J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Blues traditionnel ou blues blanc, jazz, soul, funk, c'est ici.
Avatar du membre
Douglas
Membre VIP
Membre VIP
Messages : 5444
Enregistré le : mer. 11 sept. 2019 06:12

Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 16 août 2026 15:11

vox populi a écrit :
dim. 16 août 2026 06:00
Personnellement, j’avais adoré ce disque (comme celui qui est sorti cette année). Je trouve que Tigran Hamasyan est une excellente porte d’entrée dans le monde du jazz pour les amateurs de rock, et en particulier de musique progressive ou de metal. Tigran est un très grand fan de Dream Theater et de Tool. Cela se traduit dans sa musique par une richesse rythmique incroyable, avec de nombreuses mesures impaires ou asymétriques. Il adore aussi changer les accents au cours d’un morceau, ce qui peut être assez déstabilisant.

À titre personnel, ce qui me plaît le plus dans son univers, c’est son amour des musiques traditionnelles, et en particulier de celles provenant de son pays d’origine, l’Arménie.
Oui, il est raccord avec ses racines, et surtout c'est un très grand pianiste, il connaît également bien le jazz, il aime les cassures, les tempos rapides et pleins d'énergie, il est probable qu'il aime également le rock et ses rythmes...
Maintenant, pour moi, ça ne marche pas à tous les coups...

Par contre, j'avais vu une retransmission de concert dans une église, c'était grandiose !
We will dance again...

Avatar du membre
Douglas
Membre VIP
Membre VIP
Messages : 5444
Enregistré le : mer. 11 sept. 2019 06:12

Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » lun. 17 août 2026 04:09

eRikm & Akosh S – Zufall.jpg
eRikm & Akosh S – Zufall.jpg (8.46 Kio) Vu 359 fois
eRikm & Akosh S. – Zufall – (2008)

Un album sans doute un peu difficile à trouver, paru sur le label « ronda », en deux mille-huit. Il s’agit d’une collaboration entre le saxophoniste hongrois Akosh Szelevényi, arrivé en France depuis quatre-vingt-six, et le français eRikm qui joue des platines et des sons électros.

Akosh, dans son couloir jazz expérimental, joue de multiples instruments, clarinette basse, sax ténor et soprano, clarinette, kalimba, cloches et cor tibétain. eRikm joue des platines et de divers plans électroniques, ainsi que des boucles et des samples.

L’un construit une texture, un fond sonore, ou une voix alternative qui échange et discute, tandis que l’autre, Akosh joue au fil de l’eau, se laisse glisser dans la fantaisie et improvise dans les pièces successives qui s’alignent, jusqu’à sept. Chacune étant une partie de l’ensemble, ainsi se succèdent, partie une, partie deux et ainsi de suite…

On connaît le lyrisme qui habite Akosh, il est toujours présent, et offre une chair vivante à cette musique, composée pour partie des sons de la machine, un échange organique s’établit, à l’origine d’une mue étrange et implacable.

Il faut bien le reconnaître, les deux n’ont pas trop à voir, les univers sonores sont très différents et ne fraient que par obligation, on pourrait même les opposer assez facilement comme le chaud avec le froid, c’est cette interaction qui fait l’intérêt, comme si chacun ne restait pas à sa place, surtout cette machine qui s’essouffle à vouloir prendre vie, respirer, et même jouer…

L’échange est finalement plutôt une réussite, et la machine n’est pas si froide, eRikm a, semble-t-il, dans une vie précédente, connu les feux de la rampe en tant que guitariste rock, c’est sans doute cette hargne qui demeure et traverse encore, transperce la maille et touche au cœur, à l’esprit et s’introduit pour donner vie…

A Akosh, que l’on n’entend plus…

we transfer - 3 jours
Lien de téléchargement
https://we.tl/t-dW9jFRTHz0mZt3fu

eRikm & Akosh S. - Zufall - flac
We will dance again...

Avatar du membre
Douglas
Membre VIP
Membre VIP
Messages : 5444
Enregistré le : mer. 11 sept. 2019 06:12

Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mar. 18 août 2026 01:46

Un Drame Musical Instantané – Jeune Fille Qui Tombe…Tombe.jpg
Un Drame Musical Instantané – Jeune Fille Qui Tombe…Tombe.jpg (292.06 Kio) Vu 320 fois
Un Drame Musical Instantané – Jeune Fille Qui Tombe…Tombe – (1991)

La formation gravite essentiellement autour d’un trio composé de Jean-Jacques Birgé à la flûte, Francis Gorgé à la guitare ainsi qu’à l’ordi et Bernard Vitet à l’arbalète-piano et à la trompette, par ailleurs les trois utilisent également les instruments de synthèse, en gros des synthés.

Il faut ajouter un autre intervenant, Daniel Laloux, récitant et « tambour ». « Jeune fille qui tombe…tombe » a été créé au Festival Musiques Actuelles de Victoriaville, au Québec, le quatre octobre quatre-vingt-dix, d’après une nouvelle écrite par Dino Buzatti, dans l’ouvrage « Le K ».

Nous voici plongés dans un univers fantastique, entre improvisation et musique jazz, dans un monde théâtral trépidant, au-delà du réel et du possible, mais tangible cependant, dans cette réalité-là…

Martha est le personnage principal de cette aventure, elle se trouve sur un toit, prête à sauter, bien qu’âgée d’à peine dix-neuf ans, elle saute et tombe, tombe… Cette chute narrée durant les quarante-six minutes de l’album constitue la trame ici, car la chute est longue, longue…

Cette longue descente précipitée lui permet de croiser des personnages situés derrière leurs fenêtres, dont elle retrace l’existence, car cette chute, si longue, lui permet, lorsqu’enfin arrive le sol, d’être devenue une vieille femme…

Laloux narre en s’intégrant à la musique, ou est-ce l’inverse ? Mais les deux vont bien ensemble et dessinent des rencontres étranges, ainsi filent les pièces et la narration, « En ce beau soir très pur », « De ce faîte aérien », « Aux balcons des milliardaires », « On m’attend en bas », « Même pas entendue ».

On le constate, la formation porte décidément bien son nom, « un drame musical instantané », même si l’instantané dure le temps d’une vie, ou celui d’une chute, comme on veut… L’accompagnement sonore du texte est donc la part jazz, free ou improvisée, entre acoustique et électro, musique descriptive et de sensations, légère et aérienne dirait-on, spatiale également, malgré l’inévitable choc final…

En ce beau soir très pur (instrumental)
De ce faîte aérien
Aux balcons des milliardaires
On m'attend en bas
Même pas entendue
We will dance again...

Avatar du membre
Douglas
Membre VIP
Membre VIP
Messages : 5444
Enregistré le : mer. 11 sept. 2019 06:12

Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mer. 19 août 2026 02:14

Roy Ayers – Coffy (Original Motion Picture Soundtrack).jpg
Roy Ayers – Coffy (Original Motion Picture Soundtrack).jpg (175.74 Kio) Vu 264 fois
Roy Ayers – Coffy – (1973)

Cette B.O. fait partie de celles qui resteront légendaires, Roy Ayers signe ici un de ses tout meilleurs albums et marque le funk de façon définitive, voire légendaire. On n’est pas loin du « Superfly » de Curtis Mayfield ou de « Shaft » d'Isaac Hayes, sur la durée pourrait-on juste regretter un certain fléchissement…

Roy Ayers est vraiment le maître d’œuvre ici, il compose et dirige le tout avec classe et habileté. Côté vibraphone il est royal. Il y a également Richard Davis à la contrebasse, Bob Rose à la guitare, Dennis Davis à la batterie, John Faddis à la trompette et j’en passe…

Les pièces sont souvent courtes, c’est ce que demande le genre, mais Roy vise juste et bien, particulièrement en début d’album avec la série, « Coffy Is The Colour », « Pricilla’s Theme », « King George » et « Aragon », même « Coffy Sauna » un poil sirupeux ne manque pas de charme, dans son genre unique…

On ne dépasse quasi pas les trois minutes, tout est dit rapidement, avec efficacité, comme sur « Brawling Broads » funky à souhait, même sur la fin il y a encore de belles trouvailles, comme sur « Escape » ou sur le bref titre final, « End Of Sugarman » …

Concernant le vibraphoniste on pense souvent à la période « Roy Ayers Ubiquity », avec le fameux « Everybody Loves The Sunshine » ou « Red Black & Green » mais son passage à la « blaxploitation » mérite également un énorme satisfécit.

On pourra légitimement reprocher une certaine brièveté à cet album un peu court, dépassant de quelques minutes seulement la demi-heure, mais ce qui est gravé est globalement remarquable et donne l’envie de bouger irrésistiblement, atteignant largement les objectifs !

Coffy Is The Color
Pricilla's Theme
King George
Aragon
Coffy Sauna
Brawling Broads
Escape
We will dance again...

Avatar du membre
Douglas
Membre VIP
Membre VIP
Messages : 5444
Enregistré le : mer. 11 sept. 2019 06:12

Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » jeu. 20 août 2026 02:03

Ike Quebec – Bossa Nova Soul Samba.jpg
Ike Quebec – Bossa Nova Soul Samba.jpg (89.74 Kio) Vu 210 fois
Ike Quebec – Bossa Nova Soul Samba – (1962)

Alors qu’il préparait son grand « retour », Ike Quebec a été fauché par le crabe, et ces derniers enregistrements, annoncés sous la couleur de la « bossa nova », alors en pleine mode, seront ses derniers, ceux des adieux et des regrets.

Voici ce qu’en dit l’ingénieur du son Rudy Van Gelder dans le livret de cette réédition remasterisée : « Ike a toujours joué magnifiquement, même à la fin, alors qu'il se mourait... Je veux dire, qu'il était littéralement en train de mourir. » Ike s’en va donc, il laisse derrière lui cet ultime album, sans doute pouvons-nous danser à son écoute, ou du moins tanguer de ci, de là, et imaginer la grande tristesse qui devait habiter Ike Quebec, en ces moments effrayants.

L’album étant présenté ici avec trois alternates takes, on peut même s’offrir le luxe de choisir, de comparer, histoire de s’occuper du dérisoire, du soleil dans la musique, quand elle valse et tourne, comme cette fumée de cigarette qui volute en fuyant vers la fenêtre ouverte…

Ike n’est pas seul avec son gros sax au son velu, il y a le grand Kenny Burrell à la guitare, l’excellent Wendell Marshall à la contrebasse, en ex de chez Duke Ellington, l’homme des temps nouveau, Willie Bobo à la batterie, et le rutilant Garvin Masseaux au chékeré qui apporte ici une couleur unique…

Tout est en place pour apprécier la bossa nova brésilienne, Stan Getz a allumé les feux avec l’intemporel « Jazz Samba » qui danse encore, et chacun y va de son air, mais Ike a écarté Jobim, déjà en surexploitation, il compose lui-même où regarde ailleurs, il capte même un « Goin’Home » d’Anton Dvořák !

La pochette de ce Blue Note est presque noire, la couleur du deuil qui transpire ici, semble accaparer jusqu’au visage là-haut, qui regarde vers l’intérieur. « Soul Samba » en lettres rouges qui bat la passion, quand il se délaye avec le noir…

Parmi les neuf pièces, « Loie » de Kenny Burrell est la première reprise, puis « Shu Shu » de Almeida et de Souza, et pour finir « Favela » de Tavares et Camargo. Malheureusement pas de version alternative de « Blue Samba » qui a sans doute été réussi dès la première prise.

Avec courage, comme l’indique Alfred Lion: « Ike a joué magnifiquement et a porté la séance à bout de bras. », la dernière, bientôt le rideau va tomber…

Loie
Ike Quebec - Goin' Home
Ike Quebec - Shu Shu
Ike Quebec - Blue Samba
Ike Quebec - Favela
Ike Quebec - Linda Flor
We will dance again...

Avatar du membre
Douglas
Membre VIP
Membre VIP
Messages : 5444
Enregistré le : mer. 11 sept. 2019 06:12

Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » ven. 21 août 2026 02:15

Bérangère Maximin – No One Is An Island.jpg
Bérangère Maximin – No One Is An Island.jpg (26.87 Kio) Vu 152 fois
Bérangère Maximin – No One Is An Island – (2012)

Après avoir publié « Tant Que Les Heures Passent » chez Tzadik Bérangère a poursuivi sa route et, quatre années plus tard est paru ce « No one is an island » que j’ai beaucoup aimé, à défaut de le saisir...

Bérangère est une collectionneuse de sons, qu’elle choisit, élit et travaille, parfois par petits bouts, des tas de sons, qu’elle range dans un coin de sa tête et qu’elle classe, elle en découvre également beaucoup, tous les jours serait trop, mais sans limite très certainement…

Ensuite elle fait le tri et bricole, colle, coupe, tranche, traite, c’est un vrai travail harassant, ou peut-être cool, quand le son rend bien, ou qu’il possède un truc qui va, de l’épaisseur, de la chair, il est encore temps de le charcuter, de le nettoyer, ou bien de le salir, d’en faire un objet intéressant, ou de le ranger pour plus tard, dans la bibliothèque à sons…

Bérangère utilise les objets du quotidien, sa voix sur « Knitting In The Air », la guitare et le laptop. Elle a également des invités, et pas des moindres, Christian Fennesz à la guitare sur deux pièces, Richard Pinhas également à la guitare sur « Carnaval Cannibale », Frédéric D. Oberland encore à la guitare sur le titre d’ouverture « How Warm Is Our Love ». Et puis il y a le trompettiste Rhys Chatham qui joue de la trompette divinement bien, sur « Where The Skin Meets The Bone » !

Voilà ce qu’elle dit en parlant de ses invités : « Leur vivacité d'esprit et leur énergie étaient exactement ce dont j'avais besoin : un voyage sonore qui développe l'intuition tout en favorisant la compréhension, parmi bien d'autres effets subtils. »

C’est sorti en vinyle, chez Sub Rosa, le label belge, cent cinquante transparents et cent cinquante noirs, et également en cds, une fournée de cinq cents. De quoi faire, car l’expérimental ça n’attire pas forcément trop, trop…

How Warm Is Our Love
Knitting in the Air
Carnaval Cannibale
Bicéphale ballade
Where the Skin Meets the Bone
We will dance again...

Avatar du membre
Douglas
Membre VIP
Membre VIP
Messages : 5444
Enregistré le : mer. 11 sept. 2019 06:12

Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » sam. 22 août 2026 02:01

Yusef Lateef – Alight Upon The Lake Live At The Jazz Showcase.jpg
Yusef Lateef – Alight Upon The Lake Live At The Jazz Showcase.jpg (79.68 Kio) Vu 91 fois
Yusef Lateef – Alight Upon The Lake: Live At The Jazz Showcase – (2026)

Il ne s’agit pas d’un retour parmi nous de Yusef Lateef revenu rassembler ses ouailles, mais bien d’une réédition miraculeuse, en provenance d’enregistrements jusqu’alors inconnus, au « Jazz Showcase » de Chicago.

Ces enregistrements datent de juin mille neuf cent soixante-quinze, et pèsent plus de deux heures cinquante, soit un triple Cds ou un triple Lps, de quoi faire, assurément. Les amateurs seront comblés jusqu’à plus soif, réservez votre soirée, vous allez vous régaler !

Un travail méticuleux de restauration a été effectué, ainsi, c’est bien à l’heure de la dégustation où vous êtes conviés. Yusef se partage entre le saxophone ténor, la flûte et le hautbois, c’est précisément là où se situe l’originalité de son charme, ainsi, il vous transporte de la chaleur étouffante d’un club de Chicago à une cérémonie orientale dépaysante et rêveuse, sans que vous ayez à vous déplacer…

Les pièces s’étalent immodérément, comme si le temps n’avait pas d’importance et qu’il s’enflait ou se contractait, au bon vouloir du shaman sur la scène : c’est qu’ils sont en résidence pour tout le mois de juin. Mais il n’est pas seul, l’extraordinaire Kenny Barron est au piano, c’est une excellente occasion de l’apprécier, si ce n’est déjà fait, lui aussi ne se presse pas et s’étend quand nécessité se fait sentir.

Bob Cunningham est à la contrebasse, pizzicato ou archet, comme sur « Eboness » où il charme dans l’ordre des solos, après la douceur de la flûte s’exprime celle de l’archet. C’est Albert « Tootie » Heat qui tient les tambours et la batterie, un maître de l’instrument, tous les quatre partagent la même maîtrise et le même plaisir d’être là et de jouer, dans l’esprit de la tradition.

Cette formation tourne avec Yusef depuis plusieurs années, de même, ils fréquentent ce club assez souvent, et le proprio, Joe Segal, est un ami, s’il y avait des enregistrements inédits et inconnus à récupérer, c’était bien par là qu’il fallait chercher !

Le champ d’action est celui le plus courant, c’est-à-dire un bon hard bop qui se frotte souvent à la musique modale, ça démarre d’ailleurs avantageusement avec « The Untitled », excellente pièce d’une demi-heure qui ouvre la porte toute grande à l’expression débridée des solistes, qui en profitent comme il se doit, c’est la tradition du jazz, de son langage libre et affranchi, où chacun dispose de la musique pour lui donner vie.

La première véritable ballade s’exprime au beau milieu du second Cd, avec « I Remember Webster », cinquième des neuf titres qui occupent l’album. Un bel hommage au son charnu et chaud du vieux Webster, le saxo ténor de Yusef se régale et se recueille en pensant au noble « Ben », un aîné à qui est dû tout le respect possible, lui qui fut un guide pour tant d’admirateurs, connus ou pas…

Sur « Opus 1 & 2 », pièce de trente minutes, signée par Akira Inoue, on retrouve à nouveau le tandem flûte et contrebasse frottée, qui fait des merveilles et nous renvoie près de l’Inde et de ses sonorités exotiques et enchanteresses…

Ce sont ces moments qui sont si précieux sur cet album, quand s’échappe les cadres et que survient la douce méditation provoquée par la flûte, dans un espace modal et innovant, alors qu’un drone s’exprime à l’arrière…

Ces moments rares où tout dure sans limitation particulière sont à chérir dans notre vie, il en arrive quelques-uns par la voie de la musique, alors il faut les goûter avec délicatesse, et même parcimonie…

Aucune baisse dans l’inspiration ici, sur « Golden Goddess » qui est absolument magnifique et lumineux, ou « Straighten up and Fly Right » ou bien encore « Yusef’s Mood », c’est peu de dire qu’ici nous sommes en immersion, disons plutôt que le plus difficile est de s’extirper de ce monde-là, auquel nous aspirons.

Beaucoup d’étoiles…

Eboness
I Remember Webster
Golden Goddess
Straighten Up & Fly Right
Opus 1 & 2
We will dance again...

Avatar du membre
Douglas
Membre VIP
Membre VIP
Messages : 5444
Enregistré le : mer. 11 sept. 2019 06:12

Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 23 août 2026 02:59

Gregorio, Gustafsson & Nordeson – Background Music.jpg
Gregorio, Gustafsson & Nordeson – Background Music.jpg (109.18 Kio) Vu 39 fois
Gregorio, Gustafsson & Nordeson – Background Music - (1998)

Guillermo Gregorio est né en quarante et un à Buenos Aires, c’est un clarinettiste, saxophoniste et compositeur qui rêve de réunir les contraires, le cool jazz avec le free ! La mission s’avère quasi impossible, voire périlleuse. Pour arriver à ses fins il se lie avec Mats Gustafsson, celui qui ose tout et que rien n’arrête, ce dernier joue du saxo ténor et du fluteophone.

Pour donner de l’assise et structurer l’ensemble, le batteur percussionniste Kjell Nordeson est également appelé, ils vont tenter l’impossible, mais conservent l’atout-maître : la possibilité sans limite d’improviser et de créer au gré du vent…

Dès la première pièce, « Vanderin’ » dédicacé à Ken Vandermark, la tempérance est de mise, tout semble calme et doux, cool, oui tout à fait, comme s’il ne fallait rien forcer, avancer à pas de velours en gardant les chaussettes sur la moquette…

Lentement et sans même s’en apercevoir nous voici dans la seconde pièce, le très long « A Tiny Bit More », cette fois-ci dédicacé à Tiny Kahn. Ce dernier est un batteur surnommé « Tiny », précisément parce qu’il était le contraire, particulièrement costaud et musculeux, il mourra à l’âge de trente ans, après avoir brillé en tant qu’arrangeur et compositeur aux côtés de Woody Herman.

La pièce ne s’énerve jamais vraiment non plus, pendant une durée frôlant les dix-neuf minutes, pourtant quelques impros à visée exploratoire se font entendre dans le jeu de Mats et celui de Gregorio qui ne rechigne pas non plus, ouvrant les voies. On peut y entendre l’intrigant fluteophone …

Cette musique reste cependant résolument contemplative et n’attire l’attention que lorsque qu’elle échappe à sa destinée, s’énervant un peu, comme par accident.

« Cannots » est plus libéré et virtuose, dessinant des arabesques, des courbes et des circonvolutions bienvenues, qui agitent l’ensemble des intervenants, tous co-compositeurs par ailleurs, partageant la même galère…

Bon, je force un peu le trait, car ces gars-là sont tous incroyables, et on pourra trouver beaucoup de douceur et de subtilité dans cet album, ils sont tous ultra professionnels dans l’usage des instruments, et chacun tisse une partie merveilleuse, mais, en choisissant le silence plutôt que le bruit, le pauvre pékin que je suis se sent un peu perdu, en quête du Nord pour y retrouver sa boussole…

Peut-être un rééquilibrage aurait-il été bienvenu, avant que ne s’installe un trop long systématisme, le « cool », à l’origine, connaissait des moments intenses et chauds, voire survitaminés…

Vanderin' (To Ken Vandermark)
A Tiny Bit More (To Tiny Kahn)
Just About Five: Beginning
Cannots
We will dance again...

Répondre