Allez, un peu de "people", ça me rappelle quand j'allais chez le coiffeur (il y a longtemps...)
Article du "Parisien" d'hier...
LE CHÂTELAIN DE FOURCHETTE
Mick Jagger, le chanteur des Rolling Stones, est confiné en Touraine, dans le château qu’il possède depuis 1982. Une rock star très discrète et aimée des villageois.
Elle est invisible de la route. Nichée à l’entrée de Pocé-sur-Cisse, dans le hameau de Fourchette, l’imposante bâtisse du XVIIIe siècle est d’une discrétion absolue, protégée des regards par un mur d’enceinte, des hauts peupliers et des caméras. A l’arrière, un coteau boisé grimpe vers un plateau recouvert de vignes. Lorsqu’on se présente à la grille d’entrée, mardi, on est vite repérés. Et pour cause. Le propriétaire, c’est Sir Jagger. Le chanteur des Rolling Stones est actuellement confiné, ici, en Touraine ! La surprise a fait autant d’effet que la prestation du groupe, il y a quinze jours, au festival virtuel de Lady Gaga, et que son nouveau titre, le réjouissant et prémonitoire « Living In a Ghost Town », première chanson originale depuis sept ans. Beaucoup ont alors découvert que Mick Jagger possède ce château en Indre-et-Loire, dans ce village de 1 600 habitants, à 6 km d’Amboise et 220 km au sud-ouest de Paris. Et qu’il s’y sent assez bien pour le choisir comme lieu de confinement.
Mick Jagger a acquis le château de Fourchette en 1982. Il s’apprête alors à passer le cap de la quarantaine. Il a quitté Bianca pour le mannequin Jerry Hall, avec qui il va avoir quatre enfants et vivre jusqu’en 1999. Nouvelle vie, nouvelle résidence de vacances. Il achète 2,2 millions de francs (l’équivalent de 750 000 € aujourd’hui) à un juge de commerce, M. Richet, l’ancienne demeure du duc de Choiseul, chef du gouvernement de Louis XV, et sa propriété d’une vingtaine d’hectares pour en faire un havre de paix où réunir famille et amis trois à quatre mois par an. Il connaît bien la région pour y être venu, enfant, visiter les châteaux de la Loire. L’été, la famille Jagger séjournait au camping de l’Ile d’or, près du château d’Amboise.
Devant les grilles, pas la peine de sonner. Le gardien sort de sa maison et calme nos ardeurs. Il monte dans son antique Saxo grise et s’en va en prenant soin de refermer la grille automatique derrière lui. Mais surprise, dans la longue allée qui mène vers le château, un homme en jogging vient tranquillement à notre rencontre. C’est Dom Faccini, manageur personnel de Mick Jagger depuis vingt ans, et frère du chanteur Piers Faccini. L’homme est calme et affable. « Ici, Mick ne donne pas d’interview, par principe. Je ne veux pas que vous ayez l’impression qu’on est des méchants ou des gens fermés, mais vous comprenez qu’on doit faire respecter la partie privée de son existence, sinon on se fait envahir. Envoyez-moi un mail, je le montre à Mick et je vous réponds dans les deux heures pour un entretien au téléphone ou par mail. » La réponse arrive à l’heure dite, mais pas de miracle, elle est négative. « La dernière fois qu’un journaliste est venu à Fourchette, c’était en 1989, nous explique Bruno Bocquelet, régisseur du château à partir de 1983 et pendant trente ans. Il faut comprendre Mick. Les premières années, c’était invivable avec les paparazzis. Ils passaient par-dessus les murs avec des échelles, se planquaient dans le bois. Une fois, je suis même allé le chercher à l’aéroport avec mon camping-car pour le cacher. Quelle galère ! J’ai dit à Mick : Fais une interview avec la NR (NDLR : “la Nouvelle République du Centre-Ouest”, le quotidien régional) et tu ne seras plus embêté. Après, ça s’est calmé. »
Depuis, le village protège jalousement sa star et son intimité. Dans la rue principale, le facteur remplaçant est l’un des rares à répondre. « J’apporte souvent des paquets à M. Jagger mais je ne l’ai pas encore vu, avoue Fabrice, un Colissimo en main. Je les laisse au gardien mais je rêve de lui en remettre un en main propre ou de laisser un disque pour le faire dédicacer. J’adore les Stones. J’ai un groupe amateur, on reprend Jumpin’Jack Flash et Paint It Black ! » « M. Jagger se protège plus qu’avant, estime Claude, un ancien du village. Il sort moins et avec des gardes du corps. » Après notre passage au château, l’un d’eux, au volant d’un Range Rover sombre, nous suit même discrètement mais sûrement dans tous nos déplacements.
Entre film d’espionnage et confinement, pas facile de trouver des interlocuteurs. La boulangère ne sait rien sur le châtelain, les pharmaciennes respectent sa « discrétion », tout comme le maire, Claude Courgeau, qui ne souhaite pas nous rencontrer… « Ah, on aime le protéger notre Mick, c’est un peu l’omerta, rigole Robert Crosnier, patron des pépinières du même nom. Il aime la région car les gens le laissent tranquille. A une époque, il y a eu un projet de camping en face du château. La mairie l’a abandonné pour ne pas embêter Mick. »
Robert Crosnier, 68 ans, fleurit Fourchette depuis 1984. « La première fois, Mick m’a accueilli avec une bouteille de vin blanc, un plan et des photos anciennes du château, raconte-t-il. Il m’a dit : Je veux ça. En français, qu’il parle très bien. Il tenait beaucoup à respecter l’histoire de la propriété. Le château n’était pas en très bon état et il a investi dans de gros travaux de rénovation et d’aménagement. On a fait beaucoup de plantations et refait les jardins à la française avec la touche anglaise d’une de ses amies paysagiste. On a recréé un étang, une cascade… » Aujourd’hui, c’est son fils Arnaud qui livre des pivoines, des plantes vivaces, des arbres fruitiers à Fourchette.