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jeanjacquesperezJoin Inn (1973)
Bonne nouvelle ! Klaus Schulze après un essai solo en 1972 avec l’énigmatique Irrlicht revient au sein du Ash Ra Tempel rejoignant ainsi le guitariste Manuel Göttsching et le bassiste Hartmut Enke. Après un album éponyme remarquable et incontournable du style krautrock, ces deux derniers avaient poursuivi l’aventure en publiant deux Lp, l’attachant Schwingungen et le raté Seven Up en collaboration avec Timothy Leary, l’apôtre du LSD. Bref, deux galettes d’Ash Ra Tempel qui n’étaient pas à la hauteur du premier disque. De fait, le retour de Klaus Schulze apparait comme une aubaine, où le groupe va pouvoir profiter de l’expérience de Irrlicht. Précisons tout de même que Klaus Schulze reprend la batterie abandonnée dans son album solo. En 1973, Ash Ra Tempel pond son 4ème 33-tours publié sur Ohr et intitulé Join Inn.
L’auberge à joint ! Visiblement ce disque a été réalisé dans un état second sous l’influence de la fumette et autres psychotropes. Ce qui ne sera pas sans conséquence pour la suite. Fait de deux pièces, une par face donc, cette œuvre complétement barrée débute par « Freak’n’roll » habillé par moment de quelques effets sonores. Il s’agit d’un véritable tour de force de free rock, plus de 19 mn d’improvisation hendrixienne souvent répétitive à la sauce krautrock. Manuel Göttsching se montre inspiré avec sa six cordes électrique cosmique, Klaus Schulze se dévoile être un batteur redoutable avec ses roulements interminables et Hartmut Enke est comme possédé avec sa basse gonflée à l’hélium.
La seconde face propose les 24 mn de « Jenseits ». Une piste space rock vaguement inquiétante nous ramenant aux travaux de Irrlicht pour une ambiance planante à nous plonger dans un état comateux. Un fabuleux voyage cérébral parsemé de nappe sonore froides, de vagues de synthé glacées, habillé d’un subtil arpège lymphatique à la guitare élaborant son thème mélodique de manière lente et progressive. Mais à l’écoute, Klaus Schulze n’est pas venu seul. En effet, on entend de discrètes interventions vocales. Elles sont signées de la vocaliste Rosi Müller, dernière recrue.
Bref, Ash Ra Tempel propose un incontournable du genre krautrock. Toutefois, à la vue de la pochette Klaus Schulze semble prendre ses distances avec le groupe où l’on observe les musiciens posant et lui isolé dans un cadre. Immanquablement, Klaus Schulze quitte définitivement Ash Ra Tempel pour sa carrière solo et devenir l’un des maitres de la musique électronique. Il est suivi de près par Hartmut Enke ayant trop abusé du LSD. On n’entendra plus parler de lui. Il décède en décembre 2005.
Restent donc Manuel Göttsching et Rosi Müller qui tenteront un dernier effort la même année.
















