
Herbie Hancock – Mwandishi – (1971)
Après le plutôt décevant « Secrets », je décide de me rattraper avec « Mwandishi », hautement millésimé et premier d’une trilogie fameuse. Peu avant est paru le funky « Fat Albert Rotunda » de soixante-dix, pas si mal, il sera pour moi la première expérience avec Herbie Hancock en tant que leader, ce n’est qu’après que j’écouterai les extraordinaires Blue Note, mais revenons à notre maître du « Fender Rhodes » et à son expérience « Jazz Rock ».
A l’époque c’est ainsi que l’on qualifiait ce genre, dont Miles Davis a gravé les plus belles pièces. Sur les pochettes se trouvait le plus souvent le sticker « Jazz Rock » qui permettait de flécher l’acheteur vers ces articles, alors à la mode. Il y eut pas mal de loupés, il faut reconnaître, mais aussi quelques flamboyances, Herbie, à lui seul, est entré dans les deux catégories, mais ici se trouve parmi ce qu’il fit de mieux, « Mwandishi » est, à tout le moins, un premier pas vers le meilleur…
Quand on détaille les musiciens présents sur cet album, il faut également décrypter la pochette, car à chaque nom correspond un mot en « swahili », ainsi Hancock est le « Mwandishi » qui signifie compositeur, il joue tout du long du célèbre Fender Rhodes, dont il est une des voix les plus éminentes.
Mchezaji qui signifie « joueur » est attribué au bassiste Buster Williams, Jabali « fort comme un roc » correspond au batteur Billy Hart, Mganga le « médecin » un peu sorcier, pour le trompettiste et bugliste Eddie Henderson. Mwile qui signifie « corps sain » pour l’excellent joueur de flûte et de clarinette basse, Bennie Maupin, Pepo Mtoto correspond au « bébé démon », enfant des esprits, pour le tromboniste Julian Priester et enfin Ndugu est le « frère » pour le batteur percussionniste invité, Leon Chancler.
Alors prenez la route de ces trois titres, dont le mérite est de s’étirer et de faire la place, de prendre le temps pour que se prolonge la musique Davisienne, dans la continuité de cet incroyable « In a Silent Way », chef d’œuvre incontournable et référent obligé. Les trois pièces sont très réussies, en commençant par l’hommage à Angela Davis : « Ostinato (Suite For Angela) ».
La seconde pièce tient également sur la première face, « You’ll Know When You Get There », dans le même esprit, et enfin, sur la seconde face, la pièce maîtresse de l’album « Wandering Spirit Song » qui s’étale sur vingt et une minute trente et se nourrit tout du long de magnifiques solos, notamment de la part d’Eddie Henderson qui crève le plafond !
Dans ce genre, l’album est bien évidemment recommandé, il n’a pas pris une ride, et pourtant le meilleur est encore à venir, une trilogie, en effet, s'annonce…
Herbie Hancock – Mwandishi [Full Album]
00:00 Ostinato (Suite For Angela)
13:10 You'll Know When You Get There
23:32 Wandering Spirit Song
Herbie Hancock and Mwandishi in Molde -1971















