J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 14 avr. 2024 15:22

Pour rester avec Joe McPhee il y a cet enregistrement étonnant de 1970 où il s'enregistre avec son magnéto multipiste. Il joue du ténor et de l'orgue Wurlitzer.

Ce titre est sorti en deux mille dix sur l'album "Sound On Sound" qui regroupe des enregistrements "maison" entre 68 et 73.

Il existe également un rare 45 tours avec cette pièce, édité en 2014 par Corbett Vs. Dempsey.

Joe McPhee - Cosmic Love
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » lun. 15 avr. 2024 02:02

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Mary Halvorson And Jessica Pavone – Departure Of Reason – (2011)

Je l’ai sorti il y a quelques temps celui-ci, bien écouté et ré-écouté, puis il a disparu dans la pile avant que je ne le retrouve, un bel album vraiment qui mérite qu’on en parle un peu. On connaît Mary Halvorson et sa guitare, mais elle chante également ici. Sa partenaire est en fait une habituée, depuis deux mille cinq elles se croisent et voici leur quatrième duo.

Jessica Pavone qui joue du violon alto et chante également, non pas qu’il y ait beaucoup de parties chantées, mais un peu, comme sur « The Object of Tuesday », « Saturn » ou « Why Should You Surrender ? », la dernière pièce de l’album.

Côté compositions elle se partagent l’affaire de façon très équitable, dix pièces au total et cinq composées par chacune des participantes. Pour que l’harmonie soit totale elles alternent les compos, ainsi Jessica a composé toutes les pièces qui se présentent dans l’ordre impair, et Mary celles qui correspondent à l’ordre pair. Rien que ce détail en dit long sur l’esprit de concorde et de parfaite entente qui règne sur cet album.

Mais il faudrait également saluer la parfaite complicité musicale et la merveilleuse connivence qui s’entendent au fil des pièces. De chouettes mélodies parsèment l’album, comme sur l’incontournable « That Other Thing » qui ouvre l’album de façon quasi tubesque. Mais ce fil mélodique parsème tout l’album en fait, avec quelques surprises ici ou là, et encore ici et encore là…

Les chansons me semblent magnifiques et interprétées de façon merveilleuse, alors oui, de temps en temps ça penche côté folk, d’autres fois on glisse un peu vers l’expé, c’est souvent la guitare de Mary qui dérape avec sa façon particulière et délicieuse de le faire, mine de rien, tout d’un coup, on glisse, sans pour autant casser la carafe, comme sur « Ruin » par exemple.

Parfois il y a même quelques sons presque métalleux, sur « New October » ou « Ruin » encore, mais c’est juste pour se faire peur, le temps de quelques secondes, voir comment ça fait, le faire, s’y plaire et y goûter à nouveau un peu plus loin. On passe ainsi du très sage au décadent, de l’équilibre à la glissade, du stable au mouvant, du sombre à la clarté, le temps de quelques frissons…

Un album qui donne envie de creuser encore cette collaboration et d’écouter les œuvres précédentes, on ne peut tout écouter il est vrai, mais il est bon parfois de dérouler le fil, car à chaque écoute me vient l’envie d’en entendre davantage, et encore…

That Other Thing


The Object of Tuesday


Mary Halvorson and Jessica Pavone-Hyphen (Departure of Reason)


New October
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Message par Douglas » mar. 16 avr. 2024 03:53

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Gary Peacock / Marilyn Crispell – Azure – (2013)

J’ai bien quelques albums de Marilyn Crispell, mais plutôt situés dans les années quatre-vingts. Ils sont free, certes, débridés, libérés, et placent Marilyn dans le sillon de Cecil Taylor. Elle est américaine, née à Philadelphie, je l’ai toujours appréciée et, à l’occasion, me procurer et écouter un album encore inconnu, me stimule l’imagination.

Gary Peacock fait partie des légendes, son passé le place d’emblée parmi les grands, passer d’Albert Ayler à Keith Jarrett représente en soi un parcours phénoménal, il n’y a pas grand-chose à rajouter ! Allez, on compte un peu, onze c’est le nombre de compos, trois sont signées par le duo, quatre par Marilyn seule, et quatre par Gary seul également, et chacun d’entre eux joue une courte pièce en solo, voilà le menu…

Histoire de notabiliser complètement la rencontre, c’est ECM qui invite, avec tous les avantages qu’apporte ce luxueux parrainage, au niveau du son, de la distribution et de la notoriété. Il faut dire, pour être complet, que plane ici le souvenir de l’extraordinaire trio formé par Marilyn Crispell, Gary Peacock et Paul Motian, le temps de deux albums sur le prestigieux label.

Pour autant personne n’est guindé, et place est laissée à la libre improvisation, et même à la liberté tout court. Les deux se rejoignent autour d’un projet limpide, calme, aéré, très zen. Une belle place est laissée aux mélodies, au lyrisme, à une certaine recherche du « beau ». Comme on s’en doute, les trois compos signées en duo sont des impros du moment, elles révèlent la grande qualité du duo et cette facilité à se comprendre et à collaborer.

Bien entendu les albums de Marilyn des années quatre-vingts n’ont que peu à voir avec ce qu’on entend ici, mais c’est une telle évidence qu’il est presque inutile de le dire. Ce qui n’enlève rien à la beauté d’un « Rhythms Hung In Undrawn Sky » pour Marilyn, ou d’un « Ghosts » pour Gary Peacock !

Gary Peacock, Marilyn Crispell - Azure
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Message par Douglas » mer. 17 avr. 2024 02:29

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James Brandon Lewis Quartet – Transfiguration – (2024)

Il me faut bien reconnaître que je n’ai pas raté beaucoup d’albums de James Brandon Lewis, que ce soit en quartet, en duo avec Chad Taylor, en trio ou en compagnie du Red Lily Quintet, voici donc le dernier du lot, sorti il y a environ deux mois. Il y a bien quelques trous mais l’essentiel est là, et il me semble avoir déjà abondamment parlé de ce musicien remarquable.

Il faut dire que la discographie du gars commence à enfler, souvent plusieurs albums par an, il vient à peine de sortir celui-ci que paraît un autre album en compagnie des « Messthetics » avec James Brandon Lewis en invité principal, l’année dernière il avait enregistré « James Brandon Lewis, Red Lily Quintet – For Mahalia, With Love » ainsi que « Eye Of I », en fait il n’arrête pas !

C’est que le gars est passionnant, avec sa tête de bon élève, un côté un peu traditionnel mais toujours au bord de la rupture, proche du glissement, de l’emballement déraisonnable, et il nous fait encore le coup ici, intenable je vous dis. Avec toujours cette même rigueur, cette façon d’évoquer Coltrane, mais pas trop, un côté déférent qui se comprend.

Il compose tout ici, et il faut reconnaître qu’il a un don pour ça, les compos s’enchaînent et chacune est une réussite, depuis le titre d’ouverture « Transfiguration » jusqu’à celui de fermeture, « Elan Vital », vraiment rien à jeter tout est bon dans l’Brandon. Pour le soutenir et même un peu plus il peut compter sur les valeureux Aruán Ortiz au piano, Brad Jones à la basse et Chad Taylor à la batterie.

S’il fallait distinguer celui-ci par rapport aux précédents, il faudrait souligner la grande maîtrise et la grande maturité, et, il y a ce truc indéfinissable, peut-être l’équilibre du groupe, ou bien le jeu de Chad qui s’emploie, ou encore cette sonorité incroyable, mais l’ombre de Trane est là, comme si James Brandon en avait fait le tour et qu’il suinte malgré lui, à aucun moment il n’est évoqué, pas de citation, de plan en copié/collé, ou de mimétisme discernable, mais cette influence rentrée, intériorisée, et présente dans le souffle, au service de la musique de Brandon Lewis et de lui seul.

Bon un autre ne vous dira pas forcément la même chose, mais au ténor, difficile d’échapper à l’ombre du géant. Alors contentons-nous d’apprécier, nul doute que c’est un grand, et que ça commence déjà à frétiller du côté des meilleurs albums vingt-vingt-quatre. Au titre de l’anecdote, « Elan Vital » dont je vous ai déjà parlé, est dédicacé au philosophe français Henri Bergson, il a de drôles de lectures notre saxophoniste !

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Message par Douglas » jeu. 18 avr. 2024 03:22

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Tiger Hatchery – Sun Worship – (2013)

Un album qui vous balance « un bon coup de jeune », non pas du « jeûne » avec le chapeau qui vous prive de nourriture, non, tout au contraire, ici vous en prenez plein les dents, comme une claque d’entrée qui vous balance dans le passé, quand vous étiez encore minot, immature et arrogant, les bras pleins de traces de piquouzes, les draps usés par les partouzes et les oreilles emplies du blouze d’Ayler et de Brötz !

Le voyage est bref, intense d’entrée, puissant essentiellement, du free sauvage et intenable, avec en outre, pour le fun, une pointe de noise qui se marie joliment avec le parfum de révolte qu’incarnent mieux que tout autre, les enregistrements ESP. Celui-ci est le numéro 5003.

Ces gars sont trois, Mike Forbes est au sax, Andrew Scott Young à la basse, acoustique ou électrique, et Ben Billington est à la batterie. Le voyage est très court, à peine plus de trente et une minutes, réparties en trois titres, le féroce « Chieftain » qui ouvre le chahut et vous assaille direct, histoire de vous donner leur définition de la zénitude. Quatre minutes plus tard on assiste à une baisse de tension, puis à une remontée côté volume sonore, au-delà du permis, vers la fin de la pièce…

La seconde dose « Sonic Bloom » possède également ses phases énervées, tendues et crispées, une place est accordée à la basse d’Andrew Young qui lâche quelques solos ravageurs et mêmes lucifériens, avant la montée finale vers les enfers.

La dernière pièce est la plus longue, elle se nomme « Grand Mal » et dépasse le quart d’heure. Ça commence tout doux, mais on sait que ça ne durera pas, l’hypothèse se vérifie assez rapidement sans qu’on ait grand mal à l’anticiper. La prise de son n’est pas irréprochable sur cette pièce, mais qu’importe puisque de toute façon, il faudra en prendre plein les oreilles !

Il est heureux que ce soit ESP qui sorte cet ovni surgi du passé, ce label est probablement le plus fameux et le plus historique du free jazz, donc le mieux placé pour avoir cette audace-là : Risquer un tel album en deux mille treize ! Je me dis qu’il n’y a que la catégorie des gens de mon genre pour risquer un billet dans cette aventure, bien qu’il doive bien se trouver quelques fêlés du style parmi les plus jeunes, aucune génération ne peut se prévaloir d’ignorer le pire…

Bonnet coûte !

Chieftain


Sonic Bloom


Grand Mal


Un p'tit bonus: Tiger Hatchery @ ESP-Disk' 50th Anniversary Party - Part 1 (monte bien le son ! )
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » ven. 19 avr. 2024 02:32

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Greg Spero, Makaya McCraven, Marquis Hill, Joel Ross, Irvin Pierce, Jeff Parker, Darryl Jones – The Chicago Experiment – (2022)

C’est par hasard que je suis tombé sur cet album, sur le net, en fouillant un peu la discographie de l’un des participants. Il faut dire que les noms affichés sur cette pochette sont énormes. J’ai ensuite creusé le filon et ça m’a emmené en Hollande où j’ai commandé à prix très correct cet album vinyle tiré à cinq cents exemplaires lors de sa sortie. Il est arrivé ce matin en « suivi », y compris en France, ce qui n’était pas le cas autrefois, même si tout se passait essentiellement bien, le plus souvent…

L’idée de départ provient du label « Ropeadope » qui a lancé une série d’albums qui réunissait des musiciens natifs d’une ville particulière, regroupés ensemble, dans le but d’enregistrer un album. Ainsi sont parus « The Philadelphia Experiment » en deux mille un, suivi par « The Detroit Experiment » deux années après, et enfin « The Harlem Experiment » en deux mille sept. C’est à cet endroit que l’histoire s’arrêta…

Jusqu’à l’année deux mille vingt-deux qui voit arriver ce magnifique « The Chicago Experiment » avec le pianiste, producteur, compositeur et arrangeur Greg Spero, le batteur Makaya McCraven, le trompettiste Marquis Hill, le vibraphoniste Joel Ross, le guitariste Jeff Parker, le bassiste Darryl Jones et le saxophoniste ténor Irvin Pierce.

J’ai cherché bien inutilement le nom des auteurs de ces onze compos, six d’un côté et cinq de l’autre, avant de trouver la solution du mystère. Nous dirons qu’il y a bien un organisateur, Greg Spero qui prend le lead et donne certaines indications, mais l’essentiel est en fait improvisé, ce qui est presque une évidence quand on connaît chacun des musiciens réunis. Cet album reflète le Chicago d’aujourd’hui, sa respiration, et le feeling qui traverse la ville de nos jours, avec ces musiciens qui la représentent brillamment.

Tour à tour chacun propose son idée et l’ensemble des participants lui donne forme. L’album est extrêmement agréable, très reposant et plutôt aérien, il n’est que de penser à la guitare de Jeff Parker ou au vibraphone de Joel Ross pour en être convaincu. Chicago aime la ballade, la décontraction et sans doute la nuit également…

Le funk n’est jamais loin non plus, particulièrement sous les doigts de Darryl Jones lorsqu’il chatouille sa basse électrique, mais il sait également rester économe et sur la retenue, au service des autres. Le bon groove est omniprésent, c’est le ciment sur lequel chacun se cale, les solos des uns et des autres profitent de cet encrage pour installer les couleurs d’une créativité continuelle autour d’une fusion douce et électrique.

On retient parmi d’autres « The Chant », « Always be », « Rose Petal », «Sizzle Reel » ou encore « Double Take » et « Cloud Jam » …

The Chant


Always Be


Rose Petal


Sizzle Reel
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » sam. 20 avr. 2024 04:10

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King Curtis – Live At Fillmore West – (1971)

Certes King Curtis est plus branché rhythm’blues, ou soul, et même rock que véritablement jazz, mais ces musiques cousines valent bien de temps à autres notre attention. Particulièrement cet album, même si certains le taxeront d’alimentaire, il n’en est tout de même pas moins fameux et il porte un petit parfum de légende.

C’est ici le groupe d’accompagnement d’Aretha Franklin, Curtis assurait également la première partie. « Fillmore West », San Francisco, cinq, six et sept mars soixante et onze, au cœur des bonnes années ! Billy Preston à l’orgue, Cornell Dupree à la guitare, Jerry Jemmott à la basse, Bernard Purdie à la batterie et Pancho Morales aux congas, ainsi qu’une fameuse section de anches, tout tourne bien ici, on sait s’occuper de vous !

Le répertoire est là pour vous flatter dans le sens du poil, des reprises d’enfer, un excellent « A Whiter Shades Of Pale » après le saignant titre d’introduction, « Memphis Soul Stew ». Un peu plus loin « Whole Lotta Love » de qui vous savez, en début de face deux une excellente version de « Changes », puis l’excellent « Ode To Billie Joe », n’en jetez plus !

Ben si, encore ! « Mr Bojangles », « I Stand Accused», et « Signed Sealed Delivered I’m Yours » de Stevie Wonder et pour finir « Soul Serenade », bon le répertoire est très parlant sur les intentions de cet album, et comme c’est interprété avec maestria, nous voilà comblés !

La période est bonne pour King Curtis qui a même participé à deux titres de l’album « Imagine » de John Lennon, mais voilà qu’un pépin se glisse dans ce tableau heureux. Une semaine après que l’album soit sorti et cartonne dans les ventes, voilà que Curtis se dispute grave avec deux toxicos ou peut-être des dealers, et l’affaire ne tourne pas à son avantage, il est poignardé à mort devant son appartement de Brownstone à New York. Clap de Fin.

Cet album sera son plus grand succès et ses plus belles ventes, mais il ne le saura pas…

Memphis Soul Stew (Live at Fillmore West, 3/7/1971)


A Whiter Shade of Pale (Live at Fillmore West, 3/7/1971)


Them Changes (Live at Fillmore West, 3/7/1971)


I Stand Accused (Live at Fillmore West, 3/6/1971)
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 21 avr. 2024 02:23

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David Solid Gould Vs Bill Laswell – Dub Of The Passover – (2011)

Bienvenue sur Tzadik avec cet étonnant album de deux mille onze. Il est assez unique dans son genre, puisqu’il vise à une sorte de mix entre la musique Klezmer et ses traditions juives, avec le dub et le reggae. Le « séder » est le repas rituel qui représente le cœur des célébrations de la Pâque juive. Les mets ont une signification religieuse: Les herbes amères représentent l’amertume de l’esclavage, et l’os d’agneau rôti commémore l'agneau sacrifié de l’ancien testament.

« Dub of the Passover » est la traduction version reggae, par Bill Laswell, de l’album de David Solid Gould, sorti en deux mille neuf, « Feast Of The Passover », construit autour de ces fameuses Pâques Juives. Ceci dit l’album est surtout empreint de bonne musique rasta et ne manquera pas de vous faire bouger.

Un tel projet est à la fois festif et anecdotique, mais il se construit surtout pour le fun et le plaisir de jouer autour d’un style musical vivant et sans doute éternel. David Solid Gould est un "solide" bassiste dont le jeu sert de colonne vertébrale à la musique, William McKenna tient la lead guitare, Jonathan Petronzio est aux claviers, Ryan Zawel est au trombone et Mark Wiennand aux saxs et à la flûte.

On retrouve ici beaucoup des effets du dub, beaucoup d’échos et autres diableries à base de synthés, car il y a un nombre impressionnant d’invités qui défilent dans les studios avec de multiples instruments, une harpe juive par exemple et de nombreux choristes qui s’ajoutent… Bill Laswell au remix en rajoute pas mal visiblement !

On remarque le titre « Goat's Dub » qui nous propose un curieux mélange de reggae et de chèvres bêlantes. Il y a également le bizarre « Peace Dub » avec ce curieux mélange de « Shalom » chantés à l’unisson sur un inévitable mélange de musique klezmer et jamaïcaine, réunissant les traditions juives et rastafariennes.

Mais ce sont les premières pièces qui emballent bien et nous plongent au milieu de ce bain régénérant, «Divine Dub », « Dub of Affliction », « Jah Dub », « Dub In Jerusalem » ou « Once We Were Dub ».

Bill Laswell & David Solid Gould - Divine dub


Bill Laswell & David Solid Gould - Dub inJerusaleam


Dub Of Affliction


ONCE WE WERE DUB DAVID SOLID GOULD vs BILL LASWELL
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » lun. 22 avr. 2024 03:22

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Art Blakey & Les Jazz-Messengers – Au Club Saint-Germain / Vol. 1 À 3

Cet album est paru en trois volumes séparés en mille neuf cent cinquante-neuf, pour ma part je possède le coffret trois vinyles réédité en soixante-huit, et comme une opportunité s’est offerte à moi de saisir un coffret deux Cds à vil prix, je me le suis à nouveau procuré, bien que les vinyles tournent encore très bien avec un son satisfaisant.

On ne peut pas dire que ce soit les tout meilleurs enregistrement des Jazz Messengers, tels que le décident les meilleurs spécialistes, mais pour moi ils ne sont pas loin d’un « Moanin’ » ou du plus tardif « Free for All ». Il y a ici l’avantage de l’ambiance club, en petit comité, avec les petits bruits de fond qui vont bien, nous plongeant au milieu de la salle, dans le meilleur environnement possible pour ce jazz si percutant et chaleureux.

La petite histoire raconte qu’Art Blakey serait l’un des pourvoyeurs de cet « Hard Bop » qu’il aurait parrainé à la sortie de l’album du même nom en mille neuf cent cinquante-sept. Si bien que, de nos jours, on parle plus facilement de hard bop que de be-bop, les deux noms pourtant désignaient alors une musique un peu différente.

Art Blakey était considéré comme l’un des trois meilleurs batteurs de l’époque, avec l’immense Max Roach et Kenny Clarke et c’est sans surprise que l’on découvre que cet album a reçu le Grand Prix cinquante-neuf de l’Académie Charles Cros. Il propulse avec énergie le grand Lee Morgan, saignant à la trompette, Benny Golson saillant au saxophone ténor, Bobby Timmons au piano, garant du swing et Jymie Merritt à la contrebasse.

Douze pièces souvent longues se suivent dans cet intrépide show de plus de deux heures. Les solistes, de grande qualité, se succèdent avec délice. Ici c’est la combustion qui tourne au maximum et l’énergie se consume à grande vitesse, égrenant les pièces les unes après les autres dans une ambiance très, très chaude, les encouragements venus de la salle participent à cet emballement assez extraordinaire.

Art n’a écrit aucune pièce, c’est Benny Golson le plus prolifique, quatre pièces dont le fameux « Blues March For Europe N°1 » qui fut dédié à la radio française qui, alors, consacrait une émission quotidienne au jazz. L’air devint même le générique de l’émission, devenant ainsi l’un des airs de jazz les plus populaires de France.

Ainsi s’étalent parmi d’autres le « Now The Time » de Charlie Parker, « Moanin’ With Hazel » de Bobby Timons, « A Night In Tunisia » de Dizzy Gillespie, « Politely » de Bill Hardman. On remarque également deux traditionnels, « The First Theme » et « Ending With The Theme » qui clôt cet album. Que des "tubes"!

Un classique évidemment…

Blues March For Europe No. 1 (live)


Moanin' with Hazel (Live at Club St. Germain, Paris)


Politely


Art Blakey & Lee Morgan - 1959 - Au Club Saint-Germain Vol3 - 01 Along Came Manon
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par nunu » lun. 22 avr. 2024 09:53

Quelques écoutes jazz du matin. Que de la jeunesse et que des dames

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Domi and JD Beck- Not Tight (2022)


Un duo de jazz fusion hip hop composé de Domitille Degalle et de JD Beck. Elle est française est sorti du conservatoire de Nancy et de Paris puis est parti a Berkeley ou sa virtuosité au piano a été remarqué et elle s'est vu proposer pas mal de collaboration avant de monter ce duo avec le batteur américain JD Beck. Ils sont tout jeunes elle a 24 ans et lui 20. L'album est un disque de jazz fusion moderne soit en duo soit avec d'autres musiciens et quelques invités comme Thundercat, Kurt Rosenwinkel, des rappeurs comme Snoop Dogg par exemple et aussi Herbie Hancock. L'album a été nommé au Grammy Awards et eux aussi en tant que groupe.



Ensuite on reste en France avec Ludivine Issambourg, flutiste de son etat avec son album Outlaws, hommage au flutiste Hubert laws

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Et on finit ensuite par le Japon avec la pianiste Ai Kuwabara et son album Love Theme sorti avec son trio.

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Album jazz ou elle reprend aussi les Beatles et king Crimson. Ainsi que le "Love Theme" de barry Lyndon


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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mar. 23 avr. 2024 02:51

Belle salve en effet !
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mar. 23 avr. 2024 02:57

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Marquis Hill, Jeff Parker, Joachim Florent, Denis Fournier – Escape Lane – (2017)

Cet album fait partie de la série « The Bridge » qui regroupe des musiciens américains et français. Le bel épisode ici présenté est à l’initiative du batteur français Denis Fournier, il y a également Joachim Florent à la contrebasse, Jeff Parker à la guitare électrique et Marquis Hill à la trompette, ces deux derniers, à désormais grande réputation internationale, sont excellentissimes du début à la fin.

Je n’insiste pas sur l’association « The Bridge » que j’avais évoqué avec l’album « Stembells » où participait Jaimie Branch. Evoquons plutôt le présent album, « Escape Lane », qui se place résolument dans la catégorie free jazz, tout en restant catégoriquement de son temps. L’expression la plus répandue ici, est celle de l’improvisation, des échanges et de la création spontanée.

Pour autant pas de ces assauts sauvages qui autrefois donnaient du « peps » aux albums, ici, bien qu’il y ait des parties lentes et calmes, et d’autres au tempo plus rapide et plus enlevé, l’ambiance générale est dans la détente, un côté relax qui va bien, propice aux échanges dans une bienveillante coolitude, il n’est que d’écouter Jeff Parker sur « Lane Open » ou Marquis Hill sur « Lever de soleil au loin sur le lac agité où s’est réfugiée, usée, la tempête ».

Cette pièce est d’ailleurs la plus longue de l’album, non seulement par son titre, mais aussi pour sa durée, plus de vingt et une minutes, c’est d’ailleurs une belle réussite, dans le prolongement de « Le sel de la situation » qui n’est pas mal non plus. Joachim Florent est un contrebassiste belge au jeu sûr, toujours juste, même s’il reste un peu en retrait, légèrement effacé.

Denis Fournier lui n’hésite pas à jouer vers l’avant, faisant chanter ses tambours et vibrer les cymbales avec beaucoup d’à-propos, il joue avec une grande inspiration et apporte énormément au corps de cet album. Il est regrettable que sa renommée ne soit pas plus importante, mais avec de tels albums cela ne saurait tarder, après tout, il a fallu pas mal de temps avant de remarquer l’incroyable Jean-Noël Cognard !

Mais c’est bien l’activité de Marquis Hill et de Jeff Parker qui rendent l’album si exceptionnel, même s’ils sont magnifiquement propulsés. On remarquera également « Rough Grooved Surface », très dynamique et le plus tranquille « Une petite fille danse assise », qui termine ce superbe album.

Marquis Hill, Jeff Parker, Joachim Florent, Denis Fournier – Escape Lane (Full Album)
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mer. 24 avr. 2024 02:11

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Ariel Kalma, Jeremiah Chiu, Marta Sofia Honer – The Closest Thing to Silence – (2024)

Voici un album édité par « International Anthem » et sorti en début d’année. Je dois dire que la version vinyle est bien jolie, mais elle n’offre quasi par de renseignement sur les musiciens et l’œuvre, sinon que les compos de l’album sont signées collégialement par les trois musiciens, et c’est à peu près tout.

On se souvient peut-être de cet autre album enregistré par Jeremiah Chiu & Marta Sofia Honer, « Recordings from the Åland Islands » dont la conception était issue d’un voyage dans cet archipel de six mille cinq cents îles, au milieu de la Baltique, entre Suède et Finlande. Ils avaient alors signalé lors d’interviews, leur intérêt pour la musique d’Ariel Kalma.

… Ce qui ne tomba pas dans l’oreille d’un sourd, en effet le musicien français fut invité en deux mille vingt-deux par la « BBC Radio 3 » dans le cadre de la série « Late Junction », dont le but est de se faire rencontrer des musiciens qui ne se connaissent pas, vous devinez la suite. Cet album est le résultat de cette rencontre.

Pour ceux qui ne connaissent pas Ariel Kalma c’est un peu un dinosaure des musiques expérimentales, tendance New Age, de l’ambient quoi... Je possède les deux coffret « French Archives » qui offre un panorama assez large de sa musique.

Que dire sinon que cette rencontre est bien réussie et répond à l’attente des amateurs, la musique électronique qui est présentée peut être qualifiée de planante, dans la lignée la plus paisible du « krautrock » d’autrefois. Elle est belle et très inspirée, extrêmement riche, si on se laisse porter elle vous soulève et vous emmène assez loin, libérant votre délire et votre imagination, se laissant même oublier et vous secouant à la fin de la face, quand le silence intervient.

A la base le « travail » est improvisé et fournit une masse sonore dans laquelle il faut tailler finement, afin d’effectuer des collages et de multiples superpositions qui s’agencent avec délicatesse et habileté. Les traitements sont divers, ainsi les bandes peuvent être lues à l’envers, les formes répétitives découpées et répétées à l’envie, les effets sont infinis et multiples, pas forcément décelables, puisque c’est le but recherché.

Reste juste à savourer ce très bel enregistrement susceptible de faire plaisir à plusieurs générations, des extraits, ici, proviennent même d’enregistrements d’Ariel Kalma datant des années soixante-dix, dans les vieux studios GRM, incorporés malicieusement.

Quarante-six minutes d’un beau voyage…

Ten Hour Wave


The Closest Thing to Silence


Breathing in Three Orbits


Dizzy Ditty
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Piranha » mer. 24 avr. 2024 06:43

Album intéressant mais je n'ai pas sauté le pas de l'acheter.
Pour l'instant il me manque quelque chose. A voir avec le temps...

Après l'offre est si importante dans le style que les voyages commencent à coûter cher ::d

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Douglas
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mer. 24 avr. 2024 15:39

Piranha a écrit :
mer. 24 avr. 2024 06:43
Album intéressant mais je n'ai pas sauté le pas de l'acheter.
Pour l'instant il me manque quelque chose. A voir avec le temps...

Après l'offre est si importante dans le style que les voyages commencent à coûter cher ::d
Je comprends ton point de vue, il est vrai que le prix des vinyles les rend dissuasifs et que souvent le cd fait aussi bien voire mieux l'affaire.

Je fais exception pour Int Anthem qui envoie les vinyles depuis l'Autriche, ce qui amoindrit le coût d'expédition.

Et puis il y a Ariel Kalma que je suis d'assez prêt, notamment avec les deux coffrets dont j'ai parlé plus haut. Il en existe désormais un troisième mais on ne peut être partout...

Celui-ci est tout de même pas trop mal, si on considère la rencontre et la musique, certes un peu enracinée dans le kraut, mais très chouette...
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Piranha » mer. 24 avr. 2024 16:41

Oui comme tu le dis très bien : on ne peut pas être partout.

En fait, si je vois un exemplaire en magasin, il y a de grandes chances que je l'achète :)
Ce qui n'est pas le cas avec tous les International Anthem. Une maison de disques très éclectique et donc certains choix me plaisent parfois un peu moins (mais bravo à ce label d'avoir su redémocratiser le Jazz et de l'avoir aidé à le replacer dans les musiques modernes).

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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mer. 24 avr. 2024 21:24

En fait Int Anthem n'est plus tant jazz que ça, il y a de plus en plus de sorties autour de l'ambient qui dominerait presque, maintenant.

Mais le label, dans son histoire, est assez éclectique, après un départ très jazz...

Il y a désormais "Dos Santos " ou Alabaster de Plume", "Charles Stepney " et le très beau "Force majeure" de Dezron Douglas & Brandee Younger, mais celui qui prend un peu d'avance c'est Carlos Niño et ses diverses associations...
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » jeu. 25 avr. 2024 04:20

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Fire! – Testament – (23-02-2024)

Bonjour !

Je vous mets la date de parution avec précision, car si j’en crois la page bandcamp qui concerne cet album il est déjà épuisé, enfin pour ce qui concerne les formats physiques, car côté immatériel, ça roule encore ! Pour l’heure on peut le trouver assez facilement sous ses trois formes, sur le net.

La formation « Fire! » est tout simplement la formation d’origine, sous la forme d’un trio, du très célébré « Fire! Orchestra » qui donna la leçon avec le magnifique « Echoes » en deux mille vingt-trois. Ainsi on retrouve l’incroyable Mats Gustafsson au sax baryton, John Berthling à la basse et Andreas Werlin à la batterie. Les trois sont également les compositeurs des cinq pièces gravées les quatorze et quinze décembre deux mille vingt-deux, regroupées sur cet album.

La formation suédoise existe depuis deux mille neuf et a laissé pas mal de traces phonographiques qui méritent certainement un petit coup d’oreille. Pour ce qui concerne cet album c’est surtout la section rythmique qui impose sa marque. Les deux nous proposent un package bien carré, taillé serré, très répétitif, solide de chez « Made in Sweden » par nos fils d’Odin !

Donc ça rigole pas, nous voilà très loin des fioritures des magiciens du jazz qui nous éblouissent habituellement, du précis et de l’efficace, bien formaté côté rock et côté béton. L’excellente prise de son fait le reste, la sécheresse de la batterie, les vrombissements de la basse, tout y est, Mats, tu peux te lâcher !

C’est ça l’idée, offrir à Gustafsson, une assise rythmique sans faille, pour que rien ne dépasse, lui s’occupe du reste, il sait faire, normal c’est un génie. Il connaît la science des runes et a bu une gorgée d’hydromel, à la source de la poésie et de la musique. Les nains, les meilleurs artisans des mondes, lui ont forgé son saxophone. C’est ainsi qu’il traverse les temps, immortel changeant de forme en se réincarnant, comme l’indique la prophétie du vieux grimoire, en attendant que n’arrive le Ragnarök.

Trois musiciens, trois instruments, aucun ajout et une prise de son directe, sur bande analogique, dans le studio de Steve Albini. On touche l’essentiel, la bonne énergie, la basse, la batterie, le baryton. Ça paraît simple, dit comme ça, mais si ça l’était, nous ne serions pas là, extasiés, à en redemander encore…

C’est que dans cette ossature qui semble compacte, s’infiltrent des silences, des légèretés, des curiosités et des bizarreries qui vous happent, comme des flottements, du flou mystérieux et de la fragilité, juste ce qu’il faut d’incertitude pour que la magie opère à nouveau…

Work Song For A Scattered Past


The Dark Inside Of Cabbage


Four Ways Of Dealing With One Way


Running Bison. Breathing Entity. Sleeping Reality.
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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » ven. 26 avr. 2024 02:24

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Muriel Grossmann – Elevation – (2020)

Je ne sais trop ce qui a présidé à l’existence de cet album, vu que c’est une compile parue en deux mille vingt. En fait, elle regroupe des extraits de deux albums seulement, et même plutôt récents. Trois titres sont issus de « Momentum », paru en novembre deux mille dix-sept, qui n’a connu que le format Cd, alors que cette compile n’existe qu’en vinyle, peut-être un début d’explication. Les deux autres titres proviennent de « Natural Time », sorti en janvier deux mille seize, dont je vous ai déjà parlé sur ce fil.

Ecouter Muriel Grossmann c’est l’assurance d’avoir le sourire aux lèvres après quelques notes seulement, elle n’a pas son pareil pour ressusciter Coltrane, c’est sa marque de fabrique et elle le fait bien. Elle est assistée par le merveilleux guitariste Radomir Milojkovic que j’apprécie énormément, chacun de ses solos me procure un immense plaisir et attire l’attention et la concentration.

Les trois premières pièces, deux sur la face A et la troisième début face B contiennent trente et une minutes de musique en provenance de « Momentum » donc, de quoi largement parcourir l’album et en apprécier cette sélection très « spiritual music », tout en n’épuisant pas le sujet toutefois, car l’album d’origine est particulièrement copieux.

C’est la même formation qui se trouve sur les deux albums, incluant Uros Stamenkovic à la batterie et Gina Schwarz à la basse. Il y a une grande stabilité dans l’entourage musical de Muriel qui cultive son jardin au mieux, à Ibiza la mercantile.

Les deux extraits issus de « Natural Time » s’inscrivent parfaitement dans la même lignée, si bien qu’on ne ressent, à l’écoute, aucun changement notable dans l’esprit de l’album, comme s’il n’était qu’un, issu de la même session, ce qui n’est évidemment pas le cas.

Les pièces sont donc toutes excellentes, issues du même moule, réservant à l’auditeur son quota de bonne zique, certes prévisible, mais c’est précisément là que se situe l’attente, nul besoin de surprise. S’il fallait justifier l’achat, plus que dans le jeu de Muriel, c’est à l’écoute de Radomir que se situe la véritable originalité, le feeling qui va bien, alors il n’y a que de bonnes raisons d’écouter cet album et de le partager.

Muriel Grossman - elevation


Muriel Grossmann-Rising


Muriel Grossmann-Chant


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Re: J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

Message par vox populi » ven. 26 avr. 2024 19:58

Douglas a écrit :
ven. 26 avr. 2024 02:24
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Muriel Grossmann – Elevation – (2020)

Je ne sais trop ce qui a présidé à l’existence de cet album, vu que c’est une compile parue en deux mille vingt. En fait, elle regroupe des extraits de deux albums seulement, et même plutôt récents. Trois titres sont issus de « Momentum », paru en novembre deux mille dix-sept, qui n’a connu que le format Cd, alors que cette compile n’existe qu’en vinyle, peut-être un début d’explication. Les deux autres titres proviennent de « Natural Time », sorti en janvier deux mille seize, dont je vous ai déjà parlé sur ce fil.

Ecouter Muriel Grossmann c’est l’assurance d’avoir le sourire aux lèvres après quelques notes seulement, elle n’a pas son pareil pour ressusciter Coltrane, c’est sa marque de fabrique et elle le fait bien. Elle est assistée par le merveilleux guitariste Radomir Milojkovic que j’apprécie énormément, chacun de ses solos me procure un immense plaisir et attire l’attention et la concentration.

Les trois premières pièces, deux sur la face A et la troisième début face B contiennent trente et une minutes de musique en provenance de « Momentum » donc, de quoi largement parcourir l’album et en apprécier cette sélection très « spiritual music », tout en n’épuisant pas le sujet toutefois, car l’album d’origine est particulièrement copieux.

C’est la même formation qui se trouve sur les deux albums, incluant Uros Stamenkovic à la batterie et Gina Schwarz à la basse. Il y a une grande stabilité dans l’entourage musical de Muriel qui cultive son jardin au mieux, à Ibiza la mercantile.

Les deux extraits issus de « Natural Time » s’inscrivent parfaitement dans la même lignée, si bien qu’on ne ressent, à l’écoute, aucun changement notable dans l’esprit de l’album, comme s’il n’était qu’un, issu de la même session, ce qui n’est évidemment pas le cas.

Les pièces sont donc toutes excellentes, issues du même moule, réservant à l’auditeur son quota de bonne zique, certes prévisible, mais c’est précisément là que se situe l’attente, nul besoin de surprise. S’il fallait justifier l’achat, plus que dans le jeu de Muriel, c’est à l’écoute de Radomir que se situe la véritable originalité, le feeling qui va bien, alors il n’y a que de bonnes raisons d’écouter cet album et de le partager.

Muriel Grossman - elevation


Muriel Grossmann-Rising


Muriel Grossmann-Chant


C'est clair que le son rappelle complètement Coltrane :confusezzz:
C'est dingue à quel point même, ca en est presque une imitation.
J'aime vraiment beaucoup ce que j'ai entendu, franchement, mais le son de sax me gêne un peu..je trouve ça too much

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