Après la parenthèse mathématique initiée sur =1, voici nos cinq gaillards revenant sur des préoccupations écologiques et métaphysiques orchestrées par un Ian Gillan dont on sait qu'il est homme depuis quelques temps à être préoccupé par tout ce qui touche à notre belle planète. Infinite et Whoosh en sont les parfaites illustrations. Ignorant la finalité de cette équation à rallonge qui figurait sur =1, équation dont le seul résultat nous ramenait à une petite unité, je me disais bien que notre ami vocaliste allait de nouveau se tourner vers ces sujets à dominante métaphysique qui lui tiennent à coeur. Et donc cette nouvelle pochette de Splat! au demeurant magnifique surtout en vinyle où le cercle de pierre ainsi que la vallée apparaissent en relief, en donne le ton. Un cercle de pierre qui lorsqu'on l'observe, semble protéger ce qui peut encore l'être en l'occurrence la race humaine incarnée par cette silhouette nous tournant le dos qui n'a qu'une idée en tête : vu qu'il ne semble plus accorder une quelconque confiance à ses semblables, il ne lui reste que deux options sensées : fuir et se réfugier pour quelques temps dans ce paradis céleste s'il en est, un pseudo paradis qui de toute évidence finira par disparaître. Interprétation purement subjective. Venons en donc à cet album.
Cet individu serait-ce ce Billy dont Gillan ne cesse de scander voire d'implorer de sa voix plaintive le prénom dans Arrogant Boy ? Nul ne le sait. Un morceau particulièrement rapide ponctué ainsi d'une cavalcade de riffs assassins décochés par notre artilleur en chef : Simon McBride qui, contrairement à son prédécesseur est h-OM-me à aller "droit au but" via des parties de guitare finement ciselées. Tout comme d'ailleurs l'intervention parfaitement appropriée de Don Airey (moins pénible que d'habitude, je vous assure, ça repose) s'inscrit parfaitement dans la trame du morceau "dialoguant" de concert avec un McBride qui n'en demandait pas tant. De son côté, Gillan et sa voix si caractéristique oscillent tantôt vers une voix plus aigüe sans atteindre non plus les sommets de sa jeunesse envolée tantôt vers une tessiture que l'on qualifiera de presque langoureuse notamment sur ce Diablo d'excellente facture dont la trame s'avère être particulièrement puissante.
On sent également chez le groupe la volonté de raccourcir la durée des morceaux (ce qui n'est pas un mal même si certains titres s'achèvent de façon un peu abrupte) et dans le même temps porter l'effort sur la mélodie tout en observant un rythme particulièrement marqué sur The Rider et ce, après une délicate mise en bouche orchestrée par un Airey au synthé. Ensuite The Lunatic qui se veut être une réflexion sur la maladie mentale, insiste via un texte très émouvant sur le fait qu'il est important d'être présent dans ces moments-là lorsqu'il s'agit d'un proche. En termes de structure, cela se traduit par de puissants coups de boutoir qui restituent parfaitement la détresse mais aussi tous les traumatismes véhiculés par celui ou celle qui en est victime.
On peut considérer The Only Horse In Town avec sa jolie mélodie comme un filler au demeurant agréable mais bien trop convenu. Sans doute le morceau que l'on peut se permettre de passer sans regret. Ce qui n'est pas le cas de Sacred Land. Alors que celui-ci démarre sur un délicate partie de synthé, le groupe s'attèle à le faire évoluer vers un tempo plus lourd (mazette quelle section rythmique !!!!) mettant en exergue le talent de Simon McBride qui s'acquitte pour le coup d'un solo magnifiquement exécuté.
On reprend sur ce Guilt Tripping étrangement orthographié "Gulit" Tripping (erreur volontaire ? Pour le moment, rien n'a filtré), un titre débutant sur de douces notes de piano pour ensuite se poursuivre et ce, grâce à un Ian Gillan tantôt langoureux tantôt révolté, un Ian Paice remarquable, sur un tempo saccadé doublé d'une intervention brillante que j'ai appréciée au plus haut point, ceci étant l'oeuvre du sieur Airey en mode jazzy, épaulé efficacement par l'ami McBride. Un titre qui fait indubitablement partie de mes préférés sur cet album. Dans ce domaine, de toute façon, on le sait, Airey excelle avec un brio qui n'a d'égal que le sien, tout comme Paice qui, pour sa part, accomplit une prestation dantesque sur Scriblin Gib'rish. Ce sens du groove que l'on trouvait déjà sur One Night In Vegas et No Need To Shout tous deux extraits respectivement d'inFinite et de "Mhoosh", notre bouffeur de pizzas compulsif en a toujours été doté..
Jessica's Bra ("le soutien-gorge de Jessica"), un titre faisant allusion à un établissement sans doute fictif que l'on qualifiera d'atypique, est un lieu où l'on peut être amené à rencontrer des personnages pour le moins "singuliers". Il s'agit d'une composition enlevée laissant apparaître un léger parfum celtique (j'ai bien écrit "léger") sur quelques mesures, ponctué d'un superbe solo sans esbrouffe (ça change...) de la part du Nord-Irlandais et un chant de Gillan axé sur la sobriété (ça change aussi.....lol).
Sinon, ce côté syncopé (je n'ai pas dit "prog") dont on pouvait déceler certains ingrédients sur les précédents efforts du groupe se retrouve quelque peu sur ce Third Call qui se voit gratifié de nouveau d'une intervention tout en subtilité de la part du six-cordiste. McBride, c'est une évidence, a gagné en assurance et surtout n'est plus en quête de ressembler à ses illustres prédécesseurs.
Avec My New Movie, on s'oriente encore sur quelque de chose de pétillant et entrainant, Gillan se mettant dans la peau d'un metteur en scène (on se demande parfois ce qui lui passe par la tête à celui-là) désireux de réaliser un film "à contre-courant" qu'il dit. un projet auquel il semble très attaché puisqu'il n'a de cesse de marteler à longueur de morceau, "My New Movie, My New Movie". Un titre léger fort bien structuré, ceci dit qui se veut de fait, enjoué et ponctué de la part de Don Airey d'un clin d'oeil certes très bref au "Jésus, que ma joie demeure" de Jean-Sébastien Bach.
Splat!, le morceau-titre désigne, il convient de le préciser, une onomatopée (décidément, les onomatopées, ils aiment....) qui s'apparente au bruit d'une goutte d'un liquide quel qui soit heurtant une surface solide. Démarrant sur le duo batterie pachydermique, basse vrombissante, Splat! offre à l'auditeur un rythme groovy à souhait, plongeant ce dernier dans une sorte de "postive attitude".
Cet album qui se démarque du joug Bob Ezrin, de par son orientation musicale (moins prog, de toute façon concernant cet aspect des choses, ils ne savaient pas faire) suinte une certaine fraicheur, fraicheur incarnée par le p'tit jeune répondant au doux nom de Simon McBride. Celui-ci, par sa prestation éblouissante, en vient presque à faire oublier son prédécesseur (c'est bien au singulier.....). Et puis, il y a cette complicité grandissante avec Don Airey Sinon que dire des trois "ancêtres" ? Ceux-ci, comme à leur habitude à plus de 80 ans , surtout Paice, nous proposent un album ô combien varié dans son approche. Ces gars-là apparemment ragaillardis, ils ont encore quelque chose à dire et ce, pour le plus grand plaisir de ceux qui les suivent depuis toujours. Un bien fou, cet album !!!!!


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