucifix, me direz-vous). Il ne s’en était pas fallu de beaucoup plus pour que certains journalistes s’en donnent à cœur-joie, taxant les musiciens de néo-nazis. Une bonne moitié des gars étant juifs, ça a quand même dû les faire bien rire, mais le pari s’avéra gagnant pour le producteur Sandy Pearlman : la polémique mettait ses poulains sous les feux des projecteurs.
Car la critique pouvait être élogieuse, la formation new-yorkaise peinait à décoller. Face à la concurrence qui commençait à prendre de l’épaisseur, il fallait assurer un maximum et se faire remarquer. Pour ce point, l’objectif était bel et bien rempli. Il restait à pouvoir s’imposer musicalement et pour le coup, ce fut la mission principale des musiciens, qui n’eurent qu’à se concentrer là-dessus car les paroles étaient principalement assurées par des personnes extérieures ainsi que par Pearlman, bien évidemment. Et sur cet album précis, cette formule fonctionna à merveille. BLUE ÖYSTER CULT allait déployer ses ailes et devenir un des fers de lance du Hard Rock américain des années 70, souvent plus complexe et difficile d’accès que ses comparses.

Si l’on doit faire un reproche à "Secret Treaties", c’est son manque de spontanéité, quand les deux précédents semblaient plus fous dans les interventions à la guitare et les improvisations de clavier, les soli intempestifs qui débordaient de partout, avec un feeling monstrueux. Le cru de 1974 est à ce titre beaucoup plus carré, plus professionnel, on sent que le groupe a beaucoup travaillé ses morceaux et qu’il en propose des versions définitives… avant de voir à les exploser complètement en live, où ils prendront une dimension supplémentaire (cf le monstrueux "On Your Feet Or On Your Knees"). Et cette absence de spontanéité, nous la retrouvons d’entrée de jeu, sur ce "Career Of Evil" qui sera également le premier single issu de cet opus.
Ici, nous trouvons encore des traces de psychédélisme. Albert Bouchard offre une ouverture toute en élégance qui permet au regretté Allen Lanier de livrer une jolie prestation aux claviers, sur un titre qui fait songer à du DOORS, en plus musclé quand même. Pour les paroles, nous retrouvons Patti SMITH (alors petite amie de Lanier), qui signe un texte au refrain entêtant et hypnotique, qui offre une solide accroche. Mais c’est sans compter sur le talent de Buck Dharma pour lâcher un solo dont il a le secret, joliment nuancé. Et l’enchaînement avec "Subhuman" (ce titre aussi a dû faire saliver de fiel les journalistes qui se sont lâchés sur la pochette) a de quoi laisser pantois.
En effet, si l’ouverture n’a pas l’agressivité d’un "The Red & The Black", "Subhuman" surprend avec sa finesse, pour ne pas dire sa douceur. Nous sommes loin de la ballade, le style reste trop acide pour abonder en ce sens, mais l’aspect Hard Rock semble très ténu, jusqu’à ce que le morceau ne s’embrase et ouvre toute une collection de titres sévèrement plombés, sur lesquels les musiciens de BLUE ÖYSTER CULT font montre de leur dextérité. Et tout va sembler assez fou, les idées vont jaillir de partout, les guitares vont subitement avoir un nouveau mordant, plus incisif que par le passé, sans s’encombrer de superflu. Difficile en effet de ne pas se laisser prendre au jeu d’une furia Rock’N’Roll à souhait, sur laquelle plane un réel sentiment d’urgence, comme celle développée sur le terrible ME 262, assurément une des pièces maîtresses de l’album.
Et des comme ça, ce disque n’en manque pas. Difficile de passer sous silence le froid et arrogant "Dominance And Submission" qui prendra encore plus d’ampleur sur scène. Mais c’est quand le groupe se frotte à des propos plus ésotériques qu’il s’avère être le meilleur. En premier lieu, il y a "Flaming Telepaths" qui étonne avec son intro, une boîte à musique qui délivre son air aigrelet avant que le riff ne se déploie, vindicatif, fiévreux, puis que la voix limite sentencieuse d’Eric Bloom ne retentisse. Là encore nous avons droit à un refrain prenant, qui s’arrêtera brusquement sur la fin pour laisser libre court à un "Astronomy" tout simplement fabuleux.
"Astronomy", tout a été à peu près dit sur ce morceau splendide, qui vient calmer le jeu après une série de tueries sans la moindre concession. Jusqu’à son final somptueux, quand tout s’énerve, et que le groupe trouve une emphase monstrueuse, que l’on pourrait rapprocher de LED ZEPPELIN. Le "Stairway To Heaven" de BLUE ÖYSTER CULT. Le genre de titre où l’on ne peut que s’incliner et se laisser prendre à ce jeu dangereux dont les musiciens ont le secret. Et il pose les bases sur quelque chose de plus grand, une vision sur le long terme, qui ne trouvera sa définition que sur "Imaginos", près de quinze ans plus tard. Pearlman aura placé ses pions, dont ce Desdinova dont il parle également sur la citation apparaissant au verso de la jaquette, Albert Bouchard essaiera de boucler la boucle dès son départ du groupe durant la tournée de support de "Fire Of Unknown Origin".
Des titres faibles ? Pour ma part, il n’y en a aucun à signaler. Certains objecteront que "Cagey Cretins" est une ombre, une tache sur le tableau magnifique, une coulure du vernis qui aura laissé une trace bien laide sur cette composition parfaite. À cela j’objecterai que ce morceau repose sur la complicité entre les deux frères Bouchard, Albert à la batterie, Joe à la basse – ce dernier chantera même dessus – qui délivrent un groove entraînant, très Boogie dans l’esprit et qui fonctionne à merveille. Ils auront toujours formé la meilleure section rythmique de BLUE ÖYSTER CULT et quand ils composaient ensemble, ils pouvaient rivaliser avec les autres membres du groupe ("Astronomy", c’est eux).

"Secret Treaties" est très certainement le meilleur album de BLUE ÖYSTER CULT, ne serait-ce que pour les années 70, les années 80 proposant également du très lourd dans ce domaine. Il tempère son manque de spontanéité par une puissance créatrice et une précision de tous les instants. Chaque morceau possède sa personnalité, ils se complètent, explorent, nous emmènent parfois très loin, dans des contrées desquelles nous n’avons pas forcément envie de partir. Et si Roeser est étrangement muet ici, il se rattrapera grandement par la suite. C’était également cela qui faisait la force du groupe à cette époque, cette capacité à savoir s’effacer quand il le fallait. Et "Secret Treaties" est, à mes yeux en tout cas, l’un des plus beaux fleurons du Hard Rock, l’un de ces essentiels un peu trop mésestimé.
DARK BEAGLE

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Message par alcat01 » mar. 7 févr. 2023 11:01

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Mick Abrahams 1971
Après avoir quitté Jethro Tull et enregistré deux solides albums avec son nouveau groupe Blodwyn Pig, Mick Abrahams décide qu'il est temps de passer à autre chose, bien que temporairement. Il monte un nouveau groupe et choisit le nom de Mick Abrahams Band. Il y a cependant une certaine confusion quant à l'utilisation de ce nom, car cet album est simplement crédité à Mick Abrahams sur la pochette, mais au groupe sur le LP.
De même, le titre de l'album n'est pas tout à fait clair non plus, l'avant de la pochette portant la mention "A musical evening with..." mais le dos et le LP lui-même ne portant aucun titre d'album.
Le groupe est composé de quatre personnes, mais il est plus orienté vers le rock que celui de Blodwyn Pig, sans aucun cuivre. Le multi-talentueux Bob Sargeant est le deuxième musicien principal (après Abrahams), ses contributions à l'orgue et au piano étant la principale alternative à la fine guitare d'Abrahams. Conformément à son statut de leader du groupe, Abrahams écrit toutes les chansons, Sargeant recevant deux crédits de coécriture.

La première chanson, "Greyhound bus", reflète les ambitions croissantes d'Abrahams aux Etats-Unis, où Blodwyn Pig a connu un certain succès en tournée. La chanson est une tranche de blues rock à mi-parcours. Probablement identifié dès le début comme un single potentiel, le morceau possède une mélodie vocale décente et une excellente guitare solo. "Awake" est le premier des deux titres principaux et dure presque 9 minutes. Il s'agit d'un hymne blues majestueux, avec une performance vocale incroyable d'Abrahams et un jeu d'orgue merveilleux à la Ken Hensley de Sargeant.
"Winds of change" change complètement l'ambiance, cette ballade acoustique douce de style folk étant comme Tim Buckley dans sa beauté et sa simplicité. "Why do you do me this way" est presque onomatopéique, le titre trahissant un simple numéro de blues funk rock. La chanson est loin d'être originale, mais agréable tout de même. "Big queen", qui ouvre la deuxième face du LP, est une variante de "Greyhound bus", la voix fine d'Abrahams étant le point central. Bob Sargeant co-écrit et prend la voix principale sur "Not to rearrange". La chanson est teintée de country blues, mais si l'interprétation est compétente, la chanson est le point faible de l'album. Le problème vient plutôt de son anonymat, la steel guitare ne servant qu'à éloigner la chanson de ses pairs sur l'album.
Le dernier morceau est un monstre de 15 minutes intitulé "Seasons". Ici, la voix d'Abrahams est comparable à celle du grand David Clayton-Thomas. Le morceau a une belle structure progressive en plusieurs parties, et c'est de loin la chose la plus ambitieuse qu'Abrahams ait faite jusqu'à présent. La nature étendue du morceau donne à Abrahams et à Sargeant beaucoup d'espace pour ajouter une variété de solos, qui sont tous d'une qualité et d'un attrait constants.

Dans l'ensemble, c'est un excellent album qui bénéficie du contrôle plus strict d'Abrahams sur le contenu et de la production sympathique de Chris Thomas.
Alors que la pochette du LP est au mieux prosaïque, l'image arrière d'Abrahams est joliment embossée comme une mosaïque.
Easy Livin

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Message par alcat01 » mar. 7 févr. 2023 13:46

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1972 : Demons and Wizards
Demons And Wizards est à Uriah Heep ce que Machine Head est à Deep Purple : un album rempli de classiques, proche de la perfection. Plus homogène que Salisbury (lequel voyait un léger déséquilibre entre la longue pièce épique et les morceaux courts) et Look At Yourself (avec quelques titres moins inspirés), la musique du Heep prend de l'ampleur sur Demons And Wizards, avec plus de choeurs, de guitares acoustiques, d'arrangements diverses et forcément, on perd en échange la dynamique hard rock (qui a dit "Purplelienne" ?) de Look At Yourself.
Attention toutefois à ne pas se tromper sur l'étiquette "rock progressif", parfois employée (à tort) dans le cas d'Uriah Heep : elle ne concerne seulement qu'une minorité de morceaux. Alors que les fans de prog se battent entre eux pour savoir si Uriah Heep est prog ou pas prog, tuons le suspens de suite : ils ne l'ont jamais été! Il serait plus juste de dire qu'ils mélangent à leur sauce heavy metal, pop, rock, progressif et d'autres couleurs musicales, sans vouloir être enfermés dans une chapelle musicale précise.
Demons And Wizards pourra paraitre "banal", "facile", "sans intérêt", au mieux "sympa" pour les amateurs de musiques expérimentales, sombres, complexes, torturées, j'en passe et des meilleurs ! Uriah Heep n'a jamais boxé dans cette catégorie (il y avait déjà King Crimson pour cela), pas plus qu'ils n'ont eu la prétention de détenir le titre du groupe le plus original et inventif de son époque. Ce qui leur importait était avant tout d'écrire des chansons simples, avec de bonnes mélodies, ce qui était criminel à cette époque où la presse bien pensante ne s'intéressait qu'à tout ce qui était aventureux. Pas pour rien que le rock progressif avait si bonne presse en France, Led Zeppelin était porté aux nues et Deep Purple considéré comme un groupe bruyant et stupide.
Uriah Heep était le seul groupe à l'époque à pouvoir jouer une musique à la fois heavy et mélodique : sur l'hymne définitif Easy Livin', sur Traveller In Time et Poet's Justice également. Et puisqu'on parle de heavy, mis à part Black Sabbath, quel groupe pouvait pondre un titre aussi sombre que Rainbow Demon ? En adéquation avec la pochette de Roger Dean, l'ambiance de Rainbow Demon, les claviers incisifs de Ken Hensley et la voix grave magistrale de David Byron inspireront une bonne partie de black metalleux, tendance "symphonique", "viking", enfin dans ce folklore là (Vintersorg en fera même une reprise).
Quant à l'enchainement Paradise/The Spell, sa construction spéciale peut dérouter, mais force est de constater qu'il s'agit d'un des plus beaux morceaux du répertoire du Heep, avec plus de 12 minutes au compteur. La ballade est magnifique: des guitares acoustiques, un solo plânant, des envolées lyriques... Paradise/The Spell est certes moins original que Salisbury, mais davantage portée sur l'émotion, plus accessible et touchante en quelque sorte.
Alors, Demons And Wizards, meilleur album du Heep ? Le plus homogène en tout cas, le classique des classiques, c'est bien lui !
DAVID

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Message par alcat01 » mar. 7 févr. 2023 15:48

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"A Trick Of Memory" 1994
Martin Barre est entré dans l'histoire avec Jethro Tull, mais il a été peu reconnu quand on parle de sa carrière solo. Je vais passer en revue son meilleur album solo, du moins pour moi, en dehors de JT, c'est son album de 1994 intitulé A trick of memory.
A mes oreilles, c'est un bon album, dans le style de l'ancien temps, pas très complexe, pas facile à écouter non plus, quelques bons moments entrecoupés de quelques autres qui datent, mais au final un bon album.
J'aime son style, jamais trop compliqué mais toujours avec un sens des lignes mélodiques sur chaque arrangement. La musique va du rock pur et dur à des tonalités progressives, mais ne cesse jamais d'avoir de bons éléments et arrangements dans l'ensemble. Sa sonorité de guitare est excellente, assez similaire par endroits à ce qu'il faisait dans JT mais ok, même les parties vocales me rappellent JT dans certaines parties, en particulier la période Catfish rising.
Certains morceaux sont avec des vocaux, certains refrains font de ce A trick of memory une promenade agréable, mais seulement si vous le connaissez, et je veux dire son travail musical, à la fois dans JT ou en solo. Quelques morceaux et arrangements acustiques, comme Bug Bee ou Empty Cafe, donnent une bonne atmosphère générale.
Pour moi, l'un des albums oubliés d'un grand musicien, les avis sont partagés, certains disent que c'est bien, même génial, d'autres disent que c'est ennuyeux et que ça date, la vérité comme toujours est quelque part au milieu. Essayez-le, un disque agréable et chaleureux dans l'ensemble, comme au bon vieux temps.
b_olariu

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Message par alcat01 » mar. 7 févr. 2023 17:55

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Homecoming (1972)
Depuis le tournant de l’année 1971, « Horse With No Name » et son fameux ‘lalala-la’ sont sur toutes les lèvres. Le trio d’America est bien parti pour occuper la place encore chaude de Crosby, Stills & Nash (& Young) et devenir un des groupes les plus populaires des 70’s. Mais pour cela, il faut confirmer les choses avec un nouvel album. Dewey Bunnell, Gerry Beckley et Dan Peek se mettent donc à l’ouvrage et fin 1972, Homecoming (entamant une tradition d’avoir un nom d’album commençant par un ‘h’) est dévoilé au public. Ne voulant pas rester qu’un trio de Folk acoustique, America va cette fois faire appel à une véritable section rythmique en la personne du bassiste Joe Osborn et du batteur Hal Blaine qui ont travaillé avec notamment Simon & Garfunkle et les Mamas & The Papas. Autant dire des pointures.
« Ventura Highway », le premier titre, sera le tube de l’album, et une fois encore il est à mettre au crédit de Bunnell. Ce qui fait mouche à nouveau, c’est la finesse du jeu des guitare acoustique, la richesse des harmonies vocales, le côté accrocheur de la mélodie. Sans atteindre la perfection ultime qu’était « Horse With No Name », « Ventura Highway », conçu sur un rythme plus entrainant, trouve sa cible et deviendra n°8 en Amérique. Sur l’album précédent, Gerry Beckley s’était imposé comme l’élément Pop du groupe. La ballade au piano « To Each His Own » nous informe que cela n’a pas changé. A défaut d’être exceptionnelle, la mélodie est belle et efficace. Dan Peek, lui, va ouvertement faire une Folk plus Country avec « Don’t Cross The River » disposant de jolies parties de guitare (et d’un joyeux banjo) et des magnifiques harmonies vocales, décidément le point fort d’America. Sur la fausse ballade « Moon Song », America prouve sa volonté de ne pas rester un groupe de Folk pour aller vers le Soft Rock. Le point fort du titre reste son break instrumental avec un bon solo de Peek. C’est ensuite une joyeuse Pop à l’anglaise (façon Paul McCartney ou Graham Nash) qui est proposée avec « Only In Your Heart », probablement le meilleur titre composé par Beckley pour ce disque.
Plus mélancolique est sa ballade « Till The Sun Comes Up Again » qui s’éloigne un peu de son format Pop habituel pour mieux y revenir par moments. Moins immédiat que « Ventura Highway », le mystérieux Soft Rock « Cornwall Blank » est la grande réussite de Bunnell sur ce disque, bien servi par la guitare électrique de Peek. Sur ce titre, America n’est pas loin d’atteindre les grandes oeuvres Folk Rock psychédélique de leurs modèles (« Wooden Ships » en tête). Dommage qu’il ne se frotteront que si rarement à ce style, probablement parce qui étant en train de passer de mode. Après une belle reprise moelleuse (due au piano électrique) de « Heard And Heart » de l’Anglais John Martyn, America termine par deux composition de Dan Peek. Tout abord le Folk entraînant « California Revisited » avec un solo électrifiant de Peek dont l’agressivité est contenue par le mix. Puis le contraste total avec la ballade « Saturn Nights », probablement la plus belle de l’album, mettant une dernière fois en valeur les harmonies vocales du trio.

S’il n’atteignit pas les têtes des ventes comme son prédécesseur, le succès de « Ventura Highway » permit à Homecoming d’entrer dans le top 10. S’il n’a pas la force du premier album, il montre un groupe qui arrive à élargir son style tandis que ses membres semblent progresser comme compositeurs. Plus subtile et varié que America, donc, mais également moins immédiat. Le rêve américain se poursuivait en tous cas pour notre trio.
The Wicker Man

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Message par alcat01 » mar. 7 févr. 2023 19:45

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1256
Brave Belt (1971)
Brave Belt est un trio se créant à la fin des sixties à Winnipeg dans la province canadienne du Manitoba dans le centre du pays. Il regroupe Robbie Bachman à la batterie, son grand frère de 10 ans son ainé Randy Bachman à la guitare/chant et l’ex Guess Who Chad Allan au piano/guitare acoustique/chant.
En 1971, avec l’aide d’un certain Charles Frederick Turner aux chœurs, le combo publie un album éponyme pour le compte du label Reprise (à noter que participent également à ce disque Wally Didduck au violon, Ron Halldorson à la pedal steel guitar et Billy Mac à la batterie sur deux titres).

Fait de 12 chansons ce Lp offre un soft rock country aux effluves pop et psyché qui sent les grands espaces. Cela s’ouvre par « Crazy Arms, Crazy Eyes », un morceau à l’ambiance rustique qui imprimé en 45-tours rencontra un petit succès. Randy Bachman et Chad Allan chantent tout deux pour de belles harmonisations, parfois célestes comme on peut l’entendre dans la balade folk champêtre et rêveuse qui suit, « Lifetime » mais aussi dans le magnifique « Rock And Roll Band » que les fans de CSN&Y peuvent apprécier sans parler du bluegrass « I Wouldn’t Trade My Guitar For A Woman ».
Pour le reste, le chant est partagé. On retrouve Randy Bachman dans un registre country folk aux dérives old-time souvent accompagné de violon, « Waitin’ There For Me » au tempo rapide et « It’s Over » plus lent.
Mais c’est majoritairement Chad Allan qui assure le chant. A l’exception de « Anyday Means Tomorrow » un brin exotique, sa voix ressemble étrangement à celle de David Bowie. Flagrant dans les balades nostalgiques pleines de poésie que sont « I Am The Man » et « Holy Train » menées par un joli piano parfois dramatique ainsi que le désespéré « French Kiss » fait de pedal steel guitar évasives,
Le disque se conclut avec les cinq mn sous acide de « Scarecrow » chanté par Chad Allan aux variations de tempos pouvant jouer sur les émotions.
Bref, à l’arrivé un disque fort sympathique s’écoutant sans prise de tête. Brave Belt aura l’occasion de publier un second effort l’année suivante avant que les frères Bachman ne fondent Bachman-Turner Overdrive en 1973.
jeanjacquesperez

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Message par alcat01 » mer. 8 févr. 2023 09:07

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1257
On Record (1972)
Pour leur deuxième album, April Wine s'est éloigné de leur premier album, qui était un mélange intéressant de hard rock, de heavy psych, de folk et de prog, pour sortir un album avec des chansons plus dépouillées. Bien qu'il s'agisse toujours d'un album diversifié et créatif, chaque chanson adhère plus étroitement à un style au lieu de changer brusquement ou de mélanger les tempos et les atmosphères comme le faisaient certaines chansons du premier album.
Le bassiste Jim Henman n'est plus là et c'est Jim Clench, un auteur-compositeur et chanteur important, qui rejoint le groupe. Les frères Henman, David et Ritchie (cousins de Jim Henman) et Myles Goodwyn restent dans le groupe original. Il est intéressant de noter que Terry Brown, qui produira plus tard Rush, a conçu cet album.

Cet album est une transition audacieuse entre la version de 1971 du groupe et le groupe de hard rock du milieu des années 70 dans lequel April Wine allait évoluer. Leur reprise de "You Could Have Been a Lady" de Hot Chocolate et la chanson "Bad Side of the Moon" d'Elton John et Bernie Taupin ont donné au groupe deux succès qui tournent toujours sur les radios rock classiques. "Work All Day" présente le côté heavy et hard rock du groupe, ainsi que le jeu de guitare rapide qui figurait sur le premier album.
D'autres chansons intéressantes pour les fans de hard rock sont "Drop Your Guns", "Refuge" et "Carry On". Les autres chansons sont plus douces ou plus acoustiques, mais elles rendent l'album intéressant par leur variété.
L'album, bien qu'il commence seulement à se rapprocher de leur dernière production, est un bon mélange de musique à base de guitare. La section rythmique tient bien la route, avec quelques bonnes percussions du début des années 70 et quelques parties de basse accrocheuses ici et là. Lorsque le groupe se met à l'acoustique, cela fonctionne aussi efficacement que n'importe quel groupe des années 70 pourrait le faire. Si j'ai un reproche à faire, ce sont les étranges parties d'orgue et de piano qui interviennent à la fin de la plupart des morceaux. Peut-être destinées à servir de fil conducteur entre les chansons, je les trouve inutiles et intrusives. Après une chanson aurait été suffisant. Ça ne marche pas et ça fait penser à un retour aux grands jours psychédéliques.

En soi, c'est plutôt un bon album. J'hésite à le comparer à Led Zeppelin car leurs styles sont assez différents. Cependant, les puissants Zeppelin n'ont jamais enchaîné les albums de rock lourd, et April Wine non plus. Si vous vous intéressez aux groupes du début des années 70 qui ont une base de hard rock mais qui explorent librement les possibilités de leurs talents, je vous suggère de jeter un coup d'œil aux trois premiers albums d'April Wine. En fait, je recommande leurs cinq premiers albums, mais je préfère les sons et les styles des trois premiers.
voila_la_scorie

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Message par alcat01 » mer. 8 févr. 2023 09:09

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1258

On Your Feet Or On Your Knees (1975)

On va faire simple, si vous ne devez posséder qu'un disque de Blue Oyster Cult, c'est celui-là qu'il vous faut. Il sort en 1975 et est la quintessence en live des trois premiers albums studios du groupe (Blues Oyster Cult, Tyrannie & Mutation et Secrets Traities). Ces trois L.P sont très heavy metal, avec des pochettes superbes, et sont produits par Murray Krugman et Sandy Pearlman, LES producteurs new-yorkais à la mode des mid-seventies. Trois titres de chaque album studio et deux reprises pour leur premier live.

La pochette a provoqué un petit scandale, avec au recto la voiture et son drapeau garés devant une mystérieuse chapelle émergeant de la brume et au verso des mains gantées de noir qui tiennent un livre avec le sigle du groupe. On s'apercevra vite que tous ces pseudos rites sont de pacotille et que les musiciens ne sont pas ni sataniques, ni pro-nazis, mais simplement adeptes d'un bon marketing américain.

Une grosse voix annonce 'On your feet, on your knees BLUE OYSTER CULT'. On s'attend à un riff qui tue, mais le premier morceau est quasiment une balade, la pression va monter peu à peu avec un final destroy dans "Harvester of Eyes" et surtout "Seven Screaming Dizbusters" où Buck Dharma se lâche. Ce guitariste n'a pas vraiment le style heavy metal, au contraire il est très lyrique et son jeu contraste habilement avec la rythmique de bûcheron, les riffs lourds d'Eric Bloom et les nappes d'orgues d'Allen Lanier. D'ailleurs, sur scène, tous étaient en cuir noir, sauf Buck tout en blanc comme Pete Towhnsend, comme si lui était le gentil guitariste solo et les autres les forgerons de l'enfer.

Et c'est l'heure de gloire de Buck, avec "Buck's Boogie" piqué au "Beck's Bolero" du grand Jeff BECK, où il fait une superbe démonstration de virtuosité qui casse toutefois un peu le rythme du show. C'est le retour du lourd, du très lourd avec le superbe "Last Day of May" assez calme mais sulfureux par les paroles, le puissant "Cities On Flame with Rock n'Roll". Le titre se suffit à lui même, enchaîné à "ME 262" où tout le groupe est à la guitare pour une orgie électrique. Le temps de souffler un peu avec "I Ain't Got You" de Jimmy Reed avec des paroles modifiées et on termine par l'énorme, le superbe, le terrifiant "Born to Be Wild" dans une bonne version mais moins sauvage que celle encore inégalée à ce jour de leurs créateurs STEPPENWOLF.

Bizarrement, cet excellent disque qui doit figurer dans les albums live à posséder absolument, sera sans lendemain, malgré son succès. Le groupe s'orientera, dès la sortie de Agents of Fortune, vers une musique plus calibrée pour la F.M au détriment du heavy metal qui avait fait pourtant sensation. Comme quoi, ce n'était pas vraiment des métalleux !
BAYOU

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Message par alcat01 » mer. 8 févr. 2023 11:00

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1259
BUBBLE PUPPY
Enregistrant pour International Artists Records, le label texan fou qui a apporté au monde des visionnaires sous acide comme the 13th Floor Elevators, the Red Krayola, Lost & Found et Electric Rubayyat, Bubble Puppy semblait, en comparaison, être un phare de semi-sanité - un groupe psychédélique plutôt typique de l'époque qui semblait plus intéressé par le fait de s'amuser et de faire monter les amplis que par celui de réimaginer la taille et la forme du cosmos intérieur.
Mais cela ne veut pas dire qu'ils n'étaient pas un bon groupe psychédélique - le morceau le plus connu du groupe, "Hot Smoke and Sassafras", était un rock chargé de guitare qui méritait de devenir un hit single, et son pendant, "Loney", était presque aussi bon. A vrai dire, ces deux chansons sont les titres les plus intéressants du premier album de Bubble Puppy, A Gathering of Promises, mais le reste du matériel est certainement plus qu'un simple remplissage - des morceaux plus doux comme "It's Safe to Say" et la chanson titre montrent les harmonies étonnamment fortes du groupe et ses influences folk-rock, tandis que les guitares entrelacées de Todd Potter et Rod Prince conduisent "Beginning", "Hurry Sundown" et l'épique "I've Got to Reach You".
Bubble Puppy écrit et joue comme des professionnels chevronnés et, à l'exception de "I've Got to Reach You", ils ont eu le bon sens de conclure leurs morceaux en trois ou quatre minutes, de sorte que cet album se termine avant d'être épuisé. Ce n'est pas exactement une œuvre de génie qui change la vie, mais A Gathering of Promises est tout de même un album nettement plus fort et mieux conçu que la plupart des groupes de leur époque et de leur lieu de résidence, et s'il avait bénéficié d'une distribution plus large (et d'une ou deux autres chansons aussi bonnes que le single), qui sait où ils auraient pu finir.
Mark Deming

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Message par alcat01 » mer. 8 févr. 2023 14:21

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1260
1972 : The Magician's Birthday
The magician's birthday succède rapidement au mythique Demons & Wizards, et au regard de la pochette signée Roger Dean (le célèbre dessinateur des pochettes de Yes), on peut déjà considérer The magician's birthday comme le petit frère de Demons & Wizards : même type de pochette mystique, musicalement pas si éloigné sans être une copie conforme pour autant (si on aime l'un, on aime forcément l'autre) et les 2 albums partagent le même goût pour l'aventure et la prise de risque.
Déroutant au 1er abord, The magician's birthday se distingue vite de son prédécesseur, l'ambiance n'est plus vraiment à la fête ici comme c'était le cas de l'album Look At Yourself. On ne retrouve qu'en de rares occasions la facette joyeuse du répertoire d'Uriah Heep, comme par exemple sur le très rock et groovy Spider Woman, les choeurs du refrain de Sweet Lorraine ou sur le passage au piano de l'épique The magician's birthday ("Happy birthday to you"), j'y reviendrais plus tard. Notons au passage que ces morceaux sont les seuls à ne pas avoir été composé par Ken Hensley qui lui était dans un tout autre état d'esprit. Plus calme, plus posé, comme sur la ballade classique au piano Rain ou sur les perles acoustiques Tales et Blind Eye. Jamais un groupe de hard rock n'était parvenu à mélanger guitare acoustique et électrique avec autant de magnificence sur un même morceau, même Led Zeppelin n'y était pas arrivé sur leur album folk III.
The magician's birthday est même très sombre, presque déprimant sur Echoes in the dark où David Byron apparait plus désabusé que jamais, ou Sunrise et ses choeurs malsains (frissons garantis). David Byron justement, puisqu'on parle de lui, il confirme une fois de plus quel chanteur talentueux il fut. Et comment pouvait-on parler de ce disque sans évoquer la longue pièce The magician's birthday ? 10 minutes sur lesquelles Uriah Heep se laisse aller à des délires diverses et variées comme cette fabuleuse impro de 5 minutes où guitare et batterie se livrent tous les 2 à une mini-jam d'anthologie. Et le morceau se termine avec ce qui restera sans doute comme les plus belles vocalises aiguës qu'il m'ait été donné d'entendre. Tantôt théâtral ou tout simplement doux et beau, le chant de David Byron ne tombe jamais dans le ridicule. Tout semble si naturel et déconcertant de facilité chez lui, là où d'autres chanteurs se forcent lamentablement à jouer les Patrick Juvet en herbe pour un résultat... affreux (King Diamond au hasard, Matt Barlow). Non, ce qui distingue David Byron des autres, c'est la classe, point !
The magician's birthday est reconnu pour être le meilleur album d'Uriah Heep avec Demons & Wizards, quoique cette place de leader est aussi disputée par Salisbury et Look At Yourself... difficile de se mettre d'accord entre fans.

C'est la dernière fois où Uriah Heep expérimentera à ce point ce qui ne veut pas dire que les albums qui suivront soient mauvais, loin s'en faut.
DAVID

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Message par whereisbrian » mer. 8 févr. 2023 14:42


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Message par alcat01 » mer. 8 févr. 2023 15:42

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1261
"The Meeting" de Martin Barre semble être un album totalement différent, il est venu en quelque sorte en paire avec "A Trick of Memory". Mais il y a beaucoup de différences, musicalement. Les musiciens changent la façon de jouer la musique, surtout dans l'utilisation des claviers, qui sont beaucoup plus présents et la batterie et les percussions (avec les très compétents Doane Perry, Gerry Conway et Dave Mattacks) qui sont également bien placées.

Bien que le chant féminin bluesy qui me dérange soit encore plus présent dans les premiers morceaux et dans "I Know your face", les chansons elles-mêmes ne perdent pas grand-chose à cause de cela. "I Know your face" en est le parfait exemple. C'est un super morceau. "Outer Cicle" montre quel grand musicien est Martin, et, encore une fois, la moitié inférieure de l'album est composée de grands morceaux. "Misere", "Spanner", "Tom's" et "Dreamer" (qui aurait dû être instrumental) sont excellents - et où vous pouvez comprendre pourquoi Martin n'est pas un dieu de la guitare, et oui un compositeur.

L'album manque d'un grand final, et aurait pu être un peu plus instrumental, mais pas besoin de désespérer...
GKR











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Message par alcat01 » mer. 8 févr. 2023 17:55

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1262
Hat Trick (1973)
C’est un fait établi. Avec deux albums à succès et trois tubes, America est devenu le groupe Folk Rock de référence auprès d’un public orphelin de Crosby, Stills, Nash & Young. Malheureusement, par fatigue ou excès de confiance, Hat Trick, troisième album du trio, manquera sa cible et sera celui qui les fera trébucher et tomber de leur piédestal.
On peut par exemple se poser la question de la pertinence de débuter par la reprise de « Muskrat Love ». Certes elle est plutôt réussie mais bien trop calme pour commencer un album. Qu’on est loin de l’entrainant « Ventura Highway » sur le précédent. Placer cette ballade Soft Rock en troisième ou quatrième position aurait été plus judicieux. On ne peut en revanche que reconnaître l’excellent travail sur les harmonies vocales, le trio était à présent ouvertement les égaux de CSN en la matière. En revanche, contrairement à ce qu’ils pensaient, le résultat n’était pas suffisamment accrocheur pour en faire un single ; et sans surprise celui fit un bide (il n’entrera même pas au top 50 !). On retrouve ensuite un Dewey Bunnell à nouveau très inspiré pour un « Wind Wave » en mode Folk tranquille mais avec quelques surprenantes – mais réussies – touches de Calypso. Le titre s’enchaîne avec la ballade Pop « She’s Gonna Let You Down » qui, sans surprise, est à mettre au crédit de Gerry Beckley. N’hésitant pas à s’envoler vers des proportions épiques et d’excellents choix mélodiques, elle aurait pu se retrouver sur un album d’Elton John. Que de chemin parcouru depuis le sympathique mais un peu trop classique « I Need You ».
Le Folk cotonneux de « Rainbow Song » va permettre au groupe de mettre un semblant de dynamisme après trois ballades. Mais nous sommes encore loin d’avoir un titre entrainant. Il n’empêche que ce titre de Bunnell est l’un des meilleurs de l’album. Quant aux cordes qui parsèment ce titre (et une partie du disque), elles sont loin d’affadir le résultat. Après que Beckley nous ait surpris avec un « Submarine Ladies » très typé Country (mais encore une ballade), Dan Peek se rappelle enfin à notre bon souvenir avec « It’s Life » qui commence comme une ballade avant de durcir le ton (enfin, serait presque tenté de dire, tant l’album s’est quasiment contenté d’enchaîner les ballades jusque là). Notre trio compose ensuite à trois son titre le plus ambitieux jusqu’alors, « Hat Trick ». Du haut de ses huit minutes, il enchaîne mélodies Pop, solos Rock psychédélique, et rêveries Folk pour un voyage musical qui n’est pas sans rappeler les Beatles et leur capacité de faire un morceau de plusieurs. En cette année 1973 qui est sans doute celle du sommet du Rock progressif, America nous offrait ce qui était le proche de prétendre au style. On notera la présence de deux Beach Boys venus gonfler les choeurs, et même trois si l’on se rappelle que Billy Hinsche (ancien membre du groupe Rock du fils de Dean Martin) en faisait alors partie.
Nouvelle ballade Folk avec « Molten Love ». Mais si on reconnaît bien la patte de Bunnell, elle manque d’originalité pour se distinguer des autres composées pour l’album, malgré une très bonne ligne de basse de David Dickey et quelques effets sympas des cordes. On sera plus convaincu par son « Green Monkey » qui voit America s’essayer plus ouvertement que jamais au Rock avec la présence de la guitare acérée de Joe Walsh. Cela dit, malgré la réussite de ce titre et la joie de voir une variation au rythme de l’album (d’autant que « Willow Tree Lullaby », second titre estampillé Peek est à nouveau une ballade), il n’a pas le calibre d’un tube. On termine par un « Goodbye » approprié mais qu’en raison de son style Pop/Rock entraînant on aurait voulu voir plus tôt dans la tracklist.
Hat Trick n’est, on le voit, pas du tout un mauvais album mais souffre de trois défauts majeurs, impardonnables si l’on veut avoir un album à succès. Tout d’abord, avec onze titres le disque est trop long (surtout pour un album qui varie peu son rythme). En supprimer un ou deux aurait certainement bénéficié à l’ensemble. Ensuite, et c’est sans doute le principal de ces trois défauts, on constate un criant manque de variations. Sur les onze titres cités six sont des ballades (et on ne peut pas dire que « Rainbow Song » et « Hat Trick » soient particulièrement enlevées). Certes America a toujours été un groupe assez posé, mais trop c’est trop. L’équilibre avait été bien mieux dosé sur Homecoming et même sur le premier. Enfin, et c’est probablement ce qui causa le plus son échec, l’album manque d’un tube. Le trio pensaient l’avoir avec « Muskrat Love » mais se fourvoyait complètement: il était bien trop sage et pas assez accrocheur pour cela, loin de la mélodie imparable de « Horse With No Name » ou du côté entrainant de « Ventura Highway ». Conséquence, alors que les deux précédent s’étaient retrouvés platine, Hat Trick ne fut même pas disque d’or ! Une chute terrifiante pour le groupe. Et si le tir fut heureusement corrigé par la suite avec la venue de nouveaux succès, il est juste de dire que le statut d’America comme leader du mouvement Folk Rock ne s’en remit jamais complètement.
The Wicker Man

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Message par Algernon » mer. 8 févr. 2023 18:34

"Le trio pensaient l’avoir avec « Muskrat Love » mais se fourvoyait complètement: il était bien trop sage et pas assez accrocheur pour cela."
The album produced the single, "Muskrat Love", which reached number 67 on the Billboard singles chart and number 11 on the adult contemporary chart.
That song would become a much bigger hit for Captain & Tennille three years later.
J'ai réécouté, il y un mois et demi leurs albums jusqu'à Harbor
Les quelques reproches exposés ne sont pas injustifiés, si on veut avoir un peu la dent dure. Mais bon : America faisait... de l'America.
Et ils allaient continuer, en redressant la barre avec Sir George Martin.
Je ne suis pas trop vieux pour ces conneries.

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Message par alcat01 » mer. 8 févr. 2023 19:43

Algernon a écrit :
mer. 8 févr. 2023 18:34
"Le trio pensaient l’avoir avec « Muskrat Love » mais se fourvoyait complètement: il était bien trop sage et pas assez accrocheur pour cela."
The album produced the single, "Muskrat Love", which reached number 67 on the Billboard singles chart and number 11 on the adult contemporary chart.
That song would become a much bigger hit for Captain & Tennille three years later.
J'ai réécouté, il y un mois et demi leurs albums jusqu'à Harbor
Les quelques reproches exposés ne sont pas injustifiés, si on veut avoir un peu la dent dure. Mais bon : America faisait... de l'America.
Et ils allaient continuer, en redressant la barre avec Sir George Martin.
Tout à fait, Al!

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Message par alcat01 » mer. 8 févr. 2023 19:44

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1263
Brave Belt II (1972)
Le deuxième album des exilés de the Guess Who, Chad Allan et Randy Bachman, pourrait s'intituler de manière plus appropriée Brave Belt Turner Overdrive, puisque C.F. Turner rejoint le groupe après deux subtiles apparitions en tant qu'invité sur le premier Brave Belt de 1971. À l'inverse, et malheureusement, Chad Allan n'apparaît que sur deux chansons, et écrit ou coécrit quatre titres ici.
L'un des meilleurs titres du disque est " Another Way Out ", l'une de ces coécritures entre Randy C. Bachman et Chad Allan, le fondateur/chanteur original des Guess Who qui a connu le succès avec Shakin' All Over en 1965, quatre ans avant que " These Eyes " ne relance le groupe. Il va sans dire que Brave Belt II est un disque important sur le plan historique. Les percussions lourdes sur "Never Comin' Home" de Bachman et "Waterloo Country" d'Allan apportent des nuances qui étaient presque impossibles avec les Guess Who. Cet étrange hybride de musique country canadienne et de hard rock américain est une véritable expérience, et bien qu'elle ne soit pas totalement réussie, elle a ses moments. La voix sur "Waterloo Country" fait l'effet d'un taureau dans un magasin de porcelaine. C'est le titre final de l'album, qui indique la direction dans laquelle Bachman Turner Overdrive allait connaître la gloire et la fortune.

Le morceau d'ouverture, par contre, "Too Far Away" de Bachman, sonne comme si quelqu'un avait mis des paroles sur la musique de son disque solo RCA, Axe, enregistré deux ans avant celui-ci. Intéressant. Les chœurs de type J. Geils Band montrent que Bachman joue avec toutes sortes d'idées. À côté de "Dunrobin's Gone", le morceau de Chad Allan aux sonorités pop britannique et légères, les différences entre les deux deviennent évidentes et troublantes. Mais si Rob Bachman, C.F. Turner, Randy Bachman et Chad Allan avaient formé un groupe plus proche des premiers Guess Who, les deux albums de Brave Belt auraient pu trouver un large public. Le chant diesel de C.F. Turner sur son "Can You Feel It" est du pur Bachman Turner Overdrive et ne semble pas à sa place ici, mais c'est cette dissension qui fait de Brave Belt II une étude fascinante, et étonnamment écoutable.
Les trois styles embrassés par ce groupe (pop, country, hard rock) convergeant sur la composition de Bachman/Allan/Bachman "Summer Soldier" est le meilleur exemple de la crise d'identité de ce groupe.
Joe Viglione

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