J A Z Z et musiques improvisées - C'est ici qu'on en parle

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » jeu. 20 mai 2021 04:24

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Byron & Gerald – Unity (E.P.I. Records – EPI-01, 1972)

Toujours en continuant ce « parcours jazz » par le biais de FJMt°, voici un album sorti à l’origine sur pressage privé en 1972 et récemment réédité en 2017, « Unity » par « Byron & Gerald » à partir d’un enregistrement live du 22 mars 1969. Le côté qui fâche un (tout petit) peu, c’est le début de la seconde face dont le son est irrémédiablement dégradé pendant quelques secondes, le côté qui fait (très) plaisir c’est la magie de cet enregistrement, un brûlot free épatant !

Voici la liste des musiciens, ce qui autorise une vue d’ensemble, Gerald Wise à la trompette, Byard Lancaster à la flute, à la trompette et au saxophone soprano, Byron Morris aux saxs alto & soprano, Vins Johnson aux saxs ténor et baryton, Freddie Williams à la basse, Eric Gravatt à la batterie, Abu Sharrieff aux percussions et Keno Speller aux congas. En cherchant un peu on trouve des variations de personnel avec un second bassiste et Abu Sharrieff derrière une seconde batterie, mais rien de grave. Il y a également Joe McPhee qui a écrit un poème au dos de la pochette.

Pour rendre compte de l’atmosphère ici, j’évoque Philippe Robert qui cite le « free Jazz » d’Ornette Coleman et « Ascension » de John Coltrane pendant les courtes lignes déposées sur notre manuel et guide.

Bon, je n’irai pas jusque-là, bien que les témoignages d’époque aillent en ce sens, imagine-t-on Byard Lancaster faisant des pompes entre deux solos ? Et cette énergie de Dieu qui performe ici ! Sur de grandes tables autour de la scène les instruments en attente étaient posés, attendant d’être frappés ou embouchés par les musiciens, le concert se déroula magnifiquement, comme si chacun avait répété de multiple fois, ce qui n’était pas le cas, l’impro étant la règle.

Une compo par face, « JWM+53 » et « Black Awaresness » pour un album qui s’impose comme un sommet du free !
Modifié en dernier par Douglas le sam. 14 mai 2022 02:02, modifié 1 fois.
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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » ven. 21 mai 2021 03:43

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David Murray & the Low Class Conspiracy - Vol. I: Penthouse Jazz

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David Murray & the Low Class Conspiracy - Vol. II: Penthouse Jazz


Souvent, sur FJMt°, l’impression vient que le choix n’est jamais celui que l’on attend, il existe une multitude d’enregistrements de David Murray, et, pour ce qui est du free jazz, on trouve « Flowers for Albert » son premier album sorti en 76, ou le 3rd Family sur Hat Hut de 78 auxquels j’aurais pensé, mais il y a encore une surprise : sortent deux albums, le volume un et le volume deux d’un concert au Bim Huis d’Amsterdam, sortis sur « Circle Records », le petit label aux multiples pépites. Une nouvelle fois un choix pertinent et assez surprenant, mais qui va bien.

David Murray est en compagnie du Low Class Conspiracy, formation qui accueille Don Pullen au piano, Butch Morris à la trompette, Fred Hopkins à la basse et Stanley Crouch à la batterie. Une sorte de « All Stars » du free, et on n’est pas déçu. Ça commence par « Dewey’s Circles, signé David Murray, sur la première face, presque vingt-neuf minutes qui se tiennent serrées sur la face une, chacun y va de son solo et s’étale dans le temps autant qu’il le souhaite, une sorte de blues universel qui s’ouvre à tous les possibles, ça marche à fond, c’est chaud et souffle l’esprit du jazz sur cette interprétation de folie.

La seconde face est une compo de Butch Morris qui ouvre la valse des solos sur « Joann’s Green Satin Dress », encore un morceau ouvert, propice aux improvisations, Don Pullen vire côté ballade s’appuyant sur la basse de Fred Hopkins qui glisse, chante et batifole. Le second volume contient la suite de ce concert du dix-huit août soixante-dix-sept. La première pièce, « Patricia-Lost and Lonely » est assez volatile et aérienne, à laquelle succède un thème qui balance entre romantisme et nostalgie.

Mais la pièce maîtresse de ce volume deux arrive, partagée en deux parties, la première sur une face et l’autre en début de face deux. « Holy Siege On Intrigue » de près de quarante-deux minutes. C’est Don Pullen qui ouvre la piste, soutenu par la section rythmique avec l’extraordinaire Fred Hopkins, éternelle force de proposition, le dialogue entre les deux est déjà un sommet, on peut même ajouter Stanley Crouch qui s’infiltre avec les cymbales. Petit à petit l’impro du trio gonfle en énergie, Don Pullen redonne vie à Cecil Taylor dans une course rythmique éperdue jusqu’à la fin de la face.

Face deux après un superbe solo de Fred Hopkins très en verve, les vents entrent dans la danse pour ce qui est un des meilleurs moments de ce concert, on remarque le dernier titre en hommage à Albert Ayler « Flowers For Albert » qui ferme l’album.

David Murray s’est parfois montré inégal dans sa discographie mais cet album est à ranger côté grand soleil, une pépite du free. Je m'aperçois en mettant l'extrait qu'il existe une version Cd, mais remanié, comme ce morceau qui perd plus d'une minute...

David Murray & the Low Class Conspiracy - Flowers For Albert
Modifié en dernier par Douglas le sam. 14 mai 2022 02:09, modifié 1 fois.
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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » ven. 21 mai 2021 17:46

Je remonte ce vieux post car il est cité dans Free Jazz Manifesto, voici ce qu'en dit Philippe Robert:

"... Dollar Brand puise dans ses racines sud-africaines quand Gato Barbieri s'intéresse au Tiers-Monde."


J'en profite pour remplacer le lien youtube disparu.
Douglas a écrit :
jeu. 21 mai 2020 09:40
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Voici un album, sorti en 68, assez particulier dans sa forme. Tout d’abord il possède deux noms, « Hamba Khale! » son nom original, qui est moins connu que son nom d’emprunt « Confluence », il existe également sous le nom d’« Alone Together », mais c’est plus confidentiel. Ensuite c’est également la valse des pochettes, il en existe au moins une dizaine, toutes différentes, selon les éditions et les époques.

Ceci étant dit l’album est somptueux, il célèbre la rencontre entre le saxophoniste Argentin d’origine italienne Gato Barbieri, et le pianiste Sud-Africain Dollar Brand qui deviendra Abdullah Ibrahim, on le voit, rien n’est simple. Pourtant, il y a une certitude, cette musique est évidente, forte et puissante. On y trouve ce qui fera de Gato Barbieri l’un des plus grands saxophonistes de la période, très expressif, viscéral, puisant à la source de Coltrane.

Cet enregistrement témoigne de cette facette-là. « The Aloe and the Wildrose » est un pur déchirement, une sorte de lamentation qui s’étale, béante. Dollar Brand, qui souffre hélas d’une prise de son un peu trop éloignée, réussit par son jeu à maintenir une tension palpable. Il joue également du violoncelle dont le son concourt grandement à la gravité de la pièce. Le très court « Hamba Khale! » d’inspiration Sud-Africaine termine cette première face composée par le pianiste.

La seconde face est dévolue aux compos du saxophoniste qui se composent d’une suite de deux mouvements, le premier se nomme « To Elsa ». Il est dévolu dans un premier au piano de Dollar Brand, puis, au seul saxophone qui improvise une longue introduction, prélude à « Eighty First Street ».

Ce dernier titre est à nouveau renversant, Dollar Brand joue une sorte de psalmodie qui évolue avec une infinie grâce au fil du morceau, tandis que Gato fait gémir et pleurer son saxophone, le tandem nous donne à entendre des sonorités venues des quatre coins du monde, on connaît le goût de Barbieri pour le registre le plus aigu de son instrument et la splendeur des motifs créés par le piano de Dollar Brand, les deux se conjuguent avec une très grande complicité et nous offrent un album référence.

Gato Barbieri / Dollar Brand Jazz Duo – Hamba Khale!

00:00 A1 The Aloe And The Wild Rose
14:24 A2 Hamba Khale
16:39 B To Elsa / 81st Street

Recorded in Milano 16 March 1968
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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » sam. 22 mai 2021 04:41

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Franz Koglmann / Bill Dixon ‎– Opium For Franz

Un repress bienvenu, l’original sorti en 77 étant paru en version ultra limitée, chaque exemplaire étant unique avec une pochette originale peinte à la main. Inutile de dire que les albums ne couraient pas les rues, on parle de deux cents copies, et les prix, bon, ben ça montait ! Rien de grave puisque cette réédition de 2019 remet les pendules à l’heure.

Le personnage central ici c’est Franz Koglmann qui joue sur tous les titres, soit de la trompette soit du bugle, il est également le compositeur des trois morceaux de la face B. En fait, il y a trois orchestres différents ici, qui ne se rencontrent pas, c’est bien Franz qui fait le lien et lui seul.

Un seul titre sur la première face signé par Bill Dixon, la pièce se nomme « For Franz », une dédicace à son ami. Lui et Franz jouent de la trompette, avec Alan Silva à la basse, Steve Horenstein au sax ténor et Muhammad Malli aux cymbales. Ça a été enregistré en studio à Vienne le six août 1976.

Alan Silva tient la barre et assure comme un beau diable pendant l’ouverture de la pièce en solitaire, puis tout au long de son déroulement, lui donnant sa propre respiration, c’est également lui qui l’accélère en utilisant l’archet qu’il frotte avec vigueur. Cependant le sceau de Bill Dixon plane sur cette face, un thème lent et répétitif revient à intervalles réguliers et se développe lentement par petites phases, il est également prétexte à des solos de Bill Dixon, Franz Koglmann ou Steve Horenstein.

La seconde face ne faiblit pas en intensité avec le second orchestre formé par Franz Koglmann qui joue du bugle, il est en effet rejoint par Steve Lacy au saxophone soprano, Joseph Traindl au trombone, Cesarius Alvim Botelho à la basse et Aldo Romano à la batterie. Un enregistrement en provenance de Paris enregistré en décembre 1975. Deux titres se succèdent, « Der Vogel, Opium » en hommage à Jean Cocteau et « Camilla » dédié à Sheridan LeFanu. Deux solistes se sont bien trouvés, trombone et sax soprano se mélangent harmonieusement, dialoguent avec le bugle de Franz qui n’est pas en reste.

La dernière pièce de l’album est la plus saugrenue, elle consiste en un mélange à trois avec Franz et sa trompette, la basse de Toni Michlmayr et le synthé de Gerd Geier. L’enregistrement date de novembre 76 et le moins que l’on puisse dire c’est qu’ici nous sommes au début de l’électro. Bien souvent on a l’impression d’entendre la bande son d’un jeu vidéo d’époque, dépaysement garanti, sourire attendri et clin d’œil amusé.


Sur l'extrait ci-dessous ne sont concernés que les trois premiers titres, et il manque "Karl Und Das Löschpapier (To Konrad Bayer)" la pièce "électro".
Bill Dixon, Franz Koglmann, Steve Lacy ‎– Opium
Modifié en dernier par Douglas le sam. 14 mai 2022 02:11, modifié 1 fois.
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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » sam. 22 mai 2021 14:03

Remontée pour le Black Unity Trio, Philippe Robert raconte:

"...un des chefs d'oeuvre du free jazz..."
Douglas a écrit :
lun. 7 déc. 2020 01:51
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Black Unity Trio – Al Fatihah

Celui-ci on peut dire qu’il y a un sacré bout de temps qu’il était dans ma liste d’attente, le genre d’album presque impossible à dénicher. Pensez ! Cinq cents exemplaires diffusés en 1969 et c’est tout ! Heureusement, le temps, qui prend son temps, a mis fin à l’attente et une réédition est sortie, enfin, en vingt-vingt ! Par chance j’ai chopé le dernier exemplaire au Souffle Continu, mais l’album doit encore se trouver, sorti à 2000 exemplaires numérotés, il est cher, quarante boules ! Un bon plan : si le Père Noël passe dans vos parages, glissez-lui un petit mot.

En face du prix il faut dire qu’il y a du répondant, un travail qui commence à partir des bandes originales, c’est là le meilleur point de départ et, si on y ajoute le nec plus ultra de la technologie actuelle on aboutit à un résultat très supérieur, en définition du son, à l’édition originale, laissant entendre des détails inaudibles à l’époque. Ça ne remplace pas le sentiment de toucher de ses mains l’histoire de la musique en serrant une édition originale, mais c’est tout de même un grand plaisir et une grande satisfaction.

Il y a également une belle pochette gatefold en gros carton épais, une sous-pochette anti statique haut de gamme dans laquelle se glisse le vinyle noir de cent cinquante grammes et un gros fichier à télécharger, deux « gigots » trois en wav … L’essentiel des bénéfices est reversé aux membres du groupe qui sont toujours avec nous.

La pochette est extrêmement intrigante, des symboles musulmans et le nom de l’album « Al-Fatiha » qui est la sourate d'ouverture du Coran, le livre sacré. On retrouve les accents de la « spiritual music » héritée de John Coltrane bien que ce dernier soit catholique, comme quoi, c'est la foi qui fait foi.

C’est un trio, Abdul Wadud est à la basse et au violoncelle, Yusuf Mumin au saxophone alto et Hasan Al Hut aux percussions, seul le premier connaîtra une carrière de musicien professionnel. Yusuf Mumin alias Joe Phillips enregistrera cependant l’album « Burn Baby Burn » aux côtés de Norman Howard à la trompette en 1968, qui, cependant, ne paraîtra qu'en 2007, je vous en ai parlé page 58. Je vous avais fait part alors de mon engouement pour ce saxophoniste.

Cet enregistrement est un évènement par son existence même, puisqu’il est le premier enregistrement de free-jazz sorti de manière indépendante. On sait que Saturn, le label de Sun Ra a également sorti des albums artisanaux, mais ils n’étaient alors pas free. Celui-ci est enregistré très exactement le 24 décembre 1968, il y a cinquante-deux ans. Le temps de devenir une légende, particulièrement dans le cœur des collectionneurs, une sorte de Graal…

Black Unity Trio - Al - Fatihah

"Birth, Life And Death" - 00:00
"In Light Of Blackness" - 09:39
"Opening Prayer" - 18:47
"John's Vision" - 20:06
"Al-Nisa" - 28:43
"Final Expression" - 33:03

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 23 mai 2021 05:23

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Jon Appleton & Don Cherry ‎– Human Music

Une fois de plus le choix opéré par FJMt° peut surprendre et même désarçonner. « Human Music » cosigné par Jon Appleton et Don Cherry n’a jamais été considéré comme un album majeur du trompettiste. Les albums ne manquent pas qui auraient pu représenter un choix plus convenu, certains diraient même plus « consistant ».

Certes, mais puisque la règle c’est le choix du cœur, il faut admettre qu’« Human music » a su faire pencher la balance de son côté. Déjà la semi clandestinité de cet album en fait un choix possible, sortir de l’obscur une œuvre un peu enfouie, voilà qui peut motiver quelques chasseurs de trésors cachés, et nos trois sbires ne reculent devant rien, n’hésitant jamais devant le choix audacieux, le toquard mis de côté…

L’année est déjà une promesse, 1970 ! Quel millésime ! Tant de trésors parus cette année-là ! Rien que ça, ça attire l’œil. Les signataires également, Jon Appleton est un universitaire bardé de diplômes, enseignant et chercheur, il se passionne pour l’électro et se consacre aux musiques nouvelles. Ici il est crédité au Synthé ainsi qu’à l’électro.

Son compère Don Cherry a bénéficié d’une formation aux côtés d’Ornette Coleman avec Charlie Haden, Billy Higgins et Paul Bley. Il a forgé ses armes aux côtés d’Albert Ayler. C’est un musicien libre, curieux du monde, défricheur extraordinaire. Il a également joué un grand rôle pour la diffusion du free jazz en France.

La réunion de ces deux musiciens va créer un étrange objet musical, les sonorités un peu froides du synthé vont se frotter au cornet, à la flûte en bois, au kalimba et aux tambours de Don. Les échanges entre les deux musiciens sont bien sûr surprenants avant tout, prémisses à bien des déploiements qui se développeront au fil des ans, par d’autres qui suivront la route.

Une étape donc, riche et féconde, soumise aux contraintes matérielles de l’époque mais également pleine d’un enthousiasme que l’on devine pour un projet aux allures innovantes.

Jon Appleton & Don Cherry - BAO


Jon Appleton & Don Cherry - OBA


Jon Appleton & Don Cherry - ABO
Modifié en dernier par Douglas le sam. 14 mai 2022 02:13, modifié 2 fois.
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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Algernon » dim. 23 mai 2021 06:55

J'ai appris des tas de choses sur sa vie et sa carrière. Forcément, étant donné ma culture plutôt pauvre en jazz.

Pop N’Co est Pop N’Ella Fitzgerald ou une voix qui réconcilie l’Amérique. “Il était une voix en Amérique”

https://www.franceinter.fr/emissions/po ... 2-mai-2021
Je ne suis pas trop vieux pour ces conneries.

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » dim. 23 mai 2021 11:45

Je re monte ce sujet en obéissant à la sélection FJMt°, lisons le commentaire de "My Cat is An Alien":

"A truly original album floating through the waves of weird avant-garde vocalisations, ethnic African folklore and irresestible tribal mood."

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Dou ‎– Deïdo

Je continue avec Dou Kaya qui est également un grand universitaire, professeur d’égyptologie. Voici son premier album « Deïdo » qui est lui aussi sorti chez le même éditeur « Corelia » et dans les mêmes conditions que « Conscientiousness », mais avec un personnel un peu moins étoffé et connu, au moins des amateurs.

Ce premier essai s’est vu décerné un encouragement remarquable en obtenant le Grand Prix International du Disque Académie Charles Cros en 1977. La distinction est signifiée sur la pochette de l’album par un prestigieux macaron où figure également la mention « Grand prix du disque ».

On retrouve des musiciens qui, pour certains, seront également présents sur le second album, Dou Kya (lead vocal, basse, percussions, balafon, tuba), José Palmer (guitare), Jean-Claude Broche (drums, percussions, vocal), Sulliman Hakim (sax alto, soprano et balafon, vocal) et Alphonse Leboucher (Trombone, tuba, sax, vocal).

Franchement on n’est pas déçu, l’approche est toujours très improvisée et, même si on ne s’envole pas dans de fabuleuses prouesses techniques, la musique est superbe, traversée par un souci d’improvisations, par les voix sur le premier titre, la free musique sur le second, les percussions sur le troisième et des impros autour de la contrebasse et des percus sur le quatrième, la première face est extrêmement plaisante.

La seconde également, divisée en trois pièces qui se développent entre free et expérimentation, d’abord le magnifique Hot dance, puis Ballade en bleu, chaud, coloré et bucolique et This is Our Music dont le titre évoque Ornette Coleman et qui avance, semble-t-il, entièrement improvisé.

C’est sûr, ils ont eu l’œil, mais surtout l’oreille, cette année-là, à l’académie !

DOU KAYA - DOU "DEÏDO" (FULL ALBUM) RARE - 1977
A1 Ngosso Biko 0:00
A2 Epis 3:12
A3 Petepied 9:16
A1 Sa Sainteté Eugène 19:21
B1 Hot Dance 25:25
B2 Ballade En Bleu 30:23
B3 This Is Our Music 37:38

Modifié en dernier par Douglas le sam. 14 mai 2022 02:15, modifié 1 fois.
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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » lun. 24 mai 2021 06:15

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Mount Everest Trio ‎– Waves From Albert Ayler

Il faut encore parler de Mats Gustafson, mais cette fois- ci pour son rôle de « découvreur », Mats, en plus d’être un grand musicien, est aussi un collectionneur, mais de la race des chercheurs de pépites, de ceux qui pourchassent et traquent le vinyle rare, tiré à peu d’exemplaires et distribué dans la famille. A ce jeu c’est un maître, il lui arrive même de jouer en concert avec un vinyle pour unique salaire, pour peu que la galette en question lui « parle ».

Rien d’étonnant donc à ce que ce soit lui qui sortira des ténèbres cet album du « Mount Everest Trio » en le mettant sous le feu des projecteurs, c’est même un de ses albums de jeunesse, de ceux qu’il a beaucoup écouté avant d’apprendre en s’en inspirant. C’est un groupe Suédois, la pochette ferait plutôt penser à un groupe de rock, tendance hard, avec ce look bien dans son époque, sauf que ce « Power Trio » est un groupe de jazz, tendance free. Il possède suffisamment d’intérêt pour attirer l’attention des trois du FJMt°, ce qui ne nous étonne plus.

Aux saxs alto et ténor Gilbert Holmström, à la basse Kjell Jansson et Conny Sjökvist à la batterie. Le groupe a joué entre 72 et 83 et cet album date de 1975, c’est le second de la formation. Sur l’original il s’ouvre avec « Ramblin » d’Ornette Coleman, il faut bien rendre hommage à ceux qui ont ouvert la voie, une interprétation bien dans l’esprit du titre, on reconnait les accroches d’Ornette, mais la version du trio est assez tendue, ménageant des montées de tension très réussies.

Suit alors l’hommage à Albert Ayler, ce sera « Spirits » entre cris et pleurs, version fidèle et écorchée qui laisse à chaque membre du trio l’occasion d’entrer dans le monde des enfers et des saints, tout se désarticule avec la force des démons qui poussent à l’arrière, un grand moment encore, décidément le trio percute à fond sans laisser de chance.

Puis arrive l’heure des compos signées par le trio ou par Holmström seul, « Orinoco » nous embarque véritablement pendant sept minutes puis nous laisse un peu en rade, créant, avec un peu de machiavélisme, une légère frustration, parti qu’on était dans le monde des esprits coltraniens.

Pour s’en remettre on fera confiance à la ballade qui suit, « Bananas Oas », on le sent il y a beaucoup de maîtrise et ces trois-là sont balaises. Il faut citer également la reprise de « People Dance » de Gary Bartz, juste pour tourner, balancer la tête et planter du pied, histoire de retourner un peu plantigrade.

Sur la version Cd, les morceaux sont un peu dans le désordre et trois titres de 77 sont joints en fin de parcours, un gros quart d’heure bonus.

Orinoco


101 W. 80th Street


Spirits


Bananas Oas
Modifié en dernier par Douglas le sam. 14 mai 2022 02:17, modifié 1 fois.
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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » lun. 24 mai 2021 15:36

Une 'tite remontée pour ce merveilleux album,

"... un tapis volant..." nous confie Philippe Robert
Douglas a écrit :
sam. 22 août 2020 05:02
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Pour rester dans le free, voici un des tout meilleurs albums dans ce style, certifié pépite du genre cuvée 1969, enregistré aux Studios « Bell Sound » de New York. Pourtant l’album ne paraîtra qu’en 1972, mais c’est de peu d’importance, cette musique, pourtant si ancrée dans son temps, est de toute évidence intemporelle. Pour tout dire elle me parle directement, comme si elle ne s’adressait qu’à moi, comme à un élément singulier d’un grand « tout » universel. Pas de mégalo, étant entendu qu’elle s’adresse à tout ceux qui font la démarche, le premier pas…

Un album essentiellement post-coltranien, avec une riche identité et des musiciens exceptionnels. Je vous ai déjà parlé de Noah Howard lors du magnifique album « Live In Europe - Vol. 1 » qui mérite beaucoup plus qu’une simple écoute de « Olé ». Il compose les quatre titres ici et joue de son alto magique. L’autre phénomène ici, c’est l’incroyable Arthur Doyle et son ténor dont il réinvente le son, en lui faisant décliner toutes les variations du cri, l’expérience est unique, à vivre ici.

Earl Cross à la trompette, en telle compagnie, ne peut que se dépasser en offrant le meilleur de lui-même, il se hisse, géant ! Leslie Waldron est incroyable au piano, l’impeccable Norris Jones à la basse, le frère de Rashied, Mohammed Ali à la batterie et Juma Sultan aux percussions, c’est bien celui qui joua aux côtés de Jimi Hendrix.

Perso j’aurais tendance à qualifier un tel album de chef d’œuvre, et d’y entendre plus de « spiritual music » et de sincérité qu’ailleurs.

"The Black Ark" - Noah Howard (Full Album)
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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mar. 25 mai 2021 04:47

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Sirone ‎– Live

Sirone ne fait pas, me semble-t-il, partie des stars de la basse, il ne fait pas partie du club Mingus, Garrison, Haden, Holland, Brown, NHOP, Pettiford ou Malachi Favors. Il n’en a pas la renommée, pourtant il en a le talent, il a su d’ailleurs le partager avec les autres, ceux avec qui il a joué, c’est-à-dire la quasi-totalité des grands noms de la New Thing. Il s’est également distingué dans le Revolutionary Ensemble qu’il a co-fondé. En tant que leader cet album simplement appelé « Live » est son second, il est sorti en 1981 et fait partie de la FJMt° list.

Perso j’ai le Cd, une écoute un peu attentive vous fera savoir qu’il est la réplique d’un vinyle, ce qui est regrettable, mais ça ne gâche pas pour autant le plaisir. Sirone assume son statut de leader en utilisant toutes les cartes qu’il possède dans sa manche, ainsi, il ne se contente pas de jouer de la basse, il ajoute également la flûte en bois pour « Flûte Song » qu’il joue en solo et le trombone sur "When It's Over", bien qu’il ne soit pas crédité sur l’album.

« Flûte Song » est comme une plongée dans une volière où Sirone sélectionne le chant d’un oiseau, un gazouillement, un pépiement ou un gazouillis, voire un caquetage qu’il imite avec réalisme, nous emmenant dans un voyage au pays des volatiles, des passereaux ou des oiseaux migrateurs. Il chante, crie, siffle et nous plonge par ce biais au milieu de la nature, à hauteur d’arbre et, le temps de quelques minutes, nous enchaîne au ciel.

« Eyes of The Wind » est d’abord affaire de batterie, où Denis Charles fait chanter les fûts et cingler les cymbales, ensuite le trio balance brièvement le thème, puis Sirone fait vibrer la basse en solo, c’est un maître, le son est ample, plein, il occupe tout l’espace, jusqu’au terme. « The Journey » est la troisième pièce, à nouveau un très long solo de basse, toujours du gros son, la même vélocité, ici accompagnée de quelques bruits gutturaux, le pincement des cordes est tantôt bref et rapide, tantôt lent et long, pour que le son gonfle et vibre avant de s’éteindre.

"When It's Over" fait belle place au trombone dont Sirone est un habile technicien, c’est son premier instrument d’apprentissage et la démonstration ici est savante, une nouvelle page inattendue sur cet album richement coloré. L’album se termine sur « Vision » à la fois mystérieux et ombrageux le titre ne manque pas d’une certaine hauteur, on pense à Ornette Coleman lorsque que Claude Lawrence embouche son alto. Une belle pièce pour fermer un superbe album aux mille facettes.

Eyes Of The Wind


Vision


Flute Song


The Journey
Modifié en dernier par Douglas le sam. 14 mai 2022 02:19, modifié 1 fois.
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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mar. 25 mai 2021 14:47

Une remontée FJMt° - Un album de 1965: Bob James Trio - Explosions

Philippe Robert: "...Dialogue réussi avec des bandes magnétiques..."
Douglas a écrit :
ven. 3 avr. 2020 14:16
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Voici un disque ESP de la grande période free du jazz, ici on pourrait même très facilement parler de musique expérimentale, car nous sommes le 10 mai 1965 à New York, et, ce qui va se dérouler et se révéler à nos oreilles étonnées, n’a, pour l’heure, jamais été expérimenté.

Cette expérience auditive nous la devons au Bob James trio, composé comme de juste par Bob James au piano, Barre Philips à la basse et Bob Pozar au percussions et aux bandes d’enregistrement de musique électronique conçues par Gordon Mumma et Bob Ashley. Ce mix est réputé comme étant le premier enregistrement de jazz improvisé combiné avec de la musique électro. C’est également la première fois que l’on entend un pianiste farfouiller à l’intérieur du piano pour en extraire des sons inusités.

Robert Frank Pozar a laissé très peu de trace biographique mais voici ce qu’écrivait de lui la journaliste Sinclair Traill à la sortie de cet album : « Pozar a créé tellement de bruits bizarres avec ses instruments de percussion, que l'on se souvient de squelettes sur des tôles de toit ondulée, et de pièces d’armures dans une machine à laver. »

Pour en rester aux citations, bien utiles quand il s’agit de parler d’un OVNI, voici ce que déclara un critique, en 1965, à propos de cet album : « Certainement, personne, et je répète, personne, ne pourrait imaginer que cela ait quoi que ce soit à voir, d’aucune façon, avec de la musique ».

Il reste à ajouter que ces trois-là possédaient une bonne dose d’humour et d’audace également, et s’il ne faut pas parler ici de chef d’œuvre, pour le moins les innovations que cet album annonce deviendront courantes, sous la forme du « piano préparé » et deviendront même un courant musical: l’électro a certainement plongé une de ses racines dans l’originalité de cette œuvre.

Bob James Trio - explosions


Bob James Trio with Robert Ashley - Wolfman


Peasant Boy


Bob James - Untitled Mixes
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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mer. 26 mai 2021 03:53

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Bobby Naughton, Leo Smith, Perry Robinson ‎– The Haunt

Voici « The Haunt » présenté par le fameux label lithuanien "Nobusiness Records", réédition d’un album sorti en 1976 sur Otic records, label créé par Bobby Naughton. Il fait objet également d’une citation sur FJMt°, jouissant d’une réputation non usurpée de créateurs d’une musique essentielle mais oubliée, un peu élitiste peut-être, qui se construit avec et autour du silence, penchant côté Bill Dixon et allant plus loin encore.

Il y a même un côté austère, presque ascète, pourtant il y a de la passion derrière. Ils sont trois, le boss c’est Bobby Naughton le vibraphoniste, accompagné par Leo Smith, le trompettiste, sans doute le plus connu du trio et, pour finir, Perry Robinson, le clarinettiste. Ceux qui écoutent de temps en temps Léo Smith ne seront pas en terre inconnu, il n’y a pas de hasard dans cette réunion d’artistes, les trois partagent une esthétique commune et parlent le même langage.

Pour trouver des repères plus anciens concernant ce type de musique il faudrait remonter à quelques albums de Jimmy Giuffre, en enlevant toutefois la fascination mélodique immédiate qu’il mettait en avant, mais en gardant une écriture où des phases communes s’enchaînent suspendues le plus souvent au-dessus du vibraphone.

Cette musique n’est pas nécessairement calme, mais elle hèle, elle interpelle, scande et appelle, interjette même, elle aime les points d’exclamation, d’interrogation et de suspension… Comme sur « Slant ». Il y a également des improvisations, jazz fait loi, les compos sont toutes signées Naughton et, savantes, elles balisent le champ d’action et en ouvre les serrures. Il se trouve que notre vibraphoniste, pour vivre, était également serrurier, ceci explique cela.

Un album à la beauté un peu secrète qui évoque pour moi, mais ce trait ne sera pas commun, certains arcanes de la musique de Steve Lacy.

The Haunt


Slant


Ordette


Rose Island
Modifié en dernier par Douglas le sam. 14 mai 2022 02:25, modifié 1 fois.
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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » mer. 26 mai 2021 13:38

Je remonte!

FJMt° - Ph. Robert situe:

" Génération loft, 24 Bond Street, Studio Rivbea, New York..."
Douglas a écrit :
mer. 9 déc. 2020 05:47
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Voici « Out Loud » un double album de Franck Lowe enregistré en 1974, pour moitié au « Survival Studio » et pour l’autre au « Studio Rivbea », c’est l’époque des « Lofts », lieux dans lesquels les musiciens jouaient et improvisaient. Par exemple le « Rivbea » est un lieu réputé dérivé du nom des propriétaires, Sam Rivers et son épouse Beatrice.

L’album n’est sorti qu’en 2014 dans une version numérotée chic et luxueuse avec un beau livret et un bon de téléchargement qui concerne l’unique extrait de concert du groupe au « Studio Rivbea », l’enregistrement est très amateur mais c’est la seule porte d’entrée qui reste pour jeter un œil par le petit trou de la serrure. Le label « Triple Point Records » s’est spécialisé dans la fabrication d’album free luxueux, c’est vraiment un truc de dingue !

Un quartet d’enfer, Franck Lowe aux saxs ténor et soprano, flûte, percussions, congas, balafon, harmonica etc… Joseph Bowie au trombone et à la conga, William Parker à la basse et Steve Reid à la batterie. Que des musiciens dont il a déjà été question ici.

Le son est à la fois lumineux, pur et précis, mais il garde tout de même un petit côté amateur à cause de quelques scories qui ont résisté au traitement. Sur le premier album c’est Rashied Ali l’ingénieur du son et Scott Trusty sur le second. Trois compositions n’ont pas de nom, « Untitled », il n’y a rien à en déduire car elles sont excellentes, particulièrement l’incandescent « Untitled 2 » face B.

C’est une musique urgente, pleine de vitalité et d’énergie, quelque chose qui doit à une certaine sauvagerie, une musique de la colère et du paroxysme, quelque chose de libérateur aussi, un cri, une expression irrépressible de la Great Black Music. Sur la dernière face, l’arrivée du trompettiste Ahmed Abdullah dont on a parlé avec l’album du « Melodic Art-Tet » est un grand moment de « revival bop ».

Le hasard dans l’ordre des papiers est parfois créateur de coïncidences car Frank Lowe est lui aussi passé un peu plus jeune dans l’orchestre de Sun Ra et a joué également dans l’orchestre d’Alice Coltrane…

Frank Lowe Quartet Side A


Frank Lowe Quartet Side B


Frank Lowe Quartet Side C


Frank Lowe Quartet Side D
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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » jeu. 27 mai 2021 03:39

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Sonny Simmons With Barbara Donald ‎– Reincarnation

Ho ! Pop ! Pop ! Encore un album terrible de Sonny Simmons, en concert le vingt-huit juin quatre-vingt-onze au « Barb’s BBQ in Olympia » de Washington. Un album familial avec Barbara Donald, son épouse, à la trompette, et son fils Zarak Simmons à la batterie. Il faut ajouter Travis Shook au piano et Court Crawford à la basse. Le tout sorti chez "Arhoolie Records" en 2015.

Deux standards, « Body and Soul » et « Over The Rainbow », les autres compos sont de Sonny Simmons, l’excellent « American Jungle Theme » qui ouvre l’album, « Reincarnation » qui le continue, et, en quatrième et avant-dernière position, le truc qui tue « Ancient Ritual » qui s’étale et éclate sur dix-sept minutes de pur bonheur !

C’est Coltranien en diable, mais pas du resucé, déjà c’est à l’alto… Non je pense plus à l’esprit qui renvoie au géant, à ce truc qui vous prend au ventre et qui vous emmène assez loin, la quête qui commence après l’exposé du thème, l’alto qui serpente et avance, entêté, ça ne vous lâche pas et vous tient jusqu’au bout, Sonny qui dépote ça va encore : un coup de poing dans le buffet, on encaisse, mais quand c’est Madame Mc Donald qui envoie, on est surpris ! Et la basse qui pousse, le piano qui martèle avec insistance tandis que Zarak monte en régime et se montre étonnant de force et de puissance et … kasse la Barak !

Bref, quelques très, très bons moments, ajoutons qu’apparemment c’est le seul enregistrement où la famille est réunie, et on est bien content d’entendre ça, sans doute des instants de joie et de bonheur autour de ce concert et de la réalisation de cet album, de quoi forger le souvenir…

Sonny Simmons with Barbara Donald ‎– Reincarnation

1. American Jungle Theme - 00:00
2. Reincarnation - 14:09
3. Body And Soul (Edward Heyman, Johnny Green) - 26:23
4. Ancient Ritual - 34:28
5. Over the Rainbow (Harold Arlen, E.Y. Harburg) - 51:33

Modifié en dernier par Douglas le sam. 14 mai 2022 02:27, modifié 1 fois.
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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » jeu. 27 mai 2021 14:49

Une 'tite remontée également pour Maurice McIntyre!

"...Spirituel et habité !..." Nous dit Philippe Robert
Douglas a écrit :
mar. 23 juin 2020 15:52
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Voici un autre album de free de la fin des sixtees, « Humility – In the light of the Creator » par le Maurice McIntyre Ensemble. Plus simplement on appelle le saxophoniste « Kalaparusha ». C’est sorti sur Delmark Records et on y retrouve des composantes de l’AACM de Chicago qui, alors, étaient peu connues, comme Amina Claudine Myers aux claviers ou Leo Smith aux cuivres, Malachi Favors, à la basse, avait une renommée naissante, d’autres sont restés dans un relatif oubli comme Ajaramu et Thurman Barker aux batteries ou John Stubblefield au soprano.

Encore un album que l’on pourrait ranger dans la Spiritual Music sous l’arbre coltranien, particulièrement pour le jeu très lyrique de Kalaparusha au ténor, ce n’est pas pour rien s’il met l’« Humilité » en exergue sur cet hommage aux musiques venues d’ailleurs, mélangées aux accents de l’avant-garde de Chicago.

En fait c’est un album que j’ai depuis longtemps dans sa version française de 75, depuis je l’ai donné à un ami, l’original anglais s’étant présenté à moi. Il résiste magnifiquement au temps, ni élitiste, ni naïf, c’est un des albums majeurs de l’AACM, porte-drapeau du collectif, il fait figure de classique et semble indémodable.

Il va bien ici, dans la lignée Frank Lowe, David S. Ware, Marion Brown et Dave Burrell !

Kalaparusha Maurice Mcintyre - Humility In The Light Of The Creator
Suite: Ensemble Love
A1 Hexagon 1:03
A2 Kcab Emoh 5:23
A3 Pluto Calling 2:22
A4 Life Force 3:52
A5 Humility In The Light Of The Creator 2:51
Suite: Ensemble Fate 19:45
B1 Family Tree
B2 Say A Prayer For
B3 Out Here (If Anyone Should Call)
B4 Melissa
B5 Bismillah

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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » ven. 28 mai 2021 02:42

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Roswell Rudd Featuring Hod O'Brien & Sheila Jordon ‎– Flexible Flyer

Roswell Rudd fait partie incontestablement de la famille du free jazz, mais il possède également un pied dans la tradition qu’il doit à sa formation lorsqu’il jouait du « dixieland ». C’est un tromboniste important, mais il joue également du cor d’harmonie. On peut à nouveau se montrer étonné de cette sélection au sein du FJMt°, car de free il n’y en a peu ici, l’album est de très haute tenue et ça peut expliquer ce choix car la qualité est bel et bien là !

On ajoutera également que le prix du vinyle est souvent assez minime, inversement proportionnel à la qualité de la musique en quelque sorte. C’est tant mieux car c’est un album qui est souvent invité à tourner. Hod O’Brien est au piano, Arild Anderson à la basse et Barry Altschul à la batterie, mais le petit « plus » ici c’est la chanteuse, Sheila Jordon, exceptionnelle sur les titres auxquels elle participe.

La majorité des titres sont signés de Roswell Rudd, mais le titre d’ouverture « What Are You Doing The Rest Of Your Life » est signé Michel Legrand, et « Maiden Voyage » qui s’enchaîne est d’Herbie Hancock. On peut également ajouter un titre d’O’Brien, le pianiste, qui ouvre la face deux « Waltzing In The Sagebrush ».

Il n’est que de se laisser porter sur cet album de 1975, et même, en passant, de réhabiliter s’il y en avait besoin, Michel Legrand au travers de ses talents de compositeur, mis au service d’une interprétation exceptionnelle de « What Are You Doing The Rest Of Your Life » par Sheila Jordon très bien accompagnée par le combo de Roswell. Trois titres assez énormes sur cette face une, chantée et sublimée par une voix trop rare.

Idem pour la compo phare d’Herbie qui fait bien, on reste dans le sublime entre la chaleur cuivrée du trombone et la voix bluesy de Sheila. Vraiment un chouette album dont il ne faut pas se priver, on peut compléter sa collection avec « Everywhere » sur Impulse ou « Roswell Rudd » de 71, ou encore « Numatik Swing Band » excellent lui aussi et pour les plus aventureux « Regeneration », plus free.

Roswell Rudd (USA, 1974) - Maiden Voyage


Roswell Rudd - Flexible Flyer - Full Album
Modifié en dernier par Douglas le sam. 14 mai 2022 02:29, modifié 1 fois.
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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » ven. 28 mai 2021 13:18

La remontée du jour grâce à FJMt°:

"... Evolution illustre l'ouverture au free jazz du label Blue Note" Nous raconte Philippe Robert, d'autres suivront comme Cecil Taylor avec Unit Structures et Conquistador!
Douglas a écrit :
jeu. 9 avr. 2020 13:53
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Blue note, sentant le vent tourner, a l’habileté de s’ouvrir aux jeunes musiciens ayant des conceptions un peu avant-gardistes. Cet enregistrement date de la fin de l’année 1963 et sortira donc en 1964, déjà Ornette Coleman et John Coltrane repoussent toujours plus les limites et s’ouvrent à de nouvelles conceptions. C’est le jeune tromboniste de 26 ans, Grachan Moncur III, qui a la charge de prendre le virage. L’album qui marquera ce tournant, « Evolution », est tout simplement exceptionnel.

Un casting de rêve, Tony Williams, dix-huit ans, à la batterie, Bob Cranshaw à la basse, Bobby Hutcherson, 22 ans au vibraphone, Lee Morgan et sa trompette, et le magnifique Jackie Mclean qui rend la monnaie de sa pièce à Grachan qui est venu enregistrer sur deux de ses albums.

La section rythmique est sublime sur cet album, tout en légèreté, elle tisse une atmosphère cotonneuse et aérienne constituée de fines mailles dessinées par le jeu tout en finesse de Tony Williams auquel répond la rondeur de la basse de Granshaw, habile à créer des espaces de liberté d’où s’échappent des bulles d’air envoyées par les mailloches du magnifique Bobby Hutcherson.

Forts d’une telle assise il est aisé aux solistes de s’envoler et de créer, Lee Morgan se cantonne avec habileté dans ce qu’il sait si bien faire, ce n’est pas de lui que l’on attend quelques audaces, elles surgiront dans le jeu de Grachan Moncur et celui Jackie Mc Lean, tous deux promptes à répondre à l’extraordinaire souplesse de la section rythmique.

Quatre pièces qui filent à une vitesse folle, un autre album suivra, et un fameux !

Air Raid (2008 Remaster)


Evolution (2008 Remaster)


Grachan MONCUR III "Monk in wonderland" (1964)
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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Douglas » sam. 29 mai 2021 05:52

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A.R. Penck Frank Wollny Heinz Wollny Alberto TTT ‎– Through The Black Hole Berlin Berlin

Et revoilà A.R. Penck, par le biais de FJMt° et de l’album « Through The Black Hole / Berlin Berlin », deux titres dont chacun figure sur une face. FranK Wollny est à la guitare électrique, Heinz Wollny à la basse électrique, AR Penck à la batterie et, il y a un certain Alberto au sax et, non crédité, Frank Wright au sax également, sans doute sur le second titre.

Un chouette album très représentatif du travail de Penck et de ses amis et invités. Priorité toujours à la musique, au plaisir de la musique, sans prise de tête, comme elle vient, de l’impro avant toute chose. On ne recule devant rien, en acceptant la simplicité et même parfois une certaine simplification, la technique n’est pas une fin en soi, juste un moyen utile pour arriver au seul but qui vaille : la communication et le partage.

Penck est avant tout un artiste pictural qui prolonge son trait grâce au free jazz, son style plonge dans le primitivisme et d’autres influences, comme la peinture enfantine, rupestre, les graffitis ou autres. Sa peinture se reconnaît de suite et ses pochettes sont un régal pour les yeux. La vie en RDA devenant difficile pour lui, il passera à l’ouest et connaîtra une reconnaissance artistique en tant que peintre, plasticien et musicien.

Chacun de ses albums est un plaisir sans cesse renouvelé, malheureusement les prix restent un frein à la juste distribution de son art, ce qui est dommage…

A.R. Penck / Frank Wollny / Heniz Wollny / Alberto – Through The Black Hole (1984)
Modifié en dernier par Douglas le sam. 14 mai 2022 02:31, modifié 1 fois.
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Re: J A Z Z - C'est ici qu'on en parle

Message par Cooltrane » sam. 29 mai 2021 11:05

Désolé, j'ai un peu perdu le fil et tombé diu train, donc je ne sais pas si ceci fut déjà présenté

[media]https://floatingpoints.bandcamp.com[/media]

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